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Eglise et culture d'Afrique

De
125 pages
Un instrument d'évangélisation (la Bible) a fait irruption en terre camerounaise, provoquant un profond bouleversement dans la manière de vivre des populations. L'Evangile y a fait son entrée en 1910 par les localités de Dschang et de DJO (Bandjoun), ébranlant la culture locale. L'oeuvre missionnaire crée une divergence de points de vue qui prouve que celle-ci n'est pas sans embûches, et qu'il existe des défis auxquels l'Eglise doit faire face.
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SIGLES ET ABREVIATIONS

ibid et alii op.cit. (s.d) (s.e) (s.l) Ps 2s Ex Mt

: : : : : : : : : :

ibidem et les autres ouvrage cité sans date sans éditeur sans lieu psaume 2ème livre de Samuel Exode Matthieu

Is f m Mgr

: : : :

Isaïe féminin masculin Monseigneur recensement général de la

rgph : population et de l’habitat.

AVANT- PROPOS A qui il a été donné quelque talent, il lui sera demandé d’en rendre compte. Mieux vaut en être pauvre que d’en être pourvu pour ne pas s’en servir. Ce propos a agité notre conscience et nous a incité à écrire cet opuscule. Cet ouvrage certes, n’est pas une œuvre parfaite ; toute critique ou toute suggestion est donc la bienvenue pour la parfaire. Le choix du titre qui lui est attribué est parti d’un constat : un instrument d’évangélisation contenant des informations sur un peuple du Proche-Orient a fait irruption en terre camerounaise, provoquant un profond bouleversement dans la manière de vivre des populations par les enseignements qu’il véhicule, notamment dans la région des Hauts Plateaux de l’Ouest et dans l’Adamaoua. Ces enseignements comportent des éléments socioculturels et religieux des peuples juifs de l’Ancien Testament, venant ainsi se mêler aux données culturelles locales, suscitant des interrogations et des interpellations. Compte tenu de la diversité des cultures que comporte la société camerounaise, nous en avons choisi une, celle du peuple djo (Bandjoun), dans l’Ouest Cameroun, qui nous a semblé présenter des atouts certains pour la réalisation de nos travaux. En effet, la culture de ce peuple n’est pas différente de celle de la population des Hauts Plateaux de l’Ouest Cameroun. C’est dire que notre étude porte en fin de compte sur l’ensemble de cette région. En nous attelant à la mise sur pied de cet ouvrage, nous pensons agir dans le sens de notre propos tenu plus haut. Sans prétendre nous prévaloir plus compétent dans le sujet 7

abordé, ni dans la manière de le traiter, ni dans la langue des écrivains français les plus illustres, nous osons croire néanmoins que le contenu dudit ouvrage pourra être d’une grande utilité autant pour les étudiants, les chercheurs que pour le grand public. Nos remerciements vont envers tous ceux qui ont contribué, de quelque manière que ce soit, à la rédaction de cet ouvrage.

INTRODUCTION La présence du christianisme en Afrique sub-saharienne est habituellement jugée à travers le couple des termes «positif/négatif » qu’on attribue généralement aux œuvres missionnaires. Ce binôme est souvent employé pour qualifier les œuvres socioculturelles. Il s’agit plus concrètement, d’une part, des réalisations scolaires et sanitaires globalement bien appréciées et, d’autre part, des actions estimées pernicieuses menées contre les coutumes et les usages traditionnels des peuples africains. On constate cependant que certaines activités de grande importance entreprises par les Eglises ne sont pas prises en compte dans cette classification. Il en est ainsi de l’évangélisation et des connaissances bibliques. Pourtant des activités tel que l’enseignement de la parole de Dieu ont produit des milliers de baptisés et ont permis de recevoir des informations bibliques sur les Juifs et sur leur contact avec l’Afrique, notamment avec l’Egypte depuis les temps primitifs. Ces éléments bibliques ont amené certains penseurs à voir dans la pratique culturelle de quelques peuples d’Afrique, la présence des souches juives dans certaines parties de ce continent ; ce serait le cas dans l’Adamaoua et dans les Hauts Plateaux de l’Ouest au Cameroun. Cette vision suscite des interrogations : y a-t-il réellement des colonies juives en Afrique ? Si oui, comment pourrait-on les identifier et expliquer leur présence ? Quels sont leur mode de vie et leur croyance ? Existe-t-il une similitude de culture entre les peuples des 9

Hauts Plateaux camerounais par exemple et les peuples juifs de l’Ancien Testament ? Dans l’affirmative, pourraiton déplacer le résultat de l’examen de ce cas particulier vers une échelle plus générale, là où tous les peuples ont entre eux quelque chose de commun ? L’église a-t-elle un rôle à jouer dans cette démarche ? Une étude comparée portant sur les données bibliques, la manière de vivre de ces Camerounais et sur les travaux de certains auteurs permettra de répondre à ces questions. En particulier, la conclusion générale issue de cette étude fournira une réponse à la dernière interrogation. Mais avant d’y arriver, il serait plus judicieux de partir des faits concrets d’une unité spatiale plus simple. Enfin, nous essayerons de rechercher les éléments de réponse aux questions posées ci-dessus. On prendra alors comme point de départ de notre étude le royaume djo, localité située au cœur des Hauts Plateaux de l’Ouest Cameroun, qui a été l’une des plaques tournantes de la diffusion de l’Evangile dans la région concernée. Dans cette perspective, nous présenterons sa situation géographique, son histoire, son régime juridique, son organisation sociopolitique, sa population et sa religion. Nous verrons ensuite l’impact de la pénétration missionnaire dans la culture de la population de ce royaume et, partant, dans celle des habitants des Hauts Plateaux de l’Ouest en général.

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PREMIERE PARTIE LE ROYAUME DJO DE L’ORIGINE A L’ARRIVEE DES PREMIERS MISSIONNAIRES L’Afrique est : « dotée d’une vaste gamme de valeurs culturelles et de qualités inestimables qu’elle peut offrir aux Eglises et à toute l’humanité… Les Africains ont un profond sens religieux, le sens du sacré, le sens de l’existence de Dieu… Les fils et filles de l’Afrique aiment la vie. De cet amour de la vie découle une grande vénération pour leurs ancêtres… Les cultures africaines ont un sens aigu de la solidarité et de la vie communautaire… ». Jean-Paul II; Ecclesia in Africa, 14 septembre 1995.