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Étude d'un Syndrome de relance originaire en cours de coma

De
150 pages
Ce livre résume trente années de travail, dont quinze ans d'analyse, portant sur les hallucinations survenant lors de comas et dont le sujet garde, avec la mémoire, un affect décuplé et une vitalité débordante. Après l'éveil, ce trauma provoque une série de symptômes résiduels que l'auteur nomme syndrome de relance originaire.
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Si le syndrome reste identiIé à « l’expérience de mort imminente »,
puisse dire est que nos positions quant à l’inLuence de la mort et de ses
la psychanalyse, participant notamment aux activités scientiIques  - OPLF (Organisation Psychanalytique de
Anne VernetSévenier
Étude d’un Syndrome de relance originaire en cours de coma
Préface de Raphaël Minjard
Études psychanalytiques
Étude d’un Syndrome de relance originaire en cours de coma
Études Psychanalytiques Collection dirigée par Alain brun et Joël Bernat La collectionEtudes Psychanalytiquesveut proposer un pas de côté et non de plus, en invitant tous ceux que la praxis (théorie et pratique) pousse à écrire, ce, « hors chapelle », « hors école », dans la psychanalyse. Dernières parutions Jacques LIS,L’homme à l’envers, 2016. Christophe SOLIOZ,Paul Parin,Voyage au bout de l’utopie, 2016. Celso GUTFREIND, Narrer, être mère, être père et autres essais sur la parentalité, 2016. Alessandra GALLI,Comment sortir d’une psychose et terminer sa psychanalyse, 2016.Stoïan STOÏANOFF-NENOFF,Quatuor d’hommes de désir. Ludwig Wittgenstein, Sigmund Freud, Alain Badiou et Alain de Libéra,2016. Raymond ARON,Traces du désir, Proximité de l’abîme, 2016. Elisabeth LECLERC-RAZAVET,L’inconscient sort de la bouche des enfants, 2016. Jean-Marie BOYER,Psychanalyse et architecture. Un regard insolite sur Louis Kahn et Le Corbusier, 2016. Claude BRUERE-DAWSON et Marie-Laure ROMAN,Le psychodrame psychanalytique. Une méthode et une praxis aux confins de l’acte analytique, 2016 Philippe COLLINET,Je est un autre, 2016. Joseph ROUZEL (dir.),Psychanalyse et écriture, Rencontre avec Pascal Quignard, 2015. Élisabeth LECLERC-RAZAVET, Georges HABERBERG, Dominique WINTREBERT,L’enfant et la féminité de sa mère, 2015. Laurent SOULAYROL,LesMémoires d’une aliénéed’Hersilie Rouy. Vers de nouvelles perspectives, 2015. Peggy DAVAIN-BERGEOT,La question de Dieu en psychanalyse. Naissance et mort de Dieu, 2015. Claude-Raphaël SAMAMA,Le Spirituel et la psychanalyse, 2015.
Anne Vernet-Sévenier Étude d’un Syndrome de relance originaire en cours de coma Préface de Raphaël Minjard
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10795-0 EAN : 9782343107950
Aux victimes des “EMI”
« La naissance est expansion du centre, la vie plein épanouissement de la sphère et la mort contraction au centre. » Giordano Bruno,De minimo
1 PREFACE de Raphaël Minjard La perspective est un travail d’illusion cherchant à représenter, au plus proche de ce que voit l’œil, un objet en trois dimensions sur une surface en deux dimensions en tenant compte des effets d'éloignement et de position de l'observateur. Bien que cherchant la reproduction de la réalité, elle est toujours empreinte de subjectivité. Qu’est-ce que cette idée de perspective peut nous apporter pour penser l’accompagnement des patients ayant vécu une période de coma ? Comment la part subjective peut être mise au service des patients et dans quelle temporalité s’exprime-t-elle ? Notre société postmoderne pousse l’individu du côté de la technologie et de la scientificité en cherchant des réponses empreintes d’objectivité et de causalité linéaire. Dans ce mouvement le sujet et sa subjectivité se trouvent mis à distance. La pensée clinique, par la complexité qu’elle représente, ne propose pas de « réponse » mais plutôt une construction empreinte du vécu du sujet et de l’analyse par celui-ci de son histoire. Dans cette période où la pensée clinique, si elle n’est pas directement attaquée, se trouve condensée, refoulée, voire déniée, la traversée d’une période de coma s’impose comme un point d’interrogation. Cette épreuve bouleverse, confronte et convoque le sujet à de profonds remaniements somatiques et identitaires. Pourtant le coma, par l’inconnu qu’il représente, pousse à croiser différents regards, différentes méthodes et différentes épistémologies vers un même objet : un patient pour lequel la vie est en suspens. 1  Raphaël Minjard est Psychologue, Psychanalyste, Maître de Conférences en psychopathologie et psychologie clinique à l’Université Lumière Lyon II.
Le coma, qui n’est en soi qu’une partie de l’évènement traumatique que traverse le sujet, offre différentes potentialités. Il se fait espace d’interface entre vie et mort. Il est également espace de transit pour le sujet en errance qui, durant le long cheminement de l’éveil, va s’en dégager et s’y replonger comme pour chercher à la fois du repos et un temps permettant la réappropriation de cette réalité vécue dans un premier temps comme effractante et effrayante. Le coma est le lieu de la suspension du rapport continu à la réalité. Pourtant celle-ci perdure autour et au-delà du sujet comateux. Cette réalité qui entoure le patient comateux est marquée du sceau de la singularité et de l’étrangeté d’un service de réanimation. Il faut des services particuliers pour prendre en charge des états particuliers. La tache primaire de préserver ou redonner la vie fait de la réanimation l’un des services disposant des technologies les plus avancées en matière de prise en charge des patients en état de survie. Les soignants se doivent d’être hyperspécialisés et très adaptables pour répondre au mieux aux besoins des patients en survie. Mais tout comme pour le bébé qui découvre le monde de façon brutale lors de la naissance, le patient de réanimation revient à lui dans un espace qu’il ne re-connaît pas immédiatement. La technique et la technologie peuvent alors devenir soit des entraves par leur aspects inconnus, soit des supports de projections pour les patients qui vont, dans un entre deux de veille et de sommeil, interpréter un son, une sensation, une odeur comme un élément constitutif de leur vie et s’y accrocher, favorisant en cela la relance de processus de symbolisation primaire participants au travail de l’éveil. L’éveil ne se présente donc pas comme un mouvement linéaire tant sur le plan somatique que sur le plan de la relance des processus psychiques. C’est un temps variable de réappropriation et de reconstruction originé au sein d’un
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environnement particulier, hyperspécialisé et aux prises directes avec les processus primaires. Si l’éveil de coma peut apparaître comme un processus purement biologique nous savons maintenant qu’il représente une exigence pour le psychisme qui ne se traite pas dans la même temporalité. Comme pour tout traumatisme et comme le présente l’écrit d’Anne Vernet-Sévenier, le temps du bios n’est pas celui de la temporalité psychique. Or, où, comment et quand peut se traiter l’évènement traumatique dont le coma fait partie ? Anne Vernet-Sévenier propose, au travers de l’analyse de son expérience, de penser le travail analytique comme moyen de dénouer, décondenser et re-lier ce que le coma est venu condenser ou morceler. La « cure de parole » offrirait ainsi la possibilité d’une relance des processus de symbolisation secondaires figés pendant la période de coma. Le travail analytique en tant que dispositif artificiel conçu pour démasquer et saisir les mouvements inconscients par la mise en suspens de la motilité est ainsi pensé comme écho négatif de la suspension artificielle de la conscience lors du coma. Dans le contexte hypermédicalisé de la réanimation où prédomine le fonctionnement opératoire, la « perspective » prend tout son sens si l’on pense au long travail de symbolisation d’une expérience traumatique aux limites de la vie et de la temporalité ouverte dont on parle peu mais qui est pourtant si nécessaire pour réaccorder vie psychique et fonctionnement biologique. Il y a « perspective » également dans le travail exigé par l’appareil psychique dont la fonction est de donner du sens en allant de la sensorialité à la représentation et inversement. Cette perspective-là vise à la relance des processus de symbolisation « sidérés » par l’expérience traumatique.
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