L'ambition suédoise pour le développement

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Les questions de genre, de santé, de droits sexuels et reproductifs ont pris une place grandissante dans les pratiques de développement. La Suède a joué un rôle déterminant. Elle est le pays qui a le plus intégré les perspectives de genre et de droits au cœur de son dispositif d'aide internationale. Cet ouvrage propose un examen des facteurs déterminants de l'histoire suédoise ainsi qu'une lecture critique des textes fondateurs depuis 1994 qui mettent en valeur l'apport original de l'aide publique suédoise.
Publié le : dimanche 15 mai 2016
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EAN13 : 9782140009662
Nombre de pages : 355
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Serge Rabier
L’ambition suédoise pour le développement
Genre, santé et droits sexuels et reproductifs
Préface d’Yves Charbit Genre, santé et droits sexuels et reproductifs
C o l l e c t i o n P o p u l a t i o n s
LAMBITION SUÉDOISEPOUR LE DÉVELOPPEMENT
Populations Collection dirigée par Yves Charbit, Maria Eugenia Cosio-Zavala, Hervé Domenach La démographie est au cœur des enjeux contemporains, qu’ils soient économiques, sociaux, environnementaux, culturels ou politiques. En témoigne le renouvellement récent des thématiques : développement durable, urbanisation et mobilités, statut de la femme et de l’enfant, dynamiques familiales, santé de la reproduction, politiques de population, etc. Cette démographie contextuelle implique un renouvellement méthodologique et doit donc prendre en compte des variables en interaction, dans des espaces de nature diverse (physiques, institutionnels, sociaux). La collection « Populations » privilégie les pays et les régions en développement sans pour autant oublier leurs liens avec les pays industrialisés et contribue à l’ouverture de la démographie aux autres disciplines. Elle est issue d’une collaboration entre les chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), de l’UMR CEPED (INED, IRD, Université Paris Descartes) et du Centre de Recherches Populations et Sociétés (Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense). Derniers parus Lucas Tchetgnia,Face au Sida, quel comportement en Afrique ? L’exemple du Cameroun, 2016. Institut national de la statistique du Niger,vers le Niger : développement social, 2015. Yves Charbit et Teiko Mishima (dir.),Questions de migrations et de santé en Afrique sub-saharienne, 2014. Rokhaya Cissé,L’héritage de la pauvreté. Entre récurrence, rupture et résilience dans les trajectoires des pauvres au Sénégal, 2014.Myriam de Loenzien,Famille et société au prisme du VIH/Sida au Viêt Nam, 2014. Marc-Antoine Pérouse de Montclos (dir.),Crises et migrations dans les pays du Sud, 2014.
Serge Rabier L’ambition suédoise pour le développement Genre, santé et droits sexuels et reproductifs L’HARMATTAN
En couverture : la fresque néo-byzantine de la Salle Dorée de l’Hôtel de ville de Stockholm représentant la Reine du lac Mälaren (ancien surnom de la ville) siégeant au centre du monde avec à ses pieds, à l’ouest les gratte-ciels de New York et à l’est, les palais des maharadjahs. © L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09051-1 EAN : 9782343090511
«À chaque époque, une certaine représentation du monde et des choses, une mentalité collective dominante anime,pénètre la masse entière de la société. Cette mentalitéqui dicte les attitudes, oriente les choix, enracine lespjugés, incline les mouvements d’une société est éminemment un fait de civilisation. Beaucoup plus encore que les accidents ou les circonstances historiques et sociales d’une époque, elle est le fruit d’héritages lointains, de croyances, de peurs, d’inquiétudes anciennes souvent presque inconscientes, au vrai le fruit d’une immense contamination dont les germes sont perdus dans le passé et transmis à travers des générations et des générations d’hommes. Les réactions d’une société aux événements de l’heure, aux pressions qu’ils exercent sur elle, obéissent moins à la logique, ou même à l’intérêt égoïste, qu’à ce commandement informulé, informulable souvent et qui jaillit de l’inconscient collectif. Ces valeurs fondamentales, ces structurespsychologiques sont assurément ceque les civilisations ont de moins communicable les unes à l’égard des autres, cequi les isole et les distingue le mieux. Et ces mentalités sont égalementpeu sensibles aux atteintes du temps. Elles varient lentement, ne se transforment qu’après de longues incubations, peu conscientes, elles aussi ».Fernand Braudel Grammaire des civilisations. 1987. Editions Arthaud. p. 54. “If now indeed many Swedes are shy and socially insecure, if they strive for autonomy, feel extremely uneasy confronting personal conflicts, have difficulties expressing and receiving strong emotions, feel all the more secure with matter-of-factness and rationality - it comes from somewhere. If they truly conceive of themselves, as individualistic but are not at all happy without the support of a collective, it is not just by chance. If many Swedes are comparatively quiet, slow, serious, possibly even gloomy - in any case hardly light hearted even though theirs is a self-image of being nice, cheerful and happy - then all these tendencies are consequences of Sweden as a social organization and historical product, of those institutions and natural preconditions that apply in our part of the world.”Åke Daun Swedish Mentality. 1996. Pennsylvania State University Press. p. 195. “Gender and Sexuality are both social construct. They are closely intertwined ; both are about values and meanings, and both are concerned with norms that permit and constrain certain forms of social and sexual expression. Both, ultimately, are about power and politics.”Swedish International Development AgencySexuality : a missing dimension in development. Concept paper.
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PRÉFACE
De tous temps, l’évolution la population a été une des préoccupations du pouvoir politique, car pour le Prince ses sujets avaient trois « utilités » : les hommes étaient enrôlés dans ses armées, hommes et femmes fournissaient la main-d’œuvre, individus et foyers payaient des impôts. Dans ces conditions, les politiques de population mises en œuvre dans l’histoire de l’Europe par les États ont consisté très généralement en général à accroître l’effectif de la population. Accroître l’effectif supposait de jouer sur les variables qui gouvernent la croissance et les politiques de population ont consisté à favoriser des mariages précoces et nombreux enfin que les couples fassent le plus grand nombre d’enfants possible, à augmenter la population par des mesures d’immigration et enfin à tenter de réduire la mortalité. Un tournant s’est pourtant produit à la fin du XVIIIe siècle sous l’influence d’un livre, l’Essai sur le principe de la populationde Thomas Malthus, qui a lancé l’idée que la population risquait d’augmenter trop vite par rapport aux subsistances. Cette thèse trouva une confirmation éclatante dans la situation que connut l’Angleterre à l’aube du XIXe siècle, car la révolution industrielle avait créé un prolétariat dont la fécondité paraissait beaucoup trop élevée au regard de leurs faibles ressources. Ainsi se dessina tout un courant doctrinal radicalement opposé à celui qui avait dominé la pensée démographique lors des siècles précédents. On était ainsi passé du populationnisme au malthusianisme et les politiques de population qui se mirent alors en place témoignent de ce revirement. Alors qu’au sens strict, la démographie est l’analyse des structures et du mouvement de la population, une autre évolution notable s’est produite dans le champ scientifique, avec la prise en compte des facteurs économiques sociaux culturels supposés, à tort ou à raison, gouverner la fécondité, la nuptialité, la mortalité et les migrations. Il était donc inévitable que les politiques de population connaissent un élargissement comparable et toute une série de mesures susceptibles d’influer sur la fécondité ont été prises dans le cadre des politiques du logement, de l’emploi, de l’éducation, de la fiscalité, de celles enfin relatives au statut et à la place des femmes dans la société.
La caractéristique du livre de Serge Rabier est de se positionner très clairement dans cette perspective, devenue dominante, que les Anglo-Saxons appellent lesPopulation studies, par rapport à la démographie analytique traditionnelle. Le sujet même l’imposait. Comment en effet, analyser ce que l’auteur appelle les deux piliers structurants de l’aide publique au développement suédoise sans se poser la question de tous les facteurs proches ou reculés dans le temps qui façonnent les conceptions même de la politique suédoise de développement ? L’auteur a donc fait appel avec
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