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La diaspora togolaise des années 1960 à nos jours

De
206 pages
Cet ouvrage analyse la diaspora togolaise à travers un état des lieux : son histoire récente, ses principales zones géographiques de résidence, ses acteurs ainsi que son apport dans le développement du Togo. Les contextes culturels, économiques et historiques sont abordés pour illustrer les conditions d'émergence de la diaspora togolaise ainsi que l'état de ses relations avec le pays d'origine. La politique togolaise est également au coeur de l'analyse en raison de son rôle dans l'émigration de la population de ce pays.
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EtudesLa diaspora togolaise
africainesdes années 1960 à nos jours Série Sociologie
Histoire, répartition géographique et apports
dans le développement économique du Togo
Le présent ouvrage vise à analyser la diaspora togolaise à travers un état
des lieux : son histoire récente, ses principales zones géographiques de
résidence, ses acteurs ainsi que son apport dans le développement du
Togo. Les contextes culturels, économiques, et historiques sont abordés
Christian A pour illustrer les conditions d’émergence de la diaspora togolaise ainsi
que l’état de ses relations avec le pays d’origine. La politique togolaise est
également au cœur de l’analyse en raison de son rôle dans l’émigration
de la population de ce pays. Le livre examine également les questions La diaspora togolaise controversées du vote de la diaspora togolaise et des statistiques entourant
cette dernière. Les Togolais de la diaspora sont-ils deux ou trois millions
comme l’affi rment diverses sources ? des années 1960
Écrit dans un langage clair et concis, l’ouvrage est destiné aux lecteurs
de tous horizons intéressés par la sixième zone géographique africaine
qu’est la diaspora. Premier livre à dresser un portrait exhaustif de la diaspora à nos jours
togolaise, les attentes, voire les revendications de cette diaspora envers
leur pays d’origine sont présentées. L’État togolais saura-t-il répondre aux
Histoire, répartition géographique et apports demandes formulées par sa diaspora ?
dans le développement économique du Togo
Christian AGBOBLI est professeur titulaire au Département
de communication sociale et publique de l’Université du
Québec à Montréal. Co-fondateur du Groupe d’études et
de recherches axées sur la communication internationale
et interculturelle (GERACII), co-titulaire de la Chaire
UNESCO en communication et technologies pour le
développement et membre du Centre de recherche interuniversitaire sur
la communication, l’information et la société (CRICIS), Christian Agbobli
s’intéresse à la communication internationale ainsi qu’à la communication
interculturelle sous leurs diverses formes.
Etudes africaines
Série Sociologie
ISBN : 978-2-343-11854-3
20,50 €
La diaspora togolaise des années 1960 à nos jours
Christian A
Histoire, répartition géographique et apports dans le développement économique du Togo










La diaspora togolaise des années 1960 à nos jours
Histoire, répartition géographique et apports
dans le développement économique du Togo



Christian Agbobli












La diaspora togolaise
des années 1960 à nos jours
Histoire, répartition géographique et apports
dans le développement économique du Togo








































































































Du même auteur

Christian Agbobli, Oumar Kane et Gaby Hsab (sous la
direction de), 2013, Identités diasporiques et
communication, Presses de l'Université du Québec

Christian Agbobli et Gaby Hsab (sous la direction de),
2011, Communication internationale et communication
interculturelle: regards épistémologiques et espaces de
pratique, Presses de l’Université du Québec

Christian Agbobli (sous la direction de), 2009, Quelle
communication pour quel changement? Les dessous du
changement social, Presses de l’Université du Québec























© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-11854-3
EAN : 9782343118543
PRÉFACE
La diaspora, du grec diasporá, signifie « dispersion,
dissémination ». Apparenté à sporá (« ensemencement »)
issu du verbe speíro, (« semer »), il donnera spore en
français. Il apparaît dans la traduction grecque de la Bible
ehébraïque à partir du III siècle avant J.-C. et désigne alors
la situation des communautés juives établies hors
de Judée, et ces communautés elles-mêmes. Demeuré
inchangé en grec moderne, il s'utilise notamment pour
désigner la très importante diaspora hellénique disséminée
1dans le bassin méditerranéen depuis des siècles .
A la base des plus célèbres diasporas, se trouvent des
motivations économiques, politiques ou religieuses. C’est
le cas des diasporas hellénique, juive ou arménienne.
Déclenchées pacifiquement par un mouvement de
colonisation de nouvelles terres ou violemment par le
déplacement forcé ou la déportation de plusieurs milliers
d’individus d’une même culture, ces migrations ne
deviennent diasporas qu’au fil des décennies suivantes qui
les voient se développer dans leurs terres d’accueil, en
gardant peu ou prou, des liens avec leurs origines. Le
phénomène « diasporique » repose en fait avant tout sur
des facteurs d'ordre culturel : « On peut ainsi attribuer le
caractère de diaspora à tout peuple disséminé sur la Terre
pour quelque raison, qui, faisant durablement échec aux
processus d'assimilation ou d'acculturation, maintient la
conscience d'une différence, la mémoire vive d'une
histoire et d'un pays particuliers, l'usage d'une langue ou
l'attachement à une religion, et qui entretient et développe
2le souvenir de ses origines. »
1 Voir les définitions des dictionnaires et encyclopédies, notamment
l’Encyclopedia universalis.
2 Id.
7eCe mouvement s’accéléra à partir du XVI siècle avec la
déportation des Noirs d’Afrique en direction des
Amériques, puis avec la Révolution industrielle qui vit des
centaines de milliers d’individus, souvent des paysans
pauvres, Européens et Chinois principalement, se déplacer
en masse vers les pôles de développement économique –
en Europe et en Amérique du Nord- à la recherche d’un
mieux-être. C’est ainsi que se formèrent notamment les
nombreuses communautés d’Irlandais, Ecossais, Italiens,
e eChinois…immigrés aux USA, fin XIX -début XX siècle.
eAu cours du XX siècle, le terme prit un sens moderne
pour désigner les immigrés économiques issus d’un même
territoire, mais disséminés dans plusieurs terres d’accueil.
C’est dans ce sens que la diaspora togolaise regroupe tous
les Togolais installés à l’extérieur du Togo.
L’ouvrage de Christian Agbobli retrace ainsi le parcours
de ces milliers de Togolais en terre d’exil à travers le
monde. Après avoir brossé l’historique de la naissance du
Togo, il campe son propos en cinq chapitres, traitant
successivement des conditions d’émergence de la diaspora
togolaise, de ses zones géographiques d’élection, des
associations togolaises de la diaspora, des rapports entre
l’Etat togolais et cette diaspora et enfin de l’apport de la
diaspora au développement de l’économie du Togo.
L’intérêt soudain du gouvernement togolais ces dernières
années pour capter l’attention de la force économique que
représente cette diaspora autrefois honnie car
prétendument repère d’opposants hostiles au pouvoir sans
partage d’Eyadema est intéressant à suivre.
L’auteur tente de faire l’inventaire des Togolais émigrés à
travers le monde sur la base de relevés statistiques établis
à partir des recensements de populations qui
8comptabilisent les étrangers, complétés par des données
recueillies sur internet et des interviews dans les pays où
de tels documents n’étaient pas disponibles. Si, pour les
pays du Nord, ce travail fut relativement aisé en raison de
la disponibilité et de la fréquence des enquêtes
démographiques, en Afrique subsaharienne par contre,
l’inexistence ou les difficultés d’accès à des données
fiables complexifia les recherches et ce fut une véritable
gageure que de recueillir ces informations. Christian
Agbobli dut limiter ses ambitions et cibler principalement
les pays suivants : Bénin, Côte d’Ivoire, Burkina Faso,
Gabon, Ghana, Maroc, Niger, Sénégal. Les nombreuses
difficultés rencontrées dans cette quête limitèrent son
champ d’action. D’où les lacunes que le lecteur ne
manquera pas de relever dans l’exploitation des données
concernant une majeure partie des pays africains.
Le résultat final présente un tableau fort captivant qui, non
seulement va à l’essentiel de ce qu’il faut connaitre de
cette diaspora, mais permet également de comprendre le
vécu interne de ces Togolais de l’étranger.

Le style, alerte et plaisant, rend la lecture fort aisée pour
les hommes de terrain habitués à élaguer le superflu en
visant l’essentiel sans perte de temps. Le ton, parfois
journalistique, dénote un sens de la recherche des
informations utiles avec maîtrise et souci de la précision.

L’ouvrage constitue, à ma connaissance, la première
recherche de cette ampleur visant la diaspora togolaise
dans son ensemble. Il semble destiné avant tout aux
membres de la diaspora, aux chercheurs, aux économistes
et hommes d’affaires. Mais nul doute que les instances
gouvernementales sauront également y trouver des
informations susceptibles de les guider dans leurs
orientations politiques et économiques. Et comme le
9 promet l’auteur, nous attendons d’autres études qui
s’investiront dans une analyse plus poussée englobant en
profondeur tous les groupes de Togolais installés à
l’étranger.
Professeur Théodore Nicoué Gayibor
Historien,
Ancien président de l’Université de Lomé
10
REMERCIEMENTS

Cet ouvrage a été rédigé grâce à l’aide, aux conseils et aux
recommandations avisées de diverses personnes
auxquelles il me plaît ici de rendre un hommage mérité.

Je pense naturellement à Anne-Marie Tessier-Agbobli, ma
chère épouse, qui a su m’épauler en toute circonstance, à
mes filles Inès et Eva pour leur fougue d’adolescente et de
petite-grande fille.

Je tiens également à remercier les professeurs Maurille
Agbobli et Nicoué Gayibor pour leurs relectures critiques.
Je remercie particulièrement le professeur Gayibor pour
avoir accepté de rédiger la préface de cet ouvrage. Je
remercie sincèrement le professeur Agbobli, pour ses
commentaires pertinents.

Cet ouvrage aurait été incomplet sans le soutien et les
apports de plusieurs personnes : Afanou Agbelenko,
Benjamin Agboli, Eli Ahonsou Kosi, Samuel
ArseneauRoy, M. Avaye, Komi Aziangbede, Dimitri Régis Balima,
Hassane Beidou, Francis Dogo, Florence Gokar-Agbobli,
Oumar Kane, Clément Messan Kidja, Mathias Kolani,
Dakou Kodjo dit « Raoul », Bernadette Renée Likassa,
Julien Atchoua N’Guessan, Carpophore Ntagungira,
Ferdinand Têko-Agbo, Cheick Oumar Traoré. Merci à
mon frère Fabien Domingo de m’avoir encouragé à
prendre la plume. Je remercie également tous les membres
de la diaspora togolaise qui ont généreusement répondu à
mes questions.

11 Je tiens également à remercier M. Nicolás Berlanga
Martínez pour son soutien renouvelé à mes démarches
ainsi qu’à l’équipe de la Délégation de l'Union européenne
au Togo, notamment M. Alexandre Giraldez Soage et
Mme Adjoavi Davi-Setodji.

Je souhaite remercier les membres des familles Agbobli et
Gokar. Plusieurs de ceux-ci font partie de la diaspora
togolaise et leurs exemples sont illustratifs du vécu de
plusieurs familles togolaises devenues des familles
allemandes, américaines, canadiennes, françaises,
guinéennes, etc. d’origine togolaise.

Un merci particulier à Hugo Bréant qui a fait germer en
moi la nécessité de cet ouvrage.

Bien que ces personnes aient contribué d’une manière ou
d’une autre à l’élaboration de l’ouvrage, je demeure
l’auteur de l’ensemble des analyses ici présentées et suis
l’unique responsable des insuffisances qui y seront
relevées. J’espère que cet ouvrage suscitera la rédaction de
nombreux autres qui serviront à mieux cerner les enjeux
actuels et futurs de la diaspora togolaise.


12 ACRONYMES ET SIGLES


AEF : Afrique Équatoriale française

AESTF : Association des Étudiants et Stagiaires Togolais
en France

ANC : Alliance nationale pour le changement

AOF : Afrique-Occidentale française

APD : Aide Publique au Développement

ARTCI : Association des Ressortissants Togolais en Côte
d’Ivoire

BAD : Banque africaine de développement

BCEAO : Banque centrale des États de l’Afrique de
l’Ouest

CAR : Comité d’Action pour le Renouveau

CDPA : Convention démocratique des peuples africains

CDT : Collectif pour la démocratie au Togo

CESTOM : Coordination des Étudiants et Stagiaires
Togolais au Maroc

CTC : Communauté togolaise du Canada

CMDT : Conseil mondial de la Diaspora Togolaise

13 DIASTODE : Diaspora togolaise pour la démocratie
ENA : École nationale d’administration (française)
ESTP : École spéciale des travaux publics, du bâtiment et
de l’industrie de Paris
FDLT : Front Démocratique pour la Libération du Togo
FEANF : Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en
France
FDI : Foreign direct investment
ICMPD : Centre international pour le développement des
politiques migratoires
IDH : indice de développement humain
JRPT : Jeunesse du Rassemblement du peuple togolais
JTRCI : Jeunesse Togolaise Résident en Côte d’Ivoire
LSE : London School of Economics
MAEC : Ministère des Affaires étrangères et de la
Coopération du Togo
MAECIA : Ministère des Affaires étrangères, de la
Coopération et de l’intégration africaine du Togo
MIDWA : Migration Dialogue for West Africa
MIEUX : Migration EU Expertise
14MNRT : Mouvement National pour la Révolution au
Togo

PPDD : Parti Populaire pour la Démocratie et le
Développement

OCDE : Organisation de coopération et de développement
économiques

ODA : Official development assistance

OIM : Organisation Internationale pour les Migrations

ONU : Organisation des Nations Unies

OUA : Organisation de l’unité africaine

PIB : Produit intérieur brut

PNUD : Programme des nations unies pour le
développement

RENPARD : Réseau des Entrepreneurs et Professionnels
Africains revenus de la Diaspora

RPT : Rassemblement du peuple togolais

ROCARÉ : Réseau ouest et centre africain de recherche
en éducation

SDN : Société des Nations

SNI/FA : Société nationale des investissements et fonds
annexes

15 UA : Union africaine
UE : Union européenne
UESTOF : Union des Étudiants et Stagiaires Togolais en
France
UFC : Union des forces du changement
UNESCO : Organisation des Nations unies pour
l’éducation, la science et la culture
URTA : Union des Ressortissants Togolais en Allemagne
UTOCI : Union des Togolais en Côte d’Ivoire
16INTRODUCTION

3L’objectif de ce livre est de présenter la diaspora
togolaise à travers un état des lieux, ses principaux lieux
de vie, ses acteurs ainsi que son apport dans le
développement du Togo.

Le Togo est un pays officiellement indépendant depuis le
227 avril 1960. D’une superficie de 56700 km , il fut
originellement un pays d’émigration et d’immigration. En
effet, le territoire connu de nos jours comme le Togo est
constitué de groupes ethniques dont une majorité venue
d’horizons divers.

Deux phases essentielles sont à retenir de l’histoire
précoloniale du Togo. Aux populations autochtones
4éparpillées en groupuscules sur l’ensemble du territoire ,
sont venus s’imposer des vagues successives de

3 Le livre ne traitera pas des distinctions théoriques associées à la
diaspora, à l’immigration, au statut de migrant ou de réfugié. Il
abordera la diaspora comme un ensemble plus ou moins hétérogène de
Togolais vivant hors du territoire national et qui ont maintenu un lien,
fort ou distendu, avec leur pays d’origine. Parfois, certains des
Togolais de la diaspora ont même brisé ce statut pour rentrer
définitivement dans leur pays d’origine. Bien qu’abordant la diaspora
togolaise dans son ensemble, la diaspora togolaise en Afrique,
quoique traitée, l’a été de manière sommaire en raison de certaines
difficultés d’accès à l’information.
4 Ces groupuscules, fort nombreux, ont été phagocytés pour la plupart
par des immigrés mieux organisés. Le reste privilégie les sites
montagneux et forestiers, à l’abri des plaines et vallées, exposées aux
incursions ennemies ; ce sont, pour l’essentiel dans la partie sud, les
Nogbo, les Yo, les Tegbe, les Kpokli, les Wonyo ; dans la partie
septentrionale, on citera les populations habitant la chaine de
l’Atakora qui se prolonge vers le sud-ouest, à savoir les Lamba,
Kabiyè, Koli, Ntribou, Adele, Akebou, une partie des Akposso et des
Ahlon-Bogo.
17 migrations dont les plus importantes furent celles qui
edonnèrent naissance aux royaumes aja de Tado au XII
esiècle, de Notsé et des Xwla au XV siècle, des Guin et
edes Anoufom au XVIII siècle. Les deux derniers durent
leur existence à l’éclosion de la traite négrière dont
l’épicentre sur la côte fut Petit-Popo, de son toponyme
local Aného, le port négrier du royaume de Glidji au
e eXVIII et XIX siècle.
Le phénomène migratoire est inhérent à la constitution des
territoires coloniaux, même s’il y a eu de la circulation de
personnes bien avant la colonisation. Les frontières
coloniales n’ont respecté aucune règle, découpant,
cisaillant, séparant arbitrairement populations et cultures
ici et là, elles ont favorisé les déplacements et migrations
de groupes ethniques et familiaux installés de part et
d’autre de ces limites territoriales qui ne furent au début et
pendant des décennies que formelles, surtout lorsque c’est
le même colonisateur que l’on retrouvait au-delà des
limes. Le cas le plus courant et que l’on cite souvent en
l’imputant parfois avec exagération au refus de payer les
impôts est celui de la fuite vers le territoire de la Gold
Coast (actuel Ghana) sous juridiction britannique où les
Togolais sous juridiction allemande s’en allaient
volontiers travailler comme ouvriers saisonniers dans les
plantations de cacao. Dans le même temps, le Kamerun
allemand (actuel Cameroun) bénéficia de l’apport de
centaines d’ouvriers togolais qui y furent envoyés (ou
déportés par l’Administration allemande. Pendant la
présence française, on assista à une migration de Togolais
qualifiés (comptables, dactylographes, agents de
commerce, etc.) vers les territoires français de l’AOF et de
l’AEF du fait de la libre circulation entre ces territoires,
certains cadres y étant affectés par le colonisateur. C’est
ainsi que l’on retrouve des colonies de Togolais un peu
18partout en Afrique de l’Ouest et du Centre. (Gayibor,
2013).

Les premiers mouvements de migration furent ceux
entretenus entre les centres de dispersion qui se trouvaient
désormais en territoire étranger, notamment les Guin vers
Guengbo (la région d’Accra), les Ana (Ifè) vers les
régions nago du Dahomey, les Akposso, Ntribou, Adélé
vers leurs sanctuaires désormais en Gold Coast, etc., et
vice-versa. Ces mouvements de va-et-vient caractérisèrent
la plupart des peuples séparés qui faisaient souvent peu de
cas des frontières coloniales jusqu’aux années 1950 qui
virent ces mouvements cesser, du fait des entraves
coloniales et de la naissance de nouveaux pôles
d’attraction et de nouvelles habitudes sociétales.

Pendant la période coloniale, les Togolais ont commencé à
émigrer, c’est-à-dire à sortir de leur pays pour vivre
ailleurs. Cette émigration était, au départ, associée à
l’enseignement primaire supérieur dans les écoles du
gouvernement général de l’Afrique-Occidentale française
(AOF) : école normale William-Ponty de Dakar, école
normale des jeunes filles de Rufisque, écoles rurales de
Katibougou et de Dabou, école de médecine et de
pharmacie de Dakar, école technique supérieure de
Bamako. Le premier de ces émigrants scolaires à l’école
normale William-Ponty fut H. Kponton en 1923 (Gayibor,
2013). « À partir de 1926-1927, cinq des meilleurs élèves
togolais furent envoyés en France, par leur famille ou par
l’Administration, pour y continuer les études secondaires.
5Quatre réussirent et poursuivirent des supérieures.

5 Selon Gayibor, les quatre élus furent : Anani Santos qui devint
avocat, Nicolas Grunitzky, ingénieur en travaux publics, André
Akapko et Robert Ajavon, médecins. Robert Ajavon fut sénateur de la
eIV République française de 1952 à 1958.
19