La parole est aux migrants

De
Publié par

En effet, nombreux sont ceux qui parlent, jugent ou condamnent les migrants. On ne compte plus les débats sur ce sujet à la télévision ou même chez chacun d'entre nous. Il n'est pas rare d'entendre, notamment, les dirigeants des différents partis politiques s'exprimer sur ceux qui fuient les guerres ou la pauvreté. Pourtant, tout ne se déroule pas forcément comme dans le ressenti de chacun. Entre les mots et la réalité, il y a bien souvent une sacrée distance. Parallèlement à ces discussions, on ne donne que trop rarement la parole aux victimes. Car oui, les migrants sont avant tout victimes de ce monde.
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
Lecture(s) : 20
EAN13 : 9782336395524
Nombre de pages : 152
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
OlivierGEAI La parole est aux migrants
Photographies de Laurence GEAI
La parole est aux migrants
Olivier GEAI
La parole est aux migrants
Photographies de © Laurence Geai Tous droits réservés.
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07615-7 EAN : 9782343076157
De tout temps, les phénomènes migratoires ont engendré débats et questionnements populaires. Dès lors, l’incompréhension entre migrants et pays d’accueil n’a fait que diviser. Aujourd’hui, alors qu’ils sont au cœur des débats dans l’Hexagone, mais aussi en Europe, ils n’ont de cesse de proclamer qu’ils ont réalisé ce voyage avec pour seule motivation, celle de vivre enfin en paix.
Un jour, sur un camp de migrants Parisiens, l’un d’entre eux m’a demandé de raconter son histoire. Je lui ai alors opposé un simple « pourquoi ». Sa réponse fut claire et limpide : « Je veux que les gens sachent qu’on ne vient pas en France par plaisir, j’ai envie qu’ils comprennent que nous avons dû abandonner nos familles, nos racines, nos amis, notre culture et notre pays. Je veux qu’ils prennent conscience que nous n’avions pas le choix. » Au début hésitant face à cette demande, j’ai finalement décidé de relever ce défi. Oui, j’emploie le mot « défi », car c’en est bien un de tenter de retranscrire leurs combats pour exister dans cette société et briser les préjugés à leurs sujets.
Il s’est alors écoulé plusieurs semaines afin que je puisse recueillir les témoignages de ceux qui souhaitaient participer à cet ouvrage. Ces temps partagés étaient racontés parfois avec sourire, mais bien souvent aussi avec tristesse. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement à la vue de ces différents parcours atypiques pour nous, mais finalement, tellement communs pour ceux qui tentent de rejoindre nos contrées. Les rendez-vous étaient donnés sur un camp de migrants ou sur la terrasse
d’un café, ou bien encore sur les trottoirs à même le sol. Ces moments furent ponctués de partages et d’échanges.
Chaque intervention a apporté sa pierre à l’édifice. Chacun dans cet ouvrage a raconté son histoire telle qu’il l’avait vécu. Peu importaient le nombre de mots, le nombre de pages ou encore la ou les périodes de vie qu’il souhaitait évoquer. La liberté de dire était l’organe vital de cet ouvrage.
Au fur et à mesure de nos échanges, j’ai ressenti combien leur force intérieure était incroyable et combien la soif de vivre les avait sauvés de bien des drames.
Leurs propos rompent clairement avec les différents clichés liés à l’immigration. En effet, il y a bien un fossé entre leurs désirs et les fantasmes d’une population qui les « accueille ». Qui n’a jamais entendu cette phrase : « On ne peut pas aider tout le monde », ou : « Ils viennent pour profiter de nos droits, de nos emplois, de la sécurité sociale, etc. », ou encore : « Si cela touche les gens, pourquoi ne les hébergent-ils pas ? »
Au-delà de leurs histoires et des préjugés qu’engendre l’immigration, vous comprendrez, je l’espère, combien ces migrants ont soif de vivre enfin en paix et en sécurité.
Les mots qui construisent les différents témoignages dans ce livre sont les leurs. Ils leur
8
appartiennent. Je ne suis que la plume qui tente de reformuler puis de relier les souvenirs au papier que vous lirez. Je leur laisse maintenant le soin de vous conter leur histoire, bienvenue dans leur réalité… La parole est aux migrants
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.