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La Perte de l'existence chez les personnes âgées

De
84 pages
Comment peut-on aborder la mort quand on a l’âge de bientôt mourir? Comment percevoir la présence d’une psychologue «?stagiaire?» qui affiche une jeunesse provocante alors que la souffrance, l’insupportable douleur d’une existence qui n’en finit pas d’égrener ses pertes, s’impose inévitablement comme une source de grande angoisse? Autour d’une étude du rapport de l’homme à la vieillesse lorsque celui-ci ne peut plus être autonome, l’auteur de "Nietzsche et l’écriture de l’éternel retour" analyse l’aspect symbolique d’une mort qui s’annonce derrière le masque de la peur de tomber et du temps qui est passé trop vite et qui ne passe plus. Mais au-delà de la réflexion, Sylvie Boujac revient sur son expérience au sein de cinq résidences du troisième âge et dépeint avec sensibilité la rencontre avec la vieillesse – chaleureuse, pleine de tendresse – et questionne notre avenir commun.
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La Perte de lexistence chez les personnes âgées
Du même auteur
Nietzsche et lécriture de léternel retour, 2011
Sylvie Boujac La Perte de lexistence chez les personnes âgées
Publibook
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IDDN.FR.010.0117467.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2012
Introduction 1. Pourquoi faire un stage en psychologie clinique avec des personnes âgées dites du troisième âge ?
La question posée est la suivante : comment peut-on aborder la mort quand on a lâge de bientôt mourir ? La grande différence entre ces personnes et moi est lâge : en quoi leur âge vient-il changer quelque chose à leur vie ? Le refus de la mort, nous lavons tous, que nous soyons jeunes ou vieux ; mais quest-ce que lâge peut modifier par rapport à la façon de ressentir la mort, et finalement modifie-t-il quelque chose ? Peut-être est-ce une fausse question que celle de cher-cher en lautre ce qui est propre à soi et de se demander si lâge modifie quelque chose à la façon de ressentir la mort. Cependant lâge de quelquun commence à compter de sa naissance et le situe dans le temps ; la référence au temps est aussi référence à la mort. Pour toutes les person-nes qui meurent sont indiqués ses nom, prénom et son âge. Les nom et prénom indiquent lidentité de la personne et son âge sa situation dans le temps, dans le temps de sa mort. Lon dit dune personne qui est morte âgée : « elle avait lâge », par contre lon dit dune autre qui est morte à vingt ans : « elle était jeune et navait pas eu le temps de connaître la vie ». Les personnes âgées disent avec amertume quelles nont pas vu passer leur jeunesse comme si la jeunesse permettait de tout espérer, débouchait sur une multitude de
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possibilités à linverse de la vieillesse qui voit ses possibi-lités, ses espoirs sévanouir à chaque instant en même temps quelle se rapproche du temps de la mort.
2. Ma première démarche, mes premières impressions
Jai choisi deffectuer mon stage dans cinq résidences-foyers. Lors de la seconde période de stage, jabandonnai une des résidences. Plus tard et afin de mieux cerner la différence entre les résidences du troisième âge et les clubs de troisième âge, je décidai de me rendre plusieurs fois dans un club. Cette décision me permit de mieux cer-ner mon choix. En effet, il mapparaît actuellement que ce qui se joue dans les résidences revêt des aspects plus mar-qués, plus aigus que ce qui se joue dans les clubs. Il mapparaît également que jattendais quelque chose au niveau de mon stage lorsque je commençai celui-ci : je crois que jattendais que les autres mattendent. Les autres sont les personnes âgées et les personnes travaillant dans les résidences. Telle ne fut pas la réalité : comment pou-vait-on mattendre puisque mon arrivée fut une surprise quasi générale ? La question concernant mon arrivée navait pu être dis-cutée : quen était-il du désir ou du non-désir de ma présence dans les résidences auprès de chacun ? Je maperçus très vite que je me heurtais à cela, à mon désir de me sentir attendue, à la réalité qui était différente et qui faisait émerger en moi une certaine agressivité. Cette désillusion allait donner un aspect un peu agressif à mes premières impressions. Dans le premier lieu de mon stage, jai le souvenir dune vieille dame qui marchait, appuyée sur un déambu-lateur. Cette vieille dame dont jappris plus tard quelle était âgée de quatre-vingt-quatorze ans ma donné
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