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La sociologie camerounaise Valentin NGA NDONGO
Un demi-siècle de lente mais dynamique construction
La construction de la sociologie, dans le Cameroun moderne,
remonte aux années 1960, avec l’arrivée des ethnologues, dans
le cadre de la Fondation française de l’enseignement supérieur.
Encore balbutiante au départ, cette construction a progressé et s’est
étofée, en épousant les diverses mutations de la société. Elle est
ainsi allée, globalement, de l’implantation à la consolidatiou an, o u La sociologie camerounaise
rayonnement actuel, en passant par la structuration, la ghettoïsatio, n
la restructuration. Ancrée dans la sociohistoire, loin de la simple
histographie, cette analyse nous livre un éclairage sur le chemin
Un demi-siècle de lente mais dynamique constructionparcouru, par cette science, dans une formation sociale acfarine
comme le Cameroun..
Valentin NGA NDONGO, auteur du présent ouvrage, est
etitulaire d’un doctorat de 3 cycle en Sociologie et d’un doctorat
d’État ès Lettres et Sciences humaines, option Sociologie,
tous deux obtenus à l’Université de Paris-10 Nanterre, il est
professeur de sociologie des universités camerounaises. Ses
centres d’intérêt académique et heuristique sont principalement
les suivants : méthodes, sociologie politique, sociologie de la connaissance et,
bien sûr, sociologie africaine. Il a publié dix ouvrages parus au Cameroun et
à l’étranger, entre autres : Les médias au Cameroun et Délires d’une société
en crise (Paris, l’Harmattan, 1987), Leçons de sociologie africaine (Paris,
L’Harmattan, 2015) et Dynamiques sociales en Afrique noire, Chantiers
pour la sociologie africaine (Paris, L’Harmattan, 2016), Problématique de
la renaissance en Afrique, Le continent noir face au défi de l’impérieuse
émergence (Paris, L’Harmattan, 2016).
En couverture : (à gauche) Joseph Mboui, professeur d’ethnologie, la porte d’entrée de la sociologie
au Cameroun ; (à droite) Jean Mfoulou, une des igures emblématiques de la sociologie camerounaise.
ISBN : 978-2-343-11287-9
19 €
Valentin NGA NDONGO
La sociologie camerounaise



















La sociologie camerounaise


























Sociologie africaine
Collection dirigée par Valentin NGA NDONGO

D’après Georges Gurvitch, « la sociologie est une science qui fait des bonds, ou au
moins fluctue, avec chaque crise sociale de quelque envergure ». Cette assertion sied
fort bien à la sociologie africaine. La conjoncture sociopolitique actuelle crée
comme une sorte de « printemps de la sociologie en Afrique », pour emprunter la
savoureuse formule d’Albert Bourgi. Après bien des vicissitudes, en effet, la
sociologie a fini par sortir du ghetto où l’avait confinée le régime de la pensée
monolithique pour acquérir ses lettres de noblesse, à la faveur d’une double et
pressante demande venant d’une société civile émergente et d’une communauté
internationale plus que jamais déroutée face à une Afrique noire toujours
déconcertante et « ambiguë », selon le mot de Georges Balandier. Mais si le temps
de la sociologie africaine s’impose, il reste que celle-ci doit encore convaincre de la
crédibilité de ses paradigmes, de la solidité de ses méthodes ainsi que de la
spécificité de ses problématiques, de sa vocation et de ses enjeux politiques et
géopolitiques dans le monde d’aujourd’hui. La sociologie africaine doit également
démontrer qu’elle n’est pas une sociologie argotique, tropicalisée, périphérisée,
adossée à quelque absurde revendication raciale mais qu’elle est une sociologie tout
court, une sociologie prométhéenne, c’est-à-dire une appropriation, par les
Africains, d’un savoir qui, ayant longtemps servi à leur oppression, doit désormais
constituer l’instrument par excellence de leur libération. La présente collection se
veut donc un espace public, au sens habermassien, de réflexion et de débat pour la
défense et l’illustration d’une sociologie africaine à refonder.




Dernières parutions :


Valentin NGA NDONGO (dir.), Problématique de la renaissance en Afrique noire,
2016.
Valentin NGA NDONGO (dir.), Dynamiques sociales en Afrique noire. Chantiers
pour la sociologie africaine, 2016.
Gabriel ETOGO, Les dynamiques de la légitimité du pouvoir politique local au
Cameroun. Du mirage des phénomènes répétitifs, 2012.
Valentin NGA NDONGO, Jean Mfoulou, Jean-Marc Ela : deux baobabs de la
sociologie camerounaise, 2010.
Joseph DOMO, Le nord du Cameroun. Mythe ou réalité, 2010.
Valentin NGA NDONGO et Emmanuel KAMDEM (dir.), La sociologie
aujourd’hui : une perspective africaine, 2010.


Valentin NGA NDONGO



























La sociologie camerounaise
Un demi-siècle de lente mais dynamique construction






















































































































































































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr

ISBN : 978-2-343-11287-9
EAN : 9782343112879

A Madame Dr Madeleine TCHUINTE,
Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation.

Mes hommages infinis pour votre détermination inlassable et
inestimable à la construction de la recherche camerounaise, en
général. Ma sincère gratitude à votre cordial appui à mes diverses
activités heuristiques, intellectuelles et sociales, en particulier.

Du fond du cœur, je vous souhaite, comme en avaient l’habitude les
athlètes latins, d’aller : « Altius et fortius », plus haut et plus fort, dans
votre admirable et toujours prometteur itinéraire.
AVANT-PROPOS INTRODUCTIF
Le présent ouvrage porte sur l’histoire de la construction de la
sociologie camerounaise des cinquante dernières années, dont elle
apparaît, aujourd’hui, pour parler comme Bourdieu, un champ
scientifique émergent.
Étroitement liée à celle de l’université camerounaise, cette histoire
reste encombrée et difficile à écrire, comme celle du Cameroun
indépendant, tout court.
Il est possible de développer quelques commentaires troublants sur
ce sujet, parmi lesquels :
1) Les Camerounais, apparemment, n’aiment pas leur histoire,
comme en témoignent non seulement la mauvaise tenue de leurs
archives en tout lieu, l’ignorance de celle-ci, mais encore les
divergences, voire les oppositions et contradictions des uns et
des autres sur cette histoire.
2) En tout cas, en Afrique noire, et donc au Cameroun, l’histoire
semble ne pas exister, n’être pas écrite, elle fonctionne pour soi
seul, commence par soi seul, se déroule par soi seul et se
termine par soi. Il y aurait, comme disait l’ethnologie
européenne ou coloniale, des peuples a-historiques, sans histoire
particulière, faite pour certains individus et racontée par certains
individus. C’est sans doute le cas pour l’Afrique ; c’est aussi le
cas pour la science et, particulièrement, la sociologie. J’ai donc
cherché à innover, du moins à combler un vide, préjudiciable,
notamment aux jeunes qui doivent, malgré tout, savoir d’où ils
viennent, qui est leur enseignant aujourd’hui, qui a précédé les
acteurs actuels, où va le champ de la sociologie, d’où vient le
dépérissement de la société. Ils doivent le savoir, non seulement
par les médias, les réseaux sociaux, mais, sérieusement, par la
recherche.
3) Mais, me rétorquera-ton, il n’est pas bon que l’histoire soit
écrite par des contemporains, sur des contemporains. Et l’on me
rappellera, à juste titre, le proverbe bien connu selon lequel « on
ne cite pas les contemporains ». Mais compte tenu de
l’importance du sujet traité, de la méconnaissance, par les
étudiants et par le public, de celui-ci, ainsi que de ses enjeux,
j’ai cru percevoir, à travers le vide sus-évoqué, une sorte
d’interpellation du destin, du moins, d’obligation morale, non
seulement pour témoigner, dire ma part de vérité, sur ce pan de
l’histoire camerounaise, pour les générations actuelles et futures,
mais aussi pour donner aux jeunes, dont la formation est souvent
et outrageusement occidentalo-centrée, ce que j’ai vécu et
observé du dedans et du dehors depuis 1970, date de mon entrée
à l’université du Cameroun. J’ai, en effet, directement participé
à l’élaboration, comme enseignant, d’abord, depuis 1984 et,
ensuite, comme chef de Département de Sociologie, depuis
2004, à ladite formation. C’est pourquoi j’ai tenu à fournir à ces
étudiants quelques connaissances sur la construction, lente mais
irrésistible, de la sociologie camerounaise, à travers des noms
plus ou moins connus, comme Georges SOO, Jean MFOULOU,
Jean-Marc ELA, Ferdinand CHINDJI-KOULEU, AJAGA NJI,
Paulette BEAT-SONGUE, etc..
Cependant, n’étant pas historien, je ne me suis pas enfermé dans les
individus, les événements et les dates, si marquants fussent-ils. En
effet, sans pour autant chercher à réactiver la fameuse querelle entre
Simiand et Seignobos, j’ai évité l’opposition factice entre l’histoire et
la sociologie. Pour moi, ce sont deux façades d’une même réalité,
comme une pièce de monnaie. Il est vrai que, dans ma modeste
conception, d’ailleurs partagée par certains des historiens
camerounais, histoire ne signifie pas histographie. Du grec
« histographein », celle-ci se limite à la description, à la narration. Or,
nous voulons, en réalité, faire de « l’historiologie », une science des
faits, une sociohistoire devant intégrer contexte de production,
dynamiques de production internes, imaginaires et perceptions, bref
10 tenir compte des faits historiques non comme des produits du hasard
ou des produits isolés, mais comme des produits rationnellement
compréhensibles, générés par une dynamique sociale. J’ai donc tenté
d’associer les individus et les faits, considérés comme des faits
sociaux, intervenus non par le hasard pur de l’histoire, mais comme
des faits produits, explicables, construits par l’action humaine. J’ai
cherché à opérer, si l’on veut, une sociohistoire de la sociologie
camerounaise, un peu dans le sillage de Georges Balandier, qui a
redonné à l’Afrique noire ses lettres de noblesse en sociologie
(Balandier, s/d et 1971 ; Nga Ndongo, 2015). J’espère y être
modestement parvenu.
Je signale, pour terminer, que je me suis appuyé sur des sources
diverses : entretiens non formels et non structurés, webographie,
exploitation des curricula vitae, archives, ouvrages, expérience
professionnelle. S’agissant de celle-ci, certes, en sociologie,
l’expérience personnelle est relative, car elle peut conduire à la
subjectivité. Or, Durkheim recommande de « traiter les faits sociaux
comme des choses », c’est-à-dire avec objectivité, même s’il reconnaît
que ce sont des « choses sociales ». Ce qui permet à Madeleine
Grawitz de considérer, en réalité, qu’en sciences humaines, le
chercheur se heurte à ce qu’elle appelle une « impossible objectivité ».
Il faudrait plutôt, dès lors, parler d’honnêteté, en reconnaissant ses
circonstances, ses oublis, ses limites humaines. Comme nous le
rappelle, simplement, le proverbe latin, Errare humanum est, se
tromper est humain.
Je souhaite donc bon accueil au présent ouvrage.
Yaoundé, le 10 décembre 2016

Valentin Nga Ndongo
Sociologue
Professeur titulaire

11 CHAPITRE I

Les étapes et les générations
Ce premier chapitre traite des différentes générations de
sociologues camerounais. Elle entend montrer comment elles sont
apparues, comment elles ont été formées, ce qui a contribué à leur
éclosion et comment elles se sont succédées. Nous partirons du début
à la génération des femmes sociologues, en empruntant le passage
obligé de l’ethnologie, jusqu’à la génération nouvelle. Nous
évoquerons les implantateurs, les structurateurs, les restructurateurs et
les consolidateurs.
I. LE PASSAGE PAR L’ETHNOLOGIE
À cette étape liminaire, nous essayons de retracer la genèse, le
contexte d’émergence de la sociologie camerounaise, de la période de
sa naissance à celle de son enfance, au sens étymologique du terme (in
1- fari), non parlant e cherchant ses marques, bien qu’existant
Au commencement était alors l’ethnologie, la science des sociétés
non européennes, des sociétés inférieures, a-historiques et non
2dynamiques, comme nous le démontrons dans deux ouvrages ,
C’est dans cette logique que, pour ainsi dire, les premiers hommes
à promouvoir la sociologie au Cameroun, dans le cadre de la

1 C’est ainsi le sens que donne Hegel quand il écrit que « l’Afrique noire est
l’enfance du monde » (cf. La philosophie de l’histoire).
2 On lui doit sur le Cameroun, en dehors de ses enseignements, les deux ouvrages
suivants :
- 1981, Les seigneurs de la forêt, Paris, Sorbonne
- 1985, Initiations et sociétés secrètes au Cameroun, Paris, Karthala
Fondation française de l’enseignement supérieur (1962), sont des
ethnologues, à l’instar de Claude TARDITS, Philippe
LABURTHETOLRA et du Camerounais Joseph MBOUI. Ancien employé du
CNRS de Paris, celui-ci devient rapidement chef de Département de
Sociologie, confirmant ainsi ce que le sociologue égyptien
ABDELMALEK analysant le néocolonialisme, appelle « le colonialisme
3interne » , une forme nouvelle de colonisation des Africains par les
Africains eux-mêmes.
Sont aussi recrutés, dans la foulée : Jean MFOULOU, sociologue,
presqu’au même moment que MBOUI (juin 1970), Pierre Titi NWEL,
jeune ethnologue, et un peu plus tard, Georges SOO, sociologue
(1972), plus un autre ethnologue, Jean-Paul BAHOKEN. Il y a donc,
dans les nouvelles recrues, une majorité d’ethnologues sur les
sociologues, encore qu’il faille souligner que, contrairement aux
ethnologues, on ne retrouve, chez les sociologues, qu’un seul véritable
4sociologue, Georges SOO, Jean MFOULOU étant, à la Durkheim, un
philosophe, converti à la sociologie.
Cette période initiale, l’enfance de la sociologie camerounaise,
reste marquée par les bredouillements de celle-ci qui vont se traduire
par deux facteurs, à savoir :
a) Les cours percutants de Georges SOO, ancien élève de Gurvitch
qui est une grande figure de la sociologie marxiste et en
profondeur, issue de l’École de Francfort. Ces cours, dont j’ai
été un réceptacle privilégié en cycles de Licence et de Maîtrise,
portaient sur les idéologies africaines, la découverte et la
promotion des concepts fondamentaux comme la « vacuité
idéologique » des États africains néocoloniaux. Georges SOO
s’attardait, d’abord, sur les idéologies porteuses d’espoir pour
l’Afrique, mais combattues, comme le panafricanisme à la Du
Bois, le nkrumahisme, le révolutionnarisme à la Marien
Ngouabi. Ensuite, il fustigeait les idéologies dominantes et
soutenues, à l’instar des deux catégories qu’il appelait : les
« idéologies de camouflage », comme la « négritude »
senghorienne et l’authenticité mobutiste ; il exposait, ensuite,

3 ABDEL-MALEK, Anouart, 1971, Sociologie de l’impérialisme, Paris, Anthropos.
4 Voir plus loin.
14 sur les « idéologies d’emprunt », à l’exemple du « libéralisme »,
planifié chez Ahidjo, intégral, chez Bongo. Il concluait que
l’Afrique noire naviguait, en fait, dans un vide, une « vacuité
idéologique » handicapante pour son développement véritable.
Trop inflexible, gênant et remuant, Georges SOO est écarté de la
sociologie, au terme d’une sanction disciplinaire. Il s’inscrit
alors comme simple étudiant en Faculté de droit. Il devient, plus
tard, avocat à Douala. Mais ses cours magistraux ont laissé chez
les étudiants une empreinte indélébile ;
b) Le deuxième facteur d’un balbutiement positif de la sociologie
naissante a été l’accession, en 1975, de Jean MFOULOU, aux
fonctions de chef de Département de Sociologie, en
remplacement de Joseph MBOUI, promu doyen de la Faculté
des Lettres et Sciences Humaines. Pouvait-on faire autrement ?
Jean MFOULOU maintiendra le cap fixé par lui et Georges SOO,
dans le cadre de ses cours qu’il approfondira, en maîtrise, sur la
sociologie de la société africaine néocoloniale.
Tableau n° 1 : Quelques enseignements dispensés dans les années 1970
Enseignant Cours Année académique
eMBOUI Joseph Le structuralisme4
e eSOO Georges Les idéologies africaines3 , 4
eMFOULOU Jean La société coloniale et néocoloniale 4
Sources : Archives/souvenirs.
II. DE L’IMPLANTATION À LA STRUCTURATION (ANNÉES
1980)
En effet, sous le long et bonhomme règne de Jean MFOULOU,
vont se produire des événements et mutations décisifs pour la
sociologie camerounaise. Celle-ci va connaître trois périodes
essentielles dans sa construction : la période d’implantation, la période
de structuration et la période de restructuration.
Me référant à l’œuvre immense accomplie par MFOULOU, je l’ai
5comparé, lors de mon hommage académique à lui rendu , aux

5 2010. Valentin Nga Ndongo, Jean Mfoulou…, 2000, Paris, L’Harmattan.
15 fondateurs européens, Durkheim en France et Weber en Allemagne. Il
est vrai que son œuvre d’implantation et d’enracinement a connu les
grandes réalisations majeures suivantes :
a) L’enseignement
Bien que partagé avec l’ethnologie, l’enseignement de la sociologie
se répand à l’université. Il faut surtout noter que la sociologie se
dispense et se diffuse comme une science humaine auxiliaire ou
ancillaire, en fait, comme on dit, à l’époque, comme une (option) de
l’histoire et de la géographie.
b) Les recrutements
Beaucoup de recrutements d’enseignants-chercheurs ont lieu en
cette période, notamment des sociologues : d’abord Jacqueline
EKAMBI (voir chapitre II) et, ensuite, plus tard, NGA NDONGO
(chapitres I, II et III) et Paulette BEAT SONGUE (chapitre II).
Dans d’autres universités camerounaises, on relèvera l’arrivée des
sociologues, AJAGA NJI, pour Dschang (voir chapitre II) et
MOTAZE AKAM, à Ngaoundéré (voir chapitre III). Mais le
recrutement des ethnologues continue : Jean-Pierre OMBOLO, David
NKWETI, Célestin NGOURA et Paul NKWI, à Yaoundé, notamment.
c) Mais ce qui nous intéresse, c’est la marche de la sociologie. Et
cette marche la conduit vers la philosophie dont elle devient, pendant
longtemps, une discipline presque sœur au niveau des programmes,
certes, mais surtout au niveau de la diplomation qui constitue la
troisième dimension de cette période d’implantation. Est délivrée,
alors, à partir des années 1980, une licence en philosophie, avec pour
option majeure, la sociologie. Cela est bien visible sur les diplômes de
philosophie.
d) Néanmoins, il reste une grande ombre au tableau de la
sociologie : la pensée unique ou monolithique dominante, qui
empêche toute éclosion véritable de la sociologie. Celle-ci est
assimilée à de la subversion, férocement combattue par le parti unique
au pouvoir. La sociologie subit alors les fameuses lois d’exception, et
16

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