Le mariage des catholiques selon la diversité des cultures en Occident et en Afrique

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L'Eglise catholique a montré bien des réticences à prendre en compte les sensibilités culturelles qui se déployaient en dehors du berceau méditerranéen où elle-même avait vu le jour. C'est particulièrement vrai et douloureux dans le domaine du mariage, tant en Occident qu'en Afrique. Voici une invitation à repenser les différentes possibilités pour les catholiques de vivre le mariage, en écho à l'appel très libre et courageux du théologien D. Bonhoeffer, qui a soulevé des questions vitales.
Publié le : samedi 1 mai 2010
Lecture(s) : 184
EAN13 : 9782336254913
Nombre de pages : 86
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LE MARIAGE DES CATHOLIQUES SELON LA DIVERSITÉ DES CULTURES
EN OCCIDENT ET EN AFRIQUE

Michel Legrain

LE MARIAGE DES CATHOLIQUES SELON LA DIVERSITÉ DES CULTURES
EN OCCIDENT ET EN AFRIQUE

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

Mariage chrétien, modèle unique ? Des questions venues d’Afrique, Le Châlet, 1978. Le Corps humain, du soupçon à l’évangélisation, Bayard, 1978, rééd. 1992. Questions autour du mariage, permanences et mutations, Salvator, 1983. Les Personnes divorcées remariées, Bayard, 1987, rééd. 1994. Aujourd’hui le mariage, Mame, 1988. Les Chrétiens face au divorce, Bayard, 1991. Remariage et communautés chrétiennes, Salvator, 1991. Le Père Adolphe Jeanjean, missionnaire au Congo, Cerf, 1994. Se remarier après un divorce, L’Atelier, 2004. L’Eglise catholique et le mariage en Occident et en Afrique, L’Harmattan, 2009.

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-11240-7 EAN : 9782296112407

Avant-propos
Parmi nos contemporains, beaucoup se disent lassés par la multiplication des conférences, des articles ou des livres consacrés aux conceptions de l'Eglise catholique concernant la sexualité, la conjugalité et le mariage. Rien ne bouge ou si peu, se plaignent-ils, malgré tant d'apports nouveaux en ce qui concerne l'anthropologie et la prise en compte de la diversité culturelle. De plus, l'enrichissement des connaissances bibliques et théologiques relativise bien des positions passées, tenues autrefois comme venant directement de Dieu. Certains, découragés devant une telle inertie, se demandent s'il ne serait pas plus judicieux de s'appliquer à évangéliser la vie politique et sociale, en s'attelant à l'établissement d'une paix tous azimuts et d'une meilleure justice planétaire. A supposer que cette dernière perspective retienne de plus en plus l'attention, n'oublions pas cependant qu'une bonne part de la révélation judéo-chrétienne s'est opérée à travers la symbolique des épousailles humaines. De fait, l'alliance nuptiale occupe une place privilégiée dans la Bible, car elle porte en elle une charge d'amour et de fécondité véritablement unique. Dans le christianisme, l'alliance entre Dieu et l'humanité se présente comme définitive. A cause de ces implications fondamentales, le chrétien ne peut aucunement faire l'économie d'une approche évangélique du corps, de la sexualité et du mariage. Mais il n'empêche : un nombre impressionnant de nos contemporains estime que l'actuelle et officielle gestion du mariage des catholiques ne s'impose pas comme étant la seule possible et satisfaisante, au regard d'une sereine interprétation de l'Evangile. Constamment plongée au sein de sociétés en pleine évolution, l’Eglise catholique contemporaine ne devrait demeurer ni aveugle ni indifférente devant les profonds déplacements et les mutations que connaissent depuis toujours les grands ensembles humains. Cependant, comme toute institution vivante et responsable, elle éprouve des inquiétudes, et elle oscille entre des crispations déconcertantes et des efforts d’adaptation, tout

en demeurant habitée par le souci fondamental d’être fidèle à Jésus-Christ. Dans la pratique et pour être efficace, elle appuie ses entreprises par le biais d'une domination-centralisation de type patriarcal. Et ce pouvoir ecclésiatique se révèle d'autant plus redoutable qu'il s'avance sous le masque du sacré. Une forme de pouvoir religieux auquel Jésus de Nazareth s'est vite trouvé confronté, parce qu'il donnait priorité aux personnes sur le sabbat. Aujourd'hui, à l'invitation du très libre et très courageux théologien Dietrich Bonhoeffer, il convient de risquer de dire des choses contestables, pourvu que des questions vitales soient soulevées. Ce ne sont pas des querelles dogmatiques qui ont mobilisé l'auteur de ces pages, mais davantage des questions vitales, qui touchent directement la vie quotidienne d'une multitude de catholiques : la manière de vivre leur sexualité, leur vie conjugale et matrimoniale. Quel fossé, entre les perceptions et les impositions venues du Vatican, et les réalités concrètes où chacun se trouve immergé, tant au niveau personnel, conjugal, familial que social ! Et cela, que l'on soit jeune, adulte ou vieillard, occidental, africain ou asiatique. Les mutations culturelles s'accélèrent et s'entrecroisent avec une rapidité telle qu'elles nous déstabilisent, à un niveau encore bien plus profond que nos actuels réseaux de communications instantanées. Or, pour celles et ceux qui se savent conviés à diffuser partout et pour tous la Bonne Nouvelle apportée par Jésus de Nazareth, la frilosité n'est pas de mise. L'espérance, par contre, doit être quotidienne, comme en ces interminables exodes, où ceux qui partent ne sont pas nécessairement ceux qui arrivent. Ces pèlerins-là aimeraient entendre la papauté reprendre avec force et confiance ce chant du Serviteur, tel qu'il retentit au début du chapitre 54 du livre d'Isaïe : Elargis l'espace de ta tente, déploie tes toiles de tente sans contrainte, allonge tes cordages, renforce tes pieux, car tu vas éclater à droite et à gauche...Bref, une ouverture envers toutes les nations et toutes leurs diversités culturelles.

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