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Problématique d'appropriation des technologies modernes par la société madarè du Burkina Faso

De
190 pages
L'auteur établit des corrélations étroites entre la culture, les technologies et le développement, en prenant comme exemple la société madarè du Burkina. Est-elle parvenue à s'approprier le développement ; si oui, comment a-t-elle procédé ? Son expérience dans ce domaine peut-elle servir à d'autres sociétés du pays et d'ailleurs ?
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Dans le présent ouvrage, l’auteur établit des cor- Diaboado Jacques Thiamobiga
rélations étroites entre la culture, les technologies
et le développement. Il s’est intéressé à cet efet
à la société madarè du Burkina. Celle-ci est-elle
parvenue à s’approprier le développement ; si oui,
comment a-t-elle procédé ? Son expérience dans
ce domaine peut-elle servir à d’autres sociétés du
pays et d’ailleurs ?
PROBLÉMATIQUE D’APPROPRIATION Telles ont été les questions auxquelles l’auteur
s’est penché, au travers de nombreux exemples. Il DES TECHNOLOGIES MODERNES
a notamment montré que la société madarè
s’apPAR LA SOCIÉTÉ MADARÈ DU BURKINA FASOproprie avant tout le développement, au-delà des
contraintes objectives, en cherchant à l’enraciner
au sein de sa culture.
Au terme de cette étude, l’auteur préconise
pour cette société une théorie appropriative du
développement.
Diaboado Jacques Thiamobiga est
ingénieur d’agriculture et docteur
en sciences sociales. Il est
actuellement maître-assistant en sciences
sociales à l’Université Nazi BONI
(UNB). Il a été le premier
Secrétaire général de l’Université
catholique de l’Afrique de l’Ouest, le premier
directeur académique de l’Institut privé polytechnique
Shalom à Ouagadougou. Il est le fondateur de
l’Institut privé polytechnique africain et du Centre privé
de formation aux métiers. Il a mené de nombreux
travaux scientifques sur le développement des
sociétés en général et sur celles des savanes du Burkina
en particulier. Il est enfn l’auteur de deux thèses de
doctorat.
Illustration de couverture :
« Monument » de Jef Attaway (CC).
ISBN : 978-2-343-13038-5
20 €
PROBLÉMATIQUE D’APPROPRIATION DES TECHNOLOGIES
MODERNES PAR LA SOCIÉTÉ MADARÈ DU BURKINA FASO
PROBLÉMATIQUE D’APPROPRIATION DES TECHNOLOGIES
Diaboado Jacques Thiamobiga
MODERNES PAR LA SOCIÉTÉ MADARÈ DU BURKINA FASO













Du même auteur

L’homme, la nature et le développement,
L’Harmattan, 2017.












© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr

ISBN : 978-2-343-13038-5
EAN : 9782343130385

2







Problématique d’appropriation
des technologies modernes
par la société madarè du Burkina Faso



Diiaboado JJacques TTHIAMOBIGGA






Problématique d’appropriation
des technologies modernes
par la ssociété mmadarè ddu Burkiina Faso




















SOMMAIRE
SIGLES ET ABRÉVIATIONS .................................................. 9

REMERCIEMENTS ................................................................ 13

INTRODUCTION GÉNÉRALE ........................................... 15

CHAPITRE I
CHAMP SÉMANTIQUE DE L’APPROPRIATION .......... 23

1.1. ÉTAT DE LA QUESTION ............................................... 23
1.2. ÉPISTÉMOLOGIE DE L’APPROPRIATION ................. 29
1.3. FONDEMENTS ET ENJEUX
DE L’APPROPRIATION ........................................................ 64
1.4. SOLUTIONS DE L’APPROPRIATION
DES TECHNOLOGIES ........................................................... 92
1.5. MÉTHODE DE LA RECHERCHE .................................. 99

CHAPITRE II
SOCIÉTÉ MADARÈ 115

2.1. SOCIÉTÉ MADARÈ ...................................................... 115
2.2. SITES DE LA RECHERCHE ......................................... 157






SIGLES ET ABRÉVIATIONS
ASVE Activités de Suivi et de Visite de l’Exploitation
ATG Activités de Travail de Groupe
BCEAO Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
BDPA Bureau du Développement pour la Production Agricole
BF Burkina Faso
BIT Bureau International du Travail
BRD Bureau de Recherche-Développement
CA Conseil d’Administration
CC Comité de Contrôle
CDR Comité de Défense de la Révolution
CFA Compagnie Financière Africaine
CFFA Centre de Formation des Formateurs des Agriculteurs
CFD Caisse française pour le Développement
CFDT Compagnie française pour le Développement des Textiles
CIDR Compagnie Internationale du Développement Rural
CRPA Centre de Promotion Agro-pastorale
CSPPA Caisse de Stabilisation des Prix des Produits Agricoles
DDT Dichloro Diphényl Trichoroéthane
DEA Diplôme d’Etudes approfondies
DVA Direction de la Vulgarisation Agricole
FAC Fonds d’Aide et de Coopération
FLEX-Faso Fruits et Légumes du Faso
GT Groupe de Travail
GVH Groupements Villageois des Hommes
GVF Groupements Villageois des Femmes
IES Institut d’Ethnosociologie
IER Institut d’Economie Rurale
INERA e l’environnement et de Recherches Agricoles
IPN Institut des Peuples Noirs
ISA es Savanes

MAG Marché Auto-Géré
OFNACER Office National des Céréales
ONG Organisation Non- Gouvernementale
ORD Organisme régional de Développement
OST Organisation Scientifique du Travail
PAPEM Point d’Appui de Prévulgarisation, d’Expérimentation Multilocale
PDAOV Projet de Développement Agricole Ouest-Volta
PDRI Projet de Développement rural Intégré
PVOV Projet Vivrier Ouest-Volta
RSP Recherche sur les systèmes de production
SATEC Société d’Assistance technique et de Coopération
SCOBAM Société Coopérative du Bam
SIP Société indigène de Prévoyance
SIX S Savoir se Servir de la Saison Sèche de la Savane et du Sahel
SR 22 Variété de Maïs résistante au Streak
SOFITEX Société (burkinabé) des Fibres et Textiles
SOMIMA Sorgho, Mil, Maïs
SONACOR Société Nationale de collecte et traitement du Riz
UCOBAM Union des Coopératives Burkinabé Agricoles et Maraîchères
UEA Unité d’Encadrement agricole
UNICEF Organisation des Nations Unies pour l’Enfance.



10

À Toi, Bénédicte, notre chère fille, Toi qui as été
prématurément arrachée à notre affection, le 7 avril 1987 !







REMERCIEMENTS
Nous voudrions avant de présenter ouvrage, exprimer
notre profonde gratitude aux amis, aux parents, aux
collègues, au peuple madarè et celles et ceux qui nous ont
apporté leurs soutiens multiples et multiformes, lors de
nos travaux.
Nous remercions particulièrement :
– Les enseignants de tous les cycles qui du primaire au
supérieur en passant par le secondaire, ont contribué
efficacement à notre formation intellectuelle, humaine et
sociale ;
– Tous nos parents et amis qui ont consenti des
sacrifices incommensurables pour notre formation ;
– Monsieur KOUAKOU N’GUESSAN François,
Professeur honoraire de sociologie de l’Université Alassane
OUATTARA de Bouaké de la Cote d’Ivoire pour avoir
assuré notre académique lors de la préparation et la
soutenance de la thèse de doctorat de 3è cycle ;
– Monsieur Ambroise ZAGRE, Maître de Conférences
de sociologie à la retraite et recteur de l’Université Libre
du Burkina pour son soutien constant qui n’a cessé de
nous soutenir par ses conseils,
– Son Excellence, Monseigneur Anselme Titianma
SANON, Archévêque Emérite de Bobo-Dioulasso Evêque
de Bobo-Dioulasso pour son soutien ses conseils ;
– Le peuple madarè qui a accepté de partager sa culture
et son amitié avec nous ;
– Les parents et les amis pour leurs précieux appuis.


INTRODUCTION GÉNÉRALE
Le présent ouvrage est le fruit des travaux de recherche
que nous menons les corrélations qui existent entre la
culture, les technologies et le développement. Ces travaux
ont été sanctionnés par une thèse de doctorat de 3è cycle
que nous avons soutenue le 22 décembre 1998 à
l’Université de Coccody/Abidjan de Côte d’Ivoire.
L’essentiel de l’ouvrage est tiré de cette thèse. Il traite de
la problématique de développement des sociétés
contemporaines. Cette problématique en se pose en termes de
savoir comment décrypter l’énigme « cultiver, c’est
développer, et développer, c’est cultiver ». Au sens
étymologique, cultiver, c’est travailler la terre pour l’amener à
fournir aux hommes ce qu’elle cache au plus profond
d’elle-même. Elle leur révèle ce qu’elle leur cache. C’est à
ce niveau que cultiver devient synonyme de développer
qui veut dire faire découvrir ce l’enveloppe cache en elle.
Or pour cultiver comme pour développer, il faut un ou
des outil (s). Le cultivateur utilise la daba pour déchirer le
ventre de la terre. Le développeur utiliser un couteau pour
déchirer le ventre de l’enveloppe. Dans les cas, c’est
l’homme qui cultive la terre, c’est l’homme qui déchire
l’enveloppe. Il doit avoir des outils qui lui sont non
seulement propres, mais appropriés.
Il doit donc s’approprier ou approprier les outils de
culture et les outils de développement. Dans ces
conditions, il est légitime de se demander comment l’homme
peut s’approprier les outils pour cultiver la terre ou pour se
développer ? Cette question se pose de nos jours avec
acuité quand on sait que l’homme fabrique des plus en

plus des technologies modernes qui, mal utilisées, peuvent
le détruire (armes de destructions massives, les pesticides
pollueurs de l’environnement, etc.).
En somme, le danger qui menace actuellement le
fondement existentiel des sociétés contemporaines, c’est la
non-appropriation par elles des technologies modernes
qu’elles mettent au point.
Si cette problématique du développement se pose aux
sociétés industrialisées, elle l’est davantage pour les
sociétés non encore industrielles qui servent souvent des
champs d’expérimentation, voire de dépotoir à ces
technologies modernes. C’est le cas des sociétés burkinabè en
général et de la société madarè en particulier.
Ces sociétés sont majoritairement rurales et agricoles.
Elles restent encore largement ancrées à leurs traditions et
pratiques une agriculture peu performante. Sa contribution
au produit intérieur qui était de 40 % (MAHRH, 2011)
serait plus grande si cette agriculture employait des
technologies modernes (cultures attelée et motorisée,
riziculture irriguée, etc.). Son faible niveau de
performance est tributaire à la fois à la dégradation continue des
terres agricoles, au faible niveau d’équipement des acteurs
et au bas niveau d’utilisation d’intrants agricoles
notamment les semences, les engrais, etc. (DDEA, 2014). Les
trois quarts (3/4) des exploitations agricoles sont de type
familial. Elles pratiquent dans leur majeure partie une
agriculture de substance (LANKOANDE, 2013).
C’est dire donc que l’agriculture burkinabé reste
toujours peu mécanisée et rencontre des difficultés à se
moderniser. Or le contexte international exige une
agriculture performante et capable de faire la concurrence
avec l’agriculture des autres pays sur le marché
international. Ce n’est pas encore le cas/ Qui pis est, cette
agriculture ne produit suffisamment pour assurer
durablement la sécurité alimentaire du pays qui a un taux de
croissance démographique est de 3 %.
16
La moderrnisation dee l’agricultuure et mêmme sa profe
essionnalisation devienne ent des exigences du développemennt
du pays (MAH, 2012). C’est dans cette optique que le
pays a initié dans les a années 90 une politique d’incitation
aux investissements dans la production agricole (DDEA,
2014).
Tous ces faits montrrent que les sociétés buurkinabè danns
leur ensemble ne sont pas encore arrivées à s’appropriier
les technologies agricoles modernes pour en faaire les outils
de leur développement.. C’est le cas de la société mada arrè
qui se trouve à cheval sur deux régions propices à
l’agriculture (les régions des Hauts-Bassins et la boucle du
MMouhoun, coomme le moontre la figuure 1.

FFigure 1. Prinncipaux grouupes ethniques.
Cette société se trouve dans la zone sud-soudanienne
dans les isohyètes comprises entre 900 et 1 200 mm par an
comme l’indique la figure 2.
17

Figurre 2. Zones aggroécologiquees du Burkina Faso
(DEEMBELE, 19995).
Cette société n’avaiit pas facilement accepté, dans lees
années 60, l’emploi dess technologies agricoles modernes,
notamment la culture attelée. Elle avait peur de la d
dééstructuration de son agriculture qu’elle pratiquait de
mmanière sécculaire, ce qui allait eentraîner saa propre d
déstructuration.
Plus de cinquante années après la fin de non-recevoir
de ces technologies, elle s’est appliqué la maxime q quui
exige qu’elle se lave de e l’eau du canari qu’elle porte sur ssa
tête, surtout ce canari par la force des choses s’est percé.
AAutrement ddit, étant enntrée de plaain-pied danns la
modeernité, peut-elle encore avoir d’autres choix que celluui
chercher à d’en tirer avantageusement profit ?
Cependant, les technologies agricoles modernes
qu’elle accepte d’employer ne sont pas forcémennt
intégrées à son patriimoine technique, culturel. Elles
18