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Production vivrière et sécurité alimentaire en Côte d'Ivoire

De
272 pages
En Côte d'Ivoire, la disponibilité des produits vivriers dans les centres urbains n'est pas toujours garantie. Celle-ci se heurte aux questions des moyens de transport, aux facteurs de risques d'altération des produits, à la distribution et également aux systèmes mondiaux de régulation du vivrier. L'accent est mis aussi sur l'invasion des centres urbains par des produits alimentaires importé à bas prix, au détriment d'une production locale.
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PRODUCTIONVIVRIÈRE
ETSÉCURITÉALIMENTAIRE
ENCÔTED’IVOIRE©L’Harmattan,2011
5-7,ruedel’École-polytechnique;75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.f
ISBN:978-2-296-55925-7
EAN:9782296559257Sous la direction de
CélineYolandeKOFFIE-BIKPO
etAxelDésiréDabiéNASSA
PRODUCTIONVIVRIÈRE
ETSÉCURITÉALIMENTAIRE
ENCÔTED’IVOIRE
Préface de Jean-Louis CHALEARDComité scientifique
AKIBODEAyechoroAntoine,Professeur titulaire de géographie, université
deLomé
ALOKO N’GUESSAN Jerôme, Professeur titulaire de géographie,
Université d’Abidjan-Cocody,
CHALEARD Jean Louis, Professeur titulaire de géographie, Université de
ParisIPanthéon-Sorbonne,
KOBY ASSA Théophile, Maître de conférences de géographie, Université
de cocodyAbidjan
Réalisation des figures et harmonisation graphique de l’ouvrage par
KONAN Kouadio Eugène, Institut de Géographie Tropicale, Université de
Cocody-Abidjan
― La population de l’année 2007 en Côte d’Ivoire a été obtenue par le
calcul du taux d’accroissement moyen annuel 75-88 et 88-98. La moyenne
des résultats de ces deux périodes a été considérée comme le taux
d’accroissement moyen annuel de 1998 à 2007.
― 665,957FCFA égale à 1 euro
Liste des auteurs
KOFFIE-BIKPOCéline Yolande
NASSADabiéDésiréAxel,
KOUMANKoffiMouroufié
ANOHKouassiPaul etOuataraOumar
DOUKAAnneMarcelle
GOGBE Téré etATTAKoffi
TAPEBidiJean
KONANKouadioEugène
KOFFI–DIDIAAdjobaMarthe
KASSI-DJODJOIrène
HAUHOUOTAsseypoCélestinPaulPréface
Jean-LouisCHALEARD
Professeur titulaire de géographie
UMRPRODIG
UniversitéParis 1Panthéon–Sorbonn e
Il faut saluer l’initiative de Céline Yolande Koffié-Bikpo et d’Axel
Désiré Dabié Nassa qui ont dirigé cet ouvrage sur«Sécurité alimentaire et
approvisionnement des produits vivriers en Côte d’Ivoire », et auquel ont
participé de nombreux collègues de l’Institut de Géographie Tropicale de
l’université deCocody-Abidjan.Si j’ai accepté l’honneur qu’ils m’ont fait en
me demandant cette préface, c’est en raison de l’intérêt de l’ouvrage qui
aborde un thème important et d’actualité en Afrique subsaharienne,
particulièrement enCôte d’Ivoire.
Certes, les questions de sécurité alimentaire et de ravitaillement des
villes ont été déjà longuement débattues dans le sous-continent. Mais si les
tendances de fond demeurent, ces questions ont pris une singulière acuité
avec la crise alimentaire mondiale de 2007-2008.À cela s’ajoutent, dans le
cas de la Côte d’Ivoire, les conséquences des troubles politiques qui
affectent le pays depuis presque une décennie.Ces bouleversements récents
nécessitent autant de revisiter un certain nombre de thèmesanciens que de
s’interroger sur la capacité des populations à réagir aux «crises » qu’elles
subissent, que ces dernières viennent des effets de la mondialisation, comme
la hausse des denrées vivrières sur les marchés mondiaux, ou de conflits
internes.
J’ajouterai que ce livre témoigne aussi de la vitalité de la recherche
géographique en Côte d’Ivoire, en dépit des difficultés matérielles que
peuvent connaître les chercheurs et enseignants-chercheurs sur le terrain, et
que ce n’est pas un de ses moindres intérêts.
L’ouvrage est un recueil d’articles où chaque auteur traite un sujet à
l’échelle nationale ou locale. Des questions sont abordées plusieurs fois,
sous des angles différents et avec parfois des opinions divergentes.Mais ces
répétitions et ces divergences ne doivent pas dérouter le lecteur, car elles
témoignent de la complexité des sujetsabordés et apportent des pièces à des
débats qui ne sont pas clos.Aussi, me garderai-je de faire un résumé du texte
ou d’en reprendre les parties, qui sont présentées en introduction.Je relèverai
plutôt quelques lignes de force qui à mon avis se dégagent et qui témoignentd’une volonté de la part des auteurs d’aborder toutes les facettes de la
question alimentaire, de faire le point sur la situation actuelle mouvante et
d’apporter des éléments d’information aux décideurs pour qu’ils agissent en
connaissance de cause.
On sait que la Côte d’Ivoire, pays longtemps peu urbanisé, se
singularise par la rapidité de la croissance du nombre de ses citadins depuis
les années 1950. Alors que la décennie 1980 et le début des années 1990
avaient vu le mouvement se ralentir, les événements de la décennie 2000 ont
eu pour effet, semble-t-il, une reprise très nette de la croissance urbaine, en
particulier àAbidjan qui approcherait les 5 millions d’habitants.Dès lors, la
question du ravitaillement des villes devient particulièrement aiguë et
difficile à résoudre, tant à cause de la rapidité de l’urbanisation que du poids
de la métropole abidjanaise. Certes, on peut redouter l’insuffisance de la
production.Mais plusieurs auteurs font observer que les difficultés viennent
moins de la disponibilité en aliments que de l’accessibilité de ceux-ci, soit
que les réseaux de transport ne permettent pas d’aller chercher les denrées
qui pourrissent dans les champs, situation ancienne et qui perdure, soit que
les populations urbaines appauvries par des années de chômage et de baisse
des revenus n’aient pas les moyens de les acheter.C’est ainsi souligner que
la situation actuelle dépend d’une multitude d’éléments à analyser et que les
évidences sont à reconsidérer.
Les auteurs confirment, contrairement à certaines idées reçues, que
l’alimentation dans les villes ivoiriennes est, au moins en partie, à base de
produits nationaux. Si plusieurs textes insistent sur le poids de la
consommation croissante de riz, certains soulignent l’importance du manioc,
de l’igname, de la banane plantain dans les repas des citadins.Au demeurant,
le riz est une céréale produite et consommée dans les campagnes ivoiriennes,
singulièrement dans la moitié ouest du pays. Les producteurs connaissent
ainsi les plantes à cultiver pour les villes, qui font partie de leur stock
familier. La principale question est celle des importations massives de riz
depuis plusieurs années. Cela justifie qu’un article entier y soit consacré et
que plusieurs autres l’abordent, tous soulignant le rôle du politique en ce
domaine. Depuis la fin des années 1970, la Côte d’Ivoire a choisi de
développer ses cultures d’exportation (et au premier rang le cacao), au
détriment des cultures vivrières, en important des céréales achetées très peu
chères sur les marchés mondiaux, en raison des cours déprimés. Cette
politique délibérée avait certes sa logique : approvisionner à bas prix les
citadins et assurer ainsi la paix sociale en ville ; fournir des devises grâce
aux taxes prélevées sur ces denrées à l’importation ; et sans doute d’autres
causes, dont certaines relèvent du clientélisme ou sont difficiles à démêler
comme le suggère la communication sur le riz. Mais ce choix a provoqué
une augmentation massive des importations de la céréale et une dépendance
forte à l’égard des marchés extérieurs, dont les effets catastrophiques se sont
8fait sentir en 2008 après la flambée des cours mondiaux des denrées
alimentaires de début 2007 à 2008. Dans ce contexte, l’intérêt des articles
présentés est double : d’abord mettre en évidence les conséquences des choix
politiques et le poids des marchés internationaux sur la sécurité alimentaire ;
ensuite, et peut-être surtout, montrer les capacités de production
considérables du pays et la réponse des consommateurs qui ont reporté leurs
achats sur d’autres productions vivrières locales comme l’illustre clairement
l’évolution de la consommation de nourriture en 2008 àDivo.
En dépit de la concurrence des importations, comment les agriculteurs
ivoiriens arrivent-ils à produire pour les villes ? La tonalité des réponses
varie selon les articles, reflet de la diversité des situations analysées. Si
certains auteurs soulignent les handicaps et les faiblesses techniques de la
production, plusieurs relèvent aussi le dynamisme des agriculteurs qui ont su
développer des cultures pour les marchés urbains. C’est particulièrement le
cas autour d’Abidjan où la culture du manioc est devenue plus rentable que
celle du café ou du cacao, mais aussi que celle de l’ananas deBonoua dont
l’exportation souffre de la concurrence des nouvelles variétés produites au
Costa Rica. On peut remarquer aussi la forte hausse des rendements
d’igname dans la région de Tanda, qui montre l’efficacité des producteurs
dès qu’on leur en offre les moyens et qu’ils trouvent un débouché
rémunérateur à leurs productions.
Une des questions les plus délicates, et les plus débattues dans
l’ouvrage, est celle du commerce et du transport.Au-delà des discussions sur
l’efficacité variable du commerce, trois faits méritent d’être relevés. C’est
d’abord l’importance des marchés, sur laquelle les auteurs sont à peu près
unanimes, que ce soit pour les denrées vivrières, le commerce des poissons
ou du gibier. Le deuxième point est le dynamisme du secteur marchand,
particulièrement des coopératives de femmes, dont la COMAGOA-ROXY,
coopérative de fruits et légumes d’Adjamé Roxy, est exemplaire. Enfin, le
rôle des routes est souligné dans plusieurs textes, à la fois de façon positive
(c’est la qualité du réseau routier ivoirien qui a favorisé l’essor du vivrier
marchand) et négative : l’absence ou le mauvais état des pistes secondaires
empêche d’aller chercher les produits dans certaines zones enclavées ; la
détérioration du réseau routier dans le contexte troublé actuel pèse sur
l’approvisionnement des centres urbains.
Le livre aborde bien sûr inégalement tous les thèmes relatifs à la sécurité
alimentaire et au ravitaillement des villes. Un de ses intérêts est d’essayer
d’ouvrir le plus largement possible l’éventail des sujets traités. Ainsi, en
première partie, sur l’approvisionnement des marchés vivriers, sont prises en
compte la pêche et la chasse, qui font rarement l’objet d’études spécifiques
dans les travaux sur les questions alimentaires, bien qu’elles fournissent un
apport calorique et protéinique essentiel aux populations.En dernière partie,
des « facteurs d’insécurité alimentaire » originaux sont analysés.C’est le cas
9des pertes, souvent considérables, qui peuvent provoquer des pénuries, un
manque à gagner pour les producteurs et les commerçants, et qui
occasionnent une hausse des coûts aux consommateurs. L’article sur la
pollution du littoral témoigne à la fois des nouvelles préoccupations des
consommateurs, à la recherche de produits sains, et des dangers que peuvent
provoquer les pollutions : empoisonnement des poissons, pénuries comme ce
fut le cas en 2006, à la suite d’un incident dans l’exploitation pétrolière
littorale.
Par ailleurs,le présent ouvrage vaut par ses analyses sur l’actualité
ivoirienne. Les auteurs mettent en exergue les difficultés créées par la
nouvelle situation des années 2000 : hausse du coût de la vie dans un
contexte d’appauvrissement des populations ; difficultés accrues de
transport, autant à causede la dégradation du réseau routier que de la
multiplication des barrages de contrôle, etc. Maisils mettent en évidence
également les stratégies des différents acteurs face aux difficultés. J’ai déjà
évoqué la réponse des citadins à la hausse du prix du riz par le report de
consommation sur d’autres denrées vivrières. Les deux textes sur l’igname
montrent les mutations des circuits marchands opérées par les commerçants
et transporteurs à la suite de la coupure du pays en deux en 2002. Le
remplacement de la production de cacao ou d’ananas par celle de manioc
illustre autant la souplesse des systèmes de production agricoles que les
nouvelles opportunités offertes par les marchés urbains.
Les exemples développés dans les articles montrent la complexité des
évolutions qui tiennent compte des contraintes nées de la mondialisation et
notamment des variations erratiquesdes cours des matièrespremières
agricoles, amplifiées par la spéculation internationale, des choix politiques
nationaux, souvent peu favorables aux cultures vivrières, et des contraintes
locales, qu’elles soient naturelles, sociales ou qu’elles se posent en termes
d’accessibilité. Tout ceci semble démontrer (même si les auteurs ne le disent
pas expressément) la grande capacité des populations ivoiriennes à trouver
des solutions de survie ou pour entreprendre dans des situations de crises et
de pénuries.
Le sous-titre de l’ouvrage suggère que sont abordées des « propo-
sitions ».Il y en a quelques unes dans certains articles et la conclusion essaie
de jeter des pistes. Sans doute le sujet est-il délicat. Si tous les acteurs sont
concernés, le rôle de l’État est primordial et les auteurs le soulignent
justement. Plusieurs textes montrent la prise de conscience par les autorités
ivoiriennes de l’importance de la production vivrière nationale, suite à la
crise des années 2007-2008. Mais les décisions relèvent de choix politiques
qui sont certainement moins simples qu’il n’y paraît, car toute action
incitative ou de soutien à un coût auquel doit faire face la puissance
publique. La Côte d’Ivoire avait lancé dans les années 1970 une politique
d’autosuffisance qui avait relativement bien réussi : l’action de laSODERIZ
10avait permis un temps d’arrêter les importations de riz. C’est la preuve
qu’une réponse rapide des agriculteurs à la demande est possible, car les
conditions naturelles et sociales sont favorables dans le pays. Mais cette
politique a un prix qu’il faut assumer et une des causes de l’échec de la
SODERIZ fut le coût de l’opération. Une hausse de la production passe par
un soutien aux agriculteurs (dont la communication sur l’igname à Tanda
montre la nécessité). Les paysans ivoiriens se heurtent à deux difficultés
principales : celle de l’accès aux intrants pour améliorer leurs techniques et
celle de l’écoulement de leur production.Des systèmes d’avance sur récolte
(comme dans le cas du coton des années 1970 à 2000) ou de prêts à faible
taux d’intérêt ont fait leurs preuves pour préfinancer les campagnes
agricoles, mais organisés ou appuyés par la puissance publique, ils n’ont
guère les faveurs des développeurs dans le contexte néolibéral actuel qui
prévaut à l’échelle mondiale. La vente de leur production par les paysans
dépend certes de la demande (forte dans les villes), mais surtout de la
possibilité d’accéder aux marchés : dans ces conditions, l’amélioration des
voies de communication, des systèmes de commercialisation (dont le succès
de certaines coopératives semble montrer une voie possible) est essentielle.
Encore faut-il que l’État ait les moyens et la volonté de financer la
construction et l’entretien des routes, et d’appuyer les initiatives des
différents acteurs.
On le voit, les questions abordées dans ce livre sont multiples. Elles
vont bien au-delà du simple ravitaillement des villes, car l’interrogation sur
la sécurité alimentaire fait intervenir des champs (sociaux, économiques,
politiques…) qui touchent à l’ensemble des aspects de la vie d’un pays.Sur
un autre plan, les observations faites sur les différents volets du sujet, du
poids des marchés internationaux au rôle du politique et aux dynamiques
locales, ne sont pas totalement propres à la Côte d’Ivoire. Elles fournissent
ainsi des éléments de réflexion sur la question alimentaire telle qu’elle se
pose plus largement à l’échelle de l’Afrique subsaharienne et de nombreux
autres pays du Sud, confrontés à la dépendance, à la pauvreté et à la
nécessité de nourrir une population urbaine sans cesse croissante.
11Sigles etacronymes
ACP AfriqueCaraïbePacifique
ADRAO Agence pour leDéveloppement du riz enAfrique de l’Ouest
ANADER AgenceNationalePour leDéveloppementRural
AGRIPAC Programme d’actionCommercial pour l’Agriculture
APE Accord dePartenariatEconomique
ARSO Autorité de la région duSudOuest
ASTM AmericanSociety for Testing andMaterial
AVB Autorité de la vallée duBandama
BAD BanqueAfricaine deDéveloppement
BNETD BureauNational d’Étude Technique et deDéveloppement
BCC Bourse deCafé et deCacao
BVRM BourseRégionale des ValeursMobilières
CIAPOL CentreIvoirienAntipollution
CCT Centre deCartographie et de Télédétection
CIDT CompagnieIvoirienne pour deDéveloppement du Textile
CNR CanadianNationalResourcesLimited
DGDDirectionGénérale desDouanes
DPH D de la productionHalieutique
DCGTx Direction deContrôle desGrands Travaux
DSDI Direction desStatiques de laDocumentation et de
l’Information
FAO FoundAgricultureOrganisation
FIDA FondsInternational deDéveloppementAgricole
FMI FondMonétaireInternational
FPSO FloatingProductionStorage andOffloading
GESCO Groupement des entreprisesSuisse deConstruction
GVC Grou à VocationCoopérative
IGT Institut deGéographie Tropicale
INS InstitutNationale de laStatistique
MASA Marché desArts etSpectaclesAfricains
MINAGRA Ministère de l’Agriculture
MINEFI Ministère de l’Économie et desFinances
OCAB OrganisationCentrale desProducteursExportateurs
d’Ananas et deBananes
OCPV Office pour laCommercialisation desProduits Vivriers
OMC OrganisationMondiale duCommercePAA PortAutonome d’Abidjan
PAM ProgrammeAlimentaireMondiale
PAS Plan d’AjustementStructurel
PETROCI SociétéNationale d’OpérationPétrolière de laCôte d’Ivoire
RAN RégieAbidjan-Niger
RESAO Réseau pour la distribution des produits alimentaires en
Afrique de l’Ouest
RGPH RecensementGénérale de la population et de l’Habitat
SAA SyndicatAgricoleAfricain
SDV ScacDelmas Vieljeu
SAPH SociétéAfricaine deProduction d’Hévéa
SCB Société d’étude et deDéveloppement de la culture bananière
SEMPA Syndicat des Entreprises de manutention du Port d’Abidjan
et deSan-Pedro
SODEFEL Société pour leDéveloppement desFruits etLégumes
SODERIZ Société deDéveloppement de laRiziculture
SIR SociétéIvoirienne deRaffinage
14Introduction générale
KOFFIE-BIKPOCéline Yolande
La notion d’insécurité alimentaire est la situation dans laquelle les
personnes ne bénéficient pas d’un accès garanti à une quantité suffisante de
denrées alimentaires saines et d’eau potable. Une telle situation peut résulter
d’une pénurie, d’un pouvoir d’achat faible, d’une répartition inadaptée ou
d’une mauvaise utilisation des aliments au niveau des ménages.L’insécurité
alimentaire peut être chronique, saisonnière ou provisoire.
En 2008, l’insécurité alimentaire s’est trouvée partout renforcée par la
flambée des cours des produits agricoles et la situation est devenue critique.
Des violences ont paralysé la Côte d’Ivoire à l’instar d’autres pays pendant
des semaines. L’insécurité alimentaire est d’autant plus menaçante que
l’approvisionnement alimentaire mondial est aujourd’hui compromis face
aux crises internationales et aux catastrophes naturelles.
La demande intérieure en produit vivrier est importante.En effet, depuis
le début de l’indépendance, la Côte d’Ivoire a connu une explosion
démographique qui se traduit par la multiplication de sa population par six.
De 3 000 000 d’habitants au début de l’indépendance, cette population est
1passée en 2009 à 20 617 068 d’habitants avec un taux d’accroissement
moyen annuel de 3,8%. Cela a pour conséquence une demande accrue en
produits vivriers supportée par les agriculteurs. Or, on a pu constater une
baisse de la productivité compte tenu des longues périodes de jachères qui ne
peuvent plus être observées et qui sont pourtant indispensables au
renouvellement de la terre en cas d’absence d’évolution de techniques
agricoles.
De plus, avec une espérance de vie plus longue (55.45 ans en 2009
2contre 42 en 1960 ), les personnes âgées, rendues inactives à cause de la
pénibilité des travaux champêtres, sont toujours plus nombreuses et restent
aussi plus longtemps à charge. Parallèlement, il convient également de
souligner qu’avec une mortalité infantile en régression et l’absence de
variation sensible de la natalité, le nombre d’enfants en bas âge s’accroît.
1PopulationData.net, information, cartes et statistique sur les populations et les pays du
monde.
2BanqueMondiale,PerspectiveMonde, Université deSherbrooke.3Enfin, avec un taux de scolarisation de 62%,de nombreux jeunes gens sont
soustraits aux travaux agricoles. Dès lors les équilibres ruraux sont
logiquement remis en cause.
La Côte d’Ivoire est l’un des paysles plus urbanisés de l’Afrique sub-
saharienne.La population urbaine est estimée à 43% de la population totale.
Avec l’accroissement des revenus urbains et les transformations
sociologiques, la demande nutritive se fait de plus en plus forte, plus
diversifiée et se renouvelle dans sa composition et ses goûts. En somme,
c’est à une fraction plus réduite de la population qu’il revient de satisfaire les
besoins nutritifs d’une communauté ivoirienne plus nombreuse et plus
exigeante. Pour autant, la productivité de l’agriculture vivrière a peu varié
ces dernières décennies, ce qui a provoqué un déficit de la production.Cette
situation s’est aggravée parce que les cultures d’exportations ont été pendant
la période coloniale et après l’Indépendance, le principal souci des dirigeants
qui y voyaient les devises indispensables au commerce international. On a
admis la maîtrise des cultures vivrières par les agriculteurs mais aucune
action de grande envergure n’a été mise en place enCôte d’Ivoire à l’instar
des cultures d’exportations pour développer ces activités. En outre, les
cultures vivrières se sont limitéesà la satisfaction des besoins de la
consommation familiale et les prix plafonds de cette commercialisation ont
renforcé cette tendance. Une telle distorsion dans le traitement des deux
types de cultures n’a pas tardé à déboucher sur de graves déficits qui ont plus
ou moins été comblés par des importations massives.
Les villes représentent un marché providentiel pour la production
vivrière. En effet, avec la croissance urbaine, les marchés connaissent une
expansion spectaculaire due à la démographie galopante. Ce phénomène
s’est même accru avec le déplacement massif des populations des zones
autrefois assiégées par les rebelles lors de la crise militaro-politique de la
Côte d’Ivoire débutée en septembre 2002.La majeure partie de la population
s’est déplacée vers Abidjan, occasionnant ainsi un gonflement inattendu de
la population de la capitale économique qui était d’ailleurs déjà submergée
par l’exode rural et urbain des jeunes à la recherche d’un mieux-être. Dès
lors, les cultures vivrières se sont étendues pour répondre à la demande
grandissante des marchés.
Les principales productions vivrières de la Côte d’Ivoire sont le riz, le
maïs, l’igname, le manioc et la banane plantain.Elles constituent l’essentiel
de l’alimentation des populations ivoiriennes qui sont théoriquement
autosuffisantes dans ces produits de base.Cependant, avec le développement
et l’urbanisation croissante des populations, une bonne partie de l’alimen-
tation est importée, les productions nationales ne pouvant plus couvrir les
besoins.
3UNICEF.
16De plus, l’approvisionnement alimentaire mondial est aujourd’hui
vulnérable face aux crises internationales.Du fait de leur grande dépendance
alimentaire, les populations urbaines sont menacées par une rupture des
chaînes de ravitaillement. Celles-ci dépendent des choix des pays agro
exportateurs, qui tirent bénéfice des cours mondiaux élevés.Depuis 2007, il
y a une flambée du cours des produits vivriers sur le marché international, ce
qui a entraîné une hausse des prix de nombreux produits importés. Cette
situation contribue à modifier les habitudes alimentaires de nombreux
Abidjanais en particulier et des ivoiriens en général. En effet, avant cette
flambée des prix, le consommateur moyen était tourné vers les produits
alimentaires importés, particulièrement le riz. Le kilogramme de riz
bénéficiait de subventions à l’importation. Cependant, les difficultés des
finances publiques liées à la suppression de ces subventions ont entraîné une
hausse des prix. Quant au pouvoir d’achat des consommateurs, il a été
considérablement affecté par la crise financière. C’est pourquoi, ils
s’intéressent davantage aux produits alimentaires locaux. Or, les
changements dans les habitudes alimentaires ont détourné les populations
urbaines des productions locales pour se tourner vers des produits
d’importation.Avec la flambée des cours sur le marché mondial du vivrier,
la population urbaine est revenue sur une production locale plus accessible et
moins soumise à des règles qui n’avantagent pas toujours les payspauvres.
Le pouvoir politique ayant pris conscience de ces graves dysfonction-
nements essaie dès 1970 de mettre en place une vigoureuse campagne de
sensibilisation sur l’autosuffisance alimentaire. De grandes sociétés d’Etat
telles que laSODEFEL, laSODERIZ,ADRAO et bien d’autres fournissent
un encadrement technique pour les cultures des fruits, légumes, féculents,
céréales. Des rémunérations plus incitatives ont été consenties à ces
productions. La collecte a été plus soigneusement et plus régulièrement
assurée par les sociétés d’Etat. Tout cela rend plus attractives des cultures
autrefois délaissées. Malheureusement,l’ouverture de la Côte d’Ivoire au
marché international entraîne du même coup l’importation massive de
céréales à bas prix qui rendent les produits locaux peu compétitifs. Ces
structures de promotion et de vulgarisation des produits vivriers
disparaissent finalement progressivement entre1980 et 1990. La production
vivrière locale est par conséquent abandonnée au profit des produits
d’importation comme le riz.
La crise alimentaire qui a entraîné des émeutes de la faim en Côte
d’Ivoire en Avril 2008 nous interroge et nous conduit à écrire cet ouvrage
dont l’objectif est de faire l’état des lieux des connaissances sur la sécurité
alimentaire et l’approvisionnement des marchés urbains enCôte d’Ivoire, de
proposer des éléments de réflexions, et des scénarios d’organisations qui
permettraient d’améliorer la situation alimentaire du pays.
Cet ouvrage s’organise autour de quatre parties :
17L ‘approvisionnement des marchés en produits vivriers
Les stratégies de distribution des produits vivriers
La mutation de l’espace agricole faceàla demande en produits vivriers
Les éléments de réflexion sur les facteurs d’insécurité alimentaire.
18PREMIEREPARTIE
APPROVISIONNEMENTDESMARCHES
EN PRODUITS VIVRIERS
Approvisionnement du marché de gros de vivriers d’Adjamé.Chaque commerçante
détaillante constitue son tas de bananes plantains et de manioc pour la revente en
détail sur les différents marchés d’Abidjan.Nassa Dabié montre dans cet article que, La forte concentration de la
population dans les agglomérations urbaines au détriment des campagnes
relance les inquiétudes des gouvernants sur la question de l’approvision-
nement de ces zones en produits vivriers enCôte d’Ivoire.Cette inquiétude
est d’autant plus fondée en ces temps de mondialisation où la crise
alimentaire déstabilise le monde et où les populations des grands centres
urbains manifestent contre la hausse des prix des denrées alimentaires.Cette
contribution propose un schéma explicatif général de l’approvisionnement
d’une ville secondaire,Divo, en produits vivriers alors que l’essentiel de sa
production régionale est tourné vers Abidjan, la plus grande métropole
distante de 200 km.
Mots clés : Côte d’Ivoire, Divo, approvisionnement, vivriers, marchés,
mondialisation
Kouman Koffi Mouroufié relate dans son article que La Côte d’Ivoire est
un pays à fort taux d’urbanisation et qui connaît un réel déficit vivrier,
notamment en produits halieutiques. Cet essai présente, en trois parties, la
situation générale des pêches artisanales qui fournissent l’essentiel de la
production nationale et leur contribution dans la satisfaction des besoins
nutritionnels des populations urbaines. Les difficultés d’approvisionnement
se définissent en termes d’insuffisance des productions, de dégradation des
voies de desserte, d’inadéquation des moyens de transport et de tracasseries
routières.Elles influencent la disponibilité, la durabilité et l’accessibilité des
produits de pêche aux populations citadines. Le risque d’insécurité
alimentaire, faute d’une disponibilité suffisante en tout temps sur les
marchés urbains, est donc réel.
Mots clés : productions halieutiques, sécurité alimentaire, villes, Côte
d’Ivoire
Anoh Kouassi Paul et Ouattara Oumar, dans un article sur la distribution
et la consommation du gibier dans l’agglomération d’Abidjan, montrent que
la vente du gibier est un commerce prospère dans la dite ville.Des marchés
de gros et de détail de produits de chasse existent dans la plupart des
communes d’Abidjan. Le gibier vendu à Abidjan provient de toutes les
régions du pays, mais principalement de la région Centre (Toumodi,
Tiébissou,Bouaflé,Katiola) et concerne une grande variété d’animaux.
Le ravitaillement d’Abidjan en produit de chasse est assuré par un circuit de
distribution dans lequel on distingue des collecteurs, des grossistes et des
détaillants.Les femmes constituent la majorité des collecteurs.
20La consommation du gibier concerne toutes les couches sociales même si la
capacité financière des uns et des autres détermine la fréquence de la
consommation.
C’est surtout dans les maquis que le gibier est le plus couramment servi.
En dépit de l’intérêt qu’elle suscite auprès des commerçants et des
consommateurs, l’utilisation fréquente du gibier à des fins alimentaires peut
porter atteinte à la diversité biologique car elle constitue une menace pour la
préservation de la faune. Mots-clés : Abidjan, commerce, gibier, chasse,
développement durable.
Mots-clés :Abidjan, commerce, gibier, chasse, développement durable
21Approvisionnement en produits vivriers d’une ville
secondaire ivoirienneàl’ère de la mondialisation :
l’exemple deDivo
NASSADabiéDésiréAxel
La mondialisation actuelle, redessine la carte des lieux, unifie les
marchés, y compris non monétaires. Elle réorganise les espaces en les
intégrant les uns aux autres. Ce qui n’était qu’ensemble de localisations
séparées devient système spatial, favorable à la mise en relation des lieux.
Cela engendre une interdépendance des localités malgré leur singularité.
Ainsi nous aboutissons à la constitution d’un espace de mondialité
d’échanges dans lequel chaque localité a la capacité d’influencer d’autres
lieux et vice versa.
En Côte d’Ivoire, Abidjan, une des métropoles portuaires d’Afrique de
l’ouest, se situe à l’interconnexion des réseaux mondiaux et des échelles
géoéconomiques nationales et continentales. Mais elle joue aussi un rôle
d’interface dans la globalisation.Ce processus se manifeste à divers degrés :
elle est la ville siège de laBanqueAfricaine deDéveloppement (BAD), de la
Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), du Marché des Arts et
duSpectacleAfricain (MASA) et principal foyer de consommation national
voire sous-régional mettant en relation acheteurs et vendeurs qui s’appuient
sur une logistique efficace reposant sur la diversité des modes de transport,
de marché, de fret, de stockage et de télécommunications.C’est une ville qui
assure l’articulation de la Côte d’Ivoire non seulement avec les pays de
l’espace ouest africain, mais également avec l’ensemble des villes nationales
(NASSA D, 2008). Pour les habitants du pays, le phénomène de la
mondialisation a transformé la vie de tous.
Leurs habitudes et leur existence apparaissent dépendre d’événements se
déroulant en des lieux parfois éloignés et entretenant des relations
d’échanges avec leur métropole qui en retour les diffuse sur l’espace
national. Tel est le cas de la crise alimentaire globale dont les effets ont été
ressentis bien au-delà des principales agglomérations des états entraînant des
manifestations - voire des émeutes- dans ces villes.
Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer cette conjoncture
économique alimentaire en rapport avec des facteurs aggravants : explosion
de la demande due aux nouvelles habitudes de consommation dans les paysémergents, baisse de l’offre suite auxmauvaises récoltes dans quelques
grands pays exportateurs (Thaïlande, Chine, Indonésie), épuisement des
stocks internationaux, anticipation sur les prix et spéculation sur les denrées
alimentaires, volonté de certains pays exportateurs de réserver leur
production au marché intérieur et surtout la course aux agro carburants.Ces
facteurs ont joué et continuent de jouer à différents niveaux sur la hausse
généralisée des prix des denrées alimentaires.
Mais ils ne sont en aucun cas les seuls à expliquer la situation. Des
facteurs endogènes comme la dépendance du pays à l’égard des exportations
de produits primaires qui lui permet d’acquérir des devises nécessaires à son
développement, ont occasionné la généralisation d’une agriculture
commercialed’exportation, même dans les campagnes, au détriment d’une
agriculture nourricière, de subsistance. Face à une telle situation mondiale,
comment Divo, ville secondaire ivoirienne, arrive-t-elle à satisfaire les
besoins alimentaires de sa population ? Comment a-elle vécu la hausse
conjoncturelle des prix des denrées alimentaires ?Et enfin quel est l’impact
de cette crise dans cette ville ? Ainsi à partir de l’analyse des flux des
produits alimentaires sur les différents marchés de la ville deDivo, montrons
comment la ville réussit tant bien que mal à capter en partie des volumes de
produits vivriers qui demeurent sous l’emprise du principal foyer de
consommateurs qu’estAbidjan, à quelques encablures de là.
Divo et sa région, bassins de productions vivrières autosuffisants ?
Chef lieu de la région du sud Bandama et du département de Divo, la
ville de Divo est située à 198 Km de la capitale économique, Abidjan. Elle
est limitée de l’Est au Sud-est par le département de Tiassalé, à l’Ouest par
le département deLakota, auNord par la sous-préfecture deHiré watta et au
Sud par celle de Guitry. Elle s’étend sur une superficie de 9 000 ha. C’est
aussi une ville carrefour qui permet de relier plusieurs villes dont Tiassalé,
Hiré, Lakota, Gagnoa, Guitry, Fresco (cf figure. 1). Cette situation
géographique est un atout qui favorise indéniablement la circulation de
certains flux de produits vivriers nécessaire à l’approvisionnement deDivo.
A cette situation de ville carrefour, s’ajoute la fertilité des terres, la
présence de nombreux bas-fonds et cours d’eaux (Guélé, Bokodou…), qui
permettent plusieurs types de cultures vivrières. On y note également un
climat favorable à la pratique d’une agriculture de subsistance avec une
abondante pluviométrie. Ces diverses potentialités favorisent la
multiplication des espaces de production (cf figure. 2).
24Source:Enquête personnelle, mars 2008
ConceptionBolouA bel,Réalisation :Latig 2008
Figure1:LocalisationdelavilledeDivo
Les céréales constituées essentiellement de riz (4 129 ha) et de maïs (2
092 ha), occupent les principales superficies.Ces deux cultures interviennent
dans les habitudes alimentaires de la population. Viennent ensuite les
espaces occupés par les féculents composés de banane plantain (472,5 ha),
d’igname (793,4 ha) et de manioc (448,75 ha). Les légumes occupent
également des superficies importantes : 664 ha. La multiplication de ces
espaces de productions vivrières s’explique par de grands problèmes
rencontrés par le monde agricole ivoirien.Pendant longtemps, l’essentiel des
exploitations agricoles était orienté vers une agriculture de rente et
d’exportation, mais depuis, la stabilisation des prix et la garantie du revenu
25aux producteurs, n’ont guère bénéficié des embellies des cours
internationaux.Cela a été un facteur déterminant dans l’abandon du cacao et
du café au profit du vivrier. Selon les acteurs du vivrier, ce secteur garantit
une vie décente que la filière café cacao n’a pu leur donner puisqu’elle ne
propose qu’un revenu saisonnier. Le vivrier marchand, quant à lui est
productif et assure aux acteurs des revenus quasi mensuels. C’est dans ce
cadre que Divo et sa région sont devenus des bassins de production du
vivrier au profit des grandes agglomérations urbaines du pays et
particulièrement d’Abidjan. A cet effet, elles produisent annuellement
respectivement 144 tonnes de bananes plantain, 248 tonnes de d’ignames et
297,5 tonnes de manioc doux. La production céréalière dans la région n’est
pas en reste. C’est une zone qui en produit 1000 tonnes composées de 400
tonnes de riz de bas fond, 500 tonnes de maïs et 100 tonnes de riz irrigué et
de plateau soit environ 2% de la production nationale de riz. Cette
production ne couvre pas les besoins alimentaires de la population de
l’agglomération urbaine de Divo estimée à 150 050 habitants en 2007
(estimationIGT).La ville a donc recours à d’autres espaces de ravitaillement
extra-muros à l’image de la Côte d’Ivoire. Ainsi, le pays importe chaque
année près de 800 000 tonnes de riz des pays asiatiques (Inde, Thaïlande,
Chine) etDivo reçoit à elle seule près de 5 000 tonnes soit moins de 1% des
importations (DirectionRégional de l’Agriculture deDivo, 2009).
Divo et la hausse conjoncturelle des prix mondiaux des denrées alimentaires
La fumée des récentes émeutes contre la cherté de la vie s’étant
dissipée, il nous fallait revenir sur ces événements à l’échelle d’une ville
secondaire ivoirienne, en portant un regard sur cette crise alimentaire que le
Commissaire européen au développement Louis Michel qualifie de
«tsunami économique et humanitaire ». Bien que Divo produise du riz et
d’autres produits vivriers, cette offre est insuffisante pour nourrir sa
population, sachant qu’une grande partie de cette production est captée par
l’agglomération abidjanaise à travers divers circuits de commercialisation.Il
s’agit des circuits animés par les coopératives de commercialisation ou, de
façon individuelle, bord champs par des agriculteurs en quête de revenus
plus attrayant. Ce circuit direct est un système de commercialisation par
lequel le producteur vend directement au consommateur.Il y a aussi un autre
système qui consiste à céder son produit sur les marchés aux détaillants
revendeurs au lieu que ce soit le producteur lui-même qui en assure la
commercialisation aux consommateurs.
Quant au circuit indirect, c’est un système de commercialisation qui fait
intervenir un nombre important d’intermédiaires. Il s’agit de producteurs
demi-grossistes, producteurs collecteurs, producteurs demi-grossistes
détaillants. A ces deux mécanismes s’ajoute le circuit court qui s’organise
26généralement dans un périmètre n’excédant pas 50 kilomètres, et concerne,
dans le cas deDivo, la plupart des féculents (banane plantain, manioc frais et
dérivés), quelques oléagineux (graine de palme), fruits et légumes produits
dans cette échelle de parcours.
Ce circuit établit une relation entre les producteurs et les
détaillants/demi-grossistes. A ce niveau, des demi-grossistes collecteurs
locaux jouent quelquefois des rôles d’intermédiaires dans le transfert des
produits sur ces différents marchés.C’est à travers ces types de circuits et de
réseaux complexes enchevêtrés que fonctionne l’approvisionnement intra-
muros de la ville (cfFigure. 3).
Source:Enquête personnelle mars 2008
Conception et réalisation :BolouAbel ;IGT/Latig, 2008
Figure3:LeszonesderavitaillementnatureldelavilledeDivo
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