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Échanger ou louer sa maison

De
116 pages

Échanger ou louer sa maison est un phénomène qui fait de plus en plus d'adeptes. Il permet de financer ou d'amoindrir considérablement le coût des vacances.

Toutes vos questions trouveront des réponses :
Où s'inscrire ?
Comment s'y prendre ?
Puis-je faire confiance à mes futurs hôtes ?
Dois-je contracter une assurance ?
Écrit par une échangeuse aguerrie de maisons et enrichi de témoignages de particuliers et de professionnels, ce guide précieux vous aidera à concrétiser votre projet en toute tranquillité.


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Brigitte Valotto
Si nous avons associé, dans un même ouvrage, l’échange et la location de maisons, c’est que ces deux démarches sont deux réponses d’actualité à la crise et rencontrent aujourd’hui un succès similaire. Toutes deux ont des motivations économiques, mais aussi sociologiques, toutes deux correspondent à la volonté actuelle de débrouillardise des Français, de plus en plus amateurs de « bons plans » entre particuliers, de plus en plus soucieux d’échapper aux diktats de la consommation de masse et à l’industrie du tourisme qui les transforme en vaches à lait. Personnellement, le troc de maisons me fascine par ces portes qu’il ouvre à l’autre bout du monde, dans un foyer inconnu où nous entrerons comme chez nous ; par les destinations soudain entrevues via la magie d’une offre inattendue ; par les liens qui se nouent alors, pour bâtir à deux familles, qui s’ignoraient jusqu’alors, ce voyage parallèle qui suppose tant de bonne entente ! La plus belle maison que j’ai échangée était immense et granitique, posée sur la lande écossaise, près d’Aberdeen. Une rivière serpentait en contrebas. Nous y avons pêché à la mouche avec John, un aimable voisin de nos hôtes – ou plutôt, nous avons tenté de pêcher, et John nous a fait cadeau de ses truites afin que nous ne rentrions pas bredouilles. Planté devant l’immense baie vitrée de la cuisine, un nichoir à oiseaux procurait chaque matin, au petit-déjeuner, un spectacle bucolique et gratuit. Hélas, nous avons aussi vécu un échange moins idyllique, en Calabre, dans une maison surplombant la Méditerranée étincelante… Cette merveilleuse vue, qui m’avait éblouie sur les photos de l’annonce, s’avéra être la seule qualité de cette demeure spartiate ! À l’intérieur, la propreté était plus que douteuse, les recoins poussiéreux et tendus de toiles d’araignées. L’aménagement était réduit au strict minimum, le mobilier vétuste, les lits inconfortables, la vaisselle inexistante, les placards vides. Les propriétaires ne venaient qu’occasionnellement, cette maison étant leur résidence secondaire… dont la rénovation semblait encore très inachevée ! Nous avons rapidement quitté les lieux en laissant un mot d’explication à nos hôtes. Par chance, l’échange n’était pas simultané, il était prévu qu’ils viennent chez nous plus tard… ce qu’ils n’ont évidemment jamais fait. Cet exemple est le seul qui s’inscrive en négatif, parmi ceux que j’ai effectués à ce jour. Si je vous le donne pourtant dès ces premières lignes, c’est qu’il ne s’agit pas ici de prétendre qu’il n’y a aucun risque, tant l’échange de maisons est un procédé convivial, choisi par des « gens bien » qui se comportent forcément bien… C’est la vision politiquement correcte couramment adoptée sur le sujet ! Certes, on recense peu de problèmes ; les tribunaux n’ont encore jamais eu à régler d’affaires retentissantes d’arnaques à l’échange ; les colonnes de faits divers n’ont pas rapporté de bagarres sanglantes entre « home échangistes » spoliés… Mais soyons lucides : plus l’échange se démocratise et touche une large franche de population, plus les risques augmenteront. C’est pourquoi il est nécessaire d’être bien informé avant de se lancer dans cette aventure, certes excitante et réjouissante, mais de longue haleine. C’est le but de cet ouvrage : aller au-delà des généralités pour vous renseigner précisément sur tous les aspects de l’échange de maisons, qui est en train de dépasser le cadre « bobo » et branché qui le vit naître pour s’affirmer comme une nouvelle pratique touristique, à part entière. De même, louer sa propre maison pendant qu’on voyage est en passe de devenir un moyen comme un autre de rentabiliser ses vacances : là encore, on frôle le phénomène de société. Mais avant de se lancer, mieux vaut en décrypter le mode d’emploi.
Contrairement à l’échange, la démarche est d’abord financière et la réciprocité est inexistante : cela peut paraître plus simple, et constituer une alternative lorsqu’on hésite à se lancer dans les complexités du troc de domiciles. Mais cela peut également s’avérer complémentaire : plusieurs des témoins que nous avons interrogés pour cet ouvrage pratiquent indifféremment la location et l’échange de leur résidence principale ou secondaire ! Cela sera peut-être votre cas. Et si vous hésitez encore entre les deux… ce livre va vous donner toutes les clés pour vous décider !
« Échanger ma maison ? Tu n’y penses pas ! Je ne supporterais pas de savoir que des inconnus dorment dans mon lit ! Tu ne crains pas qu’ils dévalisent ta maison ? » Telles étaient les réactions les plus courantes lorsqu’on évoquait, il y a une dizaine d’années, la pratique du troc de maisons. Encore naissante et marginale, du moins en France, elle effrayait le plus grand nombre et laissait sceptiques les autres. Aujourd’hui, tout a changé. Essayez d’en parler autour de vous ; immédiatement, vous suscitez l’intérêt : « Ah, tu l’as déjà fait ? C’est génial, non ? J’en ai entendu parler… J’ai envie d’essayer… Justement, je viens d’échanger avec des Hollandais… Sur quel site es-tu inscrit ? » Voici ce que vous entendrez désormais !
C’EST AU DÉBUT DES ANNÉES 1950 QUE L’ÉCHANGE DE DOMICILES A VU LE JOUR, D’ABORD EXCLUSIVEMENT DANS LES MILIEUX ENSEIGNANTS : aux États-Unis surtout, mais aussi en Suède et dans les pays nordiques. L’idée est toute simple : si les profs de tous les pays voulaient bien se confier leurs clés… le monde s’ouvrirait pour eux !
Naissance d’une utopie…
Et c’est ce qui s’est produit : d’abord à toute petite échelle, essentiellement sur le continent américain, sous l’impulsion d’un couple d’enseignants new-yorkais, David et Mary Ostroff. David dresse la liste de tous les collègues de sa connaissance, à New York et dans les États voisins, pouvant être intéressés par un échange de maisons pendant des vacances scolaires. Les listes circulent et s’étoffent, les échanges se multiplient, des réseaux se créent. Informels souvent : bouche à oreille, petites annonces, affichettes dans les couloirs… puis naissent les premiers catalogues : dès 1953, les listes du couple Ostroff deviennent de petits livres imprimés rassemblant les offres d’échanges. En 1960, ils fondent le Vacation Exchange Club qui rassemble des professeurs d’Amérique du Nord, d’Europe et du Royaume-Uni. Et justement, de l’autre côté de l’Atlantique, une jeune Britannique, Jan Ryder, a pris une initiative comparable rassemblant exclusivement des militaires. Les chemins de l’enseignement et des forces armées se croisent : David Ostroff et Jan Ryder décident de mettre leurs données en commun pour fonder une organisation internationale, baptisée Homelink.
Parallèlement, en Europe, des groupes d’enseignants suisses, hollandais et suédois, ont également commencé à échanger régulièrement leurs maisons : dès la fin des années 1960, ils fondent à leur tour l’organisation Intervac International, dont la maison mère est à Stockholm, en Suède. Dans les années 1960 et 1970, les catalogues Homelink et Intervac s’étoffent. Les annonces proviennent de pays toujours plus nombreux : France, Australie, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Portugal, Espagne, Suède, SuisseL’expansion se poursuit dans la décennie suivante ; récemment encore, de nouveaux bureaux Homelink ont ouvert en Estonie, en Russie et en Turquie !
La révolution du Net
L’arrivée d’Internet au début des années 1990 va donner l’élan décisif à cette nouvelle forme de tourisme, et lui permettre de prendre sa vraie dimension internationale. Pionniers avec leurs catalogues papier, Homelink ou Intervac modernisent ces derniers avec des photos couleur et une typographie moderne, mais rien ne rivalise avec le Web : les fiches des adhérents, auparavant imprimées, peuvent désormais être envoyées instantanément par mail avec des photos ; mis à jour en permanence, les sites permettent une recherche d’échange ciblée et rapide et une communication instantanée. Homelink lance le sien dès le 9 mai 1995. Il sera suivi de près par un autre pionnier, HomeExchange.com – le premier organisme d’échanges à fonctionner exclusivement sur Internet. Ed Kuschins, son fondateur, habitué de l’échange de maisons, recevait chez lui les catalogues papier de ses futurs concurrents. Féru d’Internet, ce Californien a donc l’idée, dès 1996, de proposer aux particuliers de mettre leurs annonces d’échange en ligne. Le procédé rencontre le succès et va s’étendre en même temps que se tisse la Toile qui va bientôt relier le monde entier, le rendre virtuel et de plus en plus petit !
Grâce au fort développement du Net, les opportunités d’échange semblent aujourd’hui illimitées.
Une progression régulière
On croit d’abord à une mode passagère ; mais la progression régulière, entamée dès la fin des années 1990, se confirme et s’accroît en ce début de deuxième millénaire. Dans un contexte économique de plus en plus difficile, faire des économies n’est plus considéré comme ringard, mais comme malin ! De nouveaux sites comme lesRadins.com, qui reflètent bien cet état d’esprit, conseillent volontiers l’échange de maisons parmi leurs bons plans vacances.
Aujourd’hui, les sites « historiques » de l’échange sont donc devenus des géants internationaux : Homelink International compte un peu plus de 13 000 adhérents actifs, sans doublons (car certains sites auraient un peu tendance à « gonfler » leurs chiffres en comptabilisant le nombre d’annonces plutôt que celui d’abonnés réels et actifs). Intervac International est devenue une marque déposée dans la cinquantaine de pays représentés et fédère aujourd’hui plus de 20 000 adhérents. Quant à HomeExchange, il s’affirme comme le leader mondial de l’échange avec plus de 35 000 adhérents à travers le monde. Et la France est l’un des pays où la progression est la plus spectaculaire ; ainsi, depuis janvier 2007, le site français de Homelink a enregistré une augmentation de 46 % du nombre d’adhésions !
La France en plein boom
« Ce boom soudain est certainement lié à la crise économique », explique Denise Lemoine, responsable du développement pour Homelink France. « Des vacances possibles partout dans le monde sans avoir à payer les frais d’hébergement – cela permet de faire des sacrées économies ! Mais il y a aussi le fait que dans notre monde de contacts virtuels, où tout va plus vite, les gens veulent faire le plein de contacts humains et “vrais” pendant les vacances. Une autre part de cette croissance peut être attribuée à
l’intérêt des médias pour le phénomène. La presse s’intéresse de plus en plus aux échanges de maisons et se fait le relais auprès du grand public. » Les Français sont désormais champions du monde de ce troc du voyage pourtant initié par les Anglo-Saxons.
Même analyse chez les concurrents : « Le facteur principal du succès, à mon avis, c’est le bouche à oreille », estime William Heinzer, responsable et cofondateur avec sa femme Martine de Trocmaison.com, version française du site HomeExchange, qui a gagné 9 000 adhérents en un an. « Je dirais que 8 personnes sur 10 qui tentent un échange deviennent des convaincus. Alors, ils en parlent aux copains, et puis il y a un effet boule de neige. En plus, on a bénéficié d’une énorme couverture médiatique ces derniers mois, qui a amplifié le phénomène. Bien sûr, il ne faut pas sous-estimer non plus l’effet de la crise. Des personnes qui n’auraient jamais pensé au troc de maisons se mettent à y songer lorsque leur budget vacances se réduit. Et ensuite, ils se rendent compte que c’est drôlement plus sympa de voyager comme ça ! » Avec le succès grandissant et la profusion de nouveaux sites, le potentiel d’échanges est devenu énorme : on l’estime désormais à 250 000 maisons dans le monde !
PETITS TROCS SUR GRANDS ÉCRANS
Un tel phénomène de société ne pouvait passer inaperçu des yeux aiguisés des scénaristes d’Hollywood : le cinéma s’est emparé de l’échange de maisons dès 1995, avec Un divan à New York, une histoire de troc et d’amour entre une fantasque danseuse parisienne (Juliette Binoche) et un psychanalyste new-yorkais (William Hurt).
Plus récemment, en 2006, The Holiday, de Nancy Meyer, rassemble Jude Law, Cameron Diaz et Kate Winslet : deux célibataires déprimées – l’une anglaise, l’autre américaine – échangent leurs maisons. Chacune rencontrera l’amour dans la demeure et la patrie de l’autre…
Certes, la vie n’est pas une comédie romantique… mais à défaut de mariage, vous pouvez aussi voir éclore, autour de l’échange de maisons, de jolies histoires d’amitié !
De nouvelles façons d’échanger
Beaucoup d’outsiders sont apparus sur la Toile, chacun inventant son propre mode de fonctionnement ; à côté des sites spécialisés dans l’échange de maisons, on peut simplement passer par des sites généralistes de petites annonces, des sites d’annonces locatives qui proposent aussi des rubriques échanges, ou des listes de diffusion gratuites comme l’américaine Craiglist, sur laquelle de très nombreux habitants des États-Unis passent leurs petites annonces sans frais. Quant aux sites spécialisés, de plus en plus nombreux, la plupart font payer l’adhésion, mais certains proposent de passer une annonce et recevoir des offres d’échange.
En revanche, si vous êtes vous-même intéressé par une annonce et souhaitez contacter ceux qui l’ont passée, vous devez vous inscrire moyennant paiement. D’autres proposent pour une somme modique un abonnement à vie ; quelques-uns sont totalement gratuits (voir « Je m’inscris sur un site » ). On a également vu se multiplier, ces dernières années, des sites « spécialisés », pour échanger exclusivement entre gens du même bord : enseignants, retraités, membres d’une même religion, célibataires, gays ou même passionnés de golf !
Même principe avec les « réseaux » qui existent sur des sites généralistes : ainsi, sur ® Geenee , vous pouvez constituer un réseau réservé à une catégorie de membres bien spécifiques : collègues, anciens élèves d’une école ou d’une université, membres d’un club sportif ou d’une association, etc. Sur HomeExchange, une nouvelle fonction de recherche permet aussi de sélectionner uniquement les offres d’échange passées par des enseignants ; et le site compte développer de tels moteurs de recherche sélectifs pour que ses abonnés puissent trouver l’offre la plus en adéquation avec leur mode de vie.
Retrouvez tous les sites d’annonces et d’échanges dans notre sélection d’adresses en fin d’ouvrage.
Ainsi, avec le succès, le système de l’échange de maisons connaît un double mouvement paradoxal : élargissement, avec de plus en plus d’adepteset rétrécissement, avec une vision moins ouverte sur le monde et des critères de sélection qui deviennent plus étroits et plus exigeants. C’est peut-être une façon d’éviter les mauvaises surprises, mais c’est aussi le plus sûr moyen de pervertir l’idéal sur lequel s’est bâtie l’idée des échanges de maisons. Aller à la rencontre de l’autre, c’est aussi apprendre à accepter les différences, et découvrir de nouveaux modes de vie. Si c’est pour retrouver exactement le même de l’autre côté de l’océan, à quoi bon ?
LES 3 CONSEILS POUR RÉUSSIR SON ÉCHANGE
Quelle est la durée habituelle d’un échange ?
La tendance forte, c’est l’échange pour un court séjour, dans une capitale européenne ou dans une région française. Nos abonnés effectuent en moyenne deux échanges par an : un long pendant l’été ; et un autre plus court, entre Français, pour le ski ou pour un long week-end : les Niçois viennent passer un pont à Paris, les Parisiens s’en vont à Nice…
Quels risques sont à prendre en compte ?
Depuis 1997, des milliers d’échanges ont été réalisées via notre réseau, et nous n’avons jamais enregistré de plainte pour vol ou