résumé des chapitre 19 à 24 de CANDIDE

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CANDIDE Résumé des chapitres 19 à 24: Quand Candide notre héros et Cacambo son valet arrivent à Surinam. Résumé chapitre 19, 20, 21, 22, 23, 24

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Travail de français Yasmine, Laura et Ozgül 07/03/2010CANDIDERésumé des chapitres 19 à 24: Quand Candide notre héros et Cacambo son valet arrivent à Surinam. Cacambo se sépare de Candide pour aller à Buenos Aires acheter Cunégonde qui est devenue esclave entre temps. Vanderdendur, un négociant hollandais, vole une grande partie de la fortune que Candide avait ramenée de l'Eldorado. Candide embarque, accompagné d'un philosophe pessimiste nommé Martin qu’il a recruté pour l’accompagné en l'Europe. Ils arrivent à Bordeaux mais n'y restent pas longtemps et partent vers la capitale, Paris. Un abbé sert de guide à Candide et Martin. Candide trompe Cunégonde avec une actrice nommée Mlle Clairon qui se faisait appelée marquise de Parolignac. L'abbé qui était avec Candide et Martin engage une femme pour qu'elle se fasse passer pour Cunégonde et ainsi pour pourvoir voler de l'argent à Candide. Ensuite afin de se rendre à Venise Candide et Martin longent les côtes de Portsmouth et assistent à l'exécution d'un amiral parce qu’il n’avait pas fait tuer assez de monde. Ensuite, ils arrivent à Venise.Description des personnages:Martin: Son nom vient du latin "martius" qui veut dire "guerrier". Il était un savant pauvre qui était exploité par des libraires à Amsterdam. Il contribue à l’éducation de Candide après Pangloss. C'est l'opposé de Pangloss, il est très pessimiste. Il fait partie du mouvement manichéen doctrine condamnée comme hérétique par l’église catholique. A partir de cela Martin développe une pensée pessimiste, convaincu que le mal domine sur terre et que le bien est quasiment inexistant. Il fonde son idéologie sur les faits et sur la raison. Il cherche constamment à détecter ou prévenir le mal. Grâce à cela Candide apprend que tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, il lui apprend aussi à être méfiant et ne pas se laisser avoir par sa naïveté. Il instaure le doute en Candide en faisant toujours passer ses idées très calmement et avec beaucoup de sérénité. Paquette: Qui veut dire "pâquerette". La pâquerette est associée à la blancheur, à la virginité en totale opposition à la Paquette dans Candide, qui est en fait un prostituée. Elle était femme de chambre de Mme la baronne. Elle avait une liaison avec Pangloss et lui transmit la vérole. Elle devient prostituée et l'un de ses clients est Frère Giroflée. Giroflée: Il est un moine théatin. Il rencontre Paquette à Venise et la paye pour ses services sexuels. Giroflée est le nom d’une fleur et donc on peut crée un parallèle avec Paquette qui est aussi le nom d’une fleur.Vanderdur :Son nom signifie "qui a la dent dure": donc qui est sans pitié. Il a deuxrôles : celui du maître de l'esclave et celui du voleur. C'est lui aussi qui a escroqué Candide. Vanderdendur est l'archétype du méchant : il est menteur, manipulateur et profiteur.
Trajet de Candide:Voltaire utilise la technique du voyageur. Grâce à cela, il peut poser un regard critique et neuf sur le pays qu'ils visitent. -Surinam : l'esclavage Dans la première version de Candide, ce passage n'existait pas. Voltaire le rajoute par la suite quand il prend conscience que l'esclavage était un fait très grave. C'est pourquoi nous avons l'impression que ce passage est une sorte de "parenthèse" dans l'histoire et peut aisément être détaché. (voir Thèmes>Esclavage) -Bataille navale :Le récit de la bataille navale nous évoque les précédentes expériences de Candide pendant la guerre. "Rire grinçant" La suite du trajet : Les deux hommes ont une discussion sans fin, personne n'a raison et personne n'a tort. « Croyez vous, dit Martin, que les éperviers aient toujours mangé des pigeons quand ils en ont trouvé ?- Oui. Sans doute, dit Candide.- Eh bien, dit Martin, si les éperviers ont toujours eu le même caractère, pourquoi voulez-vous que les hommes aient changé le leur ?- Oh, dit Candide, il y a bien la différence, car le libre arbitre… ».Cette citation montre bien que les deux hommes ont toujours des avis différents et donc que leurs discutions n’ont pas de fin ils trouvent toujours des choses à redire, C’est pour cela qu’« En raisonnant ainsi, ils arrivèrent à Paris ».-Paris : la satire :Structure:Ce chapitre se distingue par son importance, les thèmes qu'il y aborde et son réalisme satirique. Dans ce texte, il n'y a ni description, ni analyse psychologique, ni temps mort. La cadence est donc très rapide. Ce qui crée une impression de mécanisation, d'automatisation, de schématisation et de simplification. Thèmes : Durant le chapitre 21, nous avons l'impression que Voltaire veut insister sur Paris, peut-être en pensant que "mieux vaut prévenir que guérir". « C’est un chao, c’est une presse dans laquelle tout le monde cherche le plaisir, et où presque personne ne le trouve, du moins à ce qu’il m’a paru. »Lors du passage de Candide à Paris, Voltaire profite pour traiter plusieurs thèmes : les bordels, les médecins (ou plutôt charlatans)...il veut montrer le côté sombre de Paris. Pour cela, il utilise un abbé corrompu comme guide.Candide est victime de l’ignorance des médecins, qui à force de saignées… le rendent encore plus malade qu’il ne l’était auparavant. Voltaire, à ce moment là, critique les médecins ignorants. Les fripons se donnent à cœur joie dans une société qui se livre au jeu et à la tricherie, tout tourne autour du profit et de l’argent : « Parmi ceux qui lui faisaient les honneurs de la ville, il y avait un petit abbé périgourdin, l’un de ces gens empressés, toujours alertes, toujours serviables, effrontés, caressants, accommodants, qui guettent les étrangers à leur passage, leur contendants l’histoire scandaleuse de la ville, et leur offrent des plaisirs à tout prix ». Cet abbé qui joue l’entremetteur douteux (il va emmener Candide vers une fausse Cunégonde et va le faire jouer chez une baronne afin de toucher une commission).L’honnêteté se heurte à l’escroquerie et la justice ne
fait rien, elle est quasi inexistante.Grâce à cela, Voltaire peut à nouveau critiquer la France et son système ainsi que sa corruption. Les procédées de la satire : Le théâtre tient également une place importante à Paris : nous pouvons deviner que Voltaire apprécie cet art (d'ailleurs Voltaire a écrit une cinquantaine de pièces lors de sa "carrière"), car il prend la peine de défendre les artistes et est moins virulent envers ceux-ci.p.118:La citation « Vous avez grand tort de pleurer, cette actrice est fort mauvaise ; l’acteur qui joue avec elle est plus mauvais acteur encore ; la pièce est encore plus mauvaise que les acteurs ; l’auteur ne sait pas un mot d’arabe, et cependant la scène est en Arabie ; et, de plus, c’est une homme qui ne croit pas aux idées innées : je vous apporterai demain vingt brochures contre lui. » Cette critique ressemble fort aux reproches parallèles adressé à Voltaire, à propos de son« Orphelin de la Chine »p.119:Voltaire profite de ce dialogue entre Candide et l’abbé afin d’attaquer unde sesennemis Elie Fréron rédacteur de« L’année littéraire ». « Quel est, dit Candide, ce gros cochon qui me disait tant de mal de la pièce ou j’ai tant pleuré et des acteurs qui m’ont fait tant plaisir ?- C’est un mal vivant, répondit l’abbé, qui gagne sa vie à dire du mal de toutes les pièces e de tous les livres ; il hait quiconque réussit comme les eunuques haïssent les jouissants : c’est un de ces serpents de la littérature qui se nourrissent de fanges et de venin ; c’est un folliculaire.- Qu’appelez-vous folliculaire ? dit Candide.-C’est, dit l’abbé, un faiseur de feuilles, un F[réron]. »Voltaire traite le critique littéraire de gros cochon se qui une insulte directe envers lui.-Angleterre (Portsmouth): la peine de mortLors de ce passage très court à Portsmouth, Voltaire émet une violente accusation contre l'absurdité d'exécuter un amiral seulement parce qu'il n'a pas assez tué. (Tiré d'un fait réel, l'amiral John Byng et écho avec l'affaire Calas) Le ton employé est polémique.Voltaire, à travers Candide, donne une autre vision de l'Angleterre qu'il admirait et qualifiait de libre : nous découvrons une Angleterre cruelle et criminelle. -Venise : terre promiseVenise est la ville où l’on n'a rien a craindre "ni des bulgares, ni des arabes, ni des inquisiteurs"(ch.19). Tous au long des [ch. 19 à 23] on remarque l’impatience grandissante de Candide de se retrouver à Venise. Une fois arrivés là-bas, Venise apparaît comme une ville de divertissement: Candide se rend à l’opéra, aux fêtes... Cette ville représente en quelque sorte la ville du bonheur bien que Cunégonde ne soie pas là ! L’absence de mademoiselle Cunégonde plonge Candide dans une mélancolie noire. Mais il a une lueur d’espoir quand il croise Paquette, qui lui dit : « On retrouve souvent des gens qu’on ne croyait jamais retrouver». La structure, le registre et les tonalités :P102:(structure) il y a beaucoup de virgule et de point virgule suivit de longue phrases se qui donne de la vivacité du discours. Ce qui est en un sens totalement illogique vu que normalement de longues phrases donnent un discours lent et peu vivace.La vivacité du discours est accentuée par l’utilisation fréquente du passé simple et du
présent.(Registre)On constate aussi l’utilisation du registre pathétique à la p.102, lorsque Candide s’apitoie sur le sort du nègre. « Eh, mon dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans l’état horrible où je te vois ? ». On peut ainsi faire un parallèle avec Montesquieu qui lui est beaucoup plus direct que Voltaire avec par exemple cette citation « Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves ». Montesquieu est beaucoup plus direct et va droit au but tandis que voltaire lui est beaucoup plus subtile.«P.104: (Registre) On peut constater un registre parodique grâce à l’utilisation d’apostrophe, de superlatifs et d’exclamations larmoyantes « Ô Pangloss ! s’écria Candide, tu n’avais pas deviné cette abomination ; c’en est fait, il faudra qu’à la fin je renonce à ton optimisme». C’est à se moment la que candide remet en question l’optimisme de Pangloss. « Et il versait des larmes en regardant son nègre, et, en pleurant, il entra dans le Surinam. ». Cette citation est une reprise directe de la bible lorsque Jésus rentre dans Jérusalem.« Ah Pangloss ! Pangloss ! Ah martin ! Martin ! Ah, ma chère Cunégonde ! Qu’est ce que ce monde ci ? ». Cette scène est parodique avec une touche de romantisme.P.106:(tonalité) La scène avec Candide et le marchand hollandais est très comique ce qui accentue la parodie. Le marchand utilise une expression très peut soutenue « Ouais » , se qui retient directement l’attention. Voltaire utilise le présent et le passé pour avertir le lecteur qu’une action importe se passe à ce moment là !« Candide suivait dans un petit bateau pour rejoindre le vaisseau à la rade ; le patron prend son temps, met à la voile, démarre ; le vent le favorise. Candide, éperdu et stupéfiait, le perd bientôt de vue. »P.110: (Structure) La présence de beaucoup d’accumulations suivit de beaucoup d’amplifications donne une impression de généralité dans le passage qui est en fait un très long monologue faisant ressortir le mal qui d’après Martin est toujours présent. (Monologue de la ligne24à la ligne 42).P.111:Lors du combat naval, entre le capitaine hollandais et le capitaine espagnol, Candide retrouve un de ses moutons grâce à cette bataille. On peut dégager de cette bataille une morale « Vous voyez, dit Candide à Martin, que le crime est puni quelquefois ; ce coquin de patron hollandais a eu le sort qu’il méritait.- Oui, dit Martin ; mais fallait-il que les passagers qui étaient sur son vaisseau périssent aussi ? ». Avec cette morale ressort aussi l’opposition du point de vue de Candide et du point de vue de Martin qui sont très souvent en opposition.Toutes ces principales caractéristiques (tonalité registre et structure) se retrouvent tous au long des six chapitres. -La présence de Voltaire [Ch. 21] : Les souvenirs parisiens de Martin sont en fait les souvenir de Voltaire, il utilise Martin(le voyageur) qui connaît tout ! On retrouve à nouveau une autre conviction profonde de l’écrivain quand il fait dire à Martin sur le problème de l’inéluctable de la nature humaine: « Si les éperviers ont toujours eu le même caractère, pourquoi voulez-vous
que les hommes aient changé le leur ? » Ce que dit Martin est une espèce de fable en quelques mots. (l.46 p. 114) -La société : « C’est à ce prix là que vous manger du sucre en Europe.» Voltaire critique les marchands qui ont des esclaves. Le monde économique est mis en avant (triangle des marchands: Afrique, Amérique, Europe). Autant de malheurs pour que les riches puissent vivre dans l’opulence. Voltaire fait passer un message « Les blancs sont vus comme des dieux » ! [Ch. 23]: La volonté de faire assister le lecteur à la mort d’un amiral amène Voltaire à faire effectuer par son héros un détour en Angleterre. C’est en fait une violente accusation contre l’absurdité de l’évènement !... -Stratégies et genres :Candide, est un conte qui a une portée philosophique : c'est un "conte philosophique" (bien qu'on puisse également le classer comme un "roman"). Voltaire critique l’intolérance religieuse, la guerre, les philosophes et encore pleins d'autres sujets à travers ses personnages par le biais du registre pathétique ou de l'ironie. Nous pouvons donc déclarer que le but de Voltaire et de faire passer ses opinions et de créer un sentiment de révolte chez le lecteur contre toutes ces injustices.LES THEMES: -L'esclavage [Ch.19]: Voltaire profite du trajet de Candide pour le mettre en présence d'un esclave dont la seule description suffit à monter l'horreur du traitement dont il est victime :» Ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite.»(p.102, l.19-22). Nous apprenons que des règles sont la justification de cet état : « On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe.»(p.102-104, l.27-31). Nous pouvons remarquer dans ce passage la cruauté de la part de Vanderdendur juste pour de l'argent. Et le Mal de l'Homme envers l'Homme. Un réquisitoire contre l’esclavage : Le nègre n'a pas de haine, de mépris, d'indignation. Il ne veut plus se révolter après ce qu'il lui est arrivé : résiliation. • Aucune recherche d'arguments : phrases affirmatives simples « J’attends mon maître», "Je me suis trouvé dans les deux cas".(p.102)Explication calme et détaché de l''usage, sans donner aucune émotion. Il explique qu'il
est maltraité mais c'est normal, légal (Voltaire fait référence au Code Noir)( LeCodenoirest un ensemble de textes réglant la vie des esclaves noirs dans les îles françaises, en particulier l'ordonnance de soixante articles, portant statut civil et pénal, donné en mars 1685 par Louis XIV.): il accepte son sort. • Il ne dramatise jamais et reste sobre, "nos seigneurs les blancs" : indice de soumission, de passivité. • "Je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne" : le Nègre minimise sa souffrance dans une forme d'autodérision (il se moque de lui-même) : il nese plaint pasLe narrateur se met simultanément à la place de Candide et à la place du nègre : on peut le constater par une focalisation externe (la vision extérieur de Candide) révèle avec force l’horreur de la situation ; ensuite la focalisation interne (la vision de son propre sort par l’esclave) permet de souligner le caractère positif des réalités foncièrement négatives et de rendre vraisemblables tous les procédés de l’ironie ! De même que Voltaire fait ressortir l’absurdité de cette scène en montrant que les esclaves sont les uns après les autres complètements trahis par ignorance, naïveté ou hypocrisie. Voltaire insiste particulièrement sur la contradiction scandaleuse entre les leçons de l’Eglise catholique et le sort lamentable qu’elle laisse subir aux esclaves noirs. L’église dit aux esclaves qu’il est normal qu’ils souffrent pour nourrir les blancs d’Europe (connexion avec la société triangle Afrique Amérique et Europe). -Une analyse très moderne de la prostitution par le biais de Paquette [Ch. 24] :1-La responsabilité de ceux qui ont abusé de leur statut social aux dépend d’elle (homme d’église, médecin...: cela fait ressortir l’œil très critique de Voltaire). 2-La complicité générale et intéressée des hommes (»Ce métier est abominable…vous paraît si plaisant à vous autres hommes»)  3 -La méconnaissance générale des aspect odieux et dégradants de la prostitution(» Ah ! monsieur, si vous pouviez vous imaginer ce que c’est d’être obligée de caresser indifféremment un vieux marchand, un avocat, un moine, un gondolier, un abbé… d’être souvent réduite à emprunter une jupe pour aller se faire lever par un homme dégoutant.» ) Un parallèle peut-être fait avec le nègre noir que rencontre Candide auparavant. Il y a un registre pathétique durant les deux scènes. On s’apitoie sur le sort de Paquette comme on s’apitoie sur le sort du nègre. Voltaire fait veut nous inspirer la pitié envers ces deux personnages.-L'évolution de Candide : L’état d’esprit de Candide, à l’approche de L’Europe, n’a plus rien à voir avec ce qu’ils étaient en quittant le Portugal vers l’Amérique. Candide commence à percevoir et à se rendre compte de la réalité, il voit le monde autrement.
L'optimisme de Candide ≠ Pessimisme de Martin : Candide est un personnage naïf, crédule et simple d'esprit. Il croit dur comme fer à la philosophie de Pangloss qui consiste à penser que "tout est au mieux dans le meilleur des mondes" (Voltaire critique en fait le philosophe Leibniz à travers le personnage de Pangloss). Mais dans les chapitres 19 à 24, l'optimisme de Candide s'oppose au constant pessimisme de Martin. Il y a donc un antinomisme/anachronisme entre ses deux personnages. Martin est en effet manichéen et pense que "le mal est partout, le bien n'existe pas". Jusqu'à maintenant Candide était persuadé et convaincu de la pensée philosophique de Pangloss, mais avec ce nouveau personnages les idées de pessimisme et d'optimisme s'affrontent sans que l'une puisse prévaloir sur l'autre. Au début du chapitre 19, après avoir écouté le récit du nègre : »Ô Pangloss ! s'écria Candide, tu n'avais pas deviné cette abomination ; c'en est fait, il faudra qu'à la fin je renonce à ton optimisme. -Qu'est-ce qu'optimisme ? disait Cacambo. (...) C'est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal.» Face au traitement qu'a subit le nègre, Candide est particulièrement touché, bouleversé intérieurement : pour la 1ère fois ses émotions apparaissent de façon aussi nette. P.105 : Candide prend des initiatives et ordonne à Cacambo d'aller chercher sa belle Cunégonde et d'ensuite la ramener à Venise. Cela change du Candide qui se laissait faire par les évènements. P.106 : Après s'être fait volé ses biens, Candide "frappe rudement à la porte" du juge et "crie un peu plus haut qu'il ne convenait". C'est une réaction tout à fait inattendue de la part de Candide qui avait l'habitude de rester passif devant les malheurs qui lui arrivaient. Pour une fois, il ne fait pas de réflexion, ne s'apitoie pas sur son sort, mais il agit et va porter plainte. Ensuite, face au sang-froid de ce dernier : « Ce procédé acheva de désespérer Candide (...) La méchanceté des hommes se présentait à son esprit dans toute sa laideur ; il ne se nourrissait que d'idées tristes.» Mais Candide n'est pourtant pas tout à fait plongé dans le pessimisme au contraire de son compagnon de voyage Martin, car il garde encore l'espoir de revoir sa belle Cunégonde : « Cependant Candide avait un grand avantage sur Martin, c'est qu'il espérait toujours revoir Mlle Cunégonde, et que Martin n'avait rien à espérer (...) et quand il parlait de Cunégonde, surtout à la fin du repas, il penchait alors pour le système de Pangloss.» Pourtant, notre "héros" éprouve aussi un sentiment tout nouveau : la rancune (»...quoiqu'il eût toujours sur le cœur la friponnerie du patron hollandais«). Après l'épisode du navire qui coule, avec pour seul survivant son mouton, Candide déclare :» Vous voyez (...) le crime est puni quelques fois.» Ce à quoi Martin réplique : « (...) mais fallait-il que les passagers périssent aussi ? Dieu a puni ce fripon, le diable a noyé les autres.» Et enfin, quand Candide arrive à Venise et n'arrive pas à trouver Cacambo et Cunégonde "il tomba dans une mélancolie noire". Donc, tout au long des aventures qui leur arrivent, il y a une certaine évolution psychologique de Candide avec son changement de point de vue (qui se fait d'ailleurs
progressivement). Par ailleurs, à travers les personnages de Pangloss et Martin, Voltaire veut en arriver à la conclusion qu'au lieu de faire de la philosophie (que ce soit de manière optimiste ou pessimiste), il faut agir ("cultiver son jardin"). -La liberté des religions :La religion de Martin, la rigidité de l’église[Ch. 20] :Martin, sur le plan spirituel, prend la place de Pangloss, de la vielle (femme qui s’occupe de Cunégonde lorsque celle-ci se trouve en Amérique du Sud et qui est le double de Cunégonde en plus vieux) et de Cacambo auprès de Candide. Voltaire utilise Martin pour introduire le manichéisme (doctrine reposant sur la coexistence du bien, représenté par la lumière et du mal symbolisé par les ténèbres. Le dieu du bien a crée l’homme primitif, mais le dieu mauvais a crée l’homme actuel.) Martin est une sorte d’anti-Pangloss, convaincu que tout est mal même lorsque les événements sont plutôt encourageants. Le seul point commun entre les deux hommes est qu’ils sont hérétiques aux yeux de l’église catholique. Martin s’impose par son expérience lucide d’homme qui a vu le mal et en porte témoignage. Cet anti-Pangloss fonde sa philosophie sur des faits et son réalisme impose à Candide au moment même ou celui-ci commence à mettre en doute sévèrement l’optimise.Bibliographie :-DUMESTE Marie-Hélène, Candide Voltaire, Hatier, Profil d'une oeuvre 262, 2001 -VOLTAIRE, Candide, Univers des Lettres Bordas, Classiques Bordas, 2009
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