Biographie universelle ancienne et moderne/PARDIES (Ignace-Gaston)

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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843Tome 32 page nnnPARDIES (Ignace-Gaston)PARDIES (Ignace-Gaston), habile géomètre, né en 1636 à Pau, était fils d’un conseiller au parlement de cette ville. Il entra chez lesjésuites à l’âge de seize ans, et après avoir professé quelques temps les belles-lettres avec succès, il s’appliqua à l’étude de laphilosophie, et embrassa les principes de Descartes, sans l’avouer cependant pour son maître. Regardé par les partisans encoretrès-nombreux du péripatétisme comme un cartésien déguisé, il s’en défendit constamment, mais sans pouvoir les convaincre ; il futobligé plusieurs fois de justifier les principes qu’il avait avancés, par la seule raison qu’ils ne s’accordaient pas avec ceux de l’école.Chargé de professer les mathématiques au collège Louis-le-Grand, à Paris, il s’en acquitta d’une manière brillante, et l’on attendaitde lui des ouvrages importants, quand une fièvre, qu’il contracta en portant les secours de la religion aux prisonniers de Bicêtre,l’enleva aux sciences en 1673, à l’âge de 37 ans. Le P. Pardies joignait à des connaissances variées le caractère le plus heureux etune piété solide ; il était en correspondance avec plusieurs savants, parmi lesquels il suffit de nommer Newton, qui faisait un casparticulier de ses lumières. On a de lui : 1°) Horologium thaumanticum duplex, Paris, 1662, in-4°. Cet opuscule contient ladescription du sciatère, instrument précieux pour tracer toutes sortes de ...
Publié le : jeudi 19 mai 2011
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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843 Tome 32 page nnn
PARDIES (Ignace-Gaston)
PARDIES (Ignace-Gaston), habile géomètre, né en 1636 à Pau, était fils d’un conseiller au parlement de cette ville. Il entra chez les jésuites à l’âge de seize ans, et après avoir professé quelques temps les belles-lettres avec succès, il s’appliqua à l’étude de la philosophie, et embrassa les principes de Descartes, sans l’avouer cependant pour son maître. Regardé par les partisans encore très-nombreux du péripatétisme comme un cartésien déguisé, il s’en défendit constamment, mais sans pouvoir les convaincre ; il fut obligé plusieurs fois de justifier les principes qu’il avait avancés, par la seule raison qu’ils ne s’accordaient pas avec ceux de l’école. Chargé de professer les mathématiques au collège Louis-le-Grand, à Paris, il s’en acquitta d’une manière brillante, et l’on attendait de lui des ouvrages importants, quand une fièvre, qu’il contracta en portant les secours de la religion aux prisonniers de Bicêtre, l’enleva aux sciences en 1673, à l’âge de 37 ans. Le P. Pardies joignait à des connaissances variées le caractère le plus heureux et une piété solide ; il était en correspondance avec plusieurs savants, parmi lesquels il suffit de nommer Newton, qui faisait un cas particulier de ses lumières. On a de lui : 1°)Horologium thaumanticum duplex, Paris, 1662, in-4°. Cet opuscule contient la description du sciatère, instrument précieux pour tracer toutes sortes de cadrans, même sur les surfaces irrégulières. Il en a publié l’extrait en français,ibid., 1673, in-12°. 2°)Dissertatio de motu et natura cometarum, Bordeaux, 1663, in-12°. 3°)Discours du mouvement local, Paris, 1670 ;ibid., 1673, in-12°. L’auteur a joint à la seconde édition quelques notes pour écarter le soupçon de cartésianisme. 4°)Éléments de géométrie,ibid., 1674, in-12° ; réimprimés plusieurs fois. La clarté fait le principal mérite de cet ouvrage, qui a été traduit en latin par Schmitz, Iéna, 1683, in-12°, et par Joseph Serrurier, professeur de mathématiques à Utrecht, 1711, in-12°. 5°)Discours de la connaissance des bêtes,ibid., 1672, in-12°. C’est, de tous les ouvrages de Pardies, celui qui a fait le plus de bruit lors de sa publication. Après avoir présenté tous les raisonnements des cartésiens pour démontrer que les animaux sont de pures machines, l’auteur les réfute si faiblement qu’on dut le regarder comme un transfuge. 6°)Lettre d’un philosophe à un cartésien de ses amis,ibid.fond de cet ouvrage appartient au P. Rochon, jésuite de Bordeaux ; mais c’est le P., 1672, in-12°. Le Pardies qui l’a mis en état de paraître, de sorte qu’on le lui attribue assez communément. C’est une réfutation de quelques principes de Descartes. 7°)La Statique, ou la Science de forces mouvantes,ibid., 1673, in-12°. Cet ouvrage est la suite duDiscours sur le mouvement, et ces deux opuscules faisaient partie d’un traité complet de mécanique, que l’auteur n’eut pas le temps de terminer. La plupart des ouvrages qu’on vient d’indiquer ont été réunis sous le titre d’Œuvres du P. Pardies, Lyon, 1725, in-12°. Le recueil de ses traités de mathématiques avait déjà paru en latin, 1701, in-8°. Il a laissé en manuscrit un Traité de la guerre et un d’optique, ainsi qu’uneDescription du globe céleste, en latin et en fran- çais. L'Atlas célestea été publié par le P. de Fontenay, Paris, 1674, in fol. max. : on y voit les routes de comètes qui avaient paru jusqu'à cette époque, et dans un nouveau tirage de ces cartes, vers 1693, on a [1] ajouté les comètes qui avaient paru depuis la première édition. L'atlas de Pardies eut beaucoup de succès jusqu'à la publication de celui de Flamsteed, qui est incomparablement supérieur (voy. laBibliothèque astronomiquede Lalande, p. 282). On a encore du P. Pardies une traduction française de l'ouvrage du P. Bartoli :Des miracles de St-François-Xavier, Paris, 1672, in-12°, avec une préface sur la foi due aux miracles, et l'on trouve dans lesTransactions philosophiques1672 et 1673 (n°84 et 85) ses de Remarques sur la théorie newtonienne de la lumière, avec les réponses de Newton. On peut consulter pour plus de détails, son éloge dans lesMémoires de Trévoux, avril 1726, dont Niceron a donné un extrait dans le tome 1er de sesMémoires. Le P. Pardies a un article assez étendu dans leDictionnairede Chaufepié. W-s.
1. ↑Ces cartes, passablement exécutées, ne sont qu'une compilation des cartes ou catalogues qui existaient alors, et n'ont jamais été d'une grande utilité pour l'astronomie. On peut y reconnaître à peu près les longitudes et les latitudes, les ascensions droites et les déclinaisons. L'époque est celle de 1680.
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