Daniel collard ( )

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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LE QUARANTIÈME ANNIVERSAIRE DU TRAITÉ DE L’ELYSÉE (19632003)
par DanielCOLLARD (*)
Le 22 janvier 1963, à l’Elysée, le Président Charles de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer signaient un traité historique d’amitié et de coopération scellant définitivement la réconciliation entre les deux Etats de deux grands peuples, les Germains et les Gaulois. Ce que le Plan Fouchet de 19611962 n’avait pu faire à six dans le cadre du Marché commun, la France et la RFA le font à deux.
Quarante ans plus tard, la relation francoallemande n’a rien perdu de son intérêt et de son actualité. Le moteur Paris(Bonn) Berlin est toujours au ser vice de la construction européenne, la Communauté n’ayant cessé de s’élargir et de s’approfondir : les six fondateurs, puis les neuf, avec l’entrée du RoyaumeUni, de l’Irlande et du Danemark, suivis par la Grèce (1981), l’Es pagne et le Portugal en 1986 et enfin l’Autriche, la Finlande et la Suède en er 1995 ;le 1mai 2004, dix nouveaux Etats rejoindront à leur tout l’Union européenne pour former une Europe à VingtCinq.
Le moteur francoallemand a été à l’origine de la plupart des avancées euro péennes depuis 1963, sous l’impulsion des couples V. Giscard d’Estaing  H. Schmidt (19741981), F. Mitterrand  H. Kohl (19821995) et aujourd’hui J. Chirac  G. Schröder. Plus de 80 sommets bilatéraux ont eu lieu au plus haut niveau, sans compter les rencontres informelles entre le Président et le Chancelier. Innombrables ont été les initiatives prises par les deux gouverne ments dans les trois domaines prévus par le Traité de 1963 : la coopération politique, la coopération linguistique et culturelle, la coopération militaire. Et trois protocoles ont été ajoutés au Traité de l’Elysée : l’un sur la coopération économique et financière, l’autre sur la Défense et la sécurité, le dernier sur l’environnement.
L’unification de l’Allemagne, le 3 octobre 1990, et la fin de la Guerre froide et du conflit EstOuest ont permis à l’Europe de retrouver son unité historique et géographique. Le couple francoallemand a bien traversé une crise, mais il a rapidement relancé l’intégration européenne en parrainant le Traité de Maas tricht sur l’UE, le 7 février 1992. Il n’était en effet pas possible d’avoir «plus d’Allemagne dans moins d’Europe» : grâce au TUE, nous avons eu, non pas une «Europe allemande», mais une «Allemagne européenne». Sans oublier la création de l’euro (UEM) et les deux autres piliers du Traité que sont la PESC PESD et la coopération judiciaire et policière.
(*) Professeur à l’Université de FrancheComté (France).
les40ans du traité de l’élysée
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Le départ de F. Mitterrand et H. Kohl a porté au pouvoir J. Chirac et G. Schröder. Ceuxci se sont mal compris entre 1998 et 2002 : le premier était gêné par la cohabitation avec L. Jospin et une dissolution ratée; l’autre regar dait davantage vers Londres que vers Paris. Les hypothèques électorales ayant été levées en septembre 2002, Paris et Berlin ont voulu commémorer en grande pompe le quarantième anniversaire du Traité de l’Elysée, en adoptant deux déclarations francoallemandes originales, qui relancent la coopération et l’amitié dans le cadre de la grande Europe à VingtCinq. On trouvera l’essen tiel de ces deux documents cidessous.
La crise iraquienne, le projet de traité constitutionnel pour l’UE, l’interpré tation du Pacte de stabilité et de croissance, la réforme de la PAC, la Politique européenne de sécurité et de défense, le projet d’une union francoalle mande... : sur tous ces sujets délicats, l’année 2003 a démontré qu’il existait un très large consensus entre les deux capitales et les deux gouvernements. Les désaccords lors des Sommets européens de Berlin (en 1999) et de Nice (en 2000) sont oubliés. Mieux, signal politique fort et emblématique, le 17 octobre 2003, au Conseil européen de Bruxelles, le Président Chirac s’est fait le porte parole du Chancelier Schröder retenu à Berlin.
Le rapprochement et la confiance retrouvée de part et d’autre du Rhin ne plaisent pas à tout le monde, notamment aux petits Etats, qui redoutent tou jours l’ébauche d’un «directoire francoallemand ». Cette crainte légitime n’est ni fondée, ni justifiée. Quarante ans après le Traité historique du 22 janvier 1963, le partenariat ParisBerlin a toujours été au service de l’Europe commu nautaire. Il suffit, pour s’en assurer, de se reporter à la déclaration commune du 22 janvier 2003 signée par Jacques Chirac et Gerhard Schröder(1) et à la déclaration commune de l’Assemblée nationale française et duBundestagalle mand sur la coopération interparlementaire(2).
(1)Cf. Documents, revue des questions allemandes, avrilmaijuin 2003, pp. 7076. (2)Cf. Documents, revue des questions allemandes, avrilmaijuin 2003, p. 77.
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