Le quartier du Marais à Paris : un village ?

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Le quartier du Marais à Paris : un village ?

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Hélène Lambert Alexandre Djirikian Sébastien Régnard Félix Vigné
Dossier techniques denquête Le Marais : un village ? Année de licence 2002-2003 Université Paris I Mme J. Cohen
TABLE DES MATIERESINTRODUCTION I. LA PRÉENQUÊTE A/ Réflexions préalables autour de la notion de village a/ La définition subjective du « village »  b/ La délimitation du quartier du MaraisB/ La recherche des données statistiques a/ la recherche des données sur le Marais : méthodes  b/ Les données et leur analyse C/ Observations personnelles a/ Observer le quartier du Marais : méthodes  b/ Les acquis de lobservation personnelle II. LENQUÊTE A/ Entretiens avec les autorités locales et les professionnels avec la responsable à la réglementation de lurbanisme à Parisa/ Entretien  b/ Entretien avec un membre du cabinet du maire du 4èmearrondissement de Paris B/ Entretiens avec les associations  a/ Entretien avec lassociation « sauvegarde et mise en valeur du Paris historique »  b/ Entretien avec lassociation « St Claude Le Marais »  c/ Entretien avec lassociation de défense du quartier des Gravilliers  d/ Entretien avec lassociation des copropriétés et habitants du Marais C/ Les questionnaires  a/ Le questionnaire pour les habitants  b/ Le questionnaire pour les commerçants III. LES RESULTATS DE LENQUÊTE A/ Tableaux dexploitation des résultats denquête  a/ Les habitants  b/ Les commerçants B/ Analyse et interprétations finales des résultats denquête CONCLUSION Annexes Bibliographie
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334 5 5 5 10 10 10
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12 13 14 15 17 17 19 22 23 23 26
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LEMARAIS :UNVILLAGE ? Le quartier du Marais, à Paris, est réputé à la fois pour ses hôtels particuliers et ses bars branchés. Jadis aristocrate, il y a 50 ans populaire et à la mode aujourdhui, le Marais est sans doute le quartier de Paris qui a connu une histoire la plus mouvementée et la plus contrastée. On entend souvent parler du Marais comme un village un village urbain. Mais comment un quartier qui évolue si vite peut-il être apparenté à un village, en plein cur de la capitale ? Doù vient cette idée de village et qui lemploie pour qualifier le Marais ? Il nous est apparu intéressant détudier cette notion, et denquêter, pour comprendre ce qui relève de lidentité même dun quartier. A mi-chemin entre une représentation commune, entre une réalité palpable et entre une perception intériorisée des gens qui vivent le Marais, le village est un objet géographique complexe dont il convient de décrypter les subtilités. Sans doute parce que le Marais est lui aussi un objet géographique complexe et difficile à cerner, les deux se sont naturellement rencontrer. Notre enquête aura donc pour objectif de savoir si cette notion de village est applicable au Marais. Nous partirons donc dune préenquête qui consistera à faire un premier travail de défrichage, de compréhension et dappréhension objective et personnelle. Lenquête nous fera davantage entrer dans lintimité du Marais, de ses habitants, ses commerçants, ses associations Enfin les résultats seront interprétés et nous tenterons de répondre à la question qui est de savoir si le Marais est autant un village quon veuille le dire. \I. La préenquête : recherches préliminaires A/ Réflexions préalables autour de la notion de «village » et du Marais a/ La définition subjective du «village »  Le quartier du Marais à Paris présente une image qui se rattache à lidée de «village ». Pour bien comprendre ce phénomène, il faut dans un premier temps se référer à la définition même de village. Il y en a deux qui apparaissent immédiatement. La première présente le village comme étant «un groupement dhabitations permanentes dont la majeure partie de la population est engagée dans le secteur agricole ». Il sagit dune agglomération rurale. Cette définition ne correspond pas du tout à limage qui se dégage du Marais. La seconde sen rapproche puisquelle définit un village comme étant «un quartier dune ville lorsquil est considéré comme formant un tout homogène avec une vie propre, des habitudes, des relations étroites entre ses habitants ».LEncyclopédie Larousse, doù sont tirées ces définitions donnent en exemple dun tel village le quartier de Batignolles et le Marais à Paris. Daprès la
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seconde définition, un village se fonde autour dun cadre de vie, dun espace de rencontres. Ces idées se rapprochent de la notion de «villagisme » dont parle R. Brunet dans lesMots de la géographiede retrouver en ville les valeurs du. Il définit ce terme par un « désir exacerbé village dans une convivialité idéalisée ». Lutilisation de lexpression « convivialité idéalisée » est très intéressante. Cela signifie que cest dans la perception des gens que la « convivialité » apparaît. Il y a cependant une vérité pour expliquer ce sentiment. LEncyclopédie Laroussecomme « un quartier dune ville ». Intéressons-définit un village nous alors à la définition de quartier. Dans cette même encyclopédie, si on excepte la définition comme division administrative, le quartier est une « partie dune ville ayant certaines caractéristiques ou une certaine unité ». Cette définition est assez vague. Jean-Robert Pitte donne une autre explication au terme de quartier. Pour lui, « un quartier correspond à un patrimoine architectural, à un équipement commercial donné, à un ensemble de relations humaines et sociales particulières, car vécues dans un espace géographique donné et ressenties comme telles ». Cette définition est fournie par lintermédiaire de Jean-Pierre Poussou dans les Cahiers du CREPIF (Centre de Recherche et dEtude de Paris et de lIle-de-france) dans le numéro 3 de juin 1993 et dont larticle est intitulé les « Quartiers de Paris aujourdhui. » La partie doù est sortie cette définition est appeléeComment la notion de quartier a-t-elle évoluée au cours des siècles ? qui montre bien la difficulté de transcrire ce lidée de quartier, tout comme celle de village. Les deux termes semblent dailleurs intimement liés. Une définition du quartier, trouvée dans un dictionnaire de géographie, avance plusieurs facteurs sur lesquels se base le quartier. Il y a : _ « la configuration des sites et de la topographie _ les fonctions exercées principalement _ la répartition des groupes sociaux ou économiques _ la séparation des groupes ethniques ». Enfin, pour Henri Lefebvre, « le quartier () est une forme dorganisation de lespace et du temps de la ville (). Il serait la « moindre différence » entre les espaces sociaux multiples et diversifiés, ordonnés par les institutions et les centres actifs ». En fait, que ce soit pour les termes de « village » ou de « quartier », il y a de nombreuses définitions. Cela pose donc problème. Cependant, il apparaît souvent les idées de sociabilité, de mixité sociale, de proximité ou encore dintensité des relations. b/ La délimitation du Marais  Létude du Marais présente une grande difficulté. Il y a un problème de délimitation : jamais de limites claires. Cela vient probablement du fait quil ne sagit pas dune entité administrative.LEncyclopédie Laroussele Marais comme étant le « quartier de Paris,définit formant une partie des 3e et 4e arrondissements. Cest une ancienne zone de marais, sur un bras mort de la Seine ». Une autre délimitation, plus précise, place les limites au niveau des rues de Turenne, du Temple, de Rivoli et des Francs-Bourgeois. Dans son livre :Le Marais organisation du cadre bâti,JulietteFaure indique que « le périmètre du Marais, enferme sept quartiers de Paris, parmi eux, un seul est compris dans sa totalité : cest le quartier Saint-Gervais ». Les autres sont les Arts et Métiers, les Enfants Rouges, les Archives, Saint-Avoye, Saint-Merri, Arsenal.1Le fait que seule une de ces zones soit comprise dans son entier dans lespace appelé le Marais donne dénormes problèmes pour délimiter laire détude. 1Voir le plan en annexe 2.
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B/ La recherche de données statistiques a/ La recherche des données sur le Marais : méthode  Comme la signalé Juliette Faure, le Marais est constitué de sept « quartiers » dont un seul est intégralement inclus dans le Marais. De plus, le Marais nest pas une entité administrative ce qui rend la délimitation délicate. Tout cela impose des contraintes méthodologiques. Nous avons ainsi, par souci daccessibilité, pris les données statistiques relatives aux 3e 4 ete de Paris dans leur ensemble. Cela nous permet arrondissements cependant davoir une idée concernant lunité de ces deux arrondissements face au reste de Paris ainsi que lopposition éventuelle qui contredirait cette unité. b/ Les données et leur analyse Létude statistique nous permet donc didentifier : - lévolution globale de la population (population sans double compte aux différents RGP, INSEE) ; - la composition sociologique du Marais et son évolution (étude des CSP, INSEE) ; - le niveau des revenus (revenu par foyer fiscal, DGI) ; - lancienneté du bâti (date de construction, pour avoir un aperçu de larchitecture, INSEE) ; - lévolution et le type dactivité commerciale (enquête sur le commerce de 1965 et 1990) - Lévolution des effectifs Evolutions de populations depuis 1946 120 110 100 90 80 70 60 50 40 1945 1955 1965 1975 1985 1995 années source : RGP de 1946 à 1999 (sauf 1975), INSEE
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3e 4e Paris 1er+2e
Létude de ce graphique montre loriginalité relative de la population des 3e et 4earrondissements par rapport au reste de Paris. Le population est en baisse constante depuis la fin des années 50. Elle a même baissé de moitié. Cette chute, très rapide est surtout marquée dans les années 60 et 70. Et depuis le recensement de 1982, les effectifs diminuent beaucoup plus lentement. Cependant, ces deux arrondissements ne sont pas les seuls à accuser cette baisse, et le même rythme de baisse : sont concernés tous les arrondissements centraux (du 1erau 4eune évolution originale de sa population.). Le Marais na donc pas On peut aussi remarquer les évolutions très parallèles du 3e 4 ete arrondissements, qui confirme des mouvements de populations et comportements démographiques assez semblables. Ce ralentissement de la baisse dans les années 80 est sans doute révélateur de changements dans la perception du centre parisien en général, du Marais en particulier. - La composition sociologique et son évolution. Evolution de la part de CSP pour les quartiers 10 à 15 entre 1954 et 1982 40 35 30 25 20 15 10 5 0 1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 Source : RGP INSEE. plcs : professions libérales et cadres supérieurs ; cm : cadres moyens ; pic : patrons de lindustrie et du commerce. Pour repérer les quartier 10 à 15 : voir plan en annexe 2. Evolution de la part de CSP pour le 3e, 4e arrt et Paris entre 1982 et 1999
plcs cm pic ouvriers
cpis 3e cpis 4e cpis Paris ouvriers 3e ouvriers 4e ouvriers Paris
50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 1980 1985 1990 1995 2000 Source : RGP 1982, 1990, 1999. INSEE. cpis : cadres et professions intellectuelles supérieures
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Lévolution de la part des cadres et professions intellectuelles supérieures et celle des ouvriers dans la population active sont significatives. Le changement de code CSP nous a contraint à faire deux graphiques, lun pour la période 1954-1982 et lautre pour la période 1982-1999. A travers ces deux graphiques, on peut affirmer que le Marais sembourgeoise, surtout depuis les années 70. Dans les années daprès-guerre le Marais était clairement populaire, mais larrivée dune population plus aisée a dans un premier temps obligé les plus modestes à partir, lhémorragie démographique est alors considérable. Mais dans les années 80, les ouvriers devenus largement minoritaires et les classes supérieures majoritaires, lhémorragie a été contenue, limage du quartier est de plus en plus positive. Si cet embourgeoisement est notable à Paris de manière globale, le 3e le 4 ete arrondissement connaissent un embourgeoisement plus marqué, plus rapide. En 1982 les deux arrondissements divergeaient socialement (lun était en-dessous, lautre au-dessus de la moyenne parisienne, suivant la CSP). Dans les années 80 et 90 les caractéristiques des deux arrondissements se rapprochent : le 3e, plus populaire auparavant que le 4e, connaît une baisse plus rapide de ses ouvriers et une montée également plus rapide des catégories supérieures. On peut même penser que dans une dizaine dannée les deux arrondissements auront vraisemblablement la même composition sociologique. Pour étudier plus en détail les disparités sociales au sein du Marais il aurait fallu accéder à des données plus détaillées, par quartier que nous navons pu trouver. Le Marais a donc cette spécificité dun embourgeoisement rapide, mais les disparités sociales internes ne semblent pas aller dans le sens dune unité de la population, comme on aurait pu sy attendre pour un « village ». La première disparité est lhétérogénéité sociale, malgré un embourgeoisement prononcé et qui tend à uniformiser le Marais. Luniformisation nest cependant que pour demain. - La répartition des foyers fiscaux selon leur revenu, en 2000, montre que le 3eorrantsemendis est à la moyenne parisienne, alors que le 4earrondissement a une population légèrement plus aisée. Mais loriginalité du Marais, ou du moins du niveau social de sa population, reste à démontrer : cet indicateur ne la met pas en évidence. Répartition des foyers fiscaux selon leur revenu en 2000 (en F) 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0%
3e
4e Paris Source : DGI
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+ de 38 113,63 22 868,88 à 38 113,63 15 246,43 à 22 868,73 10 672,96 à 15 246,27 7623,98 à 10 672,80 - de 7 623,82
- Epoque dachèvement des résidences principales (en % du nb total de résidences principales) :
 Avant 1949 1949-1974 1er 94,2 1 2e 96,4 1,5 3e 92,1 1,5 4e 89,6 4,9 Paris 66.6 19.0 Source : RGP 1999, INSEE Ici encore, on constate loriginalité du centre par rapport au reste de Paris, le Marais nest donc pas le seul à avoir un parc très ancien. Avec les rénovations des années 50 le 4earrondissement compte même 5% de logements construits entre 1949 et 1974. Si le Marais est effectivement caractérisé par une certaine homogénéité architecturale (encore faudrait-il remonter plus loin dans le temps pour étudier en détail les époques dachèvement) elle ne peut expliquer à elle toute seule la spécificité du Marais. Nous pouvons compléter ces données architecturales par une carte des rues : petites et étroites, un bâti très dense. Unité architecturale, oui, mais celle-ci nest pas exclusive au Marais, plutôt au centre de Paris. La réputation du Marais pour ses hôtels particuliers a sans doute plus joué quun parc très majoritairement ancien (limage est plus forte).  Pour étudier lévolution ducommerce avons utilisé deux sources différentes. Dune nous -part le livre de Juliette Faure, qui traite de ces évolutions et rapporte lenquête sur le commerce de 1965 et 1990. Dautre part une publication de la Mairie de Paris-APUR-Chambre du Commerce et de lIndustrie de Paris intitulée « Une image du commerce parisien en 2001 » réalisée à partir de la Banque de données sur le commerce. Il nous a fallu comparer les chiffres entre 1965, 1990 et 2001, et contourner les difficultés de nomenclature des secteurs dactivité qui divergent entre ces deux sources. Lorsque ladéquation na pas été possible, nous avons simplement indiqué sil y avait une hausse ou une baisse. En rouge figurent les surreprésentations et en bleu les sous-représentations. Au vu de ce tableau (page suivante) nous pouvons dégager quelques conclusions. Tout dabord que les commerces de proximité (alimentaire notamment) tendent à se raréfier, au profit de commerces de loisirs, culture, mais aussi restaurants et bars. On peut noter la baisse du secteur de lhorlogerie-bijouterie et des équipements de la personne en général qui étaient pourtant surreprésentés, au profit de galeries dart ou dantiquaires. Cette évolution du commerce est contradictoire avec les connotations du village. On sattendrait à voir des commerces de proximité, mais ceux-ci sont en fait en déclin depuis plusieurs décennies. Cependant il ny a pas de réelles oppositions entre les activités du 3e celles du 4 etearrondissement. Les surreprésentations ou sous-représentations sont la plupart du temps le fait des deux arrondissements ; mais on peut signaler le plus grand poids des galeries dart dans le 3e arrondissement ou des antiquaires dans le 4e. Lart et la culture semblent en tout cas prendre une place prépondérante dans le Marais, au côté du loisirs. Sans doute cela participe à lidentité du Marais. Bien sûr tous les critères du village ne sont pas analysés à travers ses statistiques. Mais lanalyse sociologique, commerciale, et architecturale (autant que possible) montrent des contradictions pour caractériser lunité du Marais, ou du moins du 3e 4 ete arrondissements. Ces chiffres mettent en valeur les changements radicaux du Marais depuis 50 ans, mais rien nisole clairement le Marais du reste de Paris et lhétérogénéité interne semble trop forte.
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Enquête 2001 TYPES COMMERCES (part % du total) PARIS 3e arrt 4e arrt Evol° tendce EQUIPMT LOISIRS - CULTURE - SPOR 14,119,3 19,0HAUSSE multispécialiste Culture, sport, loisirs 0,0 0,0 0,0 livres - journaux - papeterie 3,9 3,44,8 son et image 1,9 2,1 1,3 informatique 0,6 0,4 0,2 articles de sport 0,4 0,7 0,5 autre commerce de loisirs 3,7 3,66,8 vente et entretien d'animaux 0,40,2 0,0 équipement de sport et de jeux 0,2 0,5 0,3 galerie d'art 1,57,1 3,8 services liés aux loisirs, sport, culture 1,6 1,3 1,4 AUTO - MOTO 1,91,0 0,5 conces. et hall d'exposition auto-moto 0,8 0,7 0,0 entretien-vente petits équip. Auto-m 1,0 0,3 0,5 location auto 0,2 0,0 0,0 CAFES - RESTAURANTS 21,723,0 23,7ESSUAH débits de boissons 3,3 3,14,8 restauration traditionnelle 14,916,3 16,7 restauration rapide 3,4 3,42,1 restauration avec spectacle 0,1 0,1 0,2 SERVICES COMMERCIAUX 10,38,8 6,5HAUSSE services financiers 2,4 2,2 2,2 assurances 1,20,6 0,5 services immobiliers 2,8 2,6 2,1 agences de voyages-compagnies aérienn 1,7 1,5 1,1 auto-école 0,4 0,3 0,1 autres services commerciaux 1,8 1,60,5 GRANDS SECTEUR D'ACTIVITES 0,1 0,1 0,2 grands magasins 0,0 0,0 0,1 magasins populaires 0,1 0,1 0,1 hypermarchés 0,0 0,0 0,0 ALIMENTAIRE 11,97,9 9,9BAISSE grands généralistes alim (>=300m2) 0,60,2 0,2 alimentation générale (<300m2) 2,71,9 1,9 boulangerie / pâtisserie 2,8 2,2 2,1 alimentation spécialisée 5,63,55,6 services liés à l'alimentaire 0,2 0,0 0,1 antenne alimentaire de gds magasins 0,0 0,0 0,1 EQUIPEMENT DE LA PERSONNE 18,624,2 21,5BAISSE commerce détail de l'habillement 10,313,9 13,2 commerce détail chaussure-maroquinerie 2,2 2,53,1 bijouterie - horlogerie 2,03,7 3,2 services liés à l'équipement de la personn 4,1 4,11,9 EQUIPMT SANTE - BEAUTE - HYGIENE 10,16,6 7,0 pharmacie et articles mécidaux 3,0 2,2 2,5 cosmétiques 1,0 0,7 0,7 soins du corps 5,93,5 3,7 sains aux défunts 0,2 0,1 0,1 EQUIPEMENT DE LA MAISON 11,3 9,0 11,8 mobilier et petit équipt du foyer 3,5 3,14,6 électroménager / radio-TV 0,80,4 0,4 biens d'occasion en magasin 0,3 0,3 0,5 antiquités 1,6 1,32,9 vente de matériel droguerie, brico-jardin 1,0 1,00,3 petit artisanat de la maison 3,7 2,8 3,0 services liés à l'équipmt de la maison 0,4 0,1 0,1 TOTAL 100,0 100,0 100,0 9
Enquêtes 1965 1990
18,5 1,1
20,3
27,0 10,0
20,6 4,2
13,5
21,9 6,7
C/ Lobservation personnelle  a/ Observer le quartier du Marais : méthodes Un premier contact avec le terrain nous permet dappréhender la réalité de ces données sur place, de visu. Différents éléments sont observés : - larchitecture (petites rues, immeubles anciens, état des immeubles) ; - la fréquentation des rues (niveau social à travers la tenue vestimentaire et lallure des passants, mais aussi origine ethnique, la présence ou non de tourisme. Venir à différents moments : le matin, le midi, le soir, en semaine, le week-end) ; - les commerces (type dactivité, clientèle) ; - la sociabilité de rue (discussions entre habitants, à la sortie des écoles).  b/ Les acquis de lobservation personnelle Les conclusions de notre observation personnelle révèlent : Le problème de délimitation du Marais : larchitecture ne change jamais radicalement. Seuls -le boulevard Beaumarchais à lest et la Seine au sud sont des ruptures nettes dans le paysage. A lest : le boulevard Sébastopol est sans doute le plus commode, mais larchitecture ne change pas tellement quand on poursuit sa route plus vers les Halles. Mais cest au nord que la délimitation est la plus difficile : rue de Turbigo ? rue de Bretagne ?... - Une hétérogénéité sociale très visible : le sud-est, vers la place des Vosges et entre la rue Saint-Antoine et la Seine est beaucoup plus cossu (hôtels particuliers, beaux immeubles anciens en bon état, antiquaires, plus de petits espaces verts). Au centre du Marais cest intermédiaire (immeubles moins prestigieux, un peu moins anciens). Au nord, en particulier au Nord-ouest mais aussi vers la rue de Bretagne des immeubles moins bien entretenus, mais aussi rénovés, une population plus modeste, du commerce de gros, souvent tenu par des Asiatiques. Trois communautés semblent vivre dans le Marais : au centre ouest (autour de la rue Sainte--Croix de la Bretonnerie) la communauté homosexuelle, avec ses bars et drapeaux arc-en-ciel, qui sétend sur une assez grande superficie. La communauté juive, au centre (population juive très présente notamment rue des Rosiers, commerces de bouche cachères en activité, nombreuses synagogues), et résiduellement au sud (boutiques à devantures plus poussiéreuses, isolées, dans petites rues sans passage, vendant des objets de tradition juive, beaucoup moins de synagogues, malgré un mémorial fraîchement construit). La communauté chinoise, à laquelle est associée le commerce de gros (boutiques-entrepôts de maroquinerie, chinois transportant des cartons dans la rue et autres livraisons de cartons avec caractères chinois. Egalement des petites boutiques dobjets gadgets et autres bijoux fantaisies) Une fréquentation touristique qui se concentre essentiellement au centre du Marais, vers le -Marais gay et ce quil reste du Marais juif (vers la rue des Rosiers). Cest là quon trouve le plus de bars, avec quelques galeries dart un peu clairsemées. Le sud du Marais (au sud de laxe Rivoli-Saint-Antoine) a lair peu fréquenté par les touristes. Le nord du Marais est aussi à lécart de ces passages touristiques. Ce sont surtout des Chinois qui marchent dans la rue, sans doute des familles de commerçants.
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Nous pouvons résumer lacquis de nos observations personnelles en cartographiant quelques éléments importants, ceux que nous avons eu du mal à percevoir dans létude statistique, mais qui nous sont apparus évidents lors de lobservation sur le terrain.
Où est donc ce « village » ? Faut-il le trouver uniquement dans les représentations des habitants ? et de quels habitants ? Ny aurait-il pas alors une contradiction entre ces représentations, une conscience de quartier, et une réalité ? Ou bien cette idée de village nest-elle quun discours politique auquel même les habitants nadhèrent pas ? Seule lenquête pourra le dire.
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