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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Un documentaire de PierreHenry Salfati (2009), coproduit par Roche Production, NOGA Communications, Arte France et Channel 8, diffusé dans le cadre d’une Journée spéciale Jérusalem. 1 h 34 min
2008 2009
PierreHenry Salfati (auteur, naguère, deTalmud) a demandé à trois guides de l’accompagner dans les méandres des quartiers juif, arabe et chrétien. Nidal, arabe israélienne, Mikhal, juive, sioniste et fière de l’être, et Mike, musulman élevé en Grèce, tous spécialistes de la ville trois fois sainte, lui racontent des histoires à chaque fois différentes, ou plutôt trois versions d’une même histoire.
ARTE JEUDI 16 AVRIL, 22h 25
Une «ville trois fois sainte» Histoire, collège, lycée
Le réalisateur a demandé à trois guides de l’accompagner dans les méandres des quartiers juif, arabe et chrétien. Trois spécialistes de la ville trois fois sainte, commentant avec autant d’aisance la Torah, les Évangiles ou le Coran, maniant humour et francparler, lui racontant des histoires à chaque fois différentes, ou plutôt trois versions d’une même histoire. Ainsi Nidal, arabe israélienne, drôle et diplomate, qui revendique son identité palestinienne; Mikhal, juive, sioniste et fière de l’être, qui n’hésite pas à se lancer dans des débats enflammés; et Mike, musulman élevé en Grèce, qui accueille des groupes de touristes. De malentendus en quiproquos, de situations absurdes en cérémonies étranges, PierreHenry Salfati nous fait découvrir Jérusalem comme nous ne l’avons jamais vue, et au détour d’une ruelle, à la sortie d’un lieu saint, laisse éclater les questions fondamentales.
RédactionPhilippe Retailleau, professeur d’histoire et de géographie Crédits photosRoche Productions ÉditionAnne Peeters MaquetteAnnik Guéry
Ce dossier est en ligne sur le site deTélédoc. www.cndp.fr/tice/teledoc/
Entre religion et (géo)politique >Expliciter une expression souvent associée à la ville de Jérusalem et saisir les enjeux que révèlent les discours qui s’entrecroisent de manière complexe au long du film. Une précision pour le collège: malgré l’intérêt que peut présenter au premier abord ce film pour une approche du fait religieux, son exploitation avec des classes de collège nous semble assez malaisée. Tout au plus le professeur peutil utiliser quelques passages du film en guise d’amorce d’une séance: en e 6 pourles chapitres relatifs aux Hébreux et à la e naissance du christianisme; en 5pour le chapitre consacré au monde musulman. L’optique envisagée pourrait être dans ce cas de commencer notamment à faire percevoir les liens complexes qui unissent le présent au passé et à sensibiliser les élèves aux diverses instrumentalisations du passé. Au lycée. En guise d’introduction, on fera relever par les élèves les éléments qui renseignent les trois grands monothéismes juif, chrétien et musulman, en insistant sur les monuments ou lieux qui sym bolisent l’expression «Jérusalem, la ville trois fois sainte» (on veillera à ce que les diverses appellations concernant un même lieu soient inventoriées, le cas échéant). Le relevé fera apparaître singulièrement trois lieux clés: le mur des Lamentations; l’église du SaintSépulcre; l’esplanade des mosquées (avec ses deux monuments emblématiques que sont la mosquée alAqsa et le Dôme du Rocher). On fournira ensuite un plan de Jérusalem sur lequel figurent ces lieux emblématiques. De manière à clarifier certains passages du film, on peut rap peler divers points importants. Le mur des Lamentations, que les Juifs appellent le Mur ou Kotel, est un vestige du mur (occidental) de soutènement de l’esplanade du Temple édifié à er l’époque d’Hérode le Grand, à la fin duIsiècle avant J.C. L’expression «mur des Lamentations» est récente (née sous le mandat britannique) et n’est guère utilisée dans les milieux religieux locaux. Les juifs le révèrent (avec la coutume populaire d’y glisser prières et souhaits) pour sa proximité avec le mont dit «de la Maison» (ou «du Temple» pour les chrétiens, ou «esplanade des mosquées» pour les musulmans), lieu du Saint des Saints (le premier Temple, attribué à Salomon). L’église du SaintSépulcreou église de la Résurrection (pour les chrétiens d’Orient) a été bâtie autour des lieux identifiés, selon la croyance chrétienne, comme les dernières étapes de la Passion du Christ (crucifixion au Golgotha, mise au tombeau – le sépulcre – et résurrection). C’est
Constantin qui en ordonna la construction (l’édifice initial a subi au cours de son histoire bien des vicissitudes). La mosquée alAqsa(à ne pas confondre avec le Dôme du Rocher, faussement présenté parfois comme e la mosquée en question), construite auVIIsiècle, fait partie d’un ensemble d’édifices religieux (dont le Dôme du Rocher ou mosquée d’Omar) construits sur «l’esplanade des mosquées», considérée comme le troisième lieu saint de l’islam. On sélectionnera ensuite deux séquences. e e – Laséquence 1min) permet de travailler(20 40 sur les représentations que les intervenants se font de Jérusalem et de l’Autre (qu’il soit juif, musul man, Israélien ou Palestinien); on s’appuiera en particulier sur le début de la séquence où un juif orthodoxe estime que le Dôme du Rocher doit être déplacé en Arabie et la fin de la séquence où un touriste conteste la version de l’histoire présentée par la guide palestinienne. Le professeur s’attachera à expliciter les motivations des intervenants der rière les discours affichés et les références religieu ses mobilisées et à les rattacher à la problématique du conflit israélopalestinien, dont Jérusalem est un des enjeux majeurs. e e – Laséquence 2(62 77min) permet de revenir sur la géopolitique de Jérusalem, la naissance d’Israël et la genèse du conflit israélopalestinien. On mettra en perspective les remarques de la guide israélienne et de la touriste (qui se dit de confession juive) et on rappellera quelques faits récents: constitution en 194748 d’une ligne de front qui sépare la ville en deux zones (israélienne et jordanienne), coupées l’une de l’autre jusqu’à la guerre des SixJours en 1967; pendant cette période, JérusalemOuest pro clamée capitale d’Israël (fin 1949), tandis que JérusalemEst est négligée par les autorités jorda niennes; conquête de la partie arabe de Jérusalem par Tsahal en juin 1967; dès lors, Israël fait tout pour réduire la présence arabe à Jérusalem et pro clame Jérusalem capitale d’Israël (1980); depuis la fin des années 1980, les tensions, notamment entre Juifs et Arabes, sont vives (Intifada, attentats isla mistes, construction de la «barrière de sécurité»). On analysera également la manière dont le film est monté: dans quelle mesure le montage retenu faitil écho à la complexité de la question abordée? On demandera aux élèves, pour terminer, de justifier le titre du film:Jérusalem(s). „
« Uneville devenue profane» Questions à PierreHenry Salfati, réalisateur
Se senton encore au centre du monde religieux dans la Jérusalem d’aujourd’hui? Jérusalem est à l’interface entre la nostalgie du sacré et le pragmatisme du profane. Et, aujourd’hui, la part du profane l’emporte à bien des égards sur celle du sacré. Quelle est la réelle emprise du religieux dans une ville où, à Noël, les églises sont pleines d’Israéliens qui viennent à la messe comme on va au concert? Ils viennent écouter Bach et vont fumer une cigarette «à l’entracte ».Dans les souks, les marchands du Temple actuels auraient découragé les plus zélés des dévots d’autrefois. Au sommet des minarets, la prière des muezzins est devenue banale, à force de résonner si souvent, presque en boucle. Les juifs en caftan et papillotes sont autant de motifs de photos qu’il était improbable de pouvoir faire il y a dix ans. Au centre du triangle que forment le mur des Lamentations, le Dôme du Rocher et le SaintSépulcre, on prend vivement conscience de cette dérive. La banalisation du sacré touche en plein cœur la vieille ville. Nous sommes au centre du religieux à Jérusalem, mais le religieux n’est plus ce qu’il était.
Quelles sont les conséquences de cette confusion permanente entre tourisme et religion? Justement, cette lente dissolution du sacré. Aujourd’hui, les prêtres sont ces guides touristiques qui sermonnent leurs vérités accommodantes à des pèlerins d’un nouveau genre, les touristes. Quant à Dieu, Dieu qui ne dort ni ne sommeille, il a pris, entre autres formes, celle des caméras de surveillance de la police israélienne. Les gens de passage, en quête de religieux, sont les héros d’un spectacle où la théâtralité et l’artifice l’emportent sur la foi et le sacré. On met en scène leur piété dès lors qu’un grand nombre des lieux de la vieille ville sont «inventés »,factices, même si cette facticité remonte à fort longtemps. Une séquence, que je n’ai malheureusement pas pu garder, montrait un guide conduisant un groupe grec dans la maison où serait née la Vierge Marie. Il va jusqu’à pleurer avec eux tant le lieu génère d’émotion. Il revient le lendemain sans même un regard pour cet endroit. Pourquoi? Parce que ce jourlà, il conduit un groupe d’Indonésiens qui se doutent bien que la Vierge Marie n’a jamais mis les pieds ici. Voilà un exemple parmi des centaines qui montre qu’à Jérusalem se joue en filigrane une sacrée mascarade plutôt qu’une mascarade sacrée.
Estce pour cette raison que vous laissez tant de place à l’humour dans ce portrait d’une ville habi tuellement évoquée avec gravité? Dire que le religieux aujourd’hui à Jérusalem est une bonne blague, cela n’a rien de sacrilège. C’est presque prophétique. Rabbi Akiva, grande figure du judaïsme, riait luimême sur les ruines de Jérusalem alors que ses confrères se lamentaient. À ceux qui lui disaient: «Rabbi, comment peuxtu rire alors qu’on vient de détruire le Temple? »,il répondait: «Mais c’est vous qui êtes risibles à pleurer sur ces ruines! » Il leur rappelait que Dieu, qui avait annoncé la destruction du Temple, avait promis qu’il serait reconstruit. Jérusalem est risible précisément parce qu’elle est le lieu des prophéties, aujourd’hui plus que jamais. En tout cas, c’est ce que pense l’immense majorité de ses visiteurs: il va s’y passer quelque chose d’important d’ici peu. Et, si le sacré doit y retrouver sa place, j’ose espérer que ce soit drôle.
Vous semblez préférer filmer les visages plutôt que les monuments, les mains plutôt que les pierres qu’elles touchent. Jérusalem est une ville dont les murs se caressent et s’embrassent. Davantage que ses murs et ses bâtisses, ce sont les gens qui les caressent et les embrassent qui me font évoquer le futur de cette ville. Les «profanateurs »de la ville, autrement dit les touristes, pourraient contre toute attente lui redonner un de ces jours sa dimension première. Simplement parce qu’au fond, tous ces visiteurs venus de tous les coins du monde, avec leurs caresses et leurs baisers, ne font rien d’autre qu’espérer que la paix, un jour, s’installe là pour toujours, et, pardelà Jérusalem, dans le monde entier. Or la paix n’estelle pas l’expression la plus éclatante du sacré? „ Propos recueillis par Benoît Laborde pour Arte.
Pour en savoir plus ENCEL Frédéric,Géopolitique de Jérusalem, Flammarion, coll. «Champs Essais», 2008 (nouvelle édition). ENCEL Frédéric,Atlas géopolitique d’Israël, Autrement, 2008. NICAULT Catherine,Une histoire de Jérusalem, 1850 1967, CNRS Éditions, 2008.
Parmi les autres émissions de la journée sur Arte:
Le Promeneur de Jérusalem. Des habitants de Jérusalem racontent à Serge Moati leur trajectoire et leur relation avec cette ville. Dix courtes séquences diffusées tout au long de la journée (à partir de 9h 55).
Jérusalem et les trois religions du livre, un documentaire allemand (52 min). Histoire d’une ville trois fois sainte, dont les origines sont bien plus anciennes que les trois grandes religions monothéistes qui en ont fait un de leurs lieux sacrés (13 h 05).
Mai 1948, la bataille de Jérusalem, un documentaire israélien (52 min). Trois témoignages photographiques et filmiques s’entrecroisent pour raconter la première guerre israéloarabe (14 h 20).
Le Jardin de Jad, un documentaire français de Georgi Lazarevski (1 h). Le conflit israélo palestinien vu avec humour et mélancolie à travers le quotidien compliqué d’une maison de retraite coupée du monde par le mur de sécurité (16h 35).
Toutes les télés du monde: La télévision des Israéliens, un documentaire français (26 min). Un passage en revue des émissions de la télévision israélienne, miroir déformant de la réalité (19h 00).
Géopolitique de Jérusalem Fiche de travail
Cette fiche peut êtreest plus géopolitique que n’importe quel autre lieu. On y trouve un écart phénoménal« Jérusalem entre l’exiguïté du théâtre du conflit (faible superficie du territoire et faiblesse numérique de sa utilisée pour un travail population) et l’extraordinaire importance des implications internationales de tout événement d’évaluation afin de qui s’y déroule.» La Jérusalem, la «vraie »,c’estàdire la vieille ville qui abrite le mur des mesurer le degré de Lamentations, le SaintSépulcre, l’esplanade des mosquées, équivaut en superficie à la place de la compréhension du film Concorde à Paris. C’est pourtant là que se cristallise le conflit. Chaque affrontement judéo par les élèves (lycéens) musulman ou israélopalestinien sur cet espace d’à peine un kilomètre carré a des répercussions et, en même temps, identitaires à l’échelle mondiale. Jérusalem est une ville sainte, à des degrés divers, pour les la capacité de cestrois religions monothéistes. Le fait est reconnu. Il en découle un but commun aux Arabes et derniers à restitueraux Israéliens – la souveraineté territoriale – et des stratégies d’instrumentalisation, à des fins politiques, des symboles religieux de Jérusalem. Les Palestiniens, comme les Israéliens, ont utilisé et expliciter une partie le caractère sacré de Jérusalem pour tenter d’asseoir leur souveraineté sur la ville. de la complexité de la géopolitique de Extrait de «IsraëlPalestine :La guerre pour le territoire», Jérusalem. Pour la un Café géographique tenu en 2001 à Paris en compagnie de Frédéric Encel, question 2, on spécialiste d’Israël et de Jérusalem. privilégiera les http://cafegeo.net/article.php3?id_article=482 informations des séquences 1 et 2 signalées dans la Questions démarche. 1.Illustrez, à l’aide d’éléments précis (images, interventions de guides ou de touristes, voix off), la phrase soulignée dans le texte.
:Monothéisme juif ................................................................................................................................. ................................................................................................................................. .................................................................................................................................
:Monothéisme chrétien ................................................................................................................................. ................................................................................................................................. .................................................................................................................................
:Monothéisme musulman ................................................................................................................................. ................................................................................................................................. .................................................................................................................................
2.stratégiesDe quelle manière les interventions mises en scène dans le film participentelles de ces « d’instrumentalisation, à des fins politiques, des symboles religieux de Jérusalem» dont parle le texte ?
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