Le dialogue judéo-chrétien (1946-2009)

De
Publié par

Le dialogue judéo-chrétien (1946-2009)

Publié le : mardi 5 juillet 2011
Lecture(s) : 136
Nombre de pages : 3
Voir plus Voir moins
1
1946 : Les dix-huit propositions de Jules Isaac
Jules Isaac
est un historien juif français. Durant la Shoah, il perd sa femme et
sa fille, ce qui l’amène à commencer la rédaction en 1943 de
Jésus et Israël
, un
ouvrage sur l’antisémitisme et ses racines chrétiennes.
Les dix-huit propositions de Jules Isaac extraites de
Jésus et Israël
(1946)
proposent de corriger l’enseignement chrétien sur les Juifs. Ils inspirent les dix
points de Seelisberg.
1947 : Les dix points de Seelisberg
Du 30 juillet au 5 août 1947 une conférence internationale a lieu à
Seelisberg
en Suisse pour
étudier les causes de l’anti-judaïsme chrétien et tenter d’y porter remède.
Juifs, Chrétiens et protestants dont Jules Isaac et le
Grand Rabbin Kaplan
élaborèrent dix
points pour éradiquer les préjugés contre les Juifs. Ce texte reste un document essentiel du
dialogue judéo-chrétien.
1948 : Fondation de l’amitié judéo-chrétienne
Fondée par Jules Isaac et
Edmond Fleg
,
l'Amitié Judéo-chrétienne
de France (A.J.-C.F.) est
affiliée au Conseil International des Chrétiens et des Juifs depuis ses origines.
L'A.J.-C.F. participe à des manifestations contre la recrudescence de l'antisémitisme en France
et les attaques contre l'Etat d'Israël. Elle maintient des contacts étroits avec les autorités civiles et
religieuses du Judaïsme et du Christianisme.
1962-1965 : Le Concile Vatican II
Le IIe concile oecuménique du Vatican, appelé
Vatican II
est le XXII
e
Concile
oecuménique de l'Église catholique romaine. Il a été ouvert par le pape Jean
XXIII en 1962 et clos par Paul VI en 1965.
La déclaration
Nostra Aetate
(« A notre époque ») sur l’Eglise et les religions
non chrétiennes promulguée le 28 octobre 1965 par le pape Paul VI marque un
tournant décisif dans les relations entre Chrétiens et Juifs.
Le paragraphe 4 consacré à la religion juive dit que même si, durant la Passion, les autorités
juives et leurs partisans ont poussé à la mort du Christ,
« cela ne peut être imputé aux Juifs
vivant alors, ni aux Juifs de notre temps »
. Les Juifs ne doivent plus être représentés comme
maudits.
Repères chronologiques
Le dialogue judéo-chrétien
(1946-2009)
Des dix huit propositions de Jules Isaac à la visite du Pape Benoît
XVI en « Terre sainte », les relations entre juifs et chrétiens ont
été ponctuées par de nombreux textes, événements et gestes
symboliques de 1946 à 2009.
La déclaration Nostra Aetate, lors du Concile Vatican II (1962-
1965) reste un des tournants majeurs du dialogue judéo-chrétien.
Le concile Vatican II (1962-1965)
Jules Isaac (1877 -1963)
Jules Isaac
Paul VI (1897 -1978)
2
1973 : L’attitude des chrétiens face au Judaïsme - La Conférence épiscopale
L'attitude des chrétiens à l'égard du Judaïsme
publié par la Conférence épiscopale française le
16 avril 1973 est un texte de réflexion sur la position de l'Eglise face au Peuple juif, dans la
continuité de
Nostra Aetate
, avec une réflexion sur la permanence du peuple juif et sur le
judaïsme.
1975 : Orientations et suggestions pour l’application de Nostra Aetate
Orientations et suggestions pour l'application de Nostra Aetate
, publié par la Commission pour
les relations religieuses avec le judaïsme le 3 janvier 1975 à Rome, a pour but de donner des
conseils pratiques pour l'application de
Nostra Aetate
à partir de l'expérience acquise depuis 1965.
1985 : Notes pour une présentation correcte des juifs et du judaïsme dans la
prédication et la catéchèse de l’Eglise catholique
Ces notes rédigées en mai 1985 par la Commission pour les relations avec le judaïsme ont pour
but de rendre plus clairs les textes antérieurs
.
1986 : Visite de Jean-Paul II à la Grande Synagogue de
Rome
Le 13 avril 1986,
Jean-Paul II
est le premier pape à entrer dans la
Grande Synagogue de Rome. Il met à nouveau en évidence les points
essentiels du paragraphe
4 de la déclaration
Nostra Aetate
.
1997 : Déclaration de repentance des évêques de Drancy
Le 30 septembre 1997,
la Déclaration de repentance de Drancy
,
des évêques de France, a été lue devant le mémorial de Drancy en
présence de responsables juifs.
L'Eglise de France revient sur ses actes durant la Seconde Guerre mondiale, sur son
enseignement et ses conséquences sur les mentalités et les comportements des Français
chrétiens à l'égard des Juifs. Elle reconnaît ses fautes et demande pardon à Dieu et au Peuple juif.
1998 : “Nous nous souvenons”, une réflexion sur la Shoah
Ce texte de la Commission vaticane pour les relations avec le judaïsme, préfacé d'une adresse
du pape Jean-Paul II au Cardinal Casssidy traite essentiellement du regard de l’Eglise sur la
Shoah
.
2000 : Jubilé de l’an 2000 – Jean-Paul II en Israël
Jean-Paul II effectue un voyage en Israël du 20 au 26 mars 2000. Il se rend au mémorial
Yad
Vashem
et dépose une prière dans un interstice du Mur Occidental.
2000 : Dabru Emet – Déclaration juive sur les chrétiens et le christianisme
Dabru Emet
("Dites la vérité" en hébreu), signée par 173 personnalités juives américaines
constate les avancées de la pensée chrétienne à l'égard du judaïsme.
2005 : 40ème anniversaire de Nostra Aetate
2006 : Benoît XVI à Auschwitz
Lors de sa visite à Auschwitz, le 28 mai 2006, on a reproché à Benoît XVI de trop mettre l’accent
dans son discours sur l’absence de Dieu à
Auschwitz
et pas assez sur le silence et la
responsabilité du peuple allemand.
Jean-Paul II à la Grande Synagogue de
Rome (1986)
3
2008 : Des signes paradoxaux
Le pape décide de maintenir, avec quelques modifications, une prière pour la "conversion des
juifs" contenue dans le missel en latin pour le Vendredi Saint.
Quelques mois plus tard, il visite de façon impromptue une synagogue à New York.
2009 : Un pape d’origine allemande face à la Shoah
L’Eglise lève l’excommunication de quatre évêques, de façon
unilatérale et sans concessions de la part des évêques concernées.
Parmi ces évêques, tous consacrés par Monseigneur Lefèvre,
Richard Williamson
, qui a tenu a plusieurs reprises des propos
négationnistes, niant notamment l’existence des chambres à gaz.
L’Eglise a prétendu qu’elle ne connaissait pas les propos tenus par
l’évêque et que celui-ci devra prendre ses distances avec ces
propos s’il veut "être admis aux fonctions épiscopales dans l'Église"
Voyage de Benoît XVI en Terre sainte. Il visite
Yad Vashem
où il
condamne le négationnisme, mais parle dans son discours de Juifs
"tués" et non "assassinés", sans évoquer le nombre de 6 millions.
Benoît XVI à Yad Vashem (2009)
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.