Sur la vertu dans le dialogue Ménon

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Sur la vertu dans le dialogue Ménon

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Doina GRIGORA
Ş
Colegiul « D. Cantemir »
Husi, Romania
Sur la vertu dans le dialogue
Ménon
Malgré la rédaction détaillée d’un dialogue philosophique, a
personnages bien contoures, (date, douree, sur le lieu et le temps historique,
pointes, etc) Platon est un cryptique. Et, il l’est non pas pour s’être propose
cela (lui, par contre, semble intentionner a faciliter la compréhension de son
message face au lecteur) mais parce que son niveau de compréhension et
de « décodage » du monde est nettement supérieur vis-à-vis du niveau
commun de perception de la réalité environnante et, surtout, ce que se
trouve au-delà de cette réalité qui ne peut être perçue des yeux physiques
mais seulement des « yeux mentaux » (c’est ce qu’il nomme Le Monde
des idées).
Pour les matérialistes de tout temps, la réalité s’est – en principe
– que ce que l’on peut voir ou, dans une acception plus technique, ce que
l’on peut voir a l’aide d’un instrument quelconque(microscope, télescope,
échographe, tomographe, etc.).
Depuis plus de 2500 ans, Platon nous a avertis, que nous ne
voyons – mentalement – que ce que, de manière analogique, seulement
les prisonniers enchaînes voient, mais le dos a l-entree dans une grotte.
Ils voient les ombres des êtres et des objets qui passent par devant la
grotte et qui se projettent (grâce a la lumière du soleil) sur la paroi
oppose a l’entre. De cette manière, els n’ont aucune idée des objets et
des êtres de la réalité (qu’ils n’ont jamais perçus), mais ils se fient a l’idée
que tout ce qui existe (leur réalité) ce sont ces ombres-la qui leur sont
familières depuis longtemps (le Mythe de la grotte – dialogue La
République).
Suivons – par la suite – ce que ça veut dire – pour nous, les gens
habituels – la vertu – (Le dialogue Menon).
Le dialogue commence par la question directe – bien formulée –
de Menon – « Peux-tu (pouvez vous) me dire, Socrate, la vertu, est-ce
qu’elle s’apprend, ou s’acquiert, seulement par exercice et jamais par
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appris ? Ou bien nous ne l’acquerrons ni par exercice, ni par appris, mais
elle naît dans l’âme des gens soit naturellement, soit autrement? (Menon
70a).
Socrate, se déclare, comme d’habitude, ignorant. C’est a lui
qu’appartient le syntagme : « je sais que je ne sais rien », bien que l’Oracle de
Delphes l’ait déclaré le plus sage des mourants. De plus, sa science était –
assurément – de notoriété, du moment qu’il avait beaucoup de disciples
parmi lesquels le célèbre, de plus tard, Platon.
En conséquence, Socrate le dit, modestement : « je suis si loin a
savoir si la vertu s’apprend ou non, que je ne rend compte ni, au moins,
ce qu’elle est, ce qu’elle peut être ». (Menon, 71a)
Menon, après avoir montre que la vertu d’un homme est la
capacité de conduire bien les problèmes de l’état, de faire du bien a ses
amis, en etoignant les ennemis, veillant sur soi pour ne pas souffrir, que
la vertu d’une femme est de bien administrer sa maison, savoir garder les
biens propres et écouter son homme, montre également qu’il y a,
d’ailleurs, tout un essaim de vertus. Socrate ne veut pas entrer dans « le
maquis » de toutes sortes d’exemples et de facéties de la vertu, mais tout
simplement une définition générale, ce fil-la qui réunit : la justice,
l’audace, l’équilibre, la sagesse, la générosité, dans tout ce qu’il y a de
commun, c’est - a - dire la vertu, en général. Socrate le dit d’ailleurs
« N’imagines-tu pas que je cherche ce qu’il y a de commun en tout ça ? »
(Menon, 75a)
Une observation de bon sens serait celle que, si la vertu pouvait
être apprise, il y aurait des professeurs de vertu et des élèves qui
l’apprennent, or, cela n’existe pas (ni au temps de Platon ni des notre).
Or, (mieux) plus que ça, beaucoup de parents vertueux – Socrate
nominalise Thémistocle, Périclès, Thucydide, de véritables personnalités
d’Athènes – n’ont pu transmettre la vertu à leurs enfants, malgré les
efforts faits dans ce sens.
Plus loin, Socrate avance l’idée que les gens ont la vertu dans leur
âme et ils peuvent s’en rappeler. Sa théorie de rappel/souvenir/
anamnésies/n’apparaît pas explicitement dans ce dialogue mais Platon la
traite plus largement dans le dialogue Phédon. En bref, l’anamnésie veut
dire que la connaissance entière préexiste en nous même avant notre
naissance (lorsque l’âme n’était pas dans « la prison » du corps physique).
(Phédon, 92a)
Menon doute que quelqu’un jouisse s’en rappeler sans l’avoir
appris. Alors Socrate emmène un des esclaves de Menon et le questionne
Sur la vertu – le dialogue Menon-Platon
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sur toute une série de problèmes de géométrie (dont l’esclave n’en avait
jamais entendre), et peu a peu, le détermine a déduire des idées liées aux
surfaces, a des figures géométriques, pour la stupéfaction de Menon.
D’ailleurs, Socrate procède de la même manière avec presque
tous ses interlocuteurs (des autres dialogues de Platon), interlocuteurs
qui, au début, sont très surs d’eux et leurs connaissances mais, a l’insu,
sous le tir des questions de Socrate, deviennent déroutes, se contredisent
eux-mêmes, et ne sont plus surs de rien, ce qui soit les énerve.
Pour faire face au style contradictoire de Socrate, Menon se voit
oblige d’admettre que la vertu s’apprend quelque fois ou pas.
C’est intéressant également que Socrate parle des gens politiques
qu’ils affirment ou infirment la même chose. (Menon, 95c) De la sorte,
l’inconséquence politique est restée une constante le long des siècles.
En ce qui concerne la vertu, conclut Socrate, ce n’est pas seulement
la science qui guide, mais aussi l’opinion. Cette idée revient de mémoire.
Mais les souvenirs volent « comme les statues de Dédale » (Menon, 97d).
1
L’opinion vient de mémoire et les souvenirs sont évanescents,
difficile a la comprendre en des concepts, par cela il faut «les lien de la
chaîne du raisonnement » (Menon, 98a).
Nous observons deux niveaux de la communication : le niveau
intuitif (anamnésies) et le niveau discursif (du raisonnement). Les éclairs
intuitifs doivent être « traduits » en langage discursif (ou le niveau de
différencier, d’objectiver est en pousse). Si dans un dialogue, un pale de la
communication se trouve a un niveau (d’exposition et de compréhension) et
l’autre pale, sur un autre niveau, le décodage sémantique est, au moins,
difficile sinon impossible. Les bonnes intentions ne sont pas suffisantes.
La conception de l’anamnésie de l’oeuvre du Platon se base sur la
théorie de l’antériorité de l’âme. L’âme est immortelle et, après avoir vu a
qui se passait au Hadès, il n’y a rien qui soit appris.
Beaucoup d’entre nous souriraient, de manière condescendante, a
ces affirmations, sans prendre en considération que, en parlant figurément,
puissant se trouver au niveau de compréhension type « petit chien ». Il reste
que les acquisitions futures – dans le domaine de la conscience – confirment
ou infirment ces idées de sorte que tous ceux qui ne lui croient pas, peuvent
s’appuyer sur d’autres épreuves. Quelques vérités ne s’encadrent plus
dans la logique classique.
1
Expression usuelle à l’époque faisant référence aux statues devant être liées pour ne
pas disparaître.
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Par exemple, la nature duale de la lumière (onde et corpuscule, en
même temps). Volens-nolens, il faut renoncer à des stéréotypies de penser
et à l’infatuation de prétendre que nous savons plus que les antiques.
L’ignorance est la source du mal, dit Socrate, il ne fait référence à
la méconnaissance des règles de convivialité humaine, mais aux lois de
l’harmonie divine.
C’est un risque, naturellement, d’affirmer – pour un homme de
science ou un philosophe de nos jours, que l’âme a passe par plusieurs vies.
Il s’exposerait au ridicule. Einstein affirmait, a un moment, avec sagesse,
d’ailleurs : « il est plus facile a désintégrer un atome qu’un préjuge. »
Et voila comment « l’homme divin » d’après les dives de Platon,
est reste sage, enchaîne dans la « grotte matérialiste », en regardant
seulement les ombres de la réalité.
Parlons, par la suite, du dialogue sur la vertu, de nos jours. En
général parlant, l’essence de la vertu, telle que la voulait Socrate de la
faire savoir, par l’intermédiaire de la raison, n’est pas dans une absolue
liaison avec la morale. Premièrement parce que la morale (ce qui est bien
ou mal – dans la société – à un moment donne) diffère en fonctions de
temps historique et de l’espace géographique. Par exemple, dans les
communautés islamiques traditionnelles un homme est pris pour
vertueux si les 4 epauses sont traites de manière égale et prend soins de
tous ces enfants, mais, dans les communautés chrétiennes la même chose
est considère immorale (manque de vertu).
Tous les deux types de civilisation s’appuient sur des religions
importantes, et, par cela, il est juste d’avoir la question : quelle modalité
est bonne ?
C’est facile d’étiqueter une action d’être correcte ou faut ire. Plus
difficile serait d’accepter que toutes les deux options sont valides, fonction
serrant
des
circonstances
extérieurs
(temps
historique,
conditions
démographiques, culture, etc.) ou in …….. (Convictions, préjuges, besoins
affectifs, etc.).
L’un des mouvements les plus récents – le postmodernisme –
affirmait la relativité de la réalité qui est multiple, et, plusieurs fois,
conflictuelle. La méthode d’investissement d’une telle réalité est de
type dialectique et herméneutique. Il n’y a pas de vérités absolues. La
connaissance est dépendante du contexte historique, social et culturel.
L’explication des phénomènes ne peut pas être neutre et, respectivement – la
validité empirique des connaissances n’est pas absolument nécessaire. C’est
un pas important vers la tolérance et l’écoute.
Sur la vertu – le dialogue Menon-Platon
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Par la suite, nous pouvons définir la vertu en tout que fonction
mathématique qui tend – de manière asymptotique – vers le maximum
de bien, mais en s’et oignant le plus que possible du mal.
Mais qu’est-ce qu’il y a de bien et de mal ? Voila une bonne
question ! La – les standards sont inutiles et les imposer – c’est un manque
d’éthique. Par exemple, pour un moine ascète c’est bien de rester isole et de
prier dans les conditions les plus austères. Leur âme est nourrie de ce bien.
La même chose est inacceptable (c’est même mauvaise) pour un homme
d’affaire dont la conception de bien s’associe au tumulte de la vie sociale,
des relations interhumaines, des transactions financières et, évidement,
du confort. Et les exemples peuvent se dérouler l’infini. Cela pour le bien
individuel. Mais le bien individuel est étroitement lie au bien social.
Une société démocratique doit protéger ses citoyens contre la
violence, la trahison, les crimes, assurer le respect des contrastes, etc., par
des moyens juridiques d’une manière à ne pas dégénérer en contrainte.
L’équité absolue est difficile a atteindre, mais comme il nous le montre
John Rawls, dans son livre « La justice en tout qu’équité », les gens doivent
arriver a un accord en ce qui concerne la corectitude des distributions des
biens – a niveau social – ayant pour postulat le comportement moral et
équitable.
C’est clair que les règles sociales puissent être apprises. Mais la
vertu n’a pas de telles limites. C’est seulement son « habit » extérieur. La
vertu interne (celle qui peut être rappelle), la vertu en tant que donne
divine, la vertu qui passe au delà de l’espace et du temps, la vertu qui est
en accord avec l’harmonie divine, la voix de l’intuition, c’est la vertu qui
devient art, ou se mêle le bien, la vérité et le beau. De manière
surprenante, cette vertu peut être en conflit avec les règles morales et
sociales acceptées.
Nous rappelons que Jésus a fait s’écrouler les kiosks des
négociants à l’entrée dans le temple et c’est lui qui a garde Marie
Magdalena à ne pas être atteinte par les pierres du mépris publique. Les
messages d’une telle vertu peuvent être tues par manque du respect de la
part de la foule ignorante. L’ignorance est – la source du mal, disait
Socrate (tue aussi par l’ignorance de la foule).
Dans le dialogue « La République » Platon définit la vertu comme
étant ordre, justice, art, adaptes à la nature de la chose. C’est un abord
non seulement éthique mais également esthétique et même ontologique.
Cet abord peut être corrobore avec ce que l’on nomme aujourd’hui, les
besoins supérieurs, de la pyramide des besoins humains d’Abraham
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Maslow. Et, si l’on garde cette connexion (avec la pyramide des besoins
humains), il est nécessaire d’admettre un abord diachronique (a verticale)
de la vertu, en liaison directe avec les marches de développement de
l’être humain, en commençant du niveau pragmatique, externe, normatif
et explicite de la vertu vers des niveaux plus hauts qui tendent
s’intérioriser, englober – du point de vue dialectique – les contraires, la
nature divine des connexions entre le microcosme et macrocosme et
opérer avec ces connexions.
En conclusion, la vertu, comme toute autre valeur, peut être
comprise différemment, en fonction de l’auditoire (le récepteur) à qui on
adresse le message, de son niveau de compréhension. L’illusion de la
compréhension unique et des définitions universellement valables
représentent seulement une étape de la connaissance humaine.
Sur la vertu – le dialogue Menon-Platon
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