Chine : retour en Afrique - 13- Chine : retour en Afrique Synthèse ...

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Chine : retour en Afrique - 13- Chine : retour en Afrique Synthèse ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Chine : retour en Afrique
Synthèse commentée de Christile Drulhe d’après
. La Chine considère comme importantes ses relations avec l’Afrique, Huanqiu shibao, 24 novembre
2003, p. 7
L’article du journal d’actualité internationale rattaché au groupe de presse officiel publiant le
Quotidien du peuple constitue l’un des signes de
velléité de retour de la Chine en Afrique
. La
réactivation du Forum de coopération sino-africain fin 2002 en est un autre. Son second sommet
ministériel doit se tenir à Addis Abeba (Éthiopie) les 15 et 16 décembre 2003. Le précédent avait eu
lieu à Pékin en 2000.
1
La RPC n’a certes pas délaissé le continent africain dans sa rhétorique au cours des années
80-90.
2
Mais le maintien de son discours tiers-mondiste s’est accompagné d’un
désengagement
concret (Cf. Les Nouvelles de Chine, juin-juillet 2003, n°7 : « Que reste-t-il de la politique chinoise du
Tiers-Monde ? »). La Chine qui reprend le chemin de l’Afrique n’est cependant plus la même : elle se
présente désormais
davantage comme un partenaire commercial que comme un compagnon
d’infortune, prête à soutenir les luttes contre le néo-impérialisme de l’Occident
.
Les
priorités
du Parti communiste au pouvoir depuis cinquante ans se sont
inversées
avec la
fin de l’ère maoïste : l’aspiration au leadership idéologique a fait des concessions à la construction
d’une puissance économique.
La Chine n’entend pas se comporter en Afrique autrement que les
pays développés
. Elle vient essentiellement y chercher ses ressources naturelles et des alliés
diplomatiques. La stratégie chinoise de rapprochement des Etats africains est toutefois soucieuse de
se distinguer de l’Occident
. En favorisant son développement, ces derniers doivent comprendre
qu’ils soutiennent une puissance en germes qui leur est favorable. Europe, Etats-Unis et Japon se
voient attribués le rôle des ‘vilains’.
L’article reprend
deux arguments
sur ce thème.
D’une part,
l’Occident rabaisse l’image de
l’Afrique
en exagérant ses problèmes : « quand on évoque l’Afrique, beaucoup de gens pensent à la
pauvreté, à la guerre et au sida. En réalité, ce sont les médias occidentaux qui colportent cette image
partiale par une propagande partiale. » La Chine lui oppose le tableau plus gratifiant d’un continent où
la situation globale s’améliore et dont le potentiel de développement est sans égal dans le monde.
D’autre part
, l’ordre international défendu par l’Occident est fondamentalement inéquitable envers les
pays africains. Parmi les grands États de la planète, la Chine est pratiquement la seule à même de
promouvoir l’idée d’un «
nouvel ordre international
». Elle se distingue des puissances occidentales
en se présentant comme un «
grand pays en développement
(
fazhan zhong daguo
) ». Elle se
confère ainsi un statut suffisamment important pour être investie du rôle de
leader
tout en évitant
d’être assimilée à une puissance comme une autre.
Qu’attend donc la Chine de l’Afrique ?
Trois types d’objectifs
peuvent être distingués :
- objectifs économiques : il s’agit pour la Chine de développer ses débouchés et ses sources
d’approvisionnement ou, dans la terminologie officielle « les
deux marchés
, international et
domestique » ainsi que «
deux ressources
» (pétrole et minéraux). Malgré la reprise du commerce
avec l’Afrique, le volume des échanges reste faible : l’an dernier, il s’élevait à 12,3 milliards de yuan
selon l’article. La Chine représente 3,5% du commerce extérieur du continent. Selon le Huanqiu
shibao, les perspectives d’accroissement seraient toutefois favorables du fait de la
«
complémentarité
(
hubuxing
) » entre les deux types d’économie. Les réserves africaines
d’hydrocarbure représentent un axe en développement de la stratégie de sécurité énergétique
chinoise.
De janvier à septembre 2003, les importations chinoises de pétrole proviendraient
d’Afrique à hauteur de 24%.
1
China-Africa Cooperation Forum SOM opens in Addis Ababa, People’s Daily, November 25, 2002
2
Cf. Taylor Ian R., China's foreign policy toward Africa in the 1990s, Journal of Modern African Studies,
September 1998, vol. 36, n°3, p. 443-460
-
question de Taiwan
: Pékin souhaite prendre à revers le « séparatisme taiwanais » en dénouant les
relations officielles entre les pays africains et l’île « rebelle ».
3
-
objectifs diplomatiques
: « la Chine ne peut pas envisager de jouer un rôle sur le plan international
sans le soutien des Etats africains ». Au nombre de 53, ces derniers représentent le tiers des pays
membres de l’ONU. En 1971, la RPC n’y aurait pas obtenu son siège sans leur soutien (26 des 76
voix l’ayant soutenue venaient d’Afrique). C’est aussi largement grâce à eux que l’organisation des JO
de 2008 et de l’exposition universelle de 2010 a pu lui être confiée. L’article rappelle également que
leur appui a permis à la Chine d’éviter à 11 reprises d’être condamnée par la Commissions des
Nations-Unis sur les droits de l’homme, « faisant échec au projet de résolution anti-chinois des Etats
occidentaux ».
Dans le discours sur les relations internationales chinois,
le tiers-mondisme s’efface
derrière la mise en avant du multilatéralisme
.
L’article fait sienne la position officielle en liant le
retour en Afrique de la Chine à son souci de promouvoir un ordre mondial multipolaire contre les
tentations hégémoniques de certains États. L’objectif de « mise en place d’un nouvel ordre de
relations internationales juste et rationnel (
jianli gongzheng heli de guoji guanxi xin zhixu
) » est
résumé en une courte formule stéréotypée. Le peu de préoccupation pour la question humanitaire
apparaît au plus au point dans la conclusion de l’article. Elle souligne le marché potentiel que
représente, pour les entreprises chinoises, les chantiers financés par l’aide publique internationale. La
participation de la Chine à ces fonds de soutien est faible. Situation compréhensible au regard du
sous-développement de la majorité de son territoire. Mais l’abandon de la vision idéologique du
monde au profit d’une politique réaliste n’est pas sans laisser paraître une
conception largement
utilitariste de la coopération internationale
.
3
Cf. Taylor Ian R., Africa's place in the diplomatic competition between Beijing and Taipei, Issues and Studies,
March 1998, vol.34, n°3, p.126-143
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