DENTELLE AU JARDIN

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DENTELLE AU JARDIN

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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DENTELLE AU JARDIN. Créations d’Annie BASCOUL
Exposition prolongée jusqu’au 2 janvier 2011 Musée des Beaux-arts et de la Dentelle Cour carrée de la Dentelle 61000 Alençon
er Service éducatif éducation nationale 1 degré - Christine Tertre – septembre 2010
DENTELLE AU JARDIN. Créations d’Annie BASCOUL Au cours de l’été 2008, le musée des Beaux-arts et de la Dentelle consacrait son exposition temporaire au Point d’Alençon et à son histoire. Cette année, « Dentelle au jardin. Créations d’Annie Bascoul » propose une vision actuelle de la dentelle au fil des créations d’une plasticienne contemporaine. Tout en conservant le motif floral propre au Point d’Alençon, elle joue sur les dimensions, les matériaux et les effets visuels pour donner sa propre interprétation. Elle propose un parcours original et poétique, permettant une approche nouvelle au travers d’installations et d’ambiances dans lesquelles, transparence, ombre et lumière font partie intégrante de l’œuvre. Les ancolies Annie Bascoul crée un jardin où s’étirent des ancolies géantes dans lequel le spectateur est invité à se promener. Ces sculptures aériennes composées de tulle, tarlatane, coton, crin de cheval, fourrure… fil de laiton, de nylon ou de cuivre, tantôt se déploient presque à l’infini pour mieux envahir l’espace, tantôt se recroquevillent pour mieux s’y blottir. L’immersion au cœur de ces immenses fleurs nous transporte dans un monde imaginaire qui pourrait ressembler à celui d’Alice au pays des merveilles. Des mots, des poésies de Rabelais, Froissard, Ronsard, un texte d’Anatole France écrits en fil de laiton sont épinglées au mur. Le moucharabieh Elle présente un grand moucharabieh dont les motifs et la technique sont une reprise d’une petite partie d’une dentelle en Point d’Alençon, mais à une échelle monumentale. On « entre dans la dentelle » en marchant à proximité sur l’ombre projetée des motifs et en traversant l’œuvre. Le lit Lit de jardin, jardin de litest une création suspendue en duvet et plume, fils de nylon et armature métallique. Evoquant le sommier, des fils de laiton écrivent un poème posé au sol. Les robes à crinoline et les jardins à la française Elle ponctue le parcours de robes à crinoline qu’elle puise dans le monde de Watteau, faisant référence aux bals et fêtes champêtres du XVIIIème siècle (la crinoline n’apparaît qu’au siècle suivant) ainsi qu’aux jardins à la française. Chaque robe, plutôt conçue comme une sculpture ou un assemblage, est accompagnée d’un projet préalable en deux dimensions fait de papier découpé et peint. Le bouquet Annie Bascoul réinterprète le bouquet en Point d’Alençon (œuvre du XIXème siècle prêtée par les Musées Royaux d’Arts et d’Histoire de Bruxelles) en réalisant une installation de fleurs géantes non plus en bouquet, mais séparées et éparpillées. Elle projette leur ombre sur les murs donnant une dimension extravagante et poétique à l’œuvre. Les tableaux de la collection du musée Elle offre une multitude de lectures de deux tableaux de la collection permanente du musée par des jeux de projection vidéo, créant ainsi de nouveaux éléments dans le vêtement, dans le décor : -Jacob Ferdinand Voët (1639 – 1700) -Portrait de jeune homme de la famille Chigi -Huile sur toile. 75 x 61 -René Cadeau (1682 – 1858) -Portrait de femme en robe ornée de dentelle -1848 Huile sur toile. 81,5 x 65 Elle oriente le regard du spectateur vers les personnages centraux d’une scène d’un tableau en masquant partiellement le décor qui les entoure par une sorte de grille parsemée de roses et réalisée en fil de coton : -Gaston Latouche -La légende du Point d’Argentan –1884 Huile sur toile. 169 x 200 er Service éducatif éducation nationale 1 degré - Christine Tertre – septembre 2010
Le Point d’Alençon Dans un souci de dialogue avec les collections de dentelle du musée, sont exposées des pièces en Point d’Argentan et en Point d’Alençon dont l’artiste s’est inspirée. Ces pièces montrent la permanence du monde floral et végétal dans notre dentelle tout en mettant en évidence l’évolution au travers des XVIIIème et XIXème siècles. Les livres, les papiers gaufrés (mezzanine) Outre ses œuvres grands formats, Annie Bascoul crée des livres : La mode : en Watteau-livre réalisé à partir de rubans, de fils et de tissus, marouflés et gaufrés sur vélin, de photocopies et de gaufrage sur calques. Série l’ancolie- livre réalisé à partir de tarlatane marouflée et de gaufrage sur vélin. Elle crée par ailleurs des robes : papier gaufré, acrylique et aquarelle. ********************* Les sources d’inspiration de l’artiste, des domaines et disciplines à exploiter avec les élèves Le monde de Watteau Watteau et le contexte historique Jean-Antoine Watteau dit Antoine Watteau Peintre français, né à Valenciennes en 1664, mort à Nogent sur Marne en 1721. Antoine Watteau exerce donc son art sous le règne de Louis XIV, roi de France de 1643 à 1715. Issu d’une famille modeste, il apprend dès dix ans la peinture, mis en apprentissage chez un peintre renommé de la ville de Valenciennes, sous l’influence de l’art flamand. En 1702, il s’installe à Paris où il rencontre Claude Gillot, graveur et décorateur de théâtre qui lui communique sa passion pour la commedia dell’arte. Watteau devient l’un des premiers représentants du mouvement rococo, il affirme son goût pour les scènes de théâtre, les fantaisies galantes, les mythologies et singeries et s’inspire du spectacle de la vie mondaine ou rustique. En 1709, il est reçu second au prix de Rome ; bourse d’étude pour les étudiants en art, créée en 1663 en France sous le règne de Louis XIV, délivrée aux jeunes artistes talentueux et prometteurs en peinture et en sculpture. Trois ans plus tard, il présente de nouveau une œuvre et elle est jugée de si grande qualité qu’il est accepté comme membre de plein droit de l’Académie, ce qui lui assure l’accès aux commandes royales. L’Académie est fondée en 1648, sous la régence d’Anne d’Autriche, dans le but d’élever le statut des artistes qui n’était pas jusqu’alors distinct de celui des artisans. Elle a peu de pouvoir jusqu’à ce que Colbert, conseiller auprès de Louis XIV, y voit le moyen de mettre les artistes au service et sous le contrôle de l’état. En 1663, Charles Lebrun, peintre préféré de Colbert, en est le directeur. L’académie se fixe pour objectif d’exposer annuellement les œuvres de ses membres. Les genres sont hiérarchisés, la peinture d’histoire vient en premier, puis suivent le portrait et la nature morte. D‘autres genres sont ajoutés, tels les « fêtes galantes » en l’honneur d’Antoine Watteau. Les tableaux de Watteau sont loin de se caractériser par une frivolité qui serait propre aux fêtes galantes. Une mélancolie peut y être observée, la futilité de la vie, une légèreté pleine de grâce. Le traitement si original des personnages et des paysages, caractérisé par une atmosphère poétique, par un flou nimbé de tristesse, lui vaut d’exercer une grande influence dès son siècle mais aussi bien au-delà ; certains critiques d’arts ont vu dans ses œuvres un signe avant-coureur de l’impressionnisme. Watteau et la littérature Au XIXème siècle, son influence dans le domaine littéraire est révélée, Dans son poème écrit en 1838,La comédie de la mort, Théophile Gautier évoque l'atmosphère qui se dégage de l'œuvre de Watteau, En 1853, Gérard de Nerval, dans sa nouvelle intitulée « Sylvie », titre son quatrième chapitre « Un voyage à Cythère » en référence au tableau qui permit à Watteau de devenir membre de plein droit de l’Académie : Pèlerinage à l’île de Cythère. Les frères Goncourt s’intéressent à l’artiste en 1881 avec leur étude consacrée à l’art au XVIIIème siècle; ils voient en Watteau « le grand poète » du siècle passé.
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Dans « En lisant, en écrivant », Julien Gracq dit de « la Chartreuse de Parme » de Stendhal que : les paysages de la Lombardie et des Alpes y ont le flou voluptueux et embrumé des paysages de Watteau. Philippe Sollers professe une grande admiration pour le peintre et le mentionne dans nombre de ses ouvrages : son roman « La Fête à Venise » fait écho au tableau de WatteauFêtes vénitiennes. Sollers a consacré au peintre une monographie en 1992 : Watteau et les femmes.
Les jardins à la française Le jardin à la française est un jardin à ambition esthétique et symbolique. Il porte à son apogée l'art de corriger la nature pour y imposer la symétrie. Il exprime le désir d'exalter dans le végétal le triomphe de l'ordre sur le désordre, de la culture sur la nature sauvage, du réfléchi sur le spontané. Il culmine au XVIIème siècle avec la création pour Louis XIV du jardin à la française bientôt copié par toutes les cours d'Europe. Les concepteurs de jardins français du XVII siècle laissent transparaître la prédominance de cet art majeur sur tous les autres. Le jardin français est le prolongement de la demeure. Il domestique et ordonne la nature selon les principes de la géométrie, de l'optique et de la perspective. Le jardin est dessiné comme un édifice, en une succession de pièces que le visiteur traverse selon un parcours préétabli, du vestibule aux pièces d'apparat. Le vocabulaire architectural utilisé dans la description du jardin à la française traduit clairement les intentions du dessinateur. On y parle desalles, dechambresou dethéâtresde verdure. On se déplace entre desmursde charmilles ou le long d'escaliersd'eau. On recouvre le sol detapisde pelousebrodésde buis, les arbres sont taillés enrideaule long des allées. Les hydrauliciens utilisent toutes leurs ressources pour meubler somptueusement le jardin. L’eau reproduit les cristaux des lustres, les bassins jouent le rôle de miroirs. Dans le bosquet du Marais à Versailles, le paysagiste de Louis XIV, André Le Nôtre dispose des tables de marbre blanc et rouge pour servir des buffets. L'eau en s'échappant fabrique des carafes, des verres et des vases virtuels qui imitent le cristal.
Puis apparaît la notion de perspective corrigée qui implique des déformations liées aux effets de fuite : élargissement progressif des allées et des compartiments pour raccourcir l'échelle du jardin (Vaux-le-Vicomte), écartement des alignements d'arbres par rapport à l’axe théorique. La liberté prise par les dessinateurs de jardins à la française avec les règles de la perspective idéale leur permet d'éviter la rigidité de la géométrie. Avec la demande croissante tout au long du XVIIème siècle de jardins de plus en plus ambitieux, on assiste alors à une inversion des valeurs. À Chantilly comme à Saint Germain, le jardin n'est plus le prolongement du château mais le château devient l'un des accessoires du jardin, dont il occupe maintenant un compartiment.
Les robes à crinoline
La crinoline est un sous-vêtement du XIXème siècle. À l'origine, la crinoline est une étoffe formée d'une trame de crin de cheval d'où elle tire son nom et d'une chaîne de fil de lin ou parfois de coton, qui en fait un tissu épais et résistant permettant, quand il est transformé en jupon, de supporter le poids de la jupe et de lui donner de l'ampleur. Plus tard ce terme désigne un jupon tendu sur des cerceaux en osier ou en métal, parallèles au sol. Un jupon classique intercalé entre la crinoline et la robe permet d’atténuer la marque des cerceaux. Au fil du temps, la largeur de la crinoline ne cesse de s'étendre, en faisant la cible préférée des caricaturistes. Malgré cela, la crinoline est portée pendant près de la moitié du XIXème siècle, ce qui en fait l'un des articles de mode les plus portés de l'histoire du costume, avec les jupons et les corsets. Les robes sont garnies de franges de soie, de petits pompons, de galons, de biais de satin, de dentelles… L’ombrelle et le chapeau sont de petite taille afin d’accentuer encore le contraste avec la jupe très large. Les cheveux sont portés en chignon sur la nuque, en anglaise ou en bandeau, les femmes n’ont jamais de frange. Des guirlandes de fleurs, de fruits ou des plumes agrémentent la coiffure. Un éventail de petite taille termine la toilette.
Sur la fin des années 1860, on commence à relever la jupe en draperies sur l'arrière. Afin de mieux supporter le volume, on a recours à un autre artifice, la tournure.
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Le thème floral et végétal Annie Bascoul s’attache plus particulièrement à l’ancolie qui offre une multitude de variétés. L’ancolie est une renonculacée vivace. Les fleurs au sommet d’une longue tige sont élégantes, originales dans leur forme et offrent une large palette de couleurs : le blanc, le bleu clair, le jaune pâle, le rose, le brun, le lie-de-vin. L’ancolie a inspiré de nombreux auteurs parmi lesquels Froissart, Rabelais, Ronsard, Chateaubriand, Zola, Apollinaire… mais aussi des peintres tels que Dürer, Brueghel, Odilon Redon. Annie Bascoul aborde cette fleur fragile, la faisant sculpture aérienne suspendue au plafond ou posée au sol, lui donnant différentes formes selon les variétés, composée de matériaux blancs, souples et douillets, et de fils de laiton discrets. L’artiste met en scène ses sculptures d’une esthétique élégante et raffinée, et crée un univers irréel. Le Point d’Alençon Son histoire Dès la fin du XVIème siècle se fabrique de la dentelle à Alençon, notamment le point coupé. Vers 1650, Madame de la Perrière, dentellière depuis une quinzaine d’années, imite le point de Venise puis le perfectionne. Afin de limiter la sortie des devises de France vers l’étranger, Colbert, conseiller de Louis XIV, implante des manufactures royales visant la fabrication des produits de luxe. Pour favoriser la fabrication et le perfectionnement du Point, une manufacture est installée à Alençon en 1665. Dans la seconde moitié du XVIIème siècle, la cour de Versailles est la principale cliente. Au XVIIIème siècle, la clientèle s’élargit aux grands et aux cours de toute l’Europe. Mais le Point d’Alençon voit son déclin s’amorcer à la fin de ce siècle, elle est moins à la mode et la Révolution lui porte un coup de grâce. Au cours du XIXème siècle, le Point atteint son apogée sur le plan artistique. Napoléon impose son port à la cour et au Sénat, les expositions industrielles à Alençon en 1842 et à Paris en 1844 sont un succès. L’exposition universelle de Londres en 1851 déclare le Point d’AlençonLa reine des dentelles.Cependant, l’arrivée de la dentelle mécanique sur le marché, beaucoup moins chère, freine la production de dentelle à l’aiguille et le Point d’Alençon vit son second déclin. Pour sauvegarder la technique du Point d’Alençon, la Chambre de Commerce fonde en 1903 l’école dentellière. Sœur Marie du Sacré Cœur révolutionne la fabrication en permettant aux dentellières de connaître toutes les étapes. Pendant plus de cinquante ans, elle veille à préserver l’activité du Point. De nos jours, la tradition et la technique du célèbre Point sont maintenues grâce à la création de l’Atelier National du Point d’Alençon en 1976. Ses motifs Motif récurent, la fleur est depuis toujours représentée dans le Point d’Alençon. Au XIXème siècle, on voit naître un nouvel intérêt pour la fleur qui entre dans le décor de la maison comme du vêtement, en particulier des robes à crinoline. Le Point d’Alençon est donc « jonché » de fleurs d’un raffinement extrême et montre une perfection artistique jamais atteinte jusqu’alors ; la technique est devenue si sophistiquée que les dentellières vont jusqu’à réaliser des motifs floraux ombrés. Tout naturellement, Annie Bascoul, déjà interprète du monde floral, de l’ombre et de la lumière, trouve matière à s’exprimer autour du Point d’Alençon.
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Annexes Annexe 1 : poésies et textes écrits en fil de laiton, épinglés sur les murs qui entourent les ancolies Anquelier et marjolier Le soucil de l’ancholie
Dedans avoit mainte haiette,
Maint grouselier, mainte espinette
Et maint rosier,
Et tout au long maint violier,
Sus l’erbelette
Jehan Froissart(vers 1337 – après 1404)
croistront plus que de coustume
avecques abondance de poires
d’angoisse
Pantagruel
Rabelais(entre 1483 et 1494 – 1553)
Sur le bord du chemin poudreux, je rencontre une plante dont la fleur à la fois éclatante et sombre semble
faite pour s’associer aux deuils les plus nobles et les plus purs. C’est une ancolie. Nos pères la nommaient le
gant de Notre-Dame. Une Notre-Dame qui se ferait toute petite, pour apparaître à des enfants, pourrait
seule glisser ses doigts mignons dans les étroites capsules de cette fleur.
Voici un gros bourdon qui s’y fourre brutalement : sa bouche ne peut atteindre au nectar et le gourmand
s’efforce en vain. Il renonce enfin et sort tout barbouillé de pollen. Il a repris son vol lourd : mais les fleurs
sont rares dans ce faubourg souillé par la suie des usines. Il revient à l’ancolie, et cette fois, il perce la
corolle et suce le nectar à travers l’ouverture qu’il a faite ; je n’aurais pas cru qu’un bourdon eut tant de
sens. Cela est admirable.
Le crime de Sylvestre Bonnard
Et l’ancolie en semence s’enflant.
Ronsard(1524 – 1585)
Anatole France(1844 – 1924)
Sus toutes flours tient on la rose à belle,
Et en après, je croi, la violette;
La flour de lys est belle et la perselle;
La flour de glay est plaisans et parfette;
Et li pluisour aiment moult l'anquelie,
Le pyone, le muget, la soussie.
Cascune flour a parli son merite;
Mès je vous di, tant que pour ma partie,
sus toutes flours, j'aime la margherite.
Jehan Froissart(vers 1337 – après 1404)
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Annexe 2 : La comédie de la mort- Théophile Gautier Devers Paris, un soir, dans la campagne, J’allais suivant l’ornière d’un chemin, Seul avec moi, n’ayant d’autre compagne Que ma douleur qui me donnait la main. L’aspect des champs était sévère et morne, En harmonie avec l’aspect des cieux, Rien n’était vert sur la plaine sans borne, Hormis un parc planté d’arbres très vieux. Je regardai bien longtemps par la grille ; C’était un parc dans le goût de Watteau : Ormes fluets, ifs noirs, verte charmille, Sentiers peignés et tirés au cordeau. Je m’en allai l’âme triste et ravie ; En regardant, j’avais compris cela : Que j’étais près du rêve de ma vie, Que mon bonheur était enfermé là. Annexe 3 :Sylviede Gérard de Nerval Sylvieest la nouvelle la plus connue de Nerval. Le sous-titre de la nouvelle est « Souvenirs du Valois ». Chapitre I — Nuit perdue.narrateur est amoureux d’une actrice qu’il va voir jouer tous les Le soirs au théâtre. Il passe le reste de ses soirées en compagnie d’un cercle d’amis joyeux. Un soir, il apprend que l’actrice en question fréquente l’un de ses amis. Chapitre II — Adrienne.De retour chez lui, le narrateur se rappelle sa jeunesse dans la campagne du Valois. Il revoit alors les rondes qu’il faisait avec les jeunes filles. L’une des filles, jolie brune, Sylvie, lui plaisait beaucoup. Pourtant, un jour, il finit par embrasser Adrienne, une jolie blonde. Lorsqu’il revient vers les autres jeunes filles, Sylvie pleure et refuse qu’il la console. Peu après, le narrateur s’installe à Paris pour étudier. Il conserve le souvenir d’Adrienne, laquelle devient plus tard religieuse. Chapitre III — Révolution.Le narrateur comprend que l’actrice dont il s’est épris est en quelque sorte une « réincarnation » d’Adrienne, qui lui a échappé. Il se demande même, dans un accès de délire, s’il ne s’agit pas d’une seule et même personne ; le souvenir de Sylvie le replace dans le réel et il décide de se rendre à la « fête de l’arc » où l’on danse toute la nuit. Chapitre IV — Un voyage à Cythère.En traversant un petit cours d’eau, le narrateur se rappelle L’Embarquement pour Cythèrede Watteau. Il se retrouve assis auprès de Sylvie, laquelle le boude toujours car il n’est pas venu la voir depuis longtemps. Le narrateur ceint alors le front de Sylvie d’une couronne et tous deux se réconcilient. Il se rend compte aussi que Sylvie est devenue très belle.
Annexe 4 : hommage à Watteau par les frères Goncourt … Quel dessinateur, en effet, a mis en des dessins rapides et de premier coup le je ne sais quoi indicible, qu'y met Watteau ? Qui a sa grâce de crayonnage piquante ? … … Un coup de crayon, disons-le hautement, qui n'appartient qu'à Watteau, à Watteau seul, un coup de crayon dont l'esprit n'a pas besoin de signature! … … Et ces robes galantes, ces négligés aux plis cassés, à la rocaille tantôt précieusement détaillée avec la pointe de la plus aiguë mine de plomb, tantôt superbement indiquée dans la carrure d'un trait large, comme un trait fusiné… … Et toujours ce beau contour sinueux, courant, serpentant, ondulant, où s'écrase, aux ressauts de la forme, une grasse sanguine. Car la sanguine est le procédé de prédilection de Watteau ; il ne l'aime pas seulement parce que, grâce à elle, «il obtient des contre-épreuves qui lui donnent pour ses tableaux les deux côtés de ses personnages», il l'aime pour sa tonalité, pour sa chaleur : il a même une sanguine qui semble lui appartenir en propre, une sanguine d'un ton de pourpre, qui se distingue de la sanguine brunâtre de tous… Dessins peints : c'est le mot. Watteau fait sur une figure, avec des entrecroisements de hachures noires et de hachures rouges, les passages de ton d'une face humaine. Watteau fait, avec du blanc mourant dans le crayon rouge d'un tournant de pommette, de la vraie chair lumineuse… er Service éducatif éducation nationale 1 degré - Christine Tertre – septembre 2010
Annexe 6 : Les Peintres du XVIIIème siècle
Maurice Quentin de La Tour(1704-1788), peintre français, François Boucher(1703-1770), peintre français, Jean Honoré Fragonard(1732-1806), peintre français, Jean Siméon Chardin1699-1779), peintre français, Jean-Baptiste Greuze1725-1805), peintre français, Jacques Louis David(1748-1825), peintre français, Robert Le Lorrain16661743), sculpteur français, Giambattista Tiepolo1696-1770), peintre vénitien, Thomas Gainsborough1727-1788), peintre anglais, William Hogarth(1697-1764), peintre et graveur anglais, Francisco de Goya1746-1828), peintre espagnol, Jean-Antoine Houdon(1741-1828), sculpteur français.
Annexe 7 : Les principaux jardins à la française
Château de HautefortenDordogne- Jardins à la française et Parc à l'anglaise Potager du château de la Roche-Guyonduchâteau de La Roche-GuyonChâteau de BreteuilChâteau de ChantillyChâteau de JosselinJardin du LuxembourgàParisParc de Saint-CloudParc de SceauxChâteau de Saint-Germain-en-LayeChâteau de Vaux-le-VicomteParcduchâteau de VersaillesChâteau de VillandryJardin des TuileriesàParisJardin de l'évêché de CastresparAndré Le Nôtreen1616Jardin duPavillon de GalonàCucuron- Jardin à la française contemporain
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Propositions de pistes pédagogiques Watteau et le contexte historiquehistoire, maîtrise de la langue, littérature, histoire des arts, pratiques artistiques Le monde floral et végétalsciences, maîtrise de la langue, littérature, pratiques artistiques La symétrie(jardin à la française, gaufrage de papier)histoire,géométrie, pratiques artistiques La mise en relation écrit / créations artistiquesmaîtrise de la langue, pratiques artistiques La superposition(robes à crinoline, calques, projection)histoire du costume, arts visuels, pratiques artistiques Transparent / opaquepratiques artistiques (matières, objets) Lourd / légersculpture, mathématiquesLe fil(laiton, textile),le papier découpépratiques artistiques(écriture, dessin, collage, dentelle) La dentelle dans l’art contemporain Par ses volutes et circonvolutions, par ses pleins et ses vides, la dentelle inspire les designers : bijoux, mobilier, luminaires, objet décoratifs… A l’instar d’Annie Bascoul, des artistes contemporains réinterprètent la dentelle avec des matériaux inattendus : fils de nylon (Marjolaine Salvador-Morel), matières végétales (Françoise Micoud), fils de colle, plastique (Sandrine Pincemaille, Alice Riekl). histoire des arts,design, pratiques artistiquesExposition présentée jusqu’au 2 janvier 2011 L’accès au musée est gratuit pour les scolaires, mais il est nécessaire de réserver au 02.33.32.40.07 Le service éducatif peut vous accompagner dans votre projet. Contact : Christine Tertre - lundi après-midi et mardi après-midi - 02.33.32.40.07 christine.tertre@ville-alencon.fr
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