le Conflit de Rejet

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le Conflit de Rejet

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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1 le Conflit de Rejet par Laurent Daillie  dans Causes & Sens n°8  Hiver 2003/2004 la Séduction Cette fois j'ai choisi de vous parler de cette nécessité parfaitement biologique et abso lument vitale qui consiste à devoir séduire l’autre,.. une préoccupation pour tous et de presque chaque instant de notre existence tellement c’est une affaire de vie ou de mort. Car séduire est une nécessité qui va bien au delà du simple fait de devoir "draguer" l’autre pour avoir ses faveurs afin de pérenniser l’espèce et en faisant valoir ses magni fiques plumes bleues ou encore sa superbe Ferrari rouge ou sa plus belle toilette,.. et même si effectivement la parade nuptiale est LE préliminaire absolument incontour nable à toutes rencontres sexuées puisqu’elle permet de faire son choix… En effet, la nécessité absolue de devoir séduire l’autre s’impose bien avant que nos hormones se mettent à frétiller au moment de la puberté, et elle s’impose en fait dès les toutes premières secondes de la vie, dès l’instant où nous quittons le ventre de notre mère dans lequel nous n’avons pas grand chose à craindre. Mais pour décortiquer le mouvement, je vous invite tout d’abord à répondre à cette très simple question : au tout début d’une vie de mammifère, que nous soyons un petit d’homme, un éléphanteau, un lionceau, un agneau ou un baleineau, de quoi dépend notre survie ?.. La réponse est certes évidente : de la mère… Oui mais pourquoi ?.. Tout simplement et pour l’essentiel parce que la nourriture exclusive d’un petit mam mifère est le lait de sa mère sans lequel il meurt avant tout de déshydratation en seulement quelques heures.
Ce simple fait explique au passage un certain nombre de choses, comme par exemple la raison profonde qui fait que les tout petits paniquent si rapidement dès qu’ils n’ont plus leur mère dans leur champ de vision, ou encore pourquoi la relation mèreenfant est tellement constituante et pourquoi il est souvent bien difficile de couper le cordon ombilical, que l’on soit encore un jeune enfant ou bien même un exenfant adulte…
Mais pour poursuivre le raisonnement, je vous invite maintenant à répondre à cette deuxième question : au tout début d’une vie de mammifère et quelle que soit notre espèce, de quoi dépend notre survie ?.. J’entends d’ici votre perplexité et le grand silence qui va avec, et bien que la réponse soit aussi évidente que la précédente : notre survie dépend uniquement de l’intérêt que notre mère porte à son petit.
Non, désolé de vous contredire, l’instinct maternel n’est pas infaillible et il est même très fréquent dans la nature qu’une mère ne s’intéresse pas à son/ses petits pour une raison ou pour une autre, plus particulièrement à la première portée… Et si vous ne me croyez pas, alors faites votre enquête auprès de quelques éleveurs d’animaux et/ou auprès de quelques personnes travaillant en maternité ; vous verrez alors que l’instinct maternel à parfois (souvent) quelques ratés. Et pour ne vous citer qu’un seul chiffre édifiant dans le règne humain, je vous signale qu’il y a aujourd’hui en France tous âges confondus environ 400.000 personnes nées sous X  j’ai bien dit quatre cent mille  et sans compter les enfants ou exenfants confiés à la DDASS ou bien pire encore…
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2 Et je crois aussi qu’il est justement inscrit dans le cerveau archaïque de tous les petits mammifères venant au monde que la question se pose véritablement et qu’il y a tou jours un risque potentiel pour que cela se produise pour lui et qu’il n’y survive pas puisque sans l’intérêt de la mère à son égard  et donc sans le libre accès à la mamelle  le petit n’a donc absolument aucune chance de survivre plus de quelques heures.
Donc pour finir, je vous invite maintenant à répondre à cette troisième question : au tout début de notre vie, lorsqu’on est un mammifère et quelle que soit notre espèce, de quoi finalement dépend notre survie ?.. Et bien tout simplement de notre capacité à savoir séduire notre mère afin d’être "intéressant" à ses yeux et pour avoir toute son attention,.. c’est aussi simple que cela.
En terme plus humain  et puisque je sais que certain(e)s fibrillent toujours un peu lors que je leur parle trop longtemps de notre "babouinité"  je résumerai mon propos en disant qu’au tout début de notre existence, notre survie dépend certes de l’amour de notre mère, mais finalement surtout de notre capacité à savoir nous faire aimer d’elle.
J’espère vraiment que vous saurez entrevoir toute la portée de ce que je suis en train de vous dire car à partir de là, je ne doute pas que vous pourrez déjà par exemple mieux comprendre cette extraordinaire capacité qu’ont les tous petits à séduire les grands et surtout pourquoi nous nous emmerdons gravement l’existence pendant des dizaines d’années avec quelques structures très handicapantes.
Et pourquoi cela ?!.. Tout simplement parce que je crois qu’une très grande part de notre structure profonde est mise en place au tout début de notre vie dans le seul but de plaire à notre mère principalement +++, et aussi dans un deuxième temps acces soirement à notre père s’il est dans le secteur et dont il y a plutôt intérêt à se faire aimer parce qu’il est archaïquement potentiellement très dangereux. Pour résumer, disons que lorsque nous sommes enfants, notre survie dépend donc de notre capacité à nous faire aimer par nos parents. Mais comment croyez vous que nous y parvenions ?.. Tout simplement en sachant analyser très tôt toute leur structure, leurs principes, leurs lois internes, leurs valeurs, leur conception de la vie, leurs blessures, leurs peurs, ce qu’ils aiment ou n’aiment pas, etc.. et cela à des niveaux parfaitement énoncés dans le cadre de l’éducation que nous recevons, mais aussi à d’autres niveaux bien plus subtils qui ne sont jamais dits. Par exemple, vous comprendrez certainement qu’une petite fille dont la mère est en très grand conflit vis à vis de la sexualité, qui d’une manière ou d’une autre exprime tout son refus de la chose, qui laisse entendre combien elle estime que la relation sexuelle est dégradante, et qui en plus ne manque pas une occasion de faire savoir que pour elle toutes les femmes qui couchent sont des putains,.. vous comprendrez que cette petite fille enregistrera très vite et durablement que pour être bien vue de sa mère, mieux vaudra ne pas être trop sensuelle ni trop coquette et encore moins fréquenter les garçons. Evidemment toute sa vie, cette expetite fille aura sûrement "quelques" diffi cultés pour gérer ses désirs et ses plaisirs sexuels tout simplement parce que sa biologie lui rappellera à chaque fois qu’elle est en faute par rapport au règlement et donc qu’elle risque fort d’être sanctionnée d’une manière ou d’une autre. Par exemple, vous comprendrez aussi qu’un petit garçon qui aura toute son enfance entendu son père communiste vilipender l’argent, le capital, le patronat, les riches, 2
3 etc.. vous comprendrez bien que ce petit garçon enregistrera très vite que pour être aimé de son père, mieux vaudra ne pas trop heurter ses croyances. Evidemment ensuite toute sa vie, l’ex petit garçon aura certainement "quelques" difficultés dans sa relation à l’argent et risque fort d’avoir du mal à gagner plus que le SMIC ou encore pour devenir chef d’entreprise,.. et même s’il est luimême anticommuniste.
Le problème effectivement, c’est que nous pouvons rester handicapés durablement, éventuellement toute notre vie, par ces structures adaptatives absolument idéales et parfaites que nous mettons en œuvre dans notre petite enfance par rapport au contexte du moment et afin de plaire à ceux dont notre survie dépend, et cela bien évidemment sans la moindre conscience. La seule erreur que nous commettons un peu plus tard, c’est que nous "oublions" de débrancher ces merveilleux programmes d’adaptation et de survie lorsqu’ils n’ont plus d’utilité, c’est à dire au moment où nous quittons le nid familial et alors même que notre survie ne dépend donc plus de nos parents.
Evidemment par la suite et tout au long de notre vie, nous devons aussi savoir plaire à tout notre entourage, à la famille, au clan, à la tribu, au chef, à l’instituteur, aux ami(e)s, au patron, à notre communauté, à la société toute entière, etc.. et même pour certains d’entre nous à Dieu à qui il y a plutôt intérêt à ne pas prendre le risque de déplaire !.. Car au fur et à mesure que passent les semaines, les mois et les années, moins l’enfant qui grandit est dépendant de la mère, et plus il l’est des autres membres de sa communauté puisque si le bébé meurt lorsqu’il n’est pas inconditionnellement aimé par la mère, il en va de même pour l’enfant, l’adolescent et l’adulte s’il est rejeté par les siens puisque l’humain est un animal profondément social qui ne peut pas survivre seul en dehors de son groupe ; malheur à l’homme seul…
Car finalement au fin fond des choses et quel que soit son âge, l’une des préoccupa tions existentielles majeures pour tout individu appartenant à la classe des mammifères et à quelques exceptions près, c’est de toujours faire ce qu’il faut pour être apprécié par les siens afin de ne pas risquer d’être rejeté. Et comme un exemple concret vous parlera bien plus que la théorie, je vous propose maintenant l’histoire suivante afin illustrer mon propos :
C’est l’histoire d’une femme de 55 ans que nous appellerons Sarah et que j’ai reçue en consultation l’année dernière. Elle me consulte parce qu’elle est "monstrueusement" dépressive, qu’elle l’est depuis pour ainsi dire toujours, et tellement qu’elle reçoit même une pension d’invalidité à 100%, ce qui en passant démontre la gravité de son état puisque les services sociaux concernés n’ont pas vraiment l’habitude d’accorder un tel niveau d’invalidité à vie lorsque cela ne se justifie pas.
L’essentiel de ce qu’il convient de savoir sur l’histoire cette femme, c’est qu’elle est de confession Israélite, qu’elle est née en 1948 et donc très peu de temps après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, et surtout qu’elle est la fille des deux rescapés de l’Holocauste ; sa mère a joué à cachecache avec la Gestapo pendant de longues années dans une grande ville de Belgique et a vu disparaître une bonne partie de sa famille,.. et quant à son père, il est l’un des rares survivants d’Auschwitz.
Mais contrairement à ce que vous pourriez croire, ces faits ne sont pas directement à l’origine de la dépression de Sarah, et à l’évidence puisqu’un "certain" nombre de psy l’avaient déjà fait travailler sur ce point sans le moindre résultat… Bien plus subtile 3
4 ment, le "pourquoiducommentduparceque" de sa dépression découlait surtout de l’ambiance familiale pour le moins sombre et douloureuse dans laquelle Sarah a grandi et qui en résumé s’énonce ainsi : tout d’abord "quand on est d’origine juive et après une pareille horreur, il est absolument indécent de vivre un micro gramme de bonheur", et aussi pour ces mêmes raisons "on se doit d’être fidèle au Devoir de Mémoire".
Nous comprendrons aisément qu’après une telle épreuve ses parents n’avaient pas franchement ni envie de rire ni la possibilité de vivre sereinement le bonheur et il n’est pas non plus difficile d’imaginer quelle était l’ambiance au sein de cette famille meurtrie : à partir de là et après ce que je vous ai expliqué précédemment, vous com prendrez que la biologie archaïque de la petite Sarah a instinctivement considéré que pour avoir les meilleures chances être aimé par ses parents (et donc de survivre), mieux valait ne pas être trop heureuse, ni trop joyeuse, ni rieuse, ni coquine, ni insouciante, et qu’il valait mieux au contraire être aussi dépressive qu’eux afin être assez "séduisante",.. un peu comme si le fait d’avoir pu être aussi heureuse et joyeuse que toutes les autres petites filles de son âge et de ne pas être pleinement fidèle au Devoir de Mémoire auraient pu lui valoir d’être rejetée par sa mère avant tout, mais aussi par son père et par toute sa communauté.
En tout cas c’est ce que j’ai expliqué à Sarah et c’est aussi manifestement ce qu’elle a entendu car je sais qu’elle est enfin sortie des profondeurs de son lit où elle a passé plusieurs dizaines d’années : aux dernières nouvelles et considérant la très jolie carte postale que j’ai reçu il y a quelques semaines, Sarah semble vivre aujourd’hui loin de la grisaille parisienne, et juste à côté d’une plage de sable fin ombragée par quelques cocotiers incontestablement tropicaux,.. je m’en réjouis pour elle.
Ainsi vous voyez que la séduction n’est pas qu’une question de "drague" pour la pérennité de l’espèce ; c’est avant tout une affaire de survie individuelle puisque tout au long de notre vie, séduire est une affaire de la plus haute importance qui demande beaucoup d’attention et de talent pour toujours savoir amadouer l’autre afin qu’il ne nous rejette pas. Et si jamais maintenant vous avez quelques minutes de libre, je vous invite à faire une petite analyse de vos meilleurs outils de séduction et surtout de la façon dont vous vous y êtes pris pour séduire votre mère (et accessoirement votre père ou votre communauté), et cela pour éventuellement vous apercevoir qu’ils correspon dent justement et très précisément à vos plus subtiles problématiques qui vous auront peutêtre déjà valu quelques bonnes prises de tête ou quelques maladies…
En tout cas, j’explique bien souvent en consultation que finalement pour guérir, il convient parfois de savoir simplement prendre le risque de déplaire à nos parents ou à notre communauté (ou même à Dieu)…
Culpabilité et Dévalorisation : la Gendarmerie Intérieure Cette fois  et histoire de démontrer si besoin est que dans bien des cas il est inutile d’aller chercher ailleurs que dans la biologie la réponse à certaines questions  je me propose de vous expliquer en quoi la culpabilité et la dévalorisation sont, elles aussi, des solutions parfaites. En effet, je crois que ce duo infernal qui fait tellement de ravages  et qu’habituellement on pense être des avatars existentiels strictement psy chologiques exclusivement réservés à l’Homo Sapiens  sont une fois de plus deux
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5 merveilleuses mécaniques parfaitement archaïques et dont l’utilité est une fois encore de nous aider à gagner des instants de vie. En fait, ce que je me propose de vous expliquer maintenant est la deuxième partie de l’article sur la séduction paru dans le précédent numéro et dans lequel je vous expli quais qu’au delà de l’aspect "drague" en vu de la pérennité de l’espèce, séduire est une nécessité absolument vitale. En effet, au fin fond des choses et quel que soit son âge, l’une des préoccupations existentielles majeures pour tout individu est de toujours faire ce qu’il faut pour être apprécié par les siens, et cela afin de ne pas risquer d’être rejeté. Pour le comprendre, il faut à nouveau revenir sur l’une des grandes spécificités du genre humain, à savoir qu’il est l’animal le plus social et le plus solidaire de tous et que sa survie dépend exclusivement de son appartenance à un groupe, et cela à tous les instants de sa vie, qu’il soit nourrisson, enfant, adolescent, adulte ou encore vieillard. En effet à toutes ces étapes de la vie, nous dépendons absolument les uns des autres en terme de solidarité alimentaire, de partage des compétences et de protection mutuelle ; nous dépendons avant tout de la mère ainsi que du père, puis de la famille, du clan et enfin de la communauté toute entière. Et c’est justement pour cela qu’à tout âge et particulièrement lorsqu’on est un petit, la pire des choses qui puisse arriver à un individu est d’être exclu de son groupe, d’en être rejeté, car outre de manquer de l’essentiel en terme d’eau et de nourriture ou encore de se retrouver dans la gueule de son prédateur, être banni de sa communauté est également synonyme de mort à plus ou moins brève échéance.
Alors à l’évidence, il est absolument essentiel pour un individu de ne jamais rien faire qui pourrait lui valoir cette condamnation à mort, et pour cela il est capital qu’il sache toujours parfaitement respecter les règles de sa communauté. Cela sousentend bien sûr que l’individu est pleinement conscient de ce qui est "bien" ou de ce qui est "mal", et surtout qu’il sache toujours éviter de faire ce qu’il ne faut pas faire juste avant de le faire. A noter au passage que cette conscience du bien et du mal n’est pas une exclu sivité du genre humain et que tous les animaux sociaux  chez les mammifères en tout cas  sont concernés par cette question très corticale. Evidemment pour ne pas commettre de faute, il faut impérativement disposer de cet excellent gardefou qu’est la peur anticipatoire de la sanction  la sanction suprême étant donc archaïquement le bannissement  et c’est justement cette peur anticipatoire qui est le fondement bio  logique de ce couple infernal que sont la dévalorisation et la culpabilité et que pour ma part j’appelle lesgendarmes intérieurs, et dont le rôle est précisément de nous faire respecter la loi. Et à l’évidence pour respecter la loi, il faut d’abord toujours savoir très exactement si ce qu’on a l’intention de faire cadre avec le règlement (= culpabilité) et aussi dans le cas contraire, il faut toujours savoir se soumettre à l’autorité et obéir docilement (= dévalorisation). Pour résumer : le Rejetest donc le nœud du problème parce qu’être rejeté est ce qui peut nous arriver de pire : c’est la peine capitale biologique, la Séductionest le mécanisme qui nous permet de nous faire apprécier par ceux dont notre survie dépend,
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6 la Culpabilitéest le mécanisme qui nous amène à toujours bien nous demander au préalable si ce qu’on a l’intention de faire est bien ou mal, la Dévalorisationest le mécanisme qui nous empêche de braver l’interdit grâce au fait qu’on se sent dominé par l’autorité et qu’on a peur de la sanction. Je précise en ce qui concerne la culpabilité que j’utilise ce mot de façon générique et alors même qu’il convient de savoir faire la différence entre la culpabilité (la moins fréquente) et la peur anticipatoire de la culpabilité (la plus fréquente). Être coupable signifie qu’on a déjà commis la faute et donc qu’on attend la sanction  ce qui peut nous maintenir durablement en état de stress  alors qu’avoir peur d’être coupable signifie qu’on n’a pas encore commis la faute et qu’on fait bien attention de ne surtout pas la commettre, histoire de ne pas risquer la sanction. En fait, cette peur anticipatoire d’être coupable  et donc cette peur anticipatoire de la sanction  est le moyen le plus sûr pour qu’un individu ne transgresse pas la règle, et cela même lorsqu’il n’y a pas de gardien de la loi dans le secteur pour l’en dissuader : sans cette peur anticipatoire, rien n’empêchera l’individu de faire ce qui est interdit.
Quant à la dévalorisation, elle est le moyen le plus sûr pour qu’un individu ne prenne pas le risque de transgresser la loi et pour qu’il se mette en "pat hormonal" afin de pouvoir bien sagement baisser les oreilles puisque pour être obéissant, il faut évidem ment avoir peur de l’autorité et se sentir impuissant devant elle.
A noter que se sentir coupable est probablement l’un des ressentis les plus "cancéri gènes" qui soient parce que la personne qui considère, à tort ou à raison, avoir commis une faute grave et qui donc a mauvaise conscience, peut vivre des années durant dans l’attente de la sanction. Et c’est d’ailleurs justement pour cela qu’il est très thérapeu tique de soulager sa conscience en avouant tous ses péchés au confessionnal ou encore au commissariat de police lorsqu’on a effectivement assassiné le Colonel Moutarde dans la cuisine avec le chandelier.
Si nous prenons pour exemple la meute de loup et son organisation sociale très spéci fique autour du mâle dominant qui seul a le droit de faire des petits avec la femelle alpha afin d’éviter tout risque de surpopulation qui serait mortelle pour l’ensemble de la meute, il est bien évident qu’il doit y avoir des gardefous extrêmement efficaces pour éviter toutes transgressions clandestines de la loi par les autres membres de la meute qui eux aussi ont quelques pulsions sexuelles à vivre. Et pour cela il faut que les petits mâles et les petites femelles de la meute sachent bien que la loi est la loi et que nul n’est censé l’ignorer, et aussi donc qu’ils se soumettent docilement à cette loi sous peine de sanctions graves.
Et si nous prenons pour exemple l’humanité et son organisation routière très spécifique autour d’un code de la route qui définit la bonne conduite et permet d’éviter l’héca tombe, il est bien évident qu’il doit y avoir des gardefous extrêmement efficaces pour éviter toute transgression de la loi afin que soit respecté le sens de circulation, la signa lisation et la limitation de vitesse. Pour cela il faut que tous les usagers de la route sachent bien que la loi est la loi et que nul n’est censé l’ignorer, et aussi donc qu’ils se soumettent docilement à cette loi sous peine de sanctions graves. C’est plus simple
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7 ment ce qu’on appellela peur du gendarme, d’où mon idée de comparer la dévalorisation et la culpabilité à des gendarmes intérieurs. Ce que je veux dire en résumé et avant d’illustrer mon propos par quelques exemples concret, c’est que pour vivre heureux au sein de son groupe  et donc pour ne pas risquer d’être sanctionné et/ou rejeté  et donc pour toujours bien savoir respecter toutes les règles de sa communauté  il faut impérativement être dévalorisé afin d’être bien obéissant et toujours avoir très peur d’être coupable afin de ne pas risquer de faire des conneries : tout cela est une question de vie ou de mort. Je vous invite à bien méditer cette dernière phrase car je crois vraiment qu’elle expli que à elle seule presque tous nos conflits existentiels et donc par conséquence la plupart de nos blocages. Et je crois que pour bien savoir qu’elles sont ces règles que nous nous évertuons à respecter jusqu’à, parfois, nous en rendre malade, il y a plutôt intérêt à bien savoir qui les a écrites : d’expérience, je peux vous dire que le quarté gagnant est habituellement la mère, le père, la religion et la communauté, en sachant que certaines règles sont parfaitement écrites et que d’autres ne le sont pas du tout et donc qu’elles restent très floues. Evidemment à chaque fois se pose le problème de l’équité des règles que nous devons respecter, certaines étant de la plus belle intelligence et d’autres de la plus parfaite bêtise. Car s’il est des règles parfaitement justes et absolument incontournables qui doivent impérativement être respectées pour la survie de la communauté ou plus simplement pour sa quiétude, il est d’autres règles qui ne sont pas nécessairement justes et qui peuvent même durablement bloquer un individu dans son évolution, en sachant que la plupart des règles s’apprennent durant l’enfance.
Pour illustrer la chose et parmi d’autres exemples, je peux vous expliquer par le détail les tenants et les aboutissants d’une de mes difficultés existentielles que j’ai trimballé pendant près de 40 ans et qui m’a franchement beaucoup handicapé,.. à savoir d’une part une grande difficulté à m’exprimer en société tant que je n’y étais pas clairement invité et d’autre part lorsque j’étais sollicité pour le faire, une très grande prudence quant aux idées que j’exprimais. Evidemment avec de telles peurs appréhensions, vous comprendrez facilement que j’ai pu avoir pendant longtemps "quelques" difficultés à participer à une conversation, à exprimer ma pensée, ou même à seulement oser prendre la parole. Cela dit, ça va beaucoup mieux…
Mais pour vous expliquer l’origine de ce handicap, je vais bien sûr devoir vous parler un peu de mes parents qui, bien qu’étant des personnes hautement estimables, n’en sont pas moins eux aussi quelque peu conflictualisés et légèrement handicapés par certaines croyances limitantes,.. mes très respectueuses condoléances à vous deux…
En ce qui concerne ma mère, il se trouve que cette femme avait à tort ou à raison la croyance que les enfants ne doivent pas intervenir dans les conversations d’adulte, et plus particulièrement en présence de personnes étrangères à la famille, des fois que les enfants diraient des choses qu’il ne faut pas dire ou pire encore qu’ils fassent preuve de leur mauvaise éducation. Cela m’a valu d’entendre un certain nombre de fois ma manman me demander "mais quand vastu apprendre à te taire ?", cela m’a valu quelques menaces de sanction et même un peu plus dans certains cas, et tant et si bien
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8 que j’ai vite compris qu’il valait mieux la fermer en présence de personnes étrangères à la famille et qu’il était fortement déconseillé de s’immiscer dans une conversation.
En ce qui concerne mon père, il se trouve que cet homme a longtemps été une sorte de flacon de nitroglycérine qui pouvait facilement vous péter à la figure au moment où on s’y attendait le moins, et le plus souvent à cause d’un propos ou d’une opinion qu’il n’appréciait pas. Cela m’a valu "quelques" désagréments et surtout m’a amené à très vite enregistrer qu’il y avait plutôt intérêt à bien faire attention à ce que je disais.
Evidemment par la suite avec ce double message que j’ai intégré en terme de "parler est dangereux" et "dire est dangereux", le simple fait d’ouvrir la bouche m’a très longtemps mis automatiquement en surstres (et donc bloqué) tout simplement parce que mon bon cerveau protecteur m’indiquait préventivement à chaque fois que j’allais enfreindre la loi et donc que je risquais fort d’être sanctionné d’une manière ou d’une autre, et donc par conséquence qu’il valait mieux que j’obéisse et que je la ferme, ou en tout cas que je fasse très attention à ce que j’allais dire.
Quant au plus incroyable de cette histoire, c’est que j’ai cru pendant au moins 25 ans être parfaitement émancipé de l’autorité de mes parents puisque je l’avais depuis très longtemps remise en cause et alors même que je continuais à être un bon fils soumis et obéissant, et cela tout simplement parce qu’au fin fond de ma structure, je continuais à avoir peur de commettre la faute qui me vaudrait leurs sanctions.
Mais mon cas personnel est bien peu de chose en comparaison d’autres histoires que j’ai eu l’occasion de rencontrer et dont les conséquences ont fini par être beaucoup plus graves en terme de santé,.. comme dans le cas absolument caricatural de cette jeune femme sans enfant et complètement délaissée depuis des années par son mari qui avait basculé dans l’homosexualité, et qui en était aux prémices d’un cancer du col de l’utérus (je vous laisse faire le décodage) parce qu’elle ne pouvait pas divorcer : en effet il était écrit à l’encre indélébile dans la culture familiale que cela ne se faisait pas. Elle me dira même très clairement : "Ah non alors,.. je ne peux pas faire ça,.. ma mère ne me le pardonnerait jamais", ce qui en langage clair exprime parfaitement sa peur anticipatoire d’être rejetée si elle commet une telle faute.
Bien heureusement, les choses ne vont pas nécessairement jusqu’à la maladie mais elles peuvent quand même être franchement et durablement handicapantes, et d’autant plus lorsqu’elles sont subtilement insidieuses et donc difficiles à mettre au jour, com me dans le cas presque banal de cette femme de 47 ans prénommée Régine qui, sur le chemin de sa thérapie, vient de rencontrer l’une de ses particularités qu’elle a com mencé par énoncer ainsi : elle ne sait pas s’amuser. Puis après réflexion, elle réalise que finalement s’amuser ne l’amuse pas, et que même cela la met très profondément mal à l’aise.
En fait, cette femme est depuis sa plus tendre enfance comme une abeille ouvrière tou jours très active qui jamais ne s’arrête d’agir utilement et qui ne peut concevoir de rester à ne rien faire : cela lui est impossible. Ainsi et parmi d’autres exemples, si elle est conviée à une fête, alors elle ne peut s’empêcher de s’inclure à l’équipe organi satrice et préfère se rendre utile en vidant les cendriers ou en ramassant les verres vides, et cela plutôt que de s’amuser.
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9 Quant au pourquoiducommentduparceque de cette attitude, vous allez voir qu’il n’est pas bien difficile à expliquer : il se trouve que cette femme a grandi au sein d’une famille dont la particularité est d’avoir été dirigée d’une main de fer par un grandpère absolument despotique. Et dans la conception de cet homme, il était totalement incon cevable qu’on puisse, quel que soit son âge, rester une seule seconde à ne rien faire d’utile. Evidemment toute transgression de cette loi valait au coupable de très sévères sanctions corporelles et/ou morales.
Alors vous comprendrez aisément que Régine ait très vite compris qu’il n’était pas du tout recommandé d’être une petite fille insouciante et oisive, et que s’amuser était très dangereux. Ainsi par la suite et jusqu’à ce qu’elle en prenne conscience  en solution parfaite pour éviter le danger  c’est son bon cerveau protecteur qui l’empêchait de prendre le risque de s’amuser ou même de rester cinq secondes à ne rien faire. C’est un peu comme si depuis toujours et à chaque fois que Régine avait la moindre ten dance à l’inutilité, son cerveau l’avertissait immédiatement en ces termes : "mais tu n’y pense pas,.. malheureuse,.. tu vas te faire massacrer !.. Trouvetoi vite quelque chose d’utile à faire avant que le grandpère te voit en train de glander…"
Accessoirement dans son cas et pour bien verrouiller le conflit, un deuxième niveau de peur anticipatoire de la culpabilité était bien en place : en effet, lorsque Régine était prise en flagrant délit de "glandouillage" par le grandpère, non seulement elle était très durement sanctionnée, mais sa mère l’était aussi car le grandpère reprochait alors à la mère de laisser sa fille ne rien faire d’utile. Par conséquence, toute transgression de la loi du grandpère lui valait une deuxième et/ou une troisième peur : que sa mère puisse lui reprocher de la mettre en difficulté à cause de son oisiveté et que cela lui vaille une sanction supplémentaire, ou pire encore et plus subtilement, qu’elle soit coupable de faire du mal à sa maman et que cela lui vaille d’être rejetée par cette dernière.
A noter que ces lois parfaitement iniques que nous nous évertuons à respecter sont le plus souvent tellement profondément gravées dans notre structure que nous avons le plus grand mal à nous en libérer, et cela tout simplement parce que nous ignorons jusqu’à leur existence. De plus, la plupart de ces lois ayant été enregistrées durant l’enfance et ayant servi de bases à notre structuration, elles restent donc applicables bien après qu’on se soit émancipé de l’autorité de celui ou de celle qui les aura défi nies, et parfois toute notre vie si nous n’avons pas la chance de nous en apercevoir.
D’autre part et puisque finalement notre cerveau ignore totalement la mort de l’autre aussi longtemps qu’on pense à lui, on pourra durablement continuer à redouter la critique, la réprimande ou la sanction d’un référent bien après qu’il soit mort : c’est le cas par exemple d’une de mes patientes qui, à presque chaque instant de sa vie, se demande toujours si son père approuverait ses pensées et ses actes, et alors même que cet homme est mort depuis plus de 30 ans…
En tout cas, j’explique bien souvent en consultation que finalement pour guérir, il convient parfoisde simplement savoir prendre le risque de désobéirà nos parents ou à notre communauté, et même parfois à Dieu… J’explique qu’en solution parfaite et avec le plus grand talent, nous savons durant l’enfance très exactement nous adapter aux lois imposées par nos référents afin d’une part de leur plaire et d’autre part de ne
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10 pas risquer de leur déplaire, mais que nous commettons juste une petite erreur au moment où nous quittons le nid : nous oublions d’arrêter ces programmes antirejet. Cela dit, il est effectivement difficile d’interrompre des programmes de protection que nous ignorons être en fonction et aussi dont nous ignorons même les spécificités. Alors je crois que la meilleure façon pour commencer à comprendre à quoi ressemblent ces programmes est de faire une analyse fine des fonctionnements, des croyances et des principes de nos parents afin de découvrir et abroger ces quelques lois inutiles qui bloquent notre évolution. En tout cas en ce qui me concerne et pour ce qui est de mon blocage à la parole, je peux enfin prendre la liberté de dire ce que j’ai envie de dire et quand j’ai envie de le dire ; j’ai pris le risque de dire merde à ma maman et merde à mon papa, cela fait franchement le plus grand bien et même si ce n’est pas poli… Cela dit, je roule bien sagement à 50 km/h en ville, à 90 sur route et à 130 sur autoroute, et je ne saute pas sur toutes les petites femelles que je croise sur mon chemin : mes gendarmes intérieurs restent en faction et je baisse docilement les oreilles lorsque la loi est juste. Quant à Régine, je lui souhaite très sincèrement d’enfin pouvoir, en conscience et avec délectation, oser faire un magistral bras d’honneur à son grandpère et de beaucoup lui désobéir : ainsi elle pourra enfin glander et s’amuser à sa convenance,.. et tout cela si possible bien avant la prochaine grande fiesta prévue en octobre prochain.
DocumentLaurent Daillie 8 Place de l'Église  71700 Farges les Mâcon France Consultant et Formateur en Décodage Biologique  Consultations individuelles en Bourgogne et à Paris tél : 03.85.40.52.23 ou 06.88.89.06.17  email :laurent.daillie@wanadoo.fr site :www.biopsygen.com 10
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