Document - Platon et l'Académie

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Document - Platon et l'Académie

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Platon et l’Académie
427 – 347 av. J-.C.
I. Vie de Platon :
Platon est né à Athènes, au dème de Collytos, en 427 avant J.-C. Il appartient à une illustre
famille aristocratique, descendant par son père du roi Codros, et de Solon le grand législateur, et par sa mère, du
sophiste Critias qui fut l’un des Trente tyrans et de Charmide dont un dialogue porte le nom. La jeunesse de
Platon se passe à cultiver, en fils de grande famille, les jeux sportifs, les lettres et surtout la poésie. Il est l’élève
de Cratyle, lui-même héraclitéen. Il a vingt ans lorsqu’il rencontre Socrate, âgé lui-même de soixante-trois ans,
qu’il va fréquenter jusqu’à sa condamnation à boire à la ciguë, en 399 avant J.-C. Il aurait rédigé certaines
dialogues (
Hippias Majeur, Protagoras
) du vivant même de Socrate. Ce dernier a une double influence sur
Platon, à la fois négative et positive : positive, puisque c’est lui enseigne à Platon l’importance des
préoccupations morales, politiques et éducatives, ainsi que l’exigence de la réalité des Idées ; négative, en lui
transmettant la nécessité d’une critique implacable des sophistes et de leur art. Ces préoccupations socratiques
laissent une empreinte profonde sur les premiers dialogues de Platon.
A la mort de Socrate, en 399, Platon se retire à Mégare et n’assiste pas à la mise à mort de son maître dans sa
prison. Il se rend trois ans plus tard en Egypte, puis à Cyrène, auprès d’Aristippe et de Théodore, le maître du
Théétète
. On ignore s’il retourna ensuite à Athènes ou s’il se rendit directement en Italie du sud. Quoi qu’il en
soit, l’influence italienne va être décisive pour la suite de son oeuvre, à la fois par la rencontre avec la tradition
éléate et par la découverte des pythagoriciens. Platon fait alors l’acquisition des livres de Philolaos, peut-être
pour lui venir en aide, en tous cas pour tirer de lui l’idée que les principes des nombres, puis de toutes les
grandeurs, sont le
limité
et
l’illimité
; et il rencontre Archytas auprès duquel il s’instruit non seulement des
nombres, mais de la proportion. En 388, Platon se trouve pour la première fois en Sicile, gouvernée par Denys
Ier, qui a pour beau-frère Dion, préoccupé de philosophie et futur destinataire de plusieurs lettres de Platon (IV,
VII, VIII et X). En Sicile, Platon fait la connaissance du poète comique Epicharme. Il apprend de ce dernier qu’il
peut exister un spectacle philosophique, où ce que l’on donne à voir, tout comme ce qui est dit, peut être matière
à réflexion et leçon pour un spectateur ou un lecteur. Le choix de la forme dialoguée doit beaucoup à Epicharme
et à un autre Syracusain, Sophron, lui aussi comique, dont on retrouvera une édition des saynètes ou pochades
philosophiques sous l’oreiller de Platon après sa mort. Le séjour en Sicile s’achève de façon dramatique. Dion
embarque Platon, menacé, sur un navire spartiate contraint de faire escale à Egine, en guerre contre Athènes.
Platon, prisonnier, est vendu comme esclave, puis racheté et libéré par un Cyrénaïque, Annicéris.
La date de la fondation de l’Académie est 388-387 avant J.-C. Platon est alors âgé de quarante ans et il va y
enseigner jusqu’à sa mort, quarante ans plus tard. Le rayonnement de l’Académie est considérable. Cette
institution, installée dans les jardins d’Académos, et plantée de « platanes » par le maître, fonctionnait comme
une université des sciences et des lettres et comme une école supérieure de cadres politiques et administratifs.
Non seulement elle forma des philosophes et des savants, mais des responsables politiques. A Athènes, la
concurrence était vite dans ce domaine. Isocrate dirige alors la grande école rivale, que Demosthène quitte pour
rejoindre l’Académie de Platon, avec Aristote pour condisciple. Après la mort de Denys Ier, Dion et Platon
formèrent de vaines espérances sur le tempérament philosophique de son neveu Denys II. C’est ce qui, par deux
fois, en 366 et 361 avant J.-C., reconduisit Platon en Sicile. Le deuxième voyage s’achève par l’exil de Dion et le
renvoi de Platon ; le troisième voit le maître de l’Académie plaider la cause de Dion, mais en vain. Denys lui ôte
toute liberté de mouvement et Platon lui-même ne doit son salut qu’à Archytas.
II. L’oeuvre :
A sa mort, en 347, outre une école illustre et de nombreux émules, Platon laisse une oeuvre considérable dont
l’enseignement oral est certes absent (c’est Aristote et certains commentateurs qui constituent nos seules sources
en la matière) mais dont l’ensemble des ouvrages destinés au public, des dialogues et des lettres apocryphes
(dont l’authenticité est douteuse) nous est parvenu. On divise généralement ses oeuvres en authentiques et
suspectes (apocryphes) et l’on distingue différents groupes ou époques au sein des ouvrages tenus pour
authentiques :
A-
OEuvres authentiques
(dialogues)
Jeunesse (399-390) :
Hippias, Ion, Lachès, Charmide, Protagoras, Euthyphron, Apologie de Socrate, Criton
.
Transition (390-385) :
Gorgias, Ménon, Euthydème, Lysis, Ménexène, Cratyle
.
Maturité (385-370) :
Phédon, Banquet, République, Phèdre
.
Vieillesse (370-347) :
Théétète, Parménide, Sophiste, Politique, Timée, Critias, Philèbe, Lois, Lettres
.
B
-
OEuvres apocryphes
Grand et Petit Alcibiade, Axiochos, Clitophon, Définitions, Démodocos, Eryxias, Hipparque, De la justice,
Minos, Les Rivaux, Sisyphe, Théagès, De la Vertu.
III. Sources et apports philosophiques
:
Platon subordonne le monde (ou
lieu
) sensible au monde idéal et aux essences. Notre monde empirique dans son
intégralité est, selon lui, tendu par une immense aspiration vers ces essences qui « sauvent » les phénomènes.
Platon construit sa philosophie sur les concepts fondamentaux suivants, appelés à peser très fortement et très
durablement sur l’ensemble des traditions de pensée, au moins jusqu’à la Renaissance :
Idée
( ou
Essence
)
: Forme intelligible éternelle et immuable, modèle de toutes choses ;
réalité non perçue et néanmoins plus réelle que les êtres sensibles. A ces Essences idéales ou
Formes intelligibles « participent » toutes les autres choses et réalités.
Dialectique
: Mouvement par lequel l’âme s’élève progressivement et par degrés, des apparences sensibles
jusqu’aux Idées.
Bien
: Confondu avec le Divin, échappant à tout effort de définition, c’est le principe suprême, supérieur à
l’existence et à l’Essence.
Opinion (
doxa
)
: Connaissance de nature inférieure, portant sur les objets du monde sensible.
Justice
: Elle est, en nous, comme un ordre maintenant à sa place et à sa fonction chacune de nos forces
intérieures. A l’échelle de la Cité et de l’Etat, elle désigne le fait pour chaque classe d’accomplir sa tâche propre
et donc à la fois l’équilibre et l’harmonie entre les différentes forces et classes coexistant politiquement et
socialement.
Vertu
: Elle désigne pour Platon la participation à la vraie connaissance (selon laquelle, par exemple, nul n’est
méchant volontairement, et le vrai courage est la connaissance de ce qu’il faut vraiment redouter). En règle
générale, la vertu désigne chez les Grecs un principe d’excellence, et chez Socrate en particulier, elle est la
science du bien et du mal, le vrai mérite. Les vertus cardinales, celles autour de quoi tout s’ordonne, sont la
prudence, le courage, la tempérance et la justice.
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