Le tourisme sportif: cadre d'analyse et contexte. L'exemple de la ...

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Publié le : lundi 11 juillet 2011
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Le tourisme sportif: cadre d'analyse et contexte. L'exemple de la France
Charles PIGEASSOU Université de Montpellier 1   Résumé: Le tourisme sportif est né, d’une part de l’extension du sport aux activités de loisirs sportifs et, d’autre part, de la nécessité du tourisme de développer des produits complémentaires aux services de base du tourisme. Ce rapprochement tend à imbriquer plus fortement les activités touristiques et les activités sportives. Cette situation ne facilite pas l’identification du tourisme sportif comme produit ou service distinct du sport et du tourisme. Le tourisme sportif est-il un produit séparable du sport et du tourisme? En d’autres termes, le tourisme sportif est-il assez singulier pour nécessiter une approche management et marketing particulière? A partir de l’étude du tourisme sportif en France, nous montrerons la diversité et l’impact des produits du tourisme sportif sur le tourisme. Porté par des effets de mode et de société, le tourisme sportif n’est pas un phénomène récent mais sa diversification en fait un phénomène de masse. Il s’agira, à partir d’une définition ciblant les limites du tourisme sportif, d’analyser les produits, les clientèles et l’impact économique dans le cadre du tourisme. Quelques réflexions prospectives constitueront la dernière partir de la conférence.
1. Le tourisme sportif: une réalité observée mais indéfinie Si elle n’apparaît plus comme un néologisme, l’expression tourisme sportif ne peut se prévaloir d’un héritage et d’une tradition dans l’histoire des vacances, du tourisme ou du sport. Elle apparaît dans les années 80, en Europe ou aux Etats-Unis1, pour caractériser un ensemble de pratiques qui relèvent à la fois du tourisme et du sport pris dans une acceptation large. Quinze ans plus tard l’amplification du phénomène et sa signification sociale dans les sociétés occidentales incitent à s’interroger sur le phénomène et à l’analyser. L’expression s’est imposée sans pour autant avoir été définie et critiquée jusque dans les années 902. Le sport et le tourisme ont fait l’objet de travaux dans les dernières décennies permettant de mieux connaître ces phénomènes et donnent lieu aujourd’hui à une littérature scientifique de plus en plus                                                  1.La réflexion sur les relations entre le sport et le tourisme démarre en 1971 dans le cadre des activités (séminaire, congrès) de l’International Council for Sport Science and Physical Education (ICSSPE). La première manifestation scientifique menée sur le tourisme sportif s’est tenue en Israël en 1986, organisée conjointement par l’ICSSPE et l’International Council for Health, Physical Education and Recreation (ICHPER). The Journal of Sports Tourism est la première revue scientifique thématisée sur le tourisme sportif apparue en Octobre 1993 ; elle existe toujours sous la forme de revue Internet en ligne (www.sptourism.net). La première conférence mondiale sur le tourisme sportif a été organisée conjointement par l’Organisation Mondiale du Tourisme et le Comité International Olympique à Barcelone les 22 et 23 février 2001. 2. entre sport et tourisme apparaissent au début des années 80 (Glyptis pports les premiers ouvrages traitant des ra Si S.A., Sport and tourism in Western Europe, London : British Travel Educational Trust, 1982), c’est en 1987 qu’apparaît dans le titre d’un article l’expression tourisme sportif (De Knop, «Some thoughts on the influence of sport tourism », in Proceedings of the international seminar and worshop on outdoor education recreation and sport tourism, Wingate Institute for Physical Education and Sport , Netanya, Israël, 38-45). Le premier ouvrage sur le sujet date de 1995 : A. Drayer & A. Krüger (Eds), Sporttourismus, Management and Marketing Handbuch, München, Oldenbourg, 1995, 466 p.
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abondante. Si l’on se réfère aux savoirs établis le tourisme sportif n’apparaît que comme un phénomène récemment identifié et promu. Certaines fédérations sportives nationales et internationales telles que le ski, le canoë-kayak3ou la voile se sont intéressées à ce phénomène depuis de nombreuses années mais l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) ne l’a pas identifié, indépendamment d’autres phénomènes touristiques. La caractérisation du tourisme sportif par les organisations internationales et nationales s’appuie sur les classifications (recommandées) de l’OMT appliquées aux voyageurs en fonction des caractéristiques de leur déplacement (changement de pays, durée de séjour) et des motifs de la visite. Le tourisme sportif se fond dans la catégorie « loisirs, détente, vacances »4. Ce n’est pas évidemment avec un tel outil que l’on va clarifier et affiner la connaissance du phénomène. Le tourisme sportif semble un produit aux contours flous et aux limites extensibles en cours d’identification, plus virtuel que réel dans la galaxie des produits touristiques. En France comme dans la plupart des pays européens, s’intéresser au tourisme, c’est s’intéresser à un secteur économique majeur et à un tiers secteur scientifique interdisciplinaire au savoir balkanisé et atomisé. Les quelques observations recueillies semblent indiquer qu’il en est de même en Italie
1.1. Le tourisme sportif: entre sport et tourisme La réflexion sur le tourisme sportif ne peut se satisfaire de la perspective d’un prolongement ou d’une extension du sport pas plus que d’une ouverture du tourisme à des activités nouvelles pour suivre et accompagner des comportements de touristes plus curieux et plus voraces d’activités. Le tourisme sportif constitue un ensemble de productions originales qui rendent compte de décalage avec les pratiques habituelles du tourisme et du sport mais également d’un métissage des activités sportives et touristiques. L’originalité du tourisme sportif réside dans l’intégration d’éléments propres aux secteurs du sport et du tourisme pour lui donner une configuration singulière. En première approximation, le tourisme sportif n’emprunte aux sports que certains de ses aspects: motricité sportive ou ludique et éléments culturels pour les replacer hors du contexte familier créant un contexte différent, celui du voyage. Voyager est une réponse à des aspirations caractérisées plus qu’une quête indéfinie. En privilégiant la destination sur le voyage, le tourisme sportif instrumente le déplacement en le saturant de signification. En quelque sorte, le tourisme sportif opère un métissage entre l’expérience du voyage et la sphère des activités sportives: combinant des lieux de destination et des activités motrices, ludiques et culturelle. La multiplication et la diversification des possibilités de découverte et de voyage rendent le touriste de moins en moins captif de représentations génériques et de pratiques de tourisme établies. Le touriste en devenant de plus en plus acteur de ses choix et entrepreneur de ses projets organise et construit le rêve de ses vacances.
                                                 3. La Fédération française de canoë-kayak consacre 3 % de son budget au sport de loisirs et tourisme (Source : FFCK) 4. classification recommandée de l’OMT sur les motifs de visite repose sur 6 groupes pour le tourisme émetteur et La interne : loisirs, détente, vacances ; visites à des parents et amis ; affaires et motifs professionnels, missions réunions ; traitement médical ; religions, pèlerinages ; autres.Cette typologie n’a pas connu d’évolution depuis son origine c'est-à-dire plus de 50 ans (M. Boyer,Le Tourisme, Paris, Le Seuil, 1972 ; P. Py, Le Tourisme. Un phénomène économique, Paris, la Documentation française, 1996).
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2. Approche empirique et délimitation préliminaire 2.1. Une histoire ou une mode?  Les phénomènes subsumés sous le terme de tourisme sportif ont-ils assez d’épaisseur pour se donner à voir et plus encore à être étudiés. En d’autres termes, s’agit-il d’un effet de mode ou bien trouve-t-on de semblables phénomènes dans d’autres sociétés? D’un point de vue historique, c’est avec les premières formes de manifestations sportives que l’on rencontre cette réalité associant sport et tourisme. On peut se référer au récit de Pausanias pour caractériser et différencier des espaces de pratique sportive et des lieux d’hospitalités fréquenté par les spectateurs des Jeux Olympiques antiques. De semblables faits sont relatés par des historiens du sport anglo-saxons (Backer, 1982 ; Finley and Plecket, 1976 ; Van Dalen and Bernett, 1971). Les Jeux Olympiques antiques apparurent en l’an 776 avant J. C. et se répètent tous les quatre ans pendant plus d’un millénaire. Les installations sportives édifiées permettaient la participation d’un large public. A Olympie, les gradins pouvaient accueillir 40 000 personnes. On sait par ailleurs que les athlètes, représentant les cités étaient accompagnés de « supporters » qui les encourageaient pendant la durée des jeux. Ces pratiques caractéristiques sont fondatrices d’une association entre tourisme et sport. Au cours du Moyen-Âge, Jusserand (1986) rapporte quelques faits attestant des formes d’associations entre déplacement et jeux traditionnels. Il faudra attendre le XIXesiècle et le début du XXesiècle avec l’avènement du sport moderne: pour voir s’établir de tels phénomènes (Le Floc’hoan, 1962). D’autres formes de pratiques de loisirs sportifs, celles des classes bourgeoises et aristocratiques anglaises qui parcourent l’Europe dans le contexte d’un rite initiatique, le Tour (Clencle, 1676 ; Bromley, 1692) s’apparentent à ces phénomènes (Rauch, 1993 ; 1996 ; Boyer, 1972 ; 1996 ; 2000). L’inscription sociale de ce phénomène est ancien et perdure dans le temps. Il ne s’agit pas d’un phénomène de mode.
2.2. Une amplification du phénomène.  L’intérêt porté aux relations antre sport et tourisme s’est accru dès lors qu’un rapprochement des sphères du tourisme et du sport s’est objectivement produit. Sportivisation de la société (place culturelle et économique du sport), expansion et renouvellement des formes sportives (accroissement du nombre de sports et diversification des usages des techniques sportives), approche hédoniste des pratiques corporelles (privilégiant l’expérience du plaisir sur l’apprentissage du geste), appel de la nature et souci du corps concourent à développer des représentations positives vis-à-vis du sport et du loisir sportif et du corps (Rauch, 1988). L’évolution quantitative du temps libre, au cours de l’existence des individus comme dans leur vie quotidienne, offre à chacun des possibilités chaque jour plus grandes: la croissance du temps vacant introduit des besoins et des demandes nouvelles que la mise en désir de la société de consommation convoite et essaie à la fois d’orienter et de satisfaire. Cette convergence de phénomènes et à la base, au niveau individuel, d’un attrait croissant pour cette catégorie de pratiques emblématiques d’une « société ludique » et, au plan collectif d’un engouement pour ce nouvel eldorado. Les stratèges et les économistes du tourisme misent sur cette opportunité pour développer, dynamiser ou revitaliser un secteur à la recherche d’un nouveau souffle. L’euphorie est toutefois tempérée par le niveau général de la croissance, plus atone au cours des deux dernières années, à la recherche de relais de croissance.
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2.3. Eléments de terminologie  Les premières interrogations qui surgissent quand on cherche à comprendre un phénomène portent sur sa délimitation. Différents travaux portent sur la compréhension des phénomènes observés. Une revue de ces travaux met en évidence des terminologies différentes et un souci de précision et de rigueur dans la délimitation de catégories. Des débats s’engagent également pour interroger la singularité des phénomènes, leur identité et leur contribution à la définition d’un objet. L’inventaire présenté s’attache aux publications les plus caractéristiques au cours de la phase initiale dans les langues françaises, allemandes et anglaises.  
Formulations dans Identifications des premiers littérature anglaise et travaux visant à définir le française et allemande phénomène Sport tourism Gibson, 1998 ; De Knop, 1995 ; Delpy, 1998 ; Turco & Eisenhardt ,1998; Pigeassou, 1997; IOC, WTO, 2001 Sports tourism Redmond, 1990, 1991 Tourisme sportif Pigeassou, 1997 ; Bourdeau, 1999 Pratiques touristiques et Dewailly et Sobry, 1997 sportives Sporttourismus Dreyer et Krüger, 1995 ; Sport-tourismus Trossien, Dinkel, 2001 Tourisme sport Kurtzman & Zauhar, 1995 Sport touristique Pigeassou et Filloz, 2000 Origet du Cluzeau Vicerat, 2000 Tableau 1: Approches terminologiques du tourisme sportif Ces travaux ont en commun le projet explicite d’argumenter sur l’objet du tourisme sportif et d’ordonner l’observation des phénomènes. De nombreux articles adoptent la terminologie tourisme sportif (sport tourism) sans nécessairement prendre le soin de préciser ce qui est sous-entendue dans leur approche. Il semble qu’aujourd’hui, cette expression s’impose pour définir un ensemble de faits, caractéristiques de relations qui s’établissent entre des phénomènes se rapportant au sport et des éléments se rapportant au tourisme.
2.4. Caractérisation du tourisme sportif  Les travaux pionniers s’interrogent sur ce qui est caractéristique du tourisme sportif. Le fait de participer aux grands évènements sportifs (Jeux Olympiques, Championnats du Monde, Coupe du Monde…) associe des prestations touristiques à des services sportifs (Hall, 1992a ;
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Chalip, Green & Vander Velden, 1998 ; Delpy, 1996 ; Gibson, 1998a). La participation à des pratiques sportives ou de loisirs sportifs sur un lieu de vacances constitue une autre catégorie d’observation combinant sport et tourisme (De Knop, 1987, 1990 ; Gibson & Yiannackis, 1992 ; 1994 ; Nogawa, Yamguchi & Hagi, 1996). D’autres observations portent sur la visite de lieux culturels en rapport avec le sport (Redmont, 1990 ; 1991 ; Gibson, Attle & Yiannakis, 1998): musée, monument, installations sportives, attractions). Entre ces catégories d’observations il y a de commun l’association ou la combinaison d’éléments en provenance d’une part de la sphère sportive et, d’autre part, de services en matière de tourisme. Un consensus se dégage à l’heure actuelle sur l’intégration de ces catégories d’observation dans ce que l’on dénomme tourisme sportif.
2.5. Des éléments en discussion  Il apparaît en premier lieu que les discussions et les débats qui traversent le champ du sport et du tourisme sont naturellement transposés dans le tourisme sportif. Dans le champ sportif, la question de la définition du sport a été l’objet de nombreuses controverses. A une définition historique (Loy, 1968 ; Jeu, 1977 ; 1982) faut-il substituer une définition ouverte? Le débat en Europe et celui aux Etats-Unis sont de nature différente du fait d’une terminologie en rapport avec la culture. Les Nord Américains distinguent le « sport » en lui donnant un sens traditionnel et la « recreation » plus caractéristique des loisirs sportifs (Coakley, 1990) ou d’activités ludosportives. Dans ces dernières pratiques, le caractère récréatif se matérialise par une mise à distance des règles et des formes compétitives. Une troisième expression « outdoor activities » couvre les activités physiques de pleine nature ou en milieu naturel: celles-ci sont particulièrement représentées dans le tourisme sportif (randonnées, ski, voie, canoë…). Le Conseil de l’Europe a adopté en 1992 une définition du sport ouverte qui sert aujourd’hui de référence: « toute forme d’activité physique qui à partir d’une participation occasionnelle ou organisée vise à développer la santé physique et le bien être mental, à établir des relations sociales ou obtenir des résultats dans des relations sociales ou obtenir des résultats dans des compétitions de différentes niveaux » ( cité par Standeven, De Knop, 1999, 8). Aujourd’hui, un large consensus s’est fait autour d’une définition ouverte du terme sport quelle que soit la culture sportive de référence (Bennett, Howell and Simri, 1983, Spears and Swanson, 1983 ; Macdonald, 1988 ; Jones, 1993 ; Sagawa, 1996). Dans le champ du tourisme, les débats se poursuivent autour de la distance minimale à parcourir pour passer du déplacement au voyage et de la durée à passer hors de son domicile (24h ou plus). Bien que ces questions ne soient pas essentielles dans la définition de l’objet tourisme sportif, elles rejaillissent dessus (Nogawa et al., 1996). Même si les définitions de l’Organisation Mondiale du Tourisme sont discutables, l’avantage de les adopter unifie le champ d’observation et facilite l’établissement de statistiques et de travaux de comparaison. La nature du voyage, son motif a constitué un sujet de débats: doit-il être professionnel ou ludique dans le cadre du tourisme sportif (McIntosh et al., 1995) ou simplement ludique (Yiannakis et Gibson, 1992). Une différence d’orientation et de sensibilité est à souligner entre perspective européenne et américaine. Les européens mettent davantage l’accent sur la participation active dans le tourisme sportif (De Knop, 1987; 1990 ; Glyptis, 1991 ; Glyptis et Jackson, 1993), alors que les chercheurs
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américains abordent plus spontanément le tourisme sportif sous l’angle du spectacle et du spectateur (Redmond 1990, 1991 ; Turco et Eisenhardt, 1998). Comme le souligne Gibson (1998, 46) cette orientation est la conséquence toute particulière que portent aux retombées économiques des spectacles sportifs les instances en charge du tourisme au niveau local (« community sport commissions »).
3. Contributions de référence à la définition du tourisme sportif  La réflexion sur le tourisme sportif, amorcée il y a une quinzaine d’années, a donné lieu à des propositions ou des contributions pour définir le tourisme sportif. Plus ou moins élaborés, ces travaux ont eu le mérite d’ouvrir le chantier. Les contributions retenues dans cette synthèse sont celles qui sont apparues les plus significatives dans la littérature sur ce sujet.  
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Définition à partir de l’observation des usages De Knop Une personne qui, en vacances, pratique une activité sportive (1987) Redmond 3 types d’usages: (1990, 1991) spectateur d’évènements sportifs participation active dans l’activité sportive visiteurs d’éléments de la culture sportive (musée, monument, installation, célébration de la mémoire du sport). De Knop 3 types de participation sportive pendant les vacances: (1990) - une activité sportive ou ludo-sportive (the pure sport holiday) - participer à des activités sportives ou ludosportives en utilisant des possibilités offertes (installations, services) sur le lieu de vacances. - participer occasionnellement à des activités sportives ou  ludosportives non-organisées sur le lieu de vacances. Hall (1992b) 2 types d’usage: - déplacement pour regarder - déplacement pour participer dans un cadre sportif ou dans un cadre ludosportif Nogawa et 3 types d’usage: al. (1996) - voyager pour prendre part à un évènement sportif - voyage pour assister à un spectacle sportif - voyager pour participer à des activités sportives auto-organisées.
 
Définir à partir de l’observation des productions caractéristiques du tourisme sportif. Kurtzman & 5 catégories de produits principaux: Zauher - le tourisme sportif ciblé sur l’utilisation des attractions sportives  (1997) (émusées spioortnisf ss, pcoortnigvreèss,,  conférences sportives, exhibitiorntisc eutl ier), d monstrat parcs sportifs (aquatiques en pa zones de rafting, golfs, pistes et aménagements pour le ski, stades, patinoires… - les séjours de tourisme sportif dans des centres, des stations ou des camps de loisir ou d’entraînement sportif. - les croisières à objectif sportif dont l’objet est un sport, la rencontre de sportifs, les visites de lieux sportifs… - les voyages de tourisme sportif pour l’exercice de la pratique  d’une activité sportive: golf, tennis, randonnée, safari, trekking… le tourisme sportif à l’occasion d’un évènement régional, national -ou international (rencontre internationale, Jeux Olympiques…).
Définition à partir du type d’expérience Standeven Le tourisme sportif comme expérience culturelle à deux (1998) dimensions: l’activité physique le lieu de réalisation Tableau 2: Contribution à la définition du tourisme sportif  Ces contributions appellent deux commentaires. D’une part, elles ont pour point de départ une approche empirique basée sur la répétition d’observation. D’autre part, l’observation est basée sur des catégories distinctes: les usages, les produits ou la nature de l’expérience. On retiendra de ces travaux la prééminence de la nature d’implication sportive sous l’angle de l’investissement et sous celui du type d’expérience culturelle. Ce qui est en jeu dans ce souci de l’implication, c’est la difficulté à considérer que peuvent être qualifiées de sportives des activités non directement et essentiellement motrices mais relevant de l’univers culturel du sport.
3.1. Les définitions actuelles du tourisme sportif  Trois propositions visent à définir le tourisme sportif en tant qu’objet d’étude. Elles se différencient à partir du principe organisateur qui est privilégié. Caractéristique d’une perspective cumulative, la définition proposée par Standeven et De Knop (1999, 12) associe tous les usages des activités sportives combinés à un déplacement: « All forms of active and passive involvement in sporting activity, participated in casually or in an organized way for non-commercial or business/ commercial reasons, that necessitate travel away from home and work locality ». Trois aspects méritent d’être discutés. La distinction entre participation active et passive est trop imprécise pour être pertinente. Par exemple des parents qui accompagnent leur jeune fils à un tournoi de tennis pendant plusieurs jours relèvent-ils de cette observation? Ici la
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participation aux activités physiques et sportives est indirecte. La prise en compte de la dimension travail et affaire n’apporte pas un degré supplémentaire de compréhension sur le phénomène étudié. Par contre, il introduit un brouillage dans les catégories définies du tourisme proposées par l’OMT. Le tourisme d’affaire est clairement identifié comme un tourisme distinct. La troisième remarque porte sur la notion de déplacement (« travel away from home and work locality ») qui, formulée de façon très générale, ne peut devenir un principe opérationnel distinctif. En résumé, cette proposition de tourisme sportif, par l’imprécision de la délimitation du phénomène ne peut être considérée comme une contribution significative à la définition de l’objet. Gibson (1988a, 2002) définit le tourisme sportif en caractérisant les formes archétypales associant déplacement et participation aux phénomènes de la culture sportive. « Leisure-based travel that takes individuals temporarily outside of their home communities to participate in physical activities, to watch physical activities, or to venerate attractions associated with physical activities (1988, 49)”. Le tourisme sportif relève des activités de loisir par le mobile de déplacement et les frontières de l’objet sont bornées par l’opérationalisation du principe de participation (agir, regarder ou commémorer). Cette perspective introduit un principe d’intelligibilité important pour l’analyse des productions et des services dans le tourisme sportif. Reste néanmoins une imprécision sur la caractérisation du déplacement dans l’espace temps, préjudiciable au positionnement du tourisme sportif dans les catégories traditionnellement utilisées dans la définition du tourisme. Pigeassou (1997, 2002) propose une contribution qui s’applique à identifier les opérateurs qui donnent une pertinence à l’objet tourisme sportif. Il s’agit d’abord d’une expérience personnelle distincte des autres expériences de la vie courante. Dans cette perspective, l’opérateur espace-temps apporte une précision incontournable. Le tourisme sportif suppose un déplacement et un séjour en dehors du domicile, et du milieu quotidien de vie. Un deuxième opérateur est tout aussi incontournable pour spécifier le tourisme sportif: il s’agit des activités qui sont à l’origine du projet de déplacement et de séjour. Mobiles, motifs, raisons autant de vocables organisateurs et déclencheurs des comportements. S’il est difficile d’appréhender de façon qualitative les motifs, l’observation des comportements structurant un espace-temps permet d’inférer sur la nature du mobile et son intensité. Les comportements retenus s’inscrivent dans le champ du sport caractérisé par des activités ou des productions sociales de nature variée: motrice (les plus nombreuses) et culturelles. Les figures du sport ne peuvent se résumer à des situations de participation motrice (compétitive ou ludique), les productions culturelles et artistiques prennent de plus en plus d’importance. Le principe d’intelligibilité du tourisme sportif est au croisement de ces deux opérateurs: destination, activité. Au plan de la signification individuelle de cette activité sociale, le tourisme sportif se définit ainsi: « une destination (organisatrice d’un espace-temps) sélectionnée pour participer à des phénomènes caractéristiques de la culture sportive ludique comprise comme expression d’une activité motrice et/ou de manifestations culturelles ». Au plan de l’économie du tourisme, le tourisme sportif est défini par une gamme de produits caractéristiques de prestations touristiques élaborée à partir et autour de services sportifs structurants. Pour caractériser la délimitation du tourisme sportif avec des pratiques proches bien que différentes qui contribuent à entretenir une confusion, la proposition de construire une matrice bidimensionnelle n’est pas récente. Elle a été utilisée par (Hall, 1992) pour mettre en relation le type de motivation sportive avec le type de participation différenciant le support et la nature de l’investissement.  
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 Less active More active Noncompetitive Health tourism travelHealth tourism Adventure (hee.agl.t,h s tpraa vtoelu)r ism (e.g., fitness retreats) (e.g., whitewater rafting, SCUBA diving, hiking) Adventure travel Tourism activities Adventure travel (e.g., yacht Which contain (e.g., climbing) chartering) elements of health, sport & adventure (e.g., cycling, sea-kayaking) Sport tourismSport tourismSport tourism . ., s Competitive (e.g., ocean racing) lawn bowls) (e.g., pectating)(a g Tableau 3: A icno andcveeptnutuarl ef,r ahemaeltwh,o rakn do fs tphoer t tmooutriivsamti o(nH aalnl,d activities of participants 1992, 142). Reprise par Standeven et De Knop (1999) l’idée de matrice appliquée au tourisme sportif est intéressante mais plus difficile à manier. La proposition émise par ces chercheurs s’appuie sur deux dimensions: la nature de l’expérience sportive (environnementale ou interpersonnelle) et la nature de l’expérience touristique (naturelle ou artificielle). Si ces dimensions sont pertinentes les indicateurs choisis sont peu discriminants pour rendre compte du tourisme sportif tant et si bien que les auteurs (1999, 69) utilisent l’artifice de l’importance relative d’un critère sur l’autre pour classer les pratiques sportives et les activités relevant de la culture. Les catégories construites pour classer les observations perdent de leur pertinence et ne présentent qu’un intérêt limité pour élaborer une « matrice conceptuelle du tourisme sportif ». Avec une ambition plus modeste, il est possible de reprendre le concept d’expérience comme élément structurant d’une représentation du tourisme sportif en l’appliquant à des paramètres plus discriminants. L’expérience culturelle du sport se manifeste dans trois registres de phénomènes distinctifs: pratique, manifestations, traces et mémoire. L’expérience de la destination peut être adoptée pour son cadre spatio-temporel ou dans un autre contexte évalué par rapport à son esthétique. Ainsi, on peut représenter le jeu de ces variables pour différencier tourisme sportif et loisirs sportifs  Dans le tourisme sportif, la dimension objective du fait sportif se concentre et se condense dans les liens de subordination qu’impose l’expérience culturelle du sport à l’objet touristique. Sans cette relation de subordination, le tourisme sportif n’a pas d’existence et les activités décrites ou observées sont confondues avec les phénomènes de tourisme. L’écueil serait de vouloir transformer ce lien de subordination en simple relation ou interrelation. Le lien de subordination définit à la fois le sens de la relation et la force de cette relation: sans l’existence du fait sportif, il n’y aurait pas d’objectivation du tourisme sportif. L’émergence du tourisme sportif comme champ disciplinaire suppose un cadre d’observation permettant de déterminer les phénomènes à étudier. Les opérateurs de cette matrice se décrivent comme:
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TOURISME SPORTIF
- une expérience du tourisme donnée par une destination (un déplacement et une durée), - un lien de subordination à des pratiques socialement identifiées constituant, - une expérience culturelle du sport. Ces trois opérateurs fonctionnent de façon indissociable pour délimiter le champ du tourisme sportif. Le support sportif constitue la caractéristique première et l’élément majeur d’un tourisme sportif (Figure 1).                
TOURISME Ensemble des relations et des faits constitués par le déplacement et le séjour de personnes hors de leurs lieux de résidence habituelle, pour autant que ce séjour et ce déplacement ne soient pas motivés par une activité lucrative quelconque ” (Hunziker & Krapf, 1942)  
SPORT “ Ensemble de phénomènes, manifestations et productions générés et associés à des pratiques d’activités physiques localement et/ou universellement reconnues et/ ou adoptées ” (Pigeassou, 1998) 
SEJOUR LIEN DE EXPERIENCE Expérience duSUBORDINATION CULTURELLE DU tourisme : (L’objet et l’objectifTROP S déplacement et du séjour est durée minimale 24 déterminé par) heures hors du domicile Figure 1: Caractérisation du tourisme sportif (Pigeassou et al., 1999) L’intégration de l’objet sportif est à la base du projet touristique et non d’un simple élément ou adjuvant. Un séjour touristique intégrant un volet sportif ou de découverte sportive ou de multiactivités préalablement défini sort du champ du tourisme sportif. La distinction repose sur le rôle de la médiation sportive dans un projet touristique en opposition avec l’élément sportif intégré dans un projet plus global sans fonction déterminante et comme activité substitutive. Ainsi peut-on distinguer deux grandes catégories d’activités médiatrices du tourisme sportif ainsi que le montre la figure 2.
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EXPERIENCE CULTURELLE DU SPORT
ACTIVITES A MEDIATEUR CORPOREL Exemples : - pratiques de sport de compétition,  pratiques de découverte et -d’éducation corporelle - pratiques d’entretien par le sport - pratiques de sport d’aventure…
ACTIVITES A MEDIATEUR CULTUREL ET/OU ARTISTIQUE DANS LE DOMAINE DU SPORT Exemples : - manifestations, spectacles, évènements, - conférences, séminaires, congrès - visites (monuments, musées…) - expériences de la culture sportive (rencontre fédérale) Figure 2: Formes génériques et déclinaisons du tourisme sportif (Pigeassou et al., 1999) Au terme de cette caractérisation de l’objet, il est indispensable de préciser quel est le paradigme utilisé dans cette démarche. Dans l’étape actuelle de constitution de l’objet, les différents contributeurs se réfèrent implicitement au paradigme fonctionnaliste (Merton, 1953 ; Parsons, 1955). D’une part dans le champ du tourisme, la relation déplacement-activité générique s’actualise dans ce contexte par une finalité: l’expérience culturelle sportive qui joue le rôle de fonction. D’autre part, dans le champ sportif, la fonction du voyage est une ouverture de l’expérience culturelle du sport. La fonction joue donc un rôle justificatif et opère sur un mode classificatoire.
3.2. Des comportements à l’observation de pratiques  La définition de l’objet présenté au chapitre précédent doit être opérationalisé pour délimiter avec précision le champ d’observation du phénomène. En insistant sur la place et l’importance de la destination, le déplacement n’a pas seulement la valeur de voyage. Il est instrumenté c’est à dire qu’il est au service d’une destination pour laquelle un projet précis a été défini. C’est le projet structurant déclencheur de l’action: l’expérience sportive est structurante dans l’expérience touristique. La destination c’est le lieu d’actualisation de type de comportements délibérément choisis pour leur potentiel expérientiel de la culture sportive. Ces comportements sont identifiés sous la forme de: ·Spectateur: comportement lié à la participation à un spectacle (compétition, exhibition, tournoi, show…) Ici l’approche visuelle en situation est essentielle. ·Acteur: comportement déterminé par une participation active (en particulier motrice) qui fonde l’expérience mais celle-ci ne limite pas l’activité physique. Dans la littérature anglo-saxonne, ce comportement est nommé tourisme sportif actif, pour le singulariser des autres formes de tourisme sportif.
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