Incidence au champ du maïs Bt sur les teneurs en mycotoxines ...

De
Publié par

Incidence au champ du maïs Bt sur les teneurs en mycotoxines ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 266
Nombre de pages : 10
Voir plus Voir moins
Incidence au champ du maïs Bt sur les teneurs en mycotoxines mesurées en MidiPyrénées au cours de la campagne 2005 Field impact of Bt maize on mycotoxin levels for the 2005 crop year in “MidiPyrénées”
Folcher Laurent (3), Jarry Marc (4), Delos Marc (1), Weissenberger Alain (2), Gérault Florence (5), Eychenne Nathalie (6) & Regnault Roger Catherine (3)(1) SRPVDRAF "MidiPyrénées"  Bât. E  Bd Armand Duportal  31074 Toulouse, France. (2) SRPVDRAF« Alsace »Station d’Expérimentation  Route de Saverne  67370 Wiwersheim, France. (3) Université de Pau et des Pays de l'Adour  UMR CNRS 5254 IPREM  EEM  IBEAS BP 1155  64013 Pau, France. (4) Université de Pau et des Pays de l'Adour  UMR INRA/UPPA 1224 ECOBIOP, IBEAS BP 1155  64013 Pau, France. (5) SRPVDRAF« Pays de Loire »  10 Rue le Nôtre  49044 Angers, France. (6) FREDEC "MidiPyrénées" Bât 43, 2 route de Narbonne  B.P. 1226731322 Castanet Tolosan cedex, France. Résumé La réglementation EC 856/2005 du 06062005 fixe pour la culture du maïs (Zea mays L.) des teneurs maximales en mycotoxines qui s’appliqueront à partir du mois d’octobre 2007, à l’alimentation humaine. En parallèle avec ce nouveau cadre réglementaire, un réseau de surveillance inclus dans le dispositif de biovigilance a été mis en place afin d’évaluer l’impact des pratiques de contrôle des bioagresseurs et notamment l’impact des plantes génétiquement modifiées sur la qualité sanitaire des récoltes. Dans ce cadre des essais ont été conduits sur maïs en 2005 dans la région Midi Pyrénées sur 21 couples de parcelles de maïs Bt résistant aux lépidoptères et maïs isogénique autorisé à la culture. Les relevés ont en particulier porté sur la détermination en
Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org1
champ des teneurs en mycotoxines au moment de la récolte. L’utilisation de couples de parcelles OGM et témoins isogéniques sur un même site, soumises aux mêmes conditions de culture permet de s’affranchir des variations dues à l’effet des pratiques culturales et du climat.Les évaluations en mycotoxines ont porté sur la zéaralénone, les fumonisines et trichothécènes.On constate que le maïs Bt, comparé au maïs isogénique témoin, présente des teneurs en fumonisines significativement plus faibles alors qu’il n’est pas observé de différences significatives pour les trichothécènes et la zéaralénone. Les teneurs en trichothécènes du maïs témoin isogénique et du maïs Bt sont au dessous du seuil légal pour les trichothécènes et la zéaralénone. Le maïs Bt en permettant une réduction significative des fumonisines, permet d’obtenir des récoltes se situant en dessous des seuils légaux adoptés pour les fumonisines (4000 ppb) pour une récolte brute destinée à la consommation humaine. L’impact de d’Ostrinia nubilalisetSesamia nonagrioidesêtre un facteur prépondérant pour la apparaît contamination des récoltes par les fumonisines.Ces observations constituent un travail préliminaire et doivent être nécessairement reconduites.
Mots clés : Maïs, lutte génétique,OGM,Ostrinia nubilalis,Sesamia nonagrioides,fusariotoxine, trichothécène, fumonisine, zéaralénone.
Abstract The regulation EC 856/2005 of 20050606 defined maximum contents of mycotoxins in maize (Zea mays L.) crop. It is applicable from October 2007 for human food. According to this, a biological survey monitoring network linked to the post market monitoring of GMP (“réseau de biovigilance”) take in charge impact of pest control practices on sanitary quality of the harvest. Field trials have been led in 2005 with 21 couples of plots containing Bt maize versus isogenic. The mycotoxin levels were measured just before the harvest. The aim of this study was to assess links of genetically modified plants control on mycotoxin levels at the harvest time considering effects on lepidopteron borers. Experimental conditions were chosen with care to avoid the incidence of cultivation practices and impact of the climate. The mycotoxins levels were quantified for zearalenone, fumonisins and trichothecens. A significant decrease of fumonisin contents was observed although no significant difference was noticed for zearalenone and trichothecens. A significant decrease of fumonisin levels and more generally of global mycotoxin contents maintain maize production below the mycotoxin threshold
Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org2
values presently fixed by European Commission (4000 ppb). Damages of Ostrinia nubilalis andSesamia nonagrioidesto be the main appear parameter in order to explain harvest contamination by fumonisins. Theses observations constitute a preliminary work and must be reconducted. Keywords: Maize, genetical control, GMO,Ostrinia nubilalis, Sesamia nonagrioides, mycotoxin, trichothecene, fumonisin, zearalenone.
Introduction
Plusieurs options de gestion des ravageurs sont aujourd’hui disponibles pour l’agriculteur. La préoccupation de développer une agriculture durable soucieuse de mieux préserver l’environnement, mais aussi économiquement viable, suscite un intérêt de plus en plus grand pour les méthodes alternatives à l’utilisation des pesticides organiques de synthèse de manière systématique. Ces méthodes alternatives sont diverses et allient des approches biologiques, agrotechniques et sémiochimiques, génétiques ou physiques (NRC, 2000; Nelson, 2001; Académie des Sciences, 2002; RegnaultRoger, 2005). Le modèle d’étude choisi dans le cadre de ce travail est le maïs (Zea mays) et ses principaux ravageurs présents en France : la pyraleOstrinia nubilalis Hübner (European Corn Borer) [Lepidoptera: Crambidae] etSesamia nonagrioides Lefebvre (Corn Stalk Borer) [Lepidoptera: Noctuidae]) (Agustiet al., 2005). La gestion de ces insectes inféodés à la culture du maïs peut avoir un impact sur les teneurs en mycotoxines, présentes dans les récoltes (Munkvold et Hellmich, 2000). Avec la réglementation européenne 856/2005, applicable en 2007 et fixant des teneurs maximales en mycotoxines, il est important de pouvoir évaluer l’impact des différentes méthodes de lutte sur les niveaux de dégâts provoqués par les pyrales et les sésamies et en corollaire sur la mycoflore fongique et la production de mycotoxines associées. C’est à partir d’essais menés au champ et réalisés dans le cadre des réseaux de surveillance, ou réseaux de Biovigilance, mis en place par le ministère de l’Agriculture et plus particulièrement suivis par les Services de la Protection des Végétaux (SPV) que sont examinées ces relations plantes, insectes, champignons toxinogènes et toxines associées (Deloset al., 2005). La finalité ultime de ces recherches est la mise en exergue et l’étude de la validité de descripteurs pertinents, tels les mycotoxines liées auxFusarium, avec un objectif d’élaborer un modèle de prévision du risque, relatif à la qualité sanitaire des récoltes de maïs. L’importance de ces évaluations est qu’elles sont réalisées au champ et sur un vaste territoire. La réglementation EC 856/2005 du 06062005 a été révisée récemment avec une évolution des seuils proposés pour la teneur maximale en mycotoxines pour la culture du maïs (Zea maysL.) destinée à la consommation humaine. Les nouveaux seuils pour le maïs brut à la récolte définis sont 1750ppb pour le déoxynivalénol, 4000ppb
Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org3
pour les fumonisines B1 et B2 et 350ppb pour la zéaralénone. Ces teneurs s’appliquent à partir du mois d’octobre 2007. C’est dans ce contexte que s’inscrit ce projet qui vise également à accroître le champ d’application des protocoles de surveillance des effets directs ou indirects des OGM sur l’entomofaune, effets tels que le suivi de leurs impacts et les conséquences sur la qualité sanitaire de la récolte (Munkvold et Hellmich, 2000). Il sera recherché a posteriori si lesFusarium et mycotoxines présentent un intérêt en tant qu’indicateurs majeurs de l’effet des pratiques culturales en général et du maïs génétiquement modifié en particulier, prises dans leur ensemble, sur la qualité des récoltes et doncin finesur la production alimentaire destinée au animaux et à l’homme.
Matériel et méthodes
1. Biologique Le modèle d’étude est le maïs (Zea maïsLinné). Les deux principaux insectes nuisibles pris en compte sont,Ostrinia nubilalis Hübner (European Corn Borer) [Lepidoptera: Crambidae] etSesamia nonagrioides Lefebvre (Corn Stalk Borer) [Lepidoptera: Noctuidae]. Les essais ont été conduits en champs sur deux saisons non consécutives en 1999 et 2005 en raison de l’absence de culture des variétés de maïs Bt de fait en France de fin 1999 jusqu’en 2004. Les mycotoxines suivantes issues de la mycoflore associée au maïs ont été évaluées sur la récolte 2005 : zéaralénone, trichothécènes A,B,D et fumonisines B1 et B2.
2. Echantillonnage Les expérimentations ont été conduites en conditions naturelles sur 21 champs, champs tous localisés en MidiPyrénées. Ces essais ont impliqué deux variétés de maïs : une variété de maïs Bt (PR33P66) contenant l’événement MON 810 et sa contrepartie isogénique.
Les semis ont été réalisés sur une période de deux mois à partir du début du mois d’avril. Ces essais ont été implantés selon un dispositif dit « en couple de parcelles ». Chaque couple de parcelles inclut une parcelle de maïs isogénique non Bt ou parcelle témoin et une parcelle de maïs transgénique. A la récolte, les chenilles des deux principaux foreurs du maïs sont notées sur l’ensemble de la plante (tiges et épis). Deux échantillons de grains issus des épis de la plante sont ensuite prélevés (1kg chacun) pour dosage des mycotoxines.
3. Dosage des mycotoxines Réactifs. Tous les réactifs sont de qualité analytique HPLC : acétonitrile, méthanol (SDS et Carlo Erba), eau pure et acide acétique de qualité LCMS (Fluka). Les étalons proviennent de Biopure et Sigma. Les solutions mères ont été préparées dans Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org4
l’acétonitrile et les solutions filles de travail ont été solubilisées avec 0.01% d’acide acétique par calibration en LCMS/MS. Extraction des mycotoxines et filtrage. Les échantillons sont broyés en totalité à une granulométrie < 0.5 mm puis stockés à température ambiante jusqu’à l’analyse. 5g d’échantillons sont mélangés avec 100 µL d’étalons interne et l’extraction est réalisée avec 20 mL d’un mélange acétonitrile/eau par 2 heures d’agitations à retournement puis finalement centrifugés. 3 mL de phase aqueuse sont traités au rotavapor. Après évaporation, le produit final est dissout dans une solution de 0.01% d’acide acétique et de méthanol (2/1 v/v). 50µL de solution sont pipetés et filtrés sur filtre seringue puis directement injectés en LCMS/MS. Analyses chromatographiques. Une HPLC a été réalisée sur l’appareillage Hewlett Packard de type 1100 avec colonne de C18 (VWR, 250 mm*4.6). La phase mobile utilisée est l’acétate d’ammonium 1nM et 0.0001 % acide acétique/méthanol et 1% d’acétonitrile. Un gradient linéaire d’élution est effectué pendant 40 min avec un débit de 1mL/min. LCMS/MS. La détection est réalisée à l’aide d’un spectromètre de masse en tandem de type quadripolaire API 4000 (Applied Biosystems) avec le logiciel d’acquisition AnalystApplied Biosystems. Le seuil de détection est de 10µg / kg. La chambre de ionisation est la TURBO ion spray® (Applied Biosystems) avec ionisation en mode positif et négatif. Les conditions de détection utilisent l’interface TIS (Interchangeable TurbolonSpray) en mode positif et négatif à 500°C de source de température et  4500 V/4500 V. La détection utilise la méthode Multiple Reaction Monitoring (MRM), et l’identification et la quantification ont été réalisées sur 2 ou 3 transitions (Ion parent Ion fils) pour chaque mycotoxine. Ce protocole a été conduit selon la norme AFNOR V03 110.
4. Analyses des données Les variables suivantes ont été soumises aux analyses statistiques : niveaux de population de pyrales et sésamies, les teneurs en fumonisines B1 et B2, les teneurs en trichothécènes A, B, D et les teneurs en zéaralénone. Après vérification, excepté pour les niveaux de populations de pyrales et de sésamies, les variables étudiées s’avèrent ne pas suivre une loi normale. Les outils statistiques utilisés au cours de cette étude ont été le test t (student) dans le cas de distribution gaussiennes et le test non paramétrique de Wilcoxon (Siegel et Castellan, 1998; Venables et Ripley, 2002) lors de distributions non gaussiennes. Les résultats obtenus sont donnés en tables 1 & 2.
Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org5
Résultats
1. Contrôle des principaux lépidoptères foreurs du maïs O. nubilalis etS. nonagrioides sont les principaux lépidoptères nuisibles du maïs affectant nos essais. La comparaison des niveaux de leurs populations observées, au cours de la saison 2005, sur maïs GM et isogénique est décrite sur les figures 1A & 1B. 0.300.50 0.45 0.25 0.40 Isogenic0.35 0.20 0.30 GMO 0.15 0.25 0.20 0.10 0.15 0.10 0.05 0.05 0.00 0.00 CSB / EARS ECB / STALKS CSB / STALKS ECB / EARS Figures 1A&1B. Niveaux de populations d’O. nubilalis (ECB) et S. nonagrioides (CSB) en présence de maïs bt et isogénique La représentation graphique des données visualise un effet de l’événement MON 810 sur les niveaux de population des deux lépidoptères nuisibles. Le contrôle est quasi total que ce soit sur tiges ou sur épis. L’utilisation d’un test t vérifie, au plan statistique, l’efficacité de l’événement MON 810 sur tige (P value = 0.0084) mais aussi sur épis (Pvalue < 10E04) (Table 1), et ce pour les années 1999 et 2005. Table 1. Paramètres statistiques sur les niveaux de populations de O. nubilalis et S. nonagrioides : moyennes ( ± Standard Deviations), Pvalue, test t obtenus sur tiges et sur épis de maïs Bt et isogénique.
Variables (Years/Events)
O. nubilalis(1999/MON810)
S. nonagrioides(2005/MON810)
Treatment GMO Isogenic GMO Isogenic
Ears (larvae nb/plant) Mean ± SD tP value 0 5.375 < 10E04 0.560 ± 0.104 0 6.583 < 10E04 0.380 ± 0.058
Stalks (larvae nb/plant) Mean ± SD tP value 0.007 ± 0.003 2.980 0.008 1.036 ± 0.345 0.006 ± 0.003 5.359 < 10E04 0.732 ± 0.135
2. Effet sur les teneurs en mycotoxines à la récolte Les figures 2A, 2B & 2C décrivent le nombre de parcelles de maïs Bt et de maïs isogénique séparées en 3 classes de teneurs. Pour les trichothécènes et la zéaralénone, toutes les parcelles présentent des niveaux de contamination inférieurs aux seuils proposés à la réglementation. Pour les fumonisines, on constate que les parcelles de maïs
Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org6
Bt se situent toutes en dessous du seuil 4000 ppb alors que les parcelles de maïs isogénique présentent dans 50% des cas des teneurs au dessus du seuil. 25 25 25 C A B20 20 20 15 15 15
10
5
0
0  500 5001000 10001800ppb Trichothecens
10
5
0
ppb 0  2000 2000  4000 > 4000 Fumonisins
Mycotoxin
contents (ppb)
10
5
0
0  50
Isogenic GMO
50100 100 350 ppb Zearalenone
Figure 2.Comparaison des teneurs en mycotoxines obtenues avec du maïs Bt et du maïs isogénique dans les parcelles expérimentales. Les seuils fumonisines initialement proposés par l’Union européenne (DG Sanco) sont marqués d’une ligne rouge et les nouveaux seuils en bleu Le test non paramétrique de Wilcoxon permet de noter et de vérifier un effet hautement E04 significatif de l’événement Bt sur les teneurs en fumonisines (P). En value < 10 revanche cet effet n’est pas observé pour les trichothécènes (P value = 0.100) ni dans le cas de lazéaralénone (P value =0.240), (Table 2).
Table 2. Paramètres statistiques sur les teneurs en mycotoxines en 2005(trichothécènes, fumonisines & zéaralénone) : moyennes ( ± Standard Deviations), Pvalue, Tw de Wilcoxon obtenus sur épis de maïs Bt et isogénique
Variables (Years/Mycotoxin)
2005/Fumonisins
2005/Trichothecens
2005/Zearalenone
TREATMENTGMO Isogenic GMO Isogenic GMO Isogenic
Discussion et Conclusion
Grain (mycotoxins ppb) Mean ± SD Tw 265.621 ± 114.062 231 6114.931 ± 1292.660 277.281 ± 59.010 78 191.062 ± 76.863 9.373 ± 3.031 101 18.954 ± 8.557
P value < 10E04
0.100
0.240
La première étape de cette étude a consisté à évaluer l’efficacité du contrôle opéré par l’évènement MON 810 introgressé dans les variétés de maïs. Effectué sur deux saisons on constate que le maïs transgénique offre un contrôle quasitotal des foreurs,
Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org7
que ce soit sur les parties vertes de la plante ou encore les épis, ce qui n’est pas le cas de tous les événements transgéniques qui ont été commercialisés (Folcheret al., 2006a) Les résultats obtenus en matière d’effet sur les mycotoxines ont montré que le maïs Bt, comparé au maïs isogénique témoin, présente des teneurs en fumonisines significativement plus faibles alors que cet effet n’est pas observé pour les trichothécènes et la zéaralénone. Par ailleurs, on observe que les teneurs du maïs isogénique et du maïs Bt sont nettement audessous du seuil légal défini initialement par le EC 856/2005 du 06062005pour les trichothécènes et la zéaralénone mais pas pour les fumonisines dans le maïs isogénique. En effet le « traitement GMO » permet en moyenne d’abaisser la contamination en fumonisines de 6615 ppb dosés dans le maïs isogénique à 266 ppb dans le maïs génétiquement modifié pour résister aux lépidoptères. Dans ce dispositif, l’efficacité calculée montre que la teneur en fumonisines des maïs Bt est réduite de 96 %. Cette diminution des taux de contamination est comprise dans la plage de variation du rapport de l’AFSSA sur le bénéfice et les risques des plantes génétiquement modifiées (AFSSA, 2004) et des efficacités rapportées (Munkvoldet al., 1999 ; Cléments et al., 2001), mais elle est supérieures à celle évaluée dans le dispositif PACB d’Arvalis Institut du Végétal ou les travaux d’évaluation du détenteur de l’événement MON810 (Grenouillet, 2006). La réduction des teneurs en mycotoxines et en particulier des fumonisines constitue un enjeu phytosanitaire important et notamment pour les pays du Sud de l’Europe où les fumonisines sont plus abondantes dans les récoltes (Logriecoet al., 1995 ; Castegnaro et PfohlLeszkowicz, 2002). Or ce sont dans ces régions que la pyrale du maïs développe plusieurs générations (Deloset al., 2007) rendant le contrôle chimique de l’insecte plus aléatoire (Folcheret al, 2006b). L’évènement MON 810 qui permet à la plante de produire une protéine toxique pour l’insecte la Cry 1Ab contrôle à tout moment les différentes générations de lépidoptères foreurs objet de l’étude. Nos résultats obtenus en plein champ corroborent les liens qui avaient été observés entre les teneurs en mycotoxines et les foreurs du maïs (Dowd et Munkvold, 1999). Le caractère de résistance aux lépidoptères foreurs de l’épi de maïs conféré par l’événement GMO MON 810, en offrant un contrôle de très haut niveau des foreurs du maïs, permet de réduire très significativement les teneurs en fumonisines. En considérant que les deux parcelles de chaque couple sont soumises aux mêmes contraintes agronomiques et climatiques, il apparaît que seul l’effet de la pression de lépidoptère foreur serait à l’origine des variations observées sur la flore fusarienne de l’épi. Cette incidence a une conséquence en terme de teneur en mycotoxines. Les couples de parcelles de maïs OGM Bt et leurs variétés isogéniques sont ici principalement utilisées comme outil d’étude. Les résultats obtenus soulignent que les dommages provoqués par d’O. nubilalisde et S. nonagrioides, constituent un facteur prépondérant dans la contamination des récoltes par les fumonisines. En effet, ce facteur est le seul facteur notable variant entre les parcelles de maïs GM et isogénique. En revanche, cet effet n’est pas observé ni pour les trichothécènes, ni pour la zéaralénone dans le cadre du référentiel étudié. Des expérimentations complémentaires permettront de mieux cerner les phénomènes en présence. Ces observations constituent un travail préliminaire et doivent être nécessairement reconduites.
Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org8
Références Académie des sciences., 2002.Les plantes génétiquement modifiées, rapport sur la science et la technologien°13, Paris, Lavoisier Tec & Doc, 164 p. Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments. OGM et alimentation : peuton identifier et évaluer des bénéfices pour la santé? [en ligne], 2004. http://www.afssa.fr/ftp/afssa/2004SA0246B%C3%A9n%C3%A9ficesOGM.pdf (page consultée le 01/09/2007).Agusti N., Bourguet D., Spataro T., Delos M., Eychenne N., Folcher L., Arditi R. 2005. Detection, identification and geographical distribution of European corn borer larval parasitoids using molecular markers,Molecular Ecology, 14, september, p. 32673274. Castegnaro M., PfohlLeszkowicz A., 2002. Les mycotoxines : contaminants omnisprésents dans l'alimentation animales et humaines.inM., Moll N. (dir), Moll La sécurité ème alimentaire du consommateurédition. Paris, Lavoisier Tec & doc, p.79127.. 2 Clements M.J., Campbell K.W., White D.G., Maragos C.M., Pilcher C.,Effect of insect damage on fusarium ear rot and fumonisin concentration in Bt and nonBt corn st nd th hybridsFumonisin Elimination and 14 Aflatoxin, Proc. 1 Fungal Genomic, 2 Elimination Workshops, October 2326, 2001. Phoenix, USA. Delos M., Eychenne N., Folcher L., Hervieu F., 2005. La biovigilance : concept et applications dans les pays européens,inC. (dir), RegnaultRoger Enjeux phytosanitaires pour l’agriculture et l’environnement. Paris, Lavoisier Tec & Doc, p. 937954. Delos M., Weissenberger A., Ioos R., Folcher L., Rose S., Gérault F., Eychenne N., RegnaultRoger C. 2007. Adaptation à la France des outils de prévention de la contamination par les fusariotoxines sur maïs,Phytoma La Défense des Végétaux, 600, janvier, p. 2831. Dowd P.F., Munkvold G.P.,Associations between insect damage and fumonisin derived from fieldbased insect control strategies, Proc. 40th Annual Corn Dry Milling Conf., june 34, 1999. Peoria, IL. Folcher L., Eychenne N., Weissenberger A., Jarry M., RegnaultRoger C., Delos M. 2006. Study of effects of Bt maize (Zea mays) events on lépidoptera Ostrinia nubilalis, Sesamia nonagrioides in southwestern France,Communications in Agricultural and Applied Biological Sciences, 71(2a), p. 227232. Folcher L., Weissenberger A., Gerault F., Eychenne N., Jarry M., Delos M., Regnault Roger C.,Potential links between european corn borer (Ostrinia nubilalis) and fusarium : study of the incidence of chemical pesticides treatments on mycotoxins level,Proc. 12th mediterranean phytopathological union congress, June 1115, 2006b. Rhodes Island, Greece, p. 111113. Grenouillet C., Intérêt du maïs Bt Yieldgard® (protégé de la pyrale et de la sésamie) pour limiter le risque de développement de fusarioses des épis et la présence de ème mycotoxines dans les grains, Proc. 8 Conférence Internationale sur les Maladies des plantes, 56 décembre 2006. Tours, France.
Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org9
Logrieco, A., Moretti, A., Ritieni, A., Bottalico, A. & Corda, P.1995. Occurrence and toxigenicity ofFusarium proliferatumfrom preharvested maize ear rot, and associates mycotoxins, in Italy,Plant Disease,december 1994, 79, p.727731Munkvold G.P., Hellmich R.L., Rice L.G. 1999. Comparison of fumonisin concentration in kernels of transgenic Bt maize hybrids and non transgenic hybrids,Plant disease,83(2), february, p.130138. Munkvold G.P., Hellmich R.L. On line Plant Health Progress [en ligne], 2000. http://www.plantmanagementnetwork.org/pub/php/review/maize (page consultée le 03/08/2007). National Research CouncilCommission of Life Sciences., 2000.The future role of pesticides in US agriculture, Washington DC, National Academies Press, 301 p. Nelson G., 2001.The GMO in Agriculture, Economics and Politics, Oxford, Elsevier, 344 p. RegnaultRoger C., 2005.Enjeux phytosanitaires pour l’agriculture et l’environnement, Paris, Lavoisier Tec & Doc, 1013 p. Siegel S., Castellan N.J., 1998.Non parametric statistics for the behavioral sciences,New York, Mc GrawMill international edition. Venables W.N., Ripley B.D., 2002.Modern Applied Statistics with S,New York, Springer, 495
Mycotoxines fusariennes des céréales – Arcachon  11–13 septembre 2007 www.symposcience.org10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.