Les protecteurs de la santé publique lettre au rédacteur en chef

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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le 11 octobre, 2002
Les protecteurs de la santÈ publique Lettre au rÈdacteur en chef
r Le renvoi rÈcent du D David Swann, mÈdecin hygiÈniste de l'office rÈgional de la santÈ de Palliser (Alberta) ‡ qui l'on reproche de s'Ítre prononcÈ publiquement au sujet du protocole de Kyoto, a de r quoi inquiÈter. Le D Swann a depuis rÈintÈgrÈ ses fonctions, mais lÕexpÈrience quÕil a vÈcue illustre bien les obstacles fondamentaux que doivent surmonter les mÈdecins hygiÈnistes et les autres intervenants dont le rÙle est de protÈger la santÈ publique.
Depuis environ 150 ans, les villes et comtÈs et les gouvernements nomment des mÈdecins hygiÈnistes et, plus rÈcemment, mettent en place des services de santÈ publique qui ont pour mandat de promouvoir la santÈ et de protÈger le public contre les maladies et les blessures Èvitables. Le fait que nous soyons aujourd'hui une nation en santÈ et que notre espÈrance de vie se soit allongÈe de plus de 25 ans en un siËcle sont le rÈsultat direct des mesures de santÈ publique qui ont ÈtÈ prises. De nombreux professionnels jouent un rÙle dans la protection et la promotion de la santÈ. Les mÈdecins hygiÈnistes sont les porte-Ètendard de ce travail et sont mandatÈs par la loi pour protÈger la santÈ publique.
Qu'il s'agisse de combattre et de prÈvenir les maladies, infectieuses ou autres, et les menaces liÈes ‡ l'environnement, d'amÈliorer la qualitÈ de vie et le fonctionnement des collectivitÈs, de renforcer la synergie dÈcoulant de l'amÈlioration de la santÈ et de la conjoncture Èconomique, ou encore d'offrir des conseils spÈcialisÈs qui contribuent vraiment ‡ l'Ètat de santÈ de la population, les mÈdecins hygiÈnistes et leurs collËgues de la santÈ publique sont sur la ligne de front.
Il est tout ‡ fait normal que les gouvernements, au nom de la population, embauchent des mÈdecins hygiÈnistes et fondent des organismes de santÈ publique. Mais ces mÈdecins et organismes doivent jouir d'une certaine autonomie pour rÈpondre aux besoins du public sans Ègard aux questions partisanes ou aux modes passagËres.
Chaque mÈdecin hygiÈniste rencontre un jour ou l'autre des situations o˘ ses conseils ne reÁoivent pas un accueil enthousiaste lorsqu'il ou elle doit avancer des solutions ou attirer l'attention sur des aspects qui menacent notre santÈ et notre bien-Ítre. Les questions qui intÈressent la santÈ publique sont nombreuses, que ce soit l'eau contaminÈe comme ‡ Walkerton et North Battleford, les poussÈes de toxi-infections alimentaires, lÕapplication des normes d'hygiËne dans les restaurants, les liens entre la pauvretÈ et la santÈ, la salubritÈ des logements dans les rÈserves ou l'Ètude des causes de la santÈ et de la maladie.
De temps ‡ autre, les responsables de la santÈ publique doivent aussi confronter des personnes qui font passer leurs propres intÈrÍts avant ceux de la population. ¿ l'occasion, ils composent avec des menaces de poursuites, de renvoi ou d'autres consÈquences, brandies par ceux ou celles qui voudraient leur mettre des b‚tons dans les roues. La plupart de ces adversaires finissent par reculer, mais il est essentiel que les mÈdecins hygiÈnistes et les intervenants en santÈ publique continuent ‡ recevoir la formation, l'appui et la protection nÈcessaires.
Il devient de plus en plus difficile d'attirer et de conserver des mÈdecins dans cette spÈcialitÈ. La santÈ publique est une branche de la mÈdecine. Les mÈdecins hygiÈnistes ont une formation en mÈdecine prÈventive et en santÈ communautaire. La plupart sont spÈcialisÈs au mÍme titre que les chirurgiens, les pÈdiatres, les psychiatres et les internistes dans leur branche respective. Leur dÈcision de faire carriËre en santÈ publique est fondÈe sur leur profond dÈsir dÕamÈliorer la santÈ de la population. De nombreux mÈdecins reculent devant ce choix de carriËre extrÍmement exigeant, moins bien rÈmunÈrÈ et soumis ‡ l'examen constant du public et des instances politiques.
Les mÈdecins hygiÈnistes sont formÈs pour pouvoir Èvaluer les risques pour la santÈ et leurs solutions Èventuelles selon la perspective la plus vaste possible et pour peser les preuves scientifiques ‡ l'appui de tous les facteurs qui touchent la santÈ, y compris les influences sociales et Èconomiques. Leur t‚che premiËre est d'Èvaluer les changements ‡ apporter pour amÈliorer la santÈ de la population et de s'assurer qu'ils soient mis en place. Parfois, les changements nÈcessaires doivent s'Èchelonner sur de trËs longues pÈriodes et braver l'opposition des grandes compagnies, comme c'est le cas dans la lutte contre le tabagisme. Et ces changements touchent souvent des secteurs sur lesquels la santÈ publique n'exerce aucun contrÙle direct. Il est donc fondamental et indispensable que la santÈ publique ait ses dÈfenseurs.
Que le protocole de Kyoto soit ou non la meilleure stratÈgie en rÈponse au problËme du changement climatique, du point de vue de la santÈ publique, il ne fait aucun doute que le rÈchauffement rapide de la planËte qui rÈsulte de l'utilisation de combustibles fossiles et de la pollution atmosphÈrique est un dÈfi de taille pour la santÈ de la population. Il serait contraire aux objectifs de la santÈ publique de nepasnous prononcer sur les risques que cela pose pour la santÈ et sur la nÈcessitÈ d'intervenir.
L'histoire regorge d'exemples o˘ lÕon a nÈgligÈ la santÈ publique avec des consÈquences dÈsastreuses. MÍme aujourd'hui, il ne faut pas aller trËs loin pour constater les effets du manque d'infrastructures de santÈ publique dotÈes de mÈdecins hygiÈnistes et d'autres intervenants compÈtents. Les responsables de la santÈ publique doivent pouvoir s'exprimer, mÍme si certains prÈfÈreraient qu'ils gardent le silence.
Comme lÕadmettait dÈj‡ Benjamin Disraeli il y a plus de 100 ans, ´ la santÈ publique est le socle sur lequel repose le bonheur des gens et le bien-Ítre de l'…tat ª. Plus prËs de nous, la commission Krever l'a clairement exprimÈ : le premier devoir de la santÈ publique, et le plus important, est de protÈger la population. La santÈ publique doit Ítre le chien de garde et le dÈfenseur de la santÈ de la population. Pour notre bien ‡ tous, il ne faut pas la museler.
Christina Mills, M.D., FRCPC, prÈsidente de l'Association canadienne de santÈ publique David Butler-Jones, M.D., M.Sc.S., CCFP, FRCPC, FACPM, prÈsident sortant de l'Association canadienne de santÈ publique
Pour plus dÕinformations, contactez : r D DavidButler-Jones, prÈsident sortant de l'Association canadienne de santÈ publique TÈl. :306-533-5992
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