Equité et croissance économique : une nouvelle analyse ? - article ; n°3 ; vol.13, pg 25-84

De
Revue française d'économie - Année 1998 - Volume 13 - Numéro 3 - Pages 25-84
Cet article offre une synthèse de la littérature récente sur la relation existant entre l'équité de la distribution des revenus et des patrimoines, et le taux de croissance d'une économie. Pour une large part, cette littérature est liée au développement de la « nouvelle théorie de la croissance » qui a effectivement conduit à une modification significative de la façon d'introduire les phénomènes distributifs dans le cadre d'un modèle de croissance. De grande importance est le fait que la plupart des modèles théoriques concluent à une relation positive entre l'égalité de la distribution et le taux de croissance et que les études empiriques disponibles sur données transversales tendent à confirmer cette hypothèse. Ces résultats semblent aller contre l'idée conventionnelle que l'égalisation de la distribution des revenus devrait diminuer la croissance. Il est montré ici que les preuves empiriques d'une complémentarité entre équité et croissance sont en fait très fragiles et que les implications de politique économique d'une telle relation, telles qu'on peut les déduire des modèles théoriques disponibles, sont très ambiguës. En particulier, il reste vrai que la redistribution du revenu courant va contre la croissance, de telle sorte que les gains d'équité doivent être obtenus à travers une redistribution des actifs plutôt que du revenu courant. Ceci semblerait plaider en faveur d'une égalisation des revenus par le développement de l'éducation et l'accumulation de capital humain.
This paper offers a survey of the recent literature on the relationship between the equity of the distribution of income or wealth and the rate of growth of an economy. For a large part, this literature arose in connection with the development of « new growth » models which led to a significant change in the way to introduce distributional issues in a growth framework. Of special importance is the fact that several theoretical models point to a positive relationship data seem to confirm such a relationship. Such findings seem to go against the conventional wisdom that equalizing the income distribution would harm growth. However, it is argued in the present paper that the available empirical evidence of a complementarity between equity and growth is presently extremely weak and that the policy implications of such a relationship through available theoretical models are rather ambiguous. In particular, it remains the case that redistribution of current income is detrimental to growth so that more equity must actually be obtained through asset rather than income redistribution. A convincing case may thus been made on the basis of this type of argument in favor of equalizing incomes through fostering education and the accumulation of human capital.
60 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1998
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François Bourguignon
Equité et croissance économique : une nouvelle analyse ?
In: Revue française d'économie. Volume 13 N°3, 1998. pp. 25-84.
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Bourguignon François. Equité et croissance économique : une nouvelle analyse ?. In: Revue française d'économie. Volume 13
N°3, 1998. pp. 25-84.
doi : 10.3406/rfeco.1998.1061
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfeco_0769-0479_1998_num_13_3_1061Résumé
Cet article offre une synthèse de la littérature récente sur la relation existant entre l'équité de la
distribution des revenus et des patrimoines, et le taux de croissance d'une économie. Pour une large
part, cette littérature est liée au développement de la « nouvelle théorie de la croissance » qui a
effectivement conduit à une modification significative de la façon d'introduire les phénomènes distributifs
dans le cadre d'un modèle de croissance. De grande importance est le fait que la plupart des modèles
théoriques concluent à une relation positive entre l'égalité de la distribution et le taux de croissance et
que les études empiriques disponibles sur données transversales tendent à confirmer cette hypothèse.
Ces résultats semblent aller contre l'idée conventionnelle que l'égalisation de la distribution des revenus
devrait diminuer la croissance. Il est montré ici que les preuves empiriques d'une complémentarité entre
équité et croissance sont en fait très fragiles et que les implications de politique économique d'une telle
relation, telles qu'on peut les déduire des modèles théoriques disponibles, sont très ambiguës. En
particulier, il reste vrai que la redistribution du revenu courant va contre la croissance, de telle sorte que
les gains d'équité doivent être obtenus à travers une redistribution des actifs plutôt que du revenu
courant. Ceci semblerait plaider en faveur d'une égalisation des revenus par le développement de
l'éducation et l'accumulation de capital humain.
Abstract
This paper offers a survey of the recent literature on the relationship between the equity of the
distribution of income or wealth and the rate of growth of an economy. For a large part, this literature
arose in connection with the development of « new growth » models which led to a significant change in
the way to introduce distributional issues in a growth framework. Of special importance is the fact that
several theoretical models point to a positive relationship data seem to confirm such a relationship.
Such findings seem to go against the conventional wisdom that equalizing the income distribution would
harm growth. However, it is argued in the present paper that the available empirical evidence of a
complementarity between equity and growth is presently extremely weak and that the policy implications
of such a relationship through available theoretical models are rather ambiguous. In particular, it
remains the case that redistribution of current income is detrimental to growth so that more equity must
actually be obtained through asset rather than redistribution. A convincing case may thus been
made on the basis of this type of argument in favor of equalizing incomes through fostering education
and the accumulation of human capital.François
BOURGUIGNON
Equité et croissance
économique : une
nouvelle analyse ?
développés après des a coïncidé pays la longue en avec au développement milieu crise une économique révision des reprise années au fondamentale début de qui soixante-dix, la a des croissance frappé années de d'abord puis notre quatre-vingt, économique la compréles plupart pays
hension et de notre représentation théorique de ce phéno
mène. Alors que l'on voyait la croissance des années soixante 26 François Bourguignon
avant tout comme le résultat de l'accumulation des facteurs pro
ductifs et d'un progrès technique exogène rendant les facteurs
de plus en plus productifs au cours du temps, l'attention s'est
déplacée vers la manière dont l'évolution de cette productivité
totale des facteurs pouvait être reliée à plusieurs « externali-
tés » présentes dans la plupart des économies, ainsi qu'à l'a
cquisition de connaissances et à l'éducation. Dans ce cadre plus
large, le taux de croissance de long terme d'une économie
n'est plus donné par un taux de progrès technique exogène, mais
par le comportement même de tous les agents responsables de
l'accumulation des facteurs productifs et de la connaissance,
alors que cela n'était le cas que sur ce que l'on appelle le « sen
tier de transition » dans le modèle néoclassique, dit de Solow.
Ce nouveau paradigme a aussi des implications import
antes pour l'analyse de la relation entre équité et croissance, et
il jette une lumière nouvelle sur la célèbre hypothèse de Kuznets.
Selon cette hypothèse, l'inégalité augmente dans la première
phase du processus de développement, et décroît lorsque un cer
tain point de retournement est atteint. Certains modèles théo
riques dans la littérature récente sur la croissance confirment et
fournissent une nouvelle explication à cette relation entre la dis
tribution du revenu ou du bien-être et le niveau de développe
ment d'une économie. Plus généralement, la relation entre équité
et croissance s'établit à travers différents canaux qu'explore une
littérature théorique en rapide expansion : l'équilibre d'écono
mie politique, les imperfections sur le marché des capitaux, la
structure de la demande et les économies d'échelle, la stratifica
tion ou la diversification sociale locale etc. Cette relation a aussi
été l'objet de certaines analyses empiriques sur données trans
versales suggérant qu'il existe un lien statistique positif signifi
catif entre le degré d'égalité de la distribution des revenus dans
un pays et son taux de croissance.
Bien que foisonnants, ces modèles théoriques et empi
riques sont trop récents pour qu'un consensus réel puisse voir
le jour sur la relation entre équité et croissance. Cependant, su
ffisamment de travail a déjà été réalisé pour comprendre la
nature générale de cette relation, et pour en explorer les impli- François Bourguignon 27
cations possibles de politique économique. Ceci requiert un
réexamen attentif de la nouvelle littérature théorique sur la
croissance et de la façon dont elle traite la relation entre équité
et croissance, tout comme des résultats empiriques disponibles,
à la lumière des processus et des stratégies réelles de dévelop
pement. Le but de cet article est de faire une revue sélective de
la littérature récente reliant la nouvelle théorie de la croissance
et la distribution du revenu, d'en explorer les extensions pos
sibles et d'en analyser les implications concrètes pour la poli
tique économique. L'article est organisé en deux parties et quatre
sections.
La première partie traite essentiellement de la théorie, soit
quantitativement la part la plus importante de la littérature
récente sur l'équité et la croissance. La première section rappelle
brièvement les mécanismes de base des nouveaux modèles théo
riques de croissance, tandis que la deuxième section se concentre
sur les modèles qui traitent explicitement des problèmes distri-
butifs.
La seconde partie de l'article concerne le côté empirique
de cette littérature et ses implications (limitées) de politique éco
nomique. Nous discutons en détail dans la troisième section des
faits empiriques existants sur données transversales. Nous mont
rons que s'il semble y avoir une relation positive significative entre
égalité et croissance entre pays, cette relation est en fait difficile
à interpréter au regard des modèles théoriques existants, et ne signi
fie certes pas que redistribuer le revenu soit une condition suf
fisante pour accélérer la croissance économique.
Nous examinons, dans la dernière section de cet article,
les implications de toute cette littérature théorique et empirique
pour la construction de stratégies de développement qui comb
ineraient une croissance économique conventionnelle et des
objectifs redistributifs comme dans le cadre général du « déve
loppement humain ». Ces implications sont limitées par des fac
teurs variés. Premièrement, la plupart des modèles théoriques se
concentrent sur les équilibres de long terme et semblent être
d'une utilité limitée pour l'analyse de la situation des pays en déve
loppement, le plus souvent transitionnelle. Deuxièmement, beau- 28 François Bourguignon
coup de modèles mettent en avant des mécanismes de nature poli
tique, par exemple le canal à travers lequel la distribution peut
affecter la croissance. Toutefois, il est difficile de tirer de ces
modèles des recommandations de politique économique sans
s'interroger dans le même temps sur la manière dont on peut
rendre ces cohérentes précisément avec l'équi
libre du système politique. Troisièmement, d'autres modèles
mettent en évidence une relation entre équité et croissance qui
peut en fait être positive ou négative, et dont la causalité peut
aller dans l'une ou l'autre de ces directions. Finalement, les
recommandations de politique économique fondée sur les résul
tats empiriques existants sont peu convaincantes quand elles ne
sont basées que sur des modèles dits en forme réduite estimés sur
données transversales. Pour toutes ces raisons, il semble actue
llement impossible d'aller au-delà de l'observation que, contra
irement à ce qui était une idée conventionnelle dans les années
soixante-dix, redistribuer les revenus et les actifs et augmenter ainsi
le bien-être social dans un pays donné, n'est pas forcément « nui
sible à la croissance ».'
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est utile d'insister
sur le fait que ceci n'est pas une revue académique de la litt
érature sur la relation entre équité et croissance. Nous n'avons
aucune prétention à l'exhaustivité. L'objectif est d'aborder de
manière non technique les principales contributions de cette li
ttérature et d'examiner leur pertinence pour l'élaboration de
stratégies orientées vers le développement humain, pas d'entrer
dans le détail de la modélisation théorique ou empirique. Dans
un but d'approfondissement, le lecteur peut se référer au Jour
nal of Economie Perspective [1994]2 pour la théorie de la crois
sance endogène, à Piketty [1994] pour les modèles avec crois
sance et distribution, et à Clarke [1995] pour l'analyse empirique
sur données transversales de la relation entre distribution du
revenu et taux de croissance de long terme.3 François Bourguignon 29
Les principes de base de la nouvelle
théorie de la croissance
L'objectif de cette première partie n'est pas de reprendre, même
rapidement, la théorie de la « croissance endogène », mais de rap
peler ses principes de base et les faits empiriques qui sont utili
sés par les modèles de croissance et distribution analysés dans la
deuxième partie. Bien que les experts de la nouvelle théorie de
la croissance préféreraient probablement une désagrégation plus
fine, on résumera cette vaste littérature en trois lignes de pensée
que l'on présentera tour à tour, avant de considérer le statut des
résultats empiriques dans ce domaine.
Réconciliation de Harrod et Solow grâce au modèle « aK »
II est intéressant qu'une partie de la nouvelle théorie de la crois
sance puisse apparaître rétrospectivement comme un moyen de
réconcilier l'identité de base de la croissance, c'est-à-dire le
modèle connu sous le nom de Harrod ou Harrod-Domar, avec
le néoclassique formulé par Solow et certaines de ses
implications désagréables. Le mécanisme de base dans le modèle
de Harrod est bien connu. Supposons d'une part que, à n'im
porte quel moment du temps, la production soit proportionnelle
au stock de capital, et que le ratio production-capital corre
spondant, a, croisse au taux exogène A. Supposons d'autre part
qu'il y ait un excès structurel de travail dans l'économie, en
d'autres termes que le stock de capital disponible ne permette pas
d'employer toute la force de travail, laquelle croît elle-même à
un taux exogène n. Supposons finalement que toute l'économie
épargne et réinvestisse une proportion constante s de sa pro
duction. Alors, un calcul simple montre que la production totale
croît au taux g = sa + A ; et la production par tête au taux g— n.
Ainsi, la croissance sera plus rapide dans les pays ayant un taux
élevé d'épargne ou d'investissement i, une productivité élevée du François Bourguignon 30
capital, ay un taux élevé de progrès technique, A, et un taux
faible de croissance de la population, n.
La détermination précédente du taux de croissance n'est
valable que lorsqu'il y a un excès de travail dans l'économie.
Cependant, si l'accumulation se fait à un taux très rapide, cet excès
d'offre de travail finira inévitablement par se résorber. Avec s et
a constants, des capacités excédentaires se développeraient. A
long terme, le modèle de Harrod apparaît donc comme un
modèle de déséquilibre permanent, dans le sens où il prédit le
chômage permanent soit du travail soit du capital, sauf dans le
cas peu probable où les deux croîtraient au même taux, c'est-à-
dire sa = n> et où la situation initiale serait celle de plein emploi
du travail et du capital.
Ce modèle pouvant expliquer une phase transitionnelle
longue avec un certain chômage structurel du travail, était inté
ressant pour décrire la croissance dans les pays en développement.
Cependant, ses propriétés de déséquilibre de long terme n'étaient
pas satisfaisantes. Deux solutions ont été proposées plus ou moins
en même temps. Imaginée en 1956 par Kaldor, la première, sur
laquelle on reviendra de manière approfondie plus loin, est de
considérer que le taux d'épargne, sy est endogène et peut chan
ger avec la distribution des revenus entre travail et capital. Ainsi,
la croissance d'équilibre n'est cohérente à long terme qu'avec une
distribution spécifique des revenus. La seconde, due à Solow
[1956], est de rendre la productivité du capital ay plutôt que le
taux d'épargne sy endogène. Pour cela, il faut supposer une sub-
stituabilité entre capital et travail et que le plein emploi des deux
facteurs s'établisse grâce à la concurrence. Le mécanisme est alors
le suivant. Le ratio capital-travail croît initialement au taux posi
tifs — n, mais, avec de plus en plus de capital par unité de tra
vail la productivité du capital, a, décroît de sorte que le taux de
croissance du capital, sa, baisse et tend progressivement vers
celui du travail, n. A long terme, le ratio capital- travail reste
alors constant, la production totale croît au taux exogène n+X,
et la production par tête au taux exogène de progrès technique A.
Ce n'est qu'en dehors de cet équilibre de long terme, c'est-à-dire
sur les « sentiers de transition », que le taux de croissance dépend François Bourguignon 3 1
réellement de paramètres comportementaux ou techniques comme
le taux d'épargne s et le ratio production-capital a. Ces paramètres
ne sont pourtant pas sans influence sur l'équilibre de long terme.
En fait, ils déterminent le « niveau » du sentier de croissance de
long terme plutôt que sa pente. On peut trouver facilement le
niveau en écrivant que l'épargne doit s'ajuster exactement à l'évo
lution du ratio capital-travail dû à la croissance de la population4
sur le sentier du long terme.
Avec l'hypothèse kaldorienne sur le comportement
d'épargne comme avec la substitution néoclassique entre capit
al et travail il n'y a plus de déséquilibre sur le sentier de crois
sance de long terme de l'économie, dans la mesure où travail et
équipement sont pleinement utilisés. En revanche, le taux de croi
ssance correspondant, soit n + Я pour la production totale et Я
pour la production par tête, est totalement exogène. C'est de là
que part la nouvelle théorie de la croissance. Comme le remarque
Lucas [1988], atteindre l'état stationnaire défini par les condi
tions précédentes ne devrait pas prendre beaucoup de temps.
Les taux de croissance du PIB par tête observés sur des périodes
assez longues entre différents pays devraient donc refléter des dif
férences dans le progrès technique exogène plutôt que dans les
paramètres de comportement comme le taux d'épargne. Toutef
ois, il n'y a pas de raison de croire que le progrès technique suive
un rythme très différent d'un pays à l'autre, de sorte que les dif
férences observées dans les taux de croissance de long terme ne
peuvent être expliquées par les modèles précédents ; à moins
bien sûr que l'hypothèse dans laquelle tous les pays seraient à
l'équilibre de long terme ne doive être écartée, un point sur
lequel nous reviendrons plus loin. La question était alors la sui
vante : est-il possible de trouver une théorie où les taux de crois
sance seraient déterminés comme dans le modèle de Harrod-
Domar, mais où cette détermination serait cohérente avec
l'équilibre de long terme plutôt qu'une transition vers l'équilibre ?
Il doit être clair à ce stade que le problème de savoir si
les taux de croissance observés sur la longue période, disons la
période d'après-guerre, correspondent aux taux « d'équilibre » ou
sont transitionnels devient la question empirique fondamentale. 32 François Bourguignon
Dans la littérature empirique récente sur la croissance, cette
question porte le nom de « convergence ». En d'autres termes,
semble-t-il y avoir des forces qui tendent à égaliser les niveaux
de revenus entre pays, confirmant ainsi l'ancien paradigme de la
croissance, ou les taux de croissance apparaissent-ils différents de
manière persistante et les PIB par tête tendent-ils à diverger ?
Bien qu'elle ne soit pas la seule possible, voici une manière
de réconcilier l'ancienne approche de la croissance à la Harrod
et le modèle néoclassique. Elle a été initialement suggérée par
Romer [1986], et est communément désignée sous le terme de
modèle « aK ». Considérons le modèle néoclassique avec une fonc
tion de production agrégée F( ) :
Q = A.HKL) (1)
où Q est le niveau de la production, К le volume de capital, L
la force de travail, et A une variable indiquant le niveau de déve
loppement technique. Comme dans la plupart des formulations
du modèle néoclassique, on suppose que F( ) a des rendements
d'échelle constants. Dans le modèle néoclassique, A croît au taux
exogène constant A alors que toutes les décisions dans l'écono
mie sont basées sur la fonction de production Д ). Mais supposons
que, au lieu d'être exogène, A dépende lui-même de Kk travers
un certain type d'externalités entre les agents économiques pri
vés. Par exemple, l'évolution de A reflète un apprentissage par
la pratique (« learning by doing ») comme dans Arrow [1962],
de sorte que tous les agents bénéficient de tous les investissements
passés réalisés dans l'économie. Supposons de plus que, par
chance, A dépende de К d'une manière telle que, au total, le niveau
total de la production soit proportionnel à К :
Q = A(K).F(K,L) = a{L).K (2)
où la productivité totale du capital, a{L)) est une fonction crois
sante de la force de travail, L. On est alors clairement de retour
dans le monde de Harrod, mais dans un environnement néoclas
sique où il y a plein emploi du travail et du capital grâce à la
concurrence parfaite. Comment cela peut-il coexister avec des

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