Les firmes internationales dans le commerce des céréales - article ; n°1 ; vol.116, pg 3-8

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Économie rurale - Année 1976 - Volume 116 - Numéro 1 - Pages 3-8
— Les céréales sont-elles des produits stratégiques ?
Oui si l'on considère l'importance des céréales dans l'économie mondiale et dans les bilans alimentaires de la population du globe.
Non si ce mot signifie qu'il y a analogie de situation (et donc de politique à suivre) entre les céréales et d'autres matières premières indispensables comme le pétrole. Les céréales, produites pour satisfaire une consommation intérieure, sont l'objet d'un commerce international surtout dans la mesure où existent des surplus ou des déficits accidentels. La répartition planétaire des zones de production, la variété des produits, les cycles différents et l'étalement des récoltes, excluent les risques d'une monopolisation de l'offre de céréales.
— Les sociétés de négoce, des multinationales ?
Ces sociétés sont des firmes internationales et non multinationales. Une multinationale possède, contrôle ou gère des départements productifs et commerciaux dans divers pays, parce que la société mère éclatant dans son cadre national par suite d'une croissance rapide, a cherché à l'étranger des débouchés nouveaux et acquis ainsi la dimension multinationale. La société de commerce international, en revanche, a un cadre d'action, un marché, des activités qui sont dès l'origine et par nature internationaux.
— L'intervention de l'Etat sur le marché des céréales.
L'intervention de l'Etat est très ancienne. Après une période de protectionnisme, la création de l'ONIC en France, a marqué la mise en place d'un système complet d'organisation de la production et des marchés. La politique de régulation des prix et des quantités tend surtout à maintenir le revenu du producteur. Cette première incursion de l'Etat dans le domaine de la gestion des marchés, s'est accrue lors du transfert à Bruxelles de la responsabilité de la mise en œuvre de la politique agricole commune. Des moyens d'action de plus en plus contraignants et sophistiqués, une gestion qui englobe le moyen terme, telles sont les caractéristiques de la planification européenne de certains échanges commerciaux.
Dernièrement une orientation nouvelle s'est dessinée, surtout en France. La thèse est la suivante : la France grâce à son agriculture en général et son potentiel céréalier en particulier, possède un produit d'importance stratégique, comprenons une arme, qu'elle doit exporter vers les pays consommateurs, fournisseurs de pétrole. Elle va donc conclure des accords commerciaux, les fameux contrats dont on parle tant. Et l'administration française cherche à créer des organismes pour traiter certaines opérations. Enfin, pour s'assurer que seront impliqués des produits français, des sociétés purement françaises ou même des organisations de tutelle sont chargées de négocier les contrats...
En réalité, les exportations de céréales françaises n'ont pas eu dans le passé besoin d'être stimulées et développées. Elles ont au contraire, été systématiquement freinées (pour lutter contre l'inflation notamment), sans pouvoir profiter des opportunités du marché, les céréales ont néanmoins été négociées à un prix plus favorable que celui du marché mondial.
D'ailleurs les accords bilatéraux ont une portée plus politique qu'économique, et les accords commerciaux sont avant tout des déclarations d'intention. Les récentes interventions de l'administration dans la conclusion des contrats effectifs se sont soldées par des échecs. En effet seule la concurrence entre vendeurs garantit des termes d'achat favorables, pour les prix, la qualité du produit et la sécurité de la livraison. La pratique de contrats dits optionnels 3 été instituée pour assurer la sécurité d'un approvisionnement non tributaire de son origine.
Certains souhaitent une intervention étatique dans la conclusion de contrats s'inscrivant dans le cadre d'accords commerciaux, pour éviter que soit « sacrifiée dans ces ventes optionnelles, l'origine française à d'autres origines qu'auraient pu choisir dans un but mercantile les sociétés dites multinationales.... C'est méconnaître les mécanismes les plus élémentaires du marché mondial. Et les services indispensables des sociétés de négoce.
Strategic Food Products International Firms in the Grain Trade - Are cereals strategic products ? They are if one considers the importance of cereals in the world economy and in the total food consumption of the world population. But not if one means by this that cereals are in a similar position (and hence should follow a similar policy) to that of other indispensable raw materials such as oil. Cereals, produced to satisfy home demand become an element of international trade above all taken accidental surpluses or deticits arise. Ihe wacld distribution of production areas, the variety of the produce, the different cycles and the different harvesting seasons rule out any risk of there being a monopoly of the cereal supply.
Are the merchants multinational firms ?
These firms are international not multinational. A multinational owns, controls or administers production and commercial departments in several countries because the main firm has grown too big for its national base and has sought new openings abroad, thus reaching multinational size. The international merchant on the other hand has a range, a market and activités which were international from the beginning and by their very nature.
State intervention or the grain market.
State intervention has existed for a very long time. After a protectionist period the setting up of the ONIC in France masked the introduction of a whole system of organization of production and markets. The policy of price and quantity control on the whole leads to the producer's income being maintained. This first attempt at State intervention in the field of market organization was reinforced when the responsibility for working out a common agricultural policy was transfered to Brussels. Increasingly stringent and highly perfected means of action and mean term management are the characteristics of the EEC's planning of certain forms of trade.
Recently a new trend has emerged especially in France. France because of its farming in general and its grain potential in particular has a product of strategic importance, one might even say a weapon, to be exported to the consumer countries, the oil-producing countries. She can, therefore, reach trade agreements, the deals we have heard so much about. And the French government is trying to set up organizations to deal with certain operations. Finally, to make sure that French products will be included, entirely French firms and official bodies are given the task of negotiating these deals.
In fact, in the past, French grain exports did not need to be encouraged and developed. On the contrary they were constantly held in check (to combat inflation in particular). Even without being able to take advantage of the market opportunities, grain crops were nevertheless sold at a higher price than on the world market. Moreover, bilateral agreements have more political than economic importance and trade agreements are above all declarations of intent. Recent government intervention in actual deals has failed for in fact only competition between sellers ensures good buying terms for price, for the quality of the product and safe delivery. So-called « optional » contracts were introduced to guarantee a supply that did not depend on its source.
Some people would like to see State intervention in deals resulting from trade agreements to prevent « French products being sacrificed in these optional sales to products from other countries chosen by multinational firms with a purely profit-making aim ». Such arguments disregard the most elementary workings of the world market and the indispensable services rendered by merchants.
6 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1976
Lecture(s) : 51
Nombre de pages : 9
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M. Rougé
Les firmes internationales dans le commerce des céréales
In: Économie rurale. N°116, 1976. pp. 3-8.
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Rougé M. Les firmes internationales dans le commerce des céréales. In: Économie rurale. N°116, 1976. pp. 3-8.
doi : 10.3406/ecoru.1976.2447
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_1976_num_116_1_2447
Résumé
— Les céréales sont-elles des produits stratégiques ?
Oui si l'on considère l'importance des céréales dans l'économie mondiale et dans les bilans alimentaires
de la population du globe.
Non si ce mot signifie qu'il y a analogie de situation (et donc de politique à suivre) entre les céréales et
d'autres matières premières indispensables comme le pétrole. Les céréales, produites pour satisfaire
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contrôle ou gère des départements productifs et commerciaux dans divers pays, parce que la société
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— L'intervention de l'Etat sur le marché des céréales.
L'intervention de l'Etat est très ancienne. Après une période de protectionnisme, la création de l'ONIC
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marchés. La politique de régulation des prix et des quantités tend surtout à maintenir le revenu du
producteur. Cette première incursion de l'Etat dans le domaine de la gestion des marchés, s'est accrue
lors du transfert à Bruxelles de la responsabilité de la mise en œuvre de la politique agricole commune.
Des moyens d'action de plus en plus contraignants et sophistiqués, une gestion qui englobe le moyen
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Dernièrement une orientation nouvelle s'est dessinée, surtout en France. La thèse est la suivante : la
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fournisseurs de pétrole. Elle va donc conclure des accords commerciaux, les fameux contrats dont on
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françaises ou même des organisations de tutelle sont chargées de négocier les contrats...
En réalité, les exportations de céréales françaises n'ont pas eu dans le passé besoin d'être stimulées et
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Abstract
Strategic Food Products International Firms in the Grain Trade - Are cereals strategic products ? They
are if one considers the importance of cereals in the world economy and in the total food consumption
of the world population. But not if one means by this that cereals are in a similar position (and hence
should follow a similar policy) to that of other indispensable raw materials such as oil. Cereals, produced
to satisfy home demand become an element of international trade above all taken accidental surpluses
or deticits arise. Ihe wacld distribution of production areas, the variety of the produce, the different
cycles and the different harvesting seasons rule out any risk of there being a monopoly of the cereal
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Are the merchants multinational firms ?
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Recently a new trend has emerged especially in France. France because of its farming in general and
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In fact, in the past, French grain exports did not need to be encouraged and developed. On the contrary
they were constantly held in check (to combat inflation in particular). Even without being able to take
advantage of the market opportunities, grain crops were nevertheless sold at a higher price than on the
world market. Moreover, bilateral agreements have more political than economic importance and trade
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the product and safe delivery. So-called « optional » contracts were introduced to guarantee a supply
that did not depend on its source.
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French products being sacrificed in these optional sales to products from other countries chosen by
multinational firms with a purely profit-making aim ». Such arguments disregard the most elementary
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