le LSD de la CIA à Pont-Saint-Esprit
épisode de folie collective (1951)
expérience de LSD de la CIA
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expérience de LSD de la CIA
16/02/2010 Le gouvernement français questionne l…
Sciences et croyances
Le gouvernement français
questionne les USA au sujet de
l’expérience secrète à Pont-Saint-
Esprit avec du LSD dans les années
50
Mercredi 10 Février 2010
Rense.com, F. William
Engdahl, 9 février 2010
Un scandale
diplomatique et politique
qui pourrait avoir de
graves conséquences
pour les relations franco-
étasuniennes est en train
d’éclater. Il implique de
nouvelles recherches sur
la mystérieuse épidémie
de « folie collective »
dans une petite ville du http://static.howstuffworks.com/gif/cia-
sud de la France qui lsd-3.jpg
avait touché environ 500
personnes et provoqué cinq décès.
Selon des sources étasuniennes fiables, le Bureau du
renseignement et de la recherche du ministère des Affaires
étrangères étasunien a reçu une demande d’enquête confidentielle
de la part du bureau d'Erard Corbin de Mangoux (1), directeur de
l'agence de renseignement français DSGE (Direction générale de la
sécurité extérieure). Selon le rapport, l'enquête concerne un compte
rendu publié récemment sur la complicité du gouvernement
étasunien dans un mystérieux épisode de folie de masse dans le sud
de la France, à Pont-Saint-Esprit en 1951.
L'étrange épidémie a gravement affecté près de cinq cents
personnes, provoquant la mort d'au moins cinq, dont deux par
suicide. Depuis près de 60 ans, l’affaire de Pont-Saint-Esprit est
attribuée soit à un empoisonnement à l'ergot, ce qui signifie que les
habitants ont soit consommé du pain infecté par une moisissure
psychédélique, soit été empoisonnés au mercure organique.
En septembre 1951, des scientifiques avec le très estimé British
Medical Journal impliquèrent rapidement ce qu'ils surnommèrent une
« épidémie d'empoisonnement. » (2) Après avoir pensé initialement
que la cause était du pain infecté, ils conclurent que la moisissure ne
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pouvait ni expliquer l'événement ni les maux qui frappèrent des
centaines de personnes de la petite ville.
Des scientifiques dépêchés sur les lieux depuis la compagnie de
produits chimiques Sandoz à proximité de Bâle en Suisse, ont
également indiqué que la moisissure était la cause, mais de
nombreux autres experts n’étaient pas d’accords avec eux.
Le temps passant, le mystère de l'épidémie ne fit que
s'approfondir et aucune réponses ne fut jugée satisfaisante. Un livre
de 2008 publié en France par le professeur Steven Kaplan sur
l'affaire du pain, soulignait que le « mystère reste entier » et laisse
toujours les scientifiques perplexes. (3)
Nouvelles révélations
Un livre juste sorti aux États-Unis, qui décrit minutieusement
des interviews de gens aujourd’hui retraités des services de
renseignement étasuniens qui avaient une connaissance directe des
événements français de 1951, allègue que la « folie collective »
inexpliquée jusqu’ici dans la petite ville isolée était plutôt une
expérience top secrète de la CIA, menée sous le nom de code
Opération Span. L’Opération Span faisait partie du projet
MK/NAOMI, un complément « ultra-top secret » au projet de triste
notoriété MK/ULTRA.
Le livre, A Terrible Mistake: The Murder of Frank Olson and the
CIA's Secret Cold War Experiments (Une terrible erreur :
L’assassinat de Frank Olson et les expériences de guerre froide
secrète de la CIA), du journaliste d'investigation HP Albarelli Jr.,
expose que l’épidémie de Pont-Saint-Esprit en 1951 était le résultat
d'une expérimentation d'aérosol de LSD secrète, dirigée par la top
secrète Division des opérations spéciales de l'US Army à Fort
Detrick dans le Maryland. (4)
Albarelli note que les scientifiques qui ont émis les fausses
explications de couverture du pain contaminé et/ou de
l'empoisonnement au mercure pour détourner de la véritable origine
des événements, travaillaient pour la compagnie pharmaceutique
Sandoz, qui à l’époque fournissait du LSD secrètement à la fois à
l'US army et à la CIA pour la recherche.
Un journal français écrivait à l'époque des événements
bizarres : « Ce n'est ni du Shakespeare, ni de l’Edgar Poe. C’est
hélas la triste réalité tout autour de Pont-Saint-Esprit et de ses
environs, où se déroulent des scènes d'hallucinations terrifiantes. Ce
sont des scènes tout droit sorties du Moyen Âge, des scènes
d'horreur et de pathos, pleines d'ombres sinistres. » Le magazine
étasunien Time, dont l'éditeur Henry Luce était étroitement lié aux
activités de propagande de la CIA dans les années 50, écrivait :
« Parmi les affligés, grandissait le délire : les patients se débattaient
sauvagement sur leur lit, en hurlant que des fleurs rouges
alterinfo.net/Le-gouvernement-francai… 2/616/02/2010 Le gouvernement français questionne l…
s’épanouissaient sur leur corps, que leurs têtes se transformaient en
plomb fondu. L’hôpital de Pont-Saint-Esprit a signalé quatre
tentatives de suicide. »
Comme le note Albarelli, un site Internet du ministère de la
Justice sur les dangers du LSD signale que, dans le début des années
50, « La compagnie Sandoz Chemical alla jusqu'à promouvoir le
LSD comme possible arme secrète de guerre chimique pour le
gouvernement étasunien. Le principal argument de vente était
qu'une petite quantité dans les réservoirs d'eau ou pulvérisée dans
l'air pouvait désorienter et rendre psychotique les soldats d’une
compagnie entière en les laissant inoffensifs et incapables de se
battre. »
Albarelli affirme que la CIA a fait un accueil favorable à un certain
nombre de propositions de scientifiques étasuniens concernant
l’introduction d'une grande quantité de LSD dans le réservoir d'une
ville de taille moyenne à grande, mais, selon les responsables de
l'ancienne agence, « l'expérience n'a jamais été approuvée à cause
du nombre imprévu de morts lors de l'opération en France. »
En fait, Albarelli avait découvert autrefois des documents
secrets du FBI qui révélaient que, un an avant l'expérience de Pont
Saint-Esprit, la Division des opérations spéciales de Fort Detrick
avait pris pour cible le réseau du métro de New York pour une
expérience similaire. Une note de service d’août 1950 du bureau
déclare, « Les expériences de guerre biologique qui devaient être
menées par des représentants du ministère de l'Armée dans le
réseau du métro de New York en septembre 1950, ont été
reportées sans fixer de date. » La note de service se poursuit en
citant les préoccupations du FBI au sujet de « l’empoisonnement
des plantes alimentaires » et « l'empoisonnement des réserves
d’eau » des grandes villes des États-Unis. (5)
Lors d’un entretien avec l’auteur [William Engdahl], Albarelli a
décrit comment lui sont apparus les détails choquants des
programmes secrets de la CIA avec les drogues : « Mon premier
tuyau fut un document de 1954 de la CIA qui détaillait une rencontre
entre un responsable de la compagnie chimique Sandoz (les
producteurs de LSD) et un agent de la CIA, dans laquelle « le secret
de Pont Saint-Esprit » était référencé. Le responsable de Sandoz
poursuivait en disant : « Ce n'était pas du tout l'ergot. » (6)
Albarelli dit avoir obtenu ensuite par l'intermédiaire de la Loi sur
la liberté de l’information un rapport de 1955 partiellement expurgé
de la CIA, intitulé A CIA Study of LSD-25 (Une étude du LSD-25 par
la CIA). « Ce rapport apparemment très complet contient des
informations détaillées sur la fabrication, la fourniture et l’usage du
LSD et des produits du type LSD dans le monde. Cependant, la
section sur la France et Pont St Esprit avait été presque entièrement
censurée. » Albarelli a demandé une copie intégrale, mais les
responsables de la CIA ont refusé de lui en fournir une. (7)
alterinfo.net/Le-gouvernement-francai… 3/616/02/2010 Le gouvernement français questionne l…
Il continue : « Puis je suis tombé sur une lettre écrite par l’agent
du Bureau fédéral des narcotiques qui travaillait secrètement pour la
CIA ; c’était George Hunter White qui dirigeait le poste de la CIA à
New York de 1951 à 1954. La lettre de White référençait
l’expérience de Pont St Esprit. À ce stade, après cinq ans d’enquête,
j'ai commencé à interviewer d’anciens biochimistes de l'armée. Ils
sont devenus très évasifs et ont refusé de parler de leur travail en
France. Finalement, deux anciens employés du renseignement ont
confirmé que l'expérience avait eu lieu sous les auspices de la
Division des opérations spéciales de l’armée et avec un financement
de la CIA. » (8)
En dernier lieu, a expliqué Albarelli, « on m'a donné un document
non daté de la Maison Blanche, faisant partie d'un fichier plus
volumineux qui avaient été envoyé aux membres de la Commission
Rockefeller formée en 1975 pour enquêter sur les abus de la CIA. Le
document contenait le nom d'un certain nombre de ressortissants
français qui avaient été employés secrètement par la CIA, et faisait
directement référence à l’"incident de Pont Saint-Esprit", en reliant
l'ancien chef du projet de recherche secrète de l'OSS et le chef de la
Division des opérations spéciales de Fort Detrick. Tout cela avec un
autre document incluant la preuve irréfutable. » (9)
Dans son enquête sur la recherche pour utiliser le LSD comme
arme offensive, Albarelli affirme que l'armée a drogué à leur insu
plus de 5.700 militaires étasuniens entre 1953 et 1965, et, avec la
CIA, a expérimenté à grande échelle avec du LSD et d’autres
drogues à travers des contrats secrets avec plus de 325
établissements d’enseignement supérieur, universités et instituts de
recherche aux Etats-Unis, au Canada et en Europe, impliquant près
de 2500 sujets supplémentaires, beaucoup d'entre eux étant des
patients hospitalisés et des étudiants.
En 2005, Scott Shane, un reporter du journal Baltimore Sun, a
écrit : « L'armée n'a aucun dossier sur MKNAOMI ou sur la Division
des opérations spéciales. » Questionnée officiellement à propos de
ces dossiers, l'armée a répondu qu'elle « n’a pu en trouver aucun. »
En 1973, la CIA a détruit la totalité de ses dossiers sur MKNAOMI et
sa collaboration avec la Division des opérations spéciales de Fort
Detrick. Quand Shane a demandé à un ancien haut gradé des
opérations spéciales de prendre la parole sur les projets de la
division en général, Andrew M. Cowan, Jr. a dit : « Je ne donne pas
d'interviews sur ce sujet. Il doit être toujours classé confidentiel, à
défaut d'autre chose, pour préserver hors des mains de quelques
cinglés des informations que la division a développé. » (10)
Autres projets de la CIA avec de la drogue
En 1959, alors qu'il était étudiant à Stanford University,
l'écrivain étasunien Ken Kesey se porta volontaire pour participer au
projet MK/ULTRA, financé par la CIA, à l'Hôpital des anciens
combattants de Menlo Park. Le projet étudiait les effets sur les gens
alterinfo.net/Le-gouvernement-francai… 4/616/02/2010 Le gouvernement français questionne l…
des drogues psychoactives, en particulier du LSD, de la psilocybine,
de la mescaline, de la cocaïne, de l’Alpha-méthyltryptamine et de la
N-diméthyltryptamine. Kesey a fait des exposés détaillés de ses
expériences avec ces drogues au cours de l’étude du projet
MK/ULTRA. Kesey aurait été inspiré par son rôle de cobaye médical
pour écrire Vol au-dessus d’un nid de coucou en 1962. (11)
Il fut un temps où l’étudiant diplômé en psychologie, le
tristement célèbre gourou du LSD de Harvard, le Dr Timothy Leary,
dont le slogan « Flower Power » de la génération de 1968 était
« Viens, mets-toi dans le coup, décroche, » était associé à Cord
Meyer de la CIA. Leary a imaginé un test de personnalité particulier,
The Leary, utilisé par la CIA pour tester les employés potentiels, et a
travaillé avec Frank Barron, un employé de la CIA et ancien
camarade de classe de psychologie à l'Institute for Personality
Assessment and Research de Berkeley, et plus tard avec le
Psychedelic Drug Research Center de Barron à Harvard. Ce ne sont
que deux des exemples les plus connus et détaillés liant la CIA aux
projets avec le LSD après les présumées expériences françaises.
(12)
Selon un officiel de la DGSE qui a refusé d'être identifié, « Si les
détails des révélations de ce livre s'avèrent être vrais, ce sera très
bouleversant pour les habitants de Pont-Saint-Esprit, ainsi que pour
tous les citoyens français. Que des agences du gouvernement des
États-Unis puissent délibérément prendre pour cible des
ressortissants étrangers pour ce genre d’expérience constitue une
violation d'un certain nombre de lois et traités internationaux. »
Notes
1. Erard Corbin de Mangoux, conseiller de Sarkozy, remplacera
Brochand à la DGSE,. Le Monde. 6 octobre 2008 :
www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-37199541@7-
40,0.html
2. British Medical Journal, Ergot Poisoning at Pont St. Esprit, 15
septembre 1951, p. 650.
3. Steven L. Kaplan, Le pain maudit : Retour sur la France des
années oubliées 1945-1958 (Paris: Fayard 2008), p. 1124.
4. H.P. Albarelli, Jr., A Terrible Mistake: The Murder of Frank
Olson and the CIA's Secret Cold War Experiments, (Walterville
Oregon: Trine Day Inc., 2009).
5. FBI Memorandum, August 25, 1950, Subject: Biological
Warfare and NY Subway System, A.H. Belmont to C.E. Hennrich.
6. H.P. Albarelli, Jr., interview avec F. William Engdahl par
courriels, 6 février 2010.
alterinfo.net/Le-gouvernement-francai… 5/616/02/2010 Le gouvernement français questionne l…
7. Ibid.
8. Ibid.
9. Ibid.
10. Scott Shane, Buried Secrets of Biowarfare, Baltimore Sun,
1er août 2004, p.1.
11. Rob Elder, Down on the Peacock Farm, Salon magazine, 16
novembre 2001.
12. Mark Riebling, Was Timothy Leary a CIA Agent?, 1994,
Osprey Productions/Grand Royal :
home.dti.net/lawserv/leary.html
Original : www.rense.com/general89/50s.htm
Trduction copyleft de Pétrus Lombard
Source :
http://www.alterinfo.net
alterinfo.net/Le-gouvernement-francai… 6/6
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Publié le :
21/07/2011
Langue :
Français
Nombre de pages :
6
Type de la publication :
Presse et revues
Thème :
Actualité et débat de société >
Politique

documentaireroots
-Plus d'un an
http://www.unjournaldumonde.org/2008/03/30/premier-journal-televise-premier-8000/ Un grand Merci Militant pour ce relais plus qu'utile ...(°+°)
documentaireroots
-Plus d'un an
http://www.summagallicana.it/lessico/s/segale.htm http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Pain_du_diable 25 08 1951 Intoxication alimentaire à Pont St Esprit : la présence d’ergot de seigle (sclérote noir du champignon parasite Claviceps purpurea, apparaissant au milieu de l’épi mûr du seigle) dans la farine a entraîné la mort de cinq personnes, l’internement de quarante autres et des symptômes à deux cent cinquante autres. La maladie n’est pas nouvelle, elle portait autrefois les noms colorés de mal des ardents ou feu de St Antoine, mais la substance hallucinogène qui la caractérise n’est autre, on le saura plus tard que le LSD : Lyserg Säure Diethylamid, découvert par A.W.Hofmann : diéthylamide de l’acide lysergique. Rumeurs et calomnies iront comme de bien entendu bon train à cette occasion.
dani
-Plus d'un an
Franchement, ça paraît incroyable .