Pour 44 n°68

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Journal de la section départementale de la FSU Loire-Atlantique (Mars 2010)

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Fédération Syndicale Unitaire
Section de Loire-Atlantique
N°68 mars 2010 --ISSN 1249-2051
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FSU-8 pl de la Gare de l’État, case postale n°8, 44 276-Nantes CEDEX 2 - tel : 02 40 35 96 55-fax 02 40 35 96 56 Site internet : : fsu44@fsu44.orghttp://www.fsu44.org - e mail
déposé le 17 mars 2010 Dispensé de timbrage Jusqu’où le vertige sarkocrate ? Notre pays est soumis à la toute puissance d’un monar-Nantes ROLLIN que élu qui dirige la France. Certains pourront y voirPOUR 44 un paradoxe mais les reflets du libéralisme économi-que que nous subissons ont des aspects totalitaires. La 8 pl de la Gare de l’État dictature économique accompagne des pratiques politi-case postale n°8 ques autoritaires, des passages en forces qui violentent 44276-Nantes CEDEX 2les plus faibles. Jusqu’où endurer les destructions en cours ? Jusqu’où supporter la surenchère dog-matique au pouvoir, si bien servie par le titulai-re de Matignon qui, dans sa grisaille de gestion favorise les nouvelles féodalités ? Les clochet-tes de Solesmes au goût Fillon sonnent comme le sabre et le goupillon. La cohorte des destructions est impressionnan-te. Et ce n’est pas fini. Les thuriféraires du pa-tronat nous avaient prévenu : en finir avec les acquis du conseil national de la résistance. Et tout y passe, c’est vrai. Pour l’heure ni le mou-SOMMAIRE vement syndical, ni l’action politique, ni les initiatives p 1 Edito citoyennes ne parviennent à enrayer la mécanique d’unAppel au 23p 2 p 3 Congrès de Lille pouvoir qui falsifie le sens des mots. p 4 Emploi industriel à Saint-Nazaire p 5 Sans Papiers Nous sommes tous engagés sur nos fronts car tout est p 6 Risques psycho sociaux, un bilan alarmant attaqué : l’éducation, la justice, l’emploi, tous les ser-p 7 La violence faite au travail, soirée-débat vices publics, toutes les fonctions publiques, la sécu, lap 8 Educ... p 9 Lycéen nantais blessé par un flash-Ball santé, l’hôpital, l’agriculture, l’emploi industriel et j’en p 10 Région, ce que revendique la FSU passe. Et bientôt – cible récurrente – on va nous jouer : Retraites, le retour de Terminator. 23 MarsJournée interprofessionnelle Et si on faisait le pari cette fois-ci de contrarier le filon de Fillon ? Et si on réussissait à ne pas laisser un oude grèves et de manifestation à l’appel de deux syndicats accompagner une contre réforme qui la CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA n’a pas pour but de « sauver » les retraites mais uni-Emploi, Salaires, quement d’en affaiblir les montants pour encourager les fonds de pension individuels et faire tomber la soli-darité de la répartition et du salaire différé ? Ce pro-Services Publics, Retraite chain combat social se précise. Les projets filtrent et Manifestations à 10h30 à Nantes (place les positions se dévoilent. Repousser l’âge de retraite est martelé comme une nécessité comptable incontour-du Commerce), Saint-Nazaire, nable par le pouvoir et ses alliés syndicaux. Mais re-Châteaubriant, Ancenis (sous-préfecture)mettre en cause le code des Pensions – au nom de l’ali-1
Suite éditognement sur le moins-disant social – est également claironné au nom de l’égalité vers le bas. Ce rendez-vous social est essentiel. Il va nous falloir travailler, mieux qu’en 2003, les convergen-ces interprofessionnelles. Nous vivons un contexte où nous sommes tous victimes d’une surexploitation qui génère une grave crise économique, politique (le désar-roi à gauche en est une illustration) et sociale. Le rendez -vous avancé en 2010 sur les retraites (il était program-
mé en 2012) ne doit pas être raté par les syndicats de salariés. Il convient de poser avec conviction le nécessi-té de répartir différemment les richesses et d’asseoir le financement des retraites sur une assiette plus large que celle des salaires. Allez ! Courage ! Le syndicalisme salarié est le dernier rempart. La FSU est quand même pas la digue de l’Ai-guillon-sur-mer ? Didier Hude
Le 23 mars, CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA appellent à une journée nationale de grèves et de manifestations
Dans le public, comme dans le privé, les destructions d’emplois sont massives. Les chiffres du chômage sont têtus. Il n’y a pas de sursaut. Dans notre département, l’avenir des chantiers de Saint-Nazaire et de ses entreprises sous-traitantes, et plus globalement de tout l’emploi industriel est au centre des préoccupations. Nous l’avons dé-montré dans l’unité le 3 mars à Penhoët. Le mouvement syndical a la responsabilité de prévoir l’avenir de la filière industrielle et tous les emplois qui en dépendent. Il doit agir pour la pérennité des compétences et l’élaboration de propositions pour des politiques énergétiques nouvelles et industrielles qui répondent aux besoins des populations tout en anticipant l’épuisement des ressources naturelles pour préserver la planète. Les organisations syndicales réaffirment que la sortie de crise passe par des mesures en faveur de l’emploi, des salaires et pensions, une fiscalité plus juste, des politiques publiques en faveur d’une relance économi-que respectueuse des impératifs écologiques. EMPLOI, SALAIRES :Le gouvernementn’apportel'emploi, les salaires, leaucune réponse concrète sur pouvoir d'achat, les conditions de travail et les politiques publiques. Il renvoie la question des chômeurs en fin de droits à une concertation avec le secrétaire d'État à l'emploi. SERVICES PUBLICS:Alors que les organisations syndicales ont récemment dénoncé les atteintes au sta-tut général des fonctionnaires, le gouvernement ne dit rien non plus sur le malaise dans la Fonction publique. Au nom de la révision générale des politiques publiques, il supprime des emplois au détriment des missions des services publics. La dégradation des conditions de travail et de l'emploi touche les salariés du privé comme du public. RETRAITES :Concernant les retraites, avec un projet de loi annoncé dès septembre 2010, le calendrier reste très serré. Les organisations syndicales affirment leur volonté d'agir pour que le débat sur les retraites, prenne en compte l’ensemble des questions tant au niveau du privé que du public, notamment le niveau des pensions, l’emploi, le financement, la pénibilité, le code des pensions et la réduction des inégalités.Les rendez-vous fixés par le président de la République et les négociations avec le patronat doivent être l'oc-casion d'apporter des solutions favorables aux salariés. La situation économique et sociale nécessite l’inter-vention convergente des salariés du public comme du privé, des retraités, des privés d’emplois, pour porter avec force leurs attentes et défendre leurs intérêts communs. C'est pourquoi les organisations syndicales décident d'une mobilisation interprofessionnelle unitaire afin de peser sur ces différents rendez-vous. Ellesappellentensembleàune journée de grèves et de manifestations le 23 mars à : Nantes (place du Commerce), Saint-Nazaire, Châteaubriant et Ancenis (sous-préfecture).
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Congrès de Lille – Février 2010 Lors de notre congrès départemental de décembre 2009, nous avions rédigé un certain nombre d'amendements, une motion et proposé des réécritures de textes. Si certaines de nos propositions ont été intégrées sans discussion; d'autres ont été présentées et défendues en commissions. Nous avons maintenu 2 amendements et les avons soumis au vote en séances plénières. Thème 1 :Éducation, formation, recherche C'était un thème très attendu; pas uniquement sur le sujet même de l'Éducation mais parce qu'il abordait et pouvait riat fédéral a été tranchée et sera mise en oeuvre lors du trancher le devenir de la formation des maîtres. prochain CDFN.: confirmation de la composition actuelle Le débat n'a pas vraiment eu lieu, même si les prises de du Secrétariat National et élargissement à quelques mili-parole uniquement sur ce sujet ont été nombreuses. tants engagés dans les secteurs. Pas de débat, car des positions et des volontés juxtapo-La question de l'adhésion à la CES, elle, n'a pas été tran-sées et souvent opposées. chée car contrairement à ce qui avait été décidé lors du Nous avons porté notre amendement demandant le recru-congrès de Marseille, le débat dans la fédération n'a pas tement niveau licence ; il n'a pas été retenu ( Pour: 164, été mené. 29,03% ; Contre:397 ; Abst : 4 ; refus de vote: 61 ). La FSU ne peut plus différer ce débat et la consultation De toutes ces interventions contradictoires, la synthèse a des adhérents doit avoir lieu rapidement. abouti à la poursuite du débat et des échanges sur cette La question de l'adhésion à la CES sera acté lors d'un question pour affiner les propositions communes: mais CDFN après débat et consultation de la profession. Il est sur les autres propositions ? souhaité que cela ait lieu avant la fin de l'année civile. « La FSU dénonce la publication des décrets sur les Face à ces 2 poids lourds de discussion, les thèmes 2 & 3 statuts particuliers des enseignants. Elle réaffirme semblaient d'un abord plus serein. son exigence d’abandon de la réforme en l’état ainsi que du retrait des textes d’application concernant la Thème 2:le service public et la fonction publique formation déjà publiés, au profit d’une toute autre Lethème 3( Pour des alternatives économiques, sociales réforme. » et environnementales) , lui a été délaissé par les gros syn-dicats enseignants. Pourtant, on y abordait la lutte contre la précarité, la pro-tection sociale, le droit des femmes, les retraites, la lutte contre les discriminations le racisme et l'anti-sémitisme, la paix dans le monde, le nucléaire,.. Ce fut là un débat de spécialistes, tellement précis que la plupart des délégués ne pouvait s'emparer de ces questions, faute de mandate-ments: les débats n'ayant pas été menés dans les départe-ments. Mais il faut bien que la fédération s'engage dans ces réflexions. Et donc, il nous faudra en Loire-Thème 4 :Quelle FSU pour quel syndicalisme ? Atlantique aborder ces sujets et avancer dans les ques-tionnements et les réponses à Lui aussi très attendu puisqu'il évoquait la recomposition apporter. syndicale. En écho, ce congrès fut pas-Après les discours d'A Coupé de Solidaires montrant une sionnant. Nous y fûmes stu-grande ouverture et celui de B Thibaut de la CGT; après dieux. Perpignan, Marseille, à Lille vers où allait se diriger la FSU : vers la poursuite de ces échanges avec un appel Et même si la FSU semble ne a u x o r g a n i s a t i o n s q u i l e s o u h a i t e n t . plus avancer aussi vite qu'il y a Là aussi, nous avons maintenu le sens de notre motion quelques années : elle a pris en participant à l'écriture d'un amendement avec d'autres pleinement sa place dans le syndicats de la FSU et une vingtaine de sections départe-paysage syndical; elle l'assume. mentales indiquant bien qu'il était nécessaire de franchir Elle est maintenant un des ac-une nouvelle étape en créant une structure intersyndicale teurs incontournables de l'outil pérenne. revendicatif et Bernadette Notre amendement n'a pas été retenu ( Pour: 220, GROISON saura la développer. 35,37% ; Contre:361 ; Abst : 41 ; refus de vote: 44 ). Sylvie POUYON Dans ce thème, la question de la composition du secréta-
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SAUVEGARDER LES CHANTIERS DE SAINT-NAZAIRE ET L’EMPLOI INDUSTRIEL
Faute de commandes les chantiers de Saint-Nazaire et toute leur sous-traitance peuvent être condam-nés à court terme. L’emploi intérimaire qui y est lié est déjà touché de plein fouet. Ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu sur le bassin nazairien et la région. Airbus est en grande difficulté. L’emploi industriel craque. Dans le public, comme dans le privé, les destructions d’emplois sont massives. Les chiffres du chômage sont têtus. Dans l’unité complète, les huit centrales syndicales CFDT, CGT, CFE-CGC, CFTC, CGT-FO, FSU, UNSA, Solidaires, ont organisé une marche commune le 3 mars sur le site de Penhoët à Saint-Nazaire. Le mouvement syndical a la responsabilité de prévoir l’avenir de la filière industrielle et tous les emplois qui en dépendent. Il doit agir pour la pérennité des compétences et l’élaboration de proposi-tions pour des politiques énergétiques nouvelles et industrielles qui répondent aux besoins des popula-tions tout en anticipant l’épuisement des ressources naturelles pour préserver la planète. Si l’emploi industriel tombe, c’est toute la structure sociale, économique et politique du bassin nazairien et avec elle, celle du département qui sera déstabilisée. Il était normal que la FSU prenne sa place dans la mobilisation syndicale interprofessionnelle. Le combat pour les chantiers est le nôtre. C’est toute une société qui craque.
Discours FSU Loire-Atlantique, Saint-Nazaire 3 mars 2010
Méan-Penhoët ! Penhoët penn kalet ! Pen-hoët tête de bois ! Penhoët la cabocharde ! Saint-Nazaire la communarde ! Si vous interro-gez les civelles qui passent près des bassins el-les vous diront que si elles viennent en Loire, c’est uniquement parce que de mémoire d’anguil-le on ne peut faire cap sur les sargasses sans avoir vu Saint-Nazaire. Saint-Nazaire, entre terre et eaux, ville de marais construite et pé-trie par de la fierté ouvrière. Ville où on a rasé le passé et où on ne sait jamais comment peut se bâtir l’avenir. Saint-Nazaire ville paradoxale. Ville de la destruction vouée à la construction, ville de la pauvreté qui échafaude du luxe. Ville des anar-chistes bleus, aux germes libertaires qui font que tout le monde est un peu anar sans forcé-ment le vouloir, ni toujours s’en rendre compte. Ville de paradoxes oui, qui ne fait rien, ou si peu, comme tout le monde. Ici, quand un curé s’appel-le Patron, c’est un sacré jojo qui finit syndicalis-te à la sociale : un comble ! Ici, même l’UMP n’est pas comme ailleurs : c’est un club de sports, laï-que qui plus est. Saint-Nazaire est un peu comme sa base sous-marine, elle s’entête à résister. Cette ré-sistance des chantiers, c’est celle de tout l’em-
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ploi industriel. C’est une résistance qui pense plus loin que le bout de son nez, en voulant chan-ger les paramètres de la mort annoncée, comme le dit si bien Jean-Bernard Pouy. Ici, la classe ouvrière n’a pas résumé sa condition humaine à perdre sa vie à la gagner. Dans leurs combats, dans les victoires et les défaites, les fumées de soudures et l’amiante, les femmes et les hommes des chantiers ont dégagé des horizons qui vont au-delà des grues de Penhoët, de la grand-mère et de ses filles du port. Malgré son petit Maroc, Saint-Nazaire n’est pas touristique. C’est là un très gros dé-faut. Faire disparaître usines et populo doit pou-voir rapporter gros. C’est connu. Les pauvres ont pas de goût, leurs maisons sont moches et leurs usines puent. Alors qu’un promoteur ça front de merdise tout beau. Faire tomber la navale, avec elle l’emploi industriel et toute la sous-traitance, voilà un programme chatoyant pour des amou-reux de l’argent. Prolonger La Baule jusqu’à Tri-gnac, libérer Donges de ses raffineries et la verrue prolétaire disparaîtra ainsi. La tentation n’est pas nouvelle. Déjà, sous Olivier Guichard il y a 40 ans, les marais salants de Guérande ont failli disparaître sous les projets des promo-teurs. Les mêmes intérêts sont aujourd’hui en
jeu. Si la navale tombe, comme la presqu’île hier, Saint-Nazaire sera demain à vendre avec vue sur la Loi-re et sur l’Océan. Il y aura juste à trouver des transitions. C’est le mari de Carla Bruni qui nous l’a dit. Tout comme pour avoir la paix il faut pré-parer la guerre, la navale pour ne pas mourir civile doit construire du mili-taire. Dieu que la guerre économique est jolie ! Le Tsar Kozy a eu cette idée salvatrice avec son ami russe de la mafia MEDEF Medvedef : on par-tage moitié-moitié, tu construis en Russie et moi à Saint-Nazaire. Mais cet arrangement entre amis oublie, donc engloutit, la quasi totalité de la sous-traitance et des ses emplois sauf à vouloir par exemple enjoliver de marqueterie les soutes d’un porte chars d’assauts. Quand il ne restera plus que le noyau dur des chantiers, le dernier carré du cœur de métier n’en sera que plus facile à réduire. Depuis Napoléon et sa retraite de Russie on sait pourtant bien qu’en dernier carré la garde meurt même si elle ne se rend pas. Si l’emploi industriel disparaît de l’estuaire, il ne sera pas possible d’enrayer la mutation économique, sociologique et politique voulue pour la Loire-Atlantique. La fierté nazai-rienne ancrée dans la fierté ouvrière et ses savoir-faire, avec ses outran-ces portuaires, fait partie de notre patrimoine et de nos utopies socia-les. En Basse Loire, notre noblesse c’est la classe ouvrière. Défendons-nous, défendons-là. Comme on dit ici, tous ensemble mettons-nous à la masse. Au cœur des vases fertiles les hommes ont fait de Saint-Nazaire un phénix breton où le tra-vail est devenu culture. Un phénix ça vit des millénaires. Notre heure n’est pas venue de finir en Musée.Didier Hude
CGT SOLIDAIRES FSU CFDT UCIJ (Uni-e-s Contre une Immigration Jetable)L’ACTION CONTINUE POUR LES TRAVAILLEURS SANS PAPIERS
 Les travailleurs sans papiers sont des travailleurs qui cotisent : Sécurité Sociale, retraite, chômage… Sans titre de séjour, non seulement ces cotisations ne leur donnent aucun droit, mais ils sont de plus surexploités au niveau des salaires et des conditions de travail. Ces situations permettent d’aggraver les conditions d’em-ploi et de salaire de tous. C’est donc dans l’intérêt de tous qu’il faut régulariser la situation des travailleurs sans papiers, c'est-à-dire leur donner un titre de sé-jour.  Depuis le 7 octobre 2008, soixante-dix dossiers de demande de régularisation ont été dépo-sés par des travailleurs sans-papiers. A ce jour, les Manifestation l’an dernier services ont attribué des papiers à près d‘une vingtaine de salariés. Pourquoi certaines situations sont-elles régularisées et pas d’autres ? En Loire-Atlantique comme au niveau na-tional, sous couvert de « cas par cas », c’est plutôt la prime au « patron influent » qui semble fonctionner.  Même si l’un d’entre eux a obtenu un titre de séjour provisoire, la situation des trois travailleurs sans pa-piers de Leclerc-Paridis n’est toujours pas réglée. La Préfecture s’était pourtant engagée à les régulariser.  Les actions pour les travailleurs sans papiers conti-nuent (à suivre sur le site FSU44) Prochain rassemblement : jeudi 18 mars à 17h30 à la Préfecture de Nantes Anne Mesnier
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RISQUES PSYCHO SOCIAUX UN BILAN ALARMANT
Au Pôle Emploi, le SNU-FSU alerte depuis des mois les directions d’établissement et le DG sur la sécurité et les conditions de travail au sein de l’Etablissement. La mise en œuvre de cette fusion sur un rythme effréné a percuté une fois de plus les usagers. La première étude réalisée par un cabinet d’expertise, remise lors de la séance de négociation du 05 janvier a été menée suite à un questionnaire auquel ont répondu 52 % des agents de Pôle Emploi (Plan d’urgence et moratoire sur la fusion à marche forcée, maintien des agents sur leurs métiers respectifs, accroissement des effectifs par embauches pérennes). Les premiers échanges montrent que la situation de travail des agents de Pôle Emploi est extrêmement pa-thogène Le travail est bousculé, intense (92% des répondants), interrompu, manque de temps pour réaliser les missions confiées dans un contexte de pression prégnante. Par rapport aux tableaux comparatifs usuels, ceux concer-nant le Pôle Emploi mettent en évidenceune situation hors normes(cf. SUMER 2003, cadre d’étude européen). Hors normes en particulier sur le niveau des tensions psychologiques et les risques de maladies physiques ou psychiques qui en résultent. 71,2% des répondants sont en situation de JOB STRAIN (tension au travail) selon les conclusions des experts alors que la moyenne des salariés en France : 28%. Plus globalement, tous les clignotants sont au rouge Dans les négociations qui s’ouvrent, la Direction Générale de Pôle Emploi est donc au pied du mur, alors que le Pré-sident de la République le 23.11.2009, devant près de 2 000 managers de Pôle Emploi, a refusé toutes inflexions et a confirmé le déploiement de la fusion à marche forcée quoiqu’il advienne. L’épuisement des personnels et l’accroissement des ris-ques psycho-sociaux, trouvent en grande partie leur sour-ce dans un conflit de valeurs : en effet, alors que80% des répondants déclarent réaliser des actes professionnels auxquels ils n’adhèrent pas personnellement, 70% des répondants déclarent avoir le sentiment d’une vérita-ble utilité dans leur travail et enfin, 73% des répon-dants déclarent que leur travail contribue à la réalisa-tion des missions de service public. Devant ces constats, l’entêtement du Président SAR-KOZY apparaîtrait irresponsable C’est pourquoi le SNU exige immédiatement une série de mesures concrètes et réalistes :  - Une consultation de l’ensemble des collectifs de travailafin que chacun s’exprime et se positionne sur ce qu’il pense du concept imposé (un entretien unique, un seul et même conseiller sur les champs du placement et de
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l’indemnisation).  - Une réunion nationale de l’ensemble des élus des CHSCTpour à la fois faire un bilan de l’état des condi-tions de travail régions par régions afin de construire des alternatives et des propositions complémentaires à celle du SNU-FSU. A notre demande au CCE du 09/12, la DG a accepté une réunion des secrétaires des CHSCT le 02/02/2010.  - Une expertise nationale complémentaire au ques-tionnairesur les risques psycho-sociaux, et un croisement avec les expertises régionales réalisées ou en cours, par des méthodes qualitatives, de type entretiens.  - Un état des lieux précis des incidents(nombre et nature) survenus dans les sites depuis le début de l’année, à partir des remontées des registres de sécurité et des fi-ches d’alerte.  - L’arrêt immédiat de tout dispositif de contrôleindividuel de la productivité, y compris pour l’encadre-ment.  - Tenue de réunions de mutualisation régulières et d’échanges professionnels en dehors de l’encadrement, indispensables à créer du lien, et à soustraire les salariés de l’isolement, quelle que soit leur fonction au sein de ce collectif.  - Réhabilitation de réunion de service, espace d’é-changes contradictoireset non la descente d’informa-tions cadenacées de façon autoritaire et mal préparées.  -Des espaces professionnels comprenant un bureau par personne et un PO,une informatique homogénéi-sée.  - Un accueil dual avec 2 files identifiées,placement et indemnisation, afin de sécuriser les personnels et de fiabiliser le service rendu.  -Arrêt de la concentration du réseau etdu maintien maillage de proximité du service public.  - Arrêt des mobilités contraintesquelle que soit leur nature : géographiques ou fonctionnelles. La sécurisation pour le personnel de Pôle emploi en matière de mobilité choisie (quelle que soit celle-ci) doit s’inscrire dans un processus et être validée par des instances représentatives du personnel.  - Rotation régulière sur les postes de travailenac-cueil (à minima ½ journée voire ¼ de journée), avec le refus que les précaires soient exposés en permanence aux postes les plus difficiles à tenir.  - Renforcement de l’effectifde Pôle Emploi en CDI pour conforter les missions et assurer un véritable service public, et donc arrêt de toute forme d’externalisation (OPP/ Plateformes téléphoniques DE ou entreprises/ Task Force/ Support diagnostic informatique aux sites)  -Modede recrutement exclusivement en CDI, par des process garantissant l’objectivité et non par « copinage » qui peut engendrer un fort sentiment d’injustice.CDIsa-tion de l’ensemble des précaires.  - Moratoire sur le déploiement des sites mixtesavec une consultation des instances régionales concernant cha-
que site prenant réellement en compte les aménagements puisse exercer ses mandats de contrôle et d’appui sur le proposés par le personnel. terrain.  - Adapter le mode de managementaux logiques des Renoncer à toutes ces mesures d’urgence confirmerait que métiers de Service Public et former les encadrant aux la Direction de Pôle Emploi n’a pas la volonté d’agir sur relations avec leurs équipes, en contradiction avec le mo- les causes des risques psycho-sociaux . Elle prendrait ain-dèle de l’entreprise néolibérale. si la responsabilité pleine et entière de mettre en danger  -Renforcer les moyens dévolus aux CHSCTrégio- ses salariés, serait responsable vis à vis d’eux, des usa-naux et à la commission spécifique du CCE pour qu’elle gers, de l’opinion publique et de la justice. Les salariés de Pôle Emploi, eux, ne baissent pas les bras. Des mouvements d’opposition : grèves, pétitions, refus d’acte professionnel contraire à l’éthique de Service Public, solidarité collective, etc. … voient le jour. Le Directeur Général et le gouvernement doivent nous entendre. ’ ’ fort
Entrée libre et gratuite Débat en présence de: Marie Kayser,médecin généraliste, membre du bureau du syndicat de la Médecine Générale (SMG), ré-dactrice à la revue « Pratiques ». Corinne Provost, membre du Collectif, Femmes et Mixité, UD CGT 44. Gérard Lucas, médecin du travail, membre du Syndicat National des Professionnels de Santé au Travail Avec le soutien de Pratiques, les cahiers de la médecine utopique «Pratiques » (www.pratiques.fr) a consacré son numéro de novembre à la violence faite au travail Liste des signataires: AC, APF, ATTAC, CGT, CSF, FSU, LDH, SMG, SNPHAR(liste en cours….)
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Educ... Toujours plus d’élèves, c’est la montée démographique au supérieur via les BTS et DUT… qui veut ça. Et toujours moins de postes, c’est le gouver-Au Lycée professionnel, la disparition des BEP confor-nement qui le fait… Réduction des dépenses et réformes te la scission de la voie professionnelle en parcours vers de l’état et des politiques publiques font leur effet jusque le CAP et parcours vers le Bac pro en organisant le tri dans le système éducatif. De la maternelle à l’université, dés la 3e sans guère d’espoir de rattrapage possible vers réforme après réforme, l’école qui recule est celle qui le bac. La déscolarisation de l’enseignement profession-tente encore de combattre l’échec scolaire et celle qui nel se poursuit comme si l'apprentissage n’avait pas avance, l’école du tri social. montré sa fragilité avec les défections d'entreprises Au collège,deux standards vont cohabiter.d’accueil et les ruptures de contrat à la rentrée 2009. Dans les zones plus favorisées, lesprogrammes natio-A l’université, la concurrence s’organise entre universi-naux resteront la référence, offrant toute garantie aux fa-tés d'excellence et de seconde zone. Qui étudiera où ? milles pour que leurs enfants puissent accéder aux savoirs « extra-ordinaires ». Là se fera la transmission des sa-voirs et d’une culture commune. Ailleurs, le standard sera celui du seul socle commun et des apprentissages com-portementaux, là où la discrimination sociale et la géo-graphie des quartiers encouragées par une carte scolaire libéralisée, auront ghettoïsé des établissements pour dé-munis… Pour occuper des emplois peu qualifiés, quel-ques objectifs comportementaux de « bonne employabili-Où seront inscrits les enfants des milieux populaires qui té » devraient bien suffire ! ont moins souvent accès aux grandes écoles ou aux clas-Les établissements mixant les origines sociales auront les ses prépas ? Leur promotion est médiatiquement assurée deux références (programme et socle) pour fixer les hori- par des modalités qui n’assurent qu’une démocratisation zons des uns ou des autres, plus encore qu’aujourd’hui homéopathique de l’accès des plus « méritants » à des puisque cette partition sera instituée. Il n’y aura de com- cursus prestigieux. mun entre tous ces élèves … que les murs et encore ! Dé-Le système éducatif est donc redessiné. La promotion jà l’alternance en quatrième permet la mise en place de de l’orientation sert d’alibi au tri social renforcé. Elle parcours et classes spécifiques et est principalement utili-s’accompagne d’ailleurs d’une extinction programmée sée pour évacuer les élèves en difficultés. du recrutement des co-psy et d’un transfert sur les profs Quand les recherches en sciences de l’éducation montrent de l’accompagnement du projet et d’entretiens person-que l’hétérogénéité des classes et la mixité sociale per- nalisé d’orientation... mettent de lever nombre d’obstacles à l’échec scolaire, L’individualisation des parcours, l’idéologie du choix, structurer la partition de l’école c’est déjà renoncer. encadrent l’injonction faites aux élèves pour Au lycée général« construire le chemin qui te ressemble » ( formulation, la réforme programmée au nom d’un e assouplissement de l’orientation, risque bien de produire du guide ONISEP 3 ). En clair, si t’échoues, c’est de ta le contraire. Renvoyant les arbitrages pédagogiques au faute ! L’individu détient seul la clef de ses succès ou local, organisant la concurrence entre les lycées, elle celle de ses échecs : à chacun de valoriser (ou non) son consacre une logique de clientèles. Le choix d’enseigne- « capital humain » pour satisfaire aux critères de la bon-ment d’exploration en seconde, présenté comme ouvert et ne employabilité... non déterminant pour l’orientation, peut pourtant devenir De l’individualisation des parcours à l’individualisation le critère d’accès à tel ou tel lycée (seconde contingentée) du contrat de travail, il y a une cohérence que tout le et barrer le parcours vers des bacs pourtant présentés mouvement syndical, de l’éducation à l’interprofession-comme tous possibles mais… « en fonction des places nelle, se doit d’appréhender pour la combattre et pro-disponibles ». La « réorientation » autorisée - formelle-mouvoir du droit collectif. Un idéologue du MEDEF ment garantie et assortie de stages de l’avait annoncé : il s’agit de défai-vacances, risque bien d’être organi-re les logiques de démocratisation sée à sens unique : du général vers le des études et de garanties collecti-technologique ou le professionnel. Il ves étayées sur les qualifications s’agit bien de détecter très tôt les 50 que portait le programme progres-% d’élus du LMD... siste du CNR (conseil national de La voie technologiquevoit ses op- la résistance) et l’invitation d'Hen-tions minorées et son offre amputée. ri Wallon à « former l'homme, le Ici et là se dit que la voie techno in- citoyen et le travailleur"... Le ME-dustrielle ferait double emploi avec DEF en rêvait, Sarkozy le fait ! le Bac pro... C’est pourtant le lycée D. Martin. technique qui est à l’origine de la démocratisation de l’accès au bac et 8
Lycéen nantais blessé par un flash-ball : enfin une mise en examen Le 27 novembre 2007, un jeune manifestant nantais de 17 ans était mutilé à l'oeil devant le rectorat par un tir de flash-ball. Depuis cette date, la famille et un groupe de travail mènent un combat pour que ces faits ne se reproduisent plus jamais. Un procès est nécessaire pour élucider les motivations exactes du tireur et de sa hié-rarchie, qu'elle soit d'ailleurs policière ou préfectorale, pour que la République n'expérimente plus de nouvelles armes sur des jeunes, pour le droit de manifester paisiblement sans être mutilé, et aussi pour le devoir des poli-ciers de ne pas donner d'ordre de violences barbares ou disproportionnées, ou de ne pas y obéir. Lors de sa troisième conférence de presse le 9 novembre dernier à la Maison des syndicats, la famille était ac-compagnée par des représentants nationaux d'organisations des droits de l'homme (Amnesty, Ligue des droits de l'Homme) et de la FSU (Philippe Castel, responsable du secteur Droits et libertés). Didier Hude de la FSU 44 dénonçait alors un certain climat d'extrémisme non républicain au commissariat de Nantes. Et puis, ce 4 mars 2010, après près de deux ans d'instruction, on apprenait que le juge mettait enfin le policier tireur en exa-men. L'affaire est encore loin d'être finie, mais nous laissons la parole auCanard Enchainéà sa manière qui rend compte de l'événement. Tous renseignements sur le site du Groupe de travail :http://27novembre2007.blogspot.com
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Conférence de presse, avec Philippe Castel et Didier Hude de la FSU.
Région : ce que revendique la FSU…
Pour comprendre les enjeux de politique régiona-le, il est sans doute utile d’avoir en tête à la fois les desseins européens de politiques communes - inscri-tes dans une stratégie de compétitivité économique (Lisbonne), le contexte de réformes de l’état et enfin la circonstance historique de régions à majorité so-cialiste quand le gouvernement de la république tire sa légitimité de votes majoritaires à droite. La stratégie de Lisbonne encourage les états à met-tre l’action publique au service de la compétitivité économique dans une concurrence généralisée des territoires. Partout en Europe, les services publics, leurs missions de solidarité et de cohésion sociale, sont mis en cause. En France, la Réforme Générale des Politiques Publiques et celle de l’administration territoriale de l’état - REATE, traduisent la volonté du gouvernement de réduire et le nombre de fonctionnai-res et le spectre des missions de service public au profit de leur délégation (cahier des charges, appel d’offres…) ou d’une externalisation vers le marché : partenariat pu-blic-privé, privatisations. Les compétences régiona-les méritent d’être rappelées et soulignons ici que notre constitution ne définit pas une république décentrali-sée mais une république « dont l’organisation est dé-centralisée ». Il n’y a donc pas de gouvernement régio-nal de la république mais une autonomie relative des collectivités locales pour conduire des politiques publiques… La collectivité territoriale régionale exerce ses com-pétences avec un budget. Ses recettes proviennent pour un tiers de dotations de l’état, un gros tiers de recettes d’une fiscalité propre remise en cause par le projet de réforme des CT… Cependant, même enca-drées, les compétences régionales ne sont pas anec-dotiques et les choix d’orientation politique ne sont pas non plus anodins. Compétition économique d’a-bord ou solidarités ? La question se pose aussi au niveau régional. Développement économique, aménagement du terri-toire et transports font l’objet de schémas régionaux de développement. Les actions de ce chapitre peu-
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vent aussi impacter d’autres domaines. Par exem-ple, le développement de plateformes régionales d’innovation (PRI) concerne bien les lycées techno-logiques et des formations universitaires... Pour la formation professionnelle, la région « définit et met en œuvre la politique régionale d’apprentissage et de formation professionnelle des jeunes et adultes à la recherche d’un emploi ou d’u-ne nouvelle orientation professionnelle ». Elle éla-bore un PRDF - plan régional de développement des formations professionnelles, définit les actions de formation et recherche une cohérence des filiè-res de formation. La carte des formations profes-sionnelles est ainsi co-concertée avec le rectorat. La région a seule la responsabilité des formations du secteur sanitaire et social et celle de l’apprentissa-ge… La formation profes-sionnelle et l’apprentissage constituent le premier bud-get (315 M€) du conseil régional des Pays de la Loi-re, devant celui de l’éduca-tion et enseignement supé-rieur (227 M€). Pour l’éducation, la région a en charge les lycées (construction, extension, grosses réparations, équipe-ment et fonctionnement) et pour exercer les missions d’accueil, entretien, héber-gement et restauration en lycée, elle recrute et rému-nère les personnels techni-ciens, ouvriers et de service des établissements. Leur transfert à la collectivité régionale a multiplié par 5 l’effectif des agents ré-gionaux et, malgré la promesse de l’état d’une compensation à l’euro prés, pèse fortement sur la composition du budget régional. Au-delà de ces compétences transférées, l’action régionale pour l’éducation, c’est aussi la gratuité des manuels scolaires, celle des formations sanitai-res et sociales (environ 4000 € multiplié par plus de 1000 élèves). Citons encore les projets d’action éducative, le fond social d’urgence pour les ly-céens, apprentis et étudiants ou les aides d’accès au logement pour les jeunes… Pour la culture, la région organise et finance les musées régionaux, la conservation et la mise en
valeur des archives régionales qu’elle peut confier, par convention, au département. Il en est de même pour l’inventaire général du patrimoine culturel. Les régions peuvent se voir transférer la propriété de monuments classés ou inscrits, appartenant à l’État ou au Centre des monuments nationaux. Elle organise et finance aussi le cycle d’enseignement artistique professionnel initial. Le périmètre d’action de la région se lit encore au travers des CPER - contrats de projets État- région, qui portent les actions qui les engagent ensemble... et par exemple, la construction d’universités (plan Université 2000, plan U3M) impacte le budget des régions alors que l’enseignement supérieur relève bien de la compétence de l’État. Depuis le changement de majorité au conseil ré-gional en mars 2004, changement de culture, la FSU - comme les autres organisations syndicales, s’est vue consultée. Des instances de concertation ont vu le jour : sur le SREF, schéma régional édu-cation- formation, sur l’aménagement du réseau des lycées, sur les projets d’action éducative adoptés en CA des lycées… Rencontres, forums, réunions in-vitées ou audiences sollicitées nous ont permis de porter nos analyses et nos propositions. C’est sur le SREF que nous fait une première contribution fédé-rale écrite et publiée en mars 2006… Cette contribution définit les mandats régionaux de la FSU. Pour résumer, nous restons ferme sur l’idée que c’est à l'état de garantir l’unité du système d'éducation, la laïcité, l’égalité des droits à l’éduca-tion, des objectifs ambitieux de formation et de qualification pour tous. Mais les compétences dé-volues à la collectivité peuvent définir une contri-bution propre pour améliorer le service public d’é-ducation et garantir le droit à l’éducation. Nous sommes particulièrement vigilants sur neuf points : - Missions de service public et service public : les missions confiées à la région doivent conti-nuer d’être assurées par un service public et donc par des agents fonctionnaires. C’est l’intérêt des usagers et la garantie d’une qua-lité durable. De la ré-gion, on peut attendre une meilleure recon-naissance des qualifi-cations des agents comme garantie de qualité du service pu-blic... Rien n’est en effet inscrit dans le
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marbre régional et d’autres logiques sont possibles. Pour ne prendre que l’exemple de la restauration scolaire, il est patent que c’est là un marché juteux que guettent des sociétés privées marchandes !... - Éducation initiale et culture commune : nous por-tons notre mandat de niveau IV de formation com-me référence et objectif pour tous. Ce qui suppose un effort de l'état pour l’éducation initiale mais aus-si des choix régionaux pour améliorer les condi-tions d’études des lycéens, l’équipement et le fonc-tionnement des EPLE et pour redessiner une carte des formations rééquilibrant la structure de forma-tion professionnelle marquée ici par le poids pré-pondérant de l’apprentissage patronal dont on sait qu’il borne l’horizon des études au diplôme de fin du premier contrat… Que le gouvernement Fillon ait donné une priorité outrancière au développement de l’apprentissage n’est pas pour nous rassurer : les encouragements financiers qui accompagnent cette priorité peuvent-ils rester sans effet sur le développement de l’ap-prentissage en région ?... - Formation initiale et continue : nous voulons en finir avec l’idée d’une prétendue complémentarité des systèmes de formation quand elle ne fait que masquer leur mise en concurrence. En matière de subventions à l’enseignement privé, la loi s’appli-que, certes mais que la loi. Les bénéficiaires de fi-nancements publics peuvent-ils continuer de reven-diquer leur caractère propre pour échapper à toute forme d’évaluation ?... Notons au passage que l’ob-servatoire régional des scolarités reste encore seule-ment un hypothétique projet… - Formation tout au long de la vie : nous revendi-quons un rôle premier des organismes publics et qu'ils soient les outils de mise en œuvre d’une poli-tique de formation au service des salariés et deman-deurs d’emploi... L’urgence est en effet de sortir des logiques du mar-ché concurrentiel de la formation continue, d’une adéquation stricte à l’emploi lo-cal, et d’une modula-risation systématique des formations qui, dans les faits, diffère la certification par le diplôme et hypothè-que sa reconnaissance par l’employeur. Il faut aussi refonder une véritable éduca-tion permanente.
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