Le jardin dans tous ses états

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Deux jours d'histoires d'amour avec la terre ont réuni à Lille les 23 et 24 octobre derniers, près de 500 participants, afin de célébrer, par de nombreuses images et de multiples témoignages, "le Jardin dans tous ses états". La solidarité, les échanges de proximité, la biodiversité urbaine ont été les principaux points d'ancrage communs des expériences du premier Forum du jardinage et de la citoyenneté. Des "salons hors les murs" où l'on enterre ses préjugés sur son voisin, aux"cultures de la résistance", tels des oasis où l'on retrouve son jardin intérieur, des refuges naturels, derrière les maisons de Bruxelles, au convolage du sapin et de l'olivier à Aubervilliers, des bombes de graines des guérilleros de New York aux lopins astucieux de Lausanne... Les expériences aussi fortes que variées ont été, comme convenu, au rendez-vous de Lille. Vingt ateliers ont permis d'approfondir les témoignages, d'échanger nos idées et d'amorcer des débats de fond sur l'homme, son épanouissement et sa relation à l'autre et au monde, par le prisme original du jardin.
Publié le : vendredi 13 janvier 2012
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Solidarité - Proximité - Biodiversité 
Compte rendu du forum
LE JARDIN
DANS TOUS
SES ÉTATS
1e rforum national du jardinage et de la citoyenneté 23 / 24 octobre 1997 -  Lille
Sommaire
Présentation du compte rendu .. page 2 Ouverture Extraits de l'allocution d'ouverture de Marie Christine Blandin .......... page 4 Résumé de l'intervention plénière de Francis Charhon ..................... page 6 Expériences Les plantages de Lausanne ......... page 8 LesGreenGuerillas.....................page10 Lesjardinsdaujourdhui.............page12 LeCentreNaturedeColombes....page13 L’opération Refuges Naturels duRNOB...................................page14 LopérationChicoMendes...........page15 Semer les couleurs delavieplurielle........................page16 Synthèse d'ateliers Flux à créer, flux à bannir, jardiner laterresansladétruire...............page19 Jardins pédagogiques, jardinsdéco-naissances..............page20 Malgré les racines perdues, retrouver lechemindujardinauprésent....page22 Le jardin support d’entraide etdesolidarité...........................page24 Jardins en partage, fruits delinitiativeetdudialogue........page26 Jardiner toujours, encore, surtout................................page28Synthèse LejardindanstoussesétatsparFran-coiseLenoblePrédinne........page30 Remerciements..........................page32
PRÉSENTATION
Lille les 23 et 24 octobre derniers, près de 500 participants, DnoeértinurouecavalrrteàJardingase,ltméiong-soaL.statésessusruojxueamdsreoisthidafin de célébrer, par de nombreuses images et de mul-tiples e dans to lidarité, les échanges de proximité, la biodiversité urbaine ont été les principaux points d’ancrage communs des expériences du premier Forum du jardinage et de la citoyenneté. Des “salons hors les murs” où l’on enterre ses préjugés sur son voisin, aux”cultures de la résistance”, tels des oasis où l’on retrouve son jardin intérieur, des refuges naturels, derrière les maisons de Bruxelles, au convolage du sapin et de l’olivier à Aubervil-liers, des bombes de graines des guérilleros de New York aux lopins astucieux de Lausanne... Les expériences aussi fortes que variées ont été, comme convenu, au rendez-vous de Lille. Vingt ateliers ont permis d’approfondir les témoignages, d’échanger nos idées et d’amor-cer des débats de fond sur l’homme, son épanouissement et sa relation à l'autre et au monde, par le prisme original du jardin. Autant dire qu’une restitution fidèle a posteriori de ce temps fort relève de la gageure. Il manquera bien trop d’images, bien trop d'inti-mité, de passion, de ”témoignages sensibles” pour être dans le vrai ton des deux journées. C’est la raison pour laquelle les rédacteurs du compte-rendu ne se sont pas attachés à suivre littéralement le propos et les séquences du Forum, mais ont opté pour une formule synthétique et plus “journalis-tique” des échanges, au profit d'une sorte de plaidoyer et de gui-de du jardin dans tous ses états. Ainsi, plusieurs sujets d’ateliers ont été repris en un seul. Par ailleurs, certains témoignages perdent trop de sens à être résumés. C’est le cas de la conférence de Pierre Rabhi, dont les propos choisis ont néanmoins été repris pour alimenter différentes synthèses. En outre, des problèmes techniques d’enregistrement de salles nous ont fait perdre toute trace de quelques précieux ateliers. Que le lecteur veuille bien nous en pardonner. Chantier Nature et tous ses partenaires ont eu un réel plaisir à se rendre au service de la cause du jardin dans tous ses états. Après le Fo-rum et son compte-rendu écrit, une dynamique d’échanges, par le biais de visites, d’expériences, de rencontres thématiques, d’échanges d’in-formations, doit s’enclencher conformément aux attentes ex-primées par de nombreux participants. L’équipe d’animation du Forum y pense. Elle devrait très bientôt mettre en œuvre des actions concrètes. Nous sommes gourmands de sug-gestions de votre part ! ... En attendant, nous vous souhaitons une bonne lecture et de bonnes ins-pirations, jusqu’à nos retrouvailles... au prochain Forum? Qui sait... Chantier Nature
C o m p t e r e n d u d u f o r u m
o u ve r t u r e
Extraits de lallocution douverture de Marie Christine BLANDIN, Présidente du Conseil régional Nord-Pas de Calais
Résumé de lintervention plénière de Francis Charhon, Directeur Général de la Fondation de France
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Extraits de l’allocution d’ouverture de Marie Christine BLANDIN, Présidente du Conseil régional Nord-Pas de Calais
C o m p t e r e n d u d u f o r u m ouverture
ont eu une part d’iné IiqutincsoneirusofssilpsudinaauLejara.uottunceortaimpgaleyltauajdrnitsioerdeuunehioujoursarchitecture végétale ensoleillée d’échanges où l’on se plaît mêlée à la pierre. à transmettre un savoir face à une volonté crépusculaire de maintien d’un pouvoir qui Il y a toutes formes de jardins. ne fait pas le poids. Les jardins des monastères avec les plantes médicinales, les fleurs, les De nos jours, dans une société qui se légumes et le verger, les jardins à la “tertiarise”, le jardin m’apparaît comme un française ou à l’anglaise, les jardins moyen de s’investir et de créer par soi-même, de Babylone, les jardins ouvriers de l’an- dans une continuité que nos civilisations cien député-maire célèbre dans le Nord, modernes ont fragmentée, cassée, pulvérisée, l’Abbé Lemire d’Hazebrouck, les jardins un moyen de produire sainement du écologiques où se mêlent faune et flore plaisir, des légumes, des couleurs et de la luxuriante pour le plaisir des yeux et convivialité. Un moyen d’organiser à sa guise pour le maintien, voire la restauration, de son propre espace, répondant à de vrais notre patrimoine naturel, les jardins besoins non satisfaits. Le jardin est le lieu où conservatoires pour que les enfants et la créativité de ses occupants peut encore r lbUne fonction ensoleillée déchangesonecitst.ersrCeoitusnpmisxe p miniatures sont l’ construire avec g ’eau, là un abri q vent pour se q tations pour se d ordée de culots ci r faire fuir les g a M d’idées pour  un microcosme o o i p
Le jardin est aussi un vrai lieu. Et dans une société où tout s’indivi-
et de pratiques des anciens aux nou-veaux, des plus âgés aux plus jeunes. Échanges culturels, l’aménagement et l’usage du jardin, le choix des fleurs et des légumes traduisant des modes de vie et des cultures différentes. Mon jardin idéal serait sans doute bordé de plantes grimpantes et de fleurs, légèrement bosselé, j’y planterais de la menthe dans les creux humides, du thym sur les butes. Une réserve d’eau pluviale assurerait mes besoins en eau. Dans un petit coin derrière une palissade de bois apparaîtrait un tas de compost, amendement précieux pour le jardinage que je pratiquerais de façon la plus biologique possible, dans un milieu urbain, où les quelques parcelles existantes sont réservées depuis des mois et où la pression foncière et les faibles moyens des pouvoirs publics limitent le développement de ces lieux d’échanges et de créativité. D’après certaines estimations, car les statistiques sont rares, si l’on prend l’exemple des jardins familiaux, sur les 700 000 lopins existants en 1948, il en reste environ 130 000. Ce qui m’amène à vous faire part de quelques pistes de réflexion et d’ac-tions possibles pour engager et accom-pagner le renouveau des jardins.
gasyadsesnidap,agyse,lnspaeicivilasCahuqeusesjartionaetavietecértavie,environnementa,erèanifèicn,erucédivatre,réécosteelU.elaicctonfnenioicirruonnoitcnofneue,irtoishedlnogl-fvoirairedetnioesnghaécgnahcÉ.asedseieupar-tagé,unleiueddsiucssisalie,eslavttnatuotnuldu
rapport au bâti, de leur mode d’utilisation Des pistes de réflexionsn,trAuéleeanédmitmettiraopprrtonpapspnuad(eonnutiposluiotlibqcuiéev,dseppirroomitnodsejraid Je commencerai par le statut des l’information et la sensibilisation individuels ou collectif), du coût de leur dins, qu’il s’agit, à mon sens, de autour du jardinage respectueux de aménagement et de leur entretien. evaloriser. Si les jardins sont souvent l’environnement. Il est souvent déploré Problème à aborder globalement dans le alifiés « de bric et de broc », par que les jardins aussi soient sources cadre d’une politique urbaine d’environne-age de leurs abris qui peuvent de nuisances chimiques pour notre ment. Nos voisins européens l’ont compris. aître inesthétiques, je pense qu’il environnement et notre santé, à cause A Rotterdam, par exemple, j’ai pu lire que e du reflet d’une situation de de l’usage immodéré de produits de 30% de la surface des espaces verts sont ans l’aménagement traitement. L’information sur l’usage et consacrés aux jardins familiaux. Les jardins t que l’on peut être le dosage des produits chimiques, leur permettent de requalifier une partie ession foncière, est un la sensibilisation aux techniques de l’espace public en faveur de l’environne-cile à assurer. A nos urbanistes de jardinage respectueuses de ment et d’abaisser les coûts d’entretien. endre de la graine et de donner une l’environnement sont à poursuivre et din dans la ville. permettez-moi de souligner le travail Autre enjeu majeur, la réappropriation orts juridiques ont été engagés débuté dans ce sens par l’association des de l’espace par les habitants. Les jardins ans ce sens. Ils restent à poursuivre. Trop Jardiniers de France, dont nous avons la familiaux sont des lieux d’échanges entre t encore, les jardins sont des bouche chance d’accueillir le siège dans notre les habitants mais surtout ils développent ous des zones non prévues pour région. La réalisation par leur soin d’une le sentiment de responsabilisation vis-à-vis cation. Dans notre région, on les affiche “sol milieu vivant”, nous a des autres, on jardine ensemble dans un ouve notamment au pied des remparts amenés à concevoir ensemble une malle espace partagé. L’exemple de réappropria-es villes fortifiées. Ils tion des délaissés t aussi implantés sur urbains à New York es sols pauvres, qu’il l’illustre parfaitement.. alloir amender et Dans notre région, nous aiter avant d’espérer expérimentons depuis oduire. Nos jardins quelques mois le t donc besoin de développement de econnaissance dans les jardins au pieds d’im-oix d’urbanisme et les meubles, inspiré par s d’urbanisme. l’expérience de otre niveau, la Lausanne. Déjà, une on a développé quarantaine d’habitants, e prestation de sur un quartier lillois, seil auprès des s’implique dans la unes sur l’intégra- mise en oeuvre on de l’environnement du projet appuyé ans les POS, la techniquement par des on du devenir des associations locales. dins familiaux est Au delà d’une volonté t posée. politique, la réussite du renouveau des jardins passe aussi Très loin d’ici, à Hu s associations. otre région s’impliq e délégation rég ement et la remise ent avec les ardins croisent trois chitectes vietnami gation, les politiques es de nouveau e iques d’environnement onie, l’ef de la ville. Ils reposent ais aussi sociale des j d’acteurs qu’il va falloir emparts de H utiller” techniquement, terdite, et je frémis Un minimum de cadre s projets conçus r “qui fait quoi ? “ dans draient “ it être un bon outil de terdite d’Hué. Ce s ssociations locales. Il t dans un maga chi par vos travaux et eurs d’ici n’ nces présentées. e leçon à donner à un ourri de savoir- esse donc tous mes e à la poursuite de vos , au contr e demain les jardins cipation des ass lles et les enrichissent stituions un jumelage, un échange, voire de toute leur poésie, au nom des cours émulateur entre nos jardiniers poètes, des jardiniers, des gourmands, u Nord-Pas de Calais et ceux de Hué, des scientifiques et de tous les enfants t faire pousser des qu’ils auront, au nom des bleuets, des cons rencontrent ici et là-bas ceux qui lombrics, des hérissons et des coccinelles. t domestiqué l’aubergine et qu’ensemble ous fassions face aux bétonneurs. 5
Jardins potagers autour de la cité impériale à Hué - VIETNAM Photo : Jean-Luc CORNU, Conseil Régional Nord-Pas de Calais
O u v e r t u r e
san.Dreteonccesed,etxcapseanut
que l’on peut cultiver e s semble important proximité de chez soi, ap on des habitants : comme autant de lieux de li ent de la définition créativité où chacun peut se retrouver l’autre. on de ces espaces. Les jardins familiaux tr pas seulement répondent pour une part à errain, nous tenons d’espaces naturels de proximi er le mouvement sait que leur nombre est insuffisant (on compte en mo de se former à ces ans de liste d’attente pour ac à ces nouvelles parcelle). - En favorisant la Par ailleurs, les jardins d’in-ut se retrouvermise en réseau, les sertion ont contribué depuister utre lauveretropen cuhaCéchanges, entre des les dix dernières années à associations dont apporter des solutions nouvelles, la l’angle d’approche diffère et qui peuvent Fondation de France en a soutenu lar- s’enrichir mutuellement et porter des gement le développement. projets communs : les associations de jardins familiaux, les associations pour la Mais nous sommes convaincus que promotion de l’horticulture, celles qui beaucoup d’autres pistes restent à explorer interviennent dans le champ de l’éducation pour que les jardins, les espaces verts, à l’environnement, de la gestion les formes d’agriculture urbaine répondent des espaces verts, de la promotion de façon plus diversifiée : de modes de cultures biologiques, de - à un public hétérogène : enfants, l’agriculture, des liens ville-campagne... personnes en difficultés d’insertion, personnes d’origine étrangère, femmes C’est pourquoi nous avons voulu soutenir seules,... ce forum, lieu de formation et d’échanges pour les associations et les collectivités locales. Considérant le programme de ces deux journées, la diversité des expériences qui ont été présentées, on ne peut douter que ce forum aura suscité une plus grande créativité dans notre manière d’envisager le jardin en ville.
riés : lien social, ons, développement  l’environnement,
RésumédelinterventionplénoiènrdeatdieFrancisCharhon,Directeur Général de la F
C o m p t e r e n d u d u f o r u m ouverture Si tu te cherches dans les jardins, tu te trouves
Dnori-enmadoeinldenvesledanionsventtnreesisdedaerclesan gager aux côtés de Chantier Nature et du Conseil Régional du Nord-Pas de Calais pour permettre la tenue du forum ”du jardin dans tous ses états”. Ce forum s’inscrit pleinement dans l’esprit du nouveau programme que nous lançons cette année et qui s’intitule : “de nouvelles natures à cultiver ensemble”. Lorsqu’elle a décidé de s’engager dans ce nouveau programme, la Fondation, comme elle le fait dans chacune de ses actions, a souhaité répondre à une nouvelle demande sociale dont elle a estimé qu’elle était insuffisamment prise en compte à ce jour. En témoignent les longues listes d’attente pour accéder aux trop rares parcelles de jardins familiaux, l’engouement pour le jardinage “hors-sol” sur le balcon de nos cités, les chiffres de fréquentation des différents salons du jardinage,... il y a une aspiration croissante et massive de nos contemporains qui souhaitent non seulement bénéficier d’une nature de proximité, mais avoir la possibilité de s’y impliquer très concrètement par l’acte de jardiner. Pourquoi cette aspiration? La progression d’un mode de vie urbain, marqué par les rythmes accélérés, l’isolement, un environnement et une alimentation de plus en plus artificiels, ne sont sans doute pas étrangères à ce phénomène. Il y a indiscutablement une aspiration croissante de nos contemporains au développement des relations sociales, 6
Si tu te cherches dans les jardins, tu me trouves
à l’appropriation de leur ca autant que de vivre en r proximité et de quotidienn
ecadcédiéedFondationdeFranm,tnealn-es
C o m p t e r e n d u d u f o r u m
expériences
 Les plantages de Lausanne,  Les Green Guerillas,   Les jardins daujourdhui ,  Centre Nature de Colombes,  Lopération Refuges Naturels du RNOB,  Lopération Chico Mendes,
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Expérience Plantages à Lausanne la réussite dun jardinage de quartier
Résumé de l’expérience présentée en plénière par Klaus HOLZHAUZEN, responsable de la division études et projets de la ville de Lausanne
Iagmmitédiàproxilmmuelbsesaenrbtealezinneuefruseca transformée en jardin où pousse fruits, légumes et au
Une offre complémentair à celle des jardins famili Comme dans beaucoup d’autres villes de S possibilité de cultiver un terrain existe. Il faut s à l’Association des jardins familiaux, mais cela la patience - les listes d’attente sont lon l’Association ne parvient pas à répondre à t demandes -, du temps - les parcelles louées taille importante (entre 100 et 200 m2), c implique un entretien assidu - et des moyen les parcelles sont souvent équipées d’un maisonnette -, les jardins familiaux son généralement situés en périphérie de la ville, ce qui oblige les utilisateurs à effectuer des déplacements parfois importants.
La notion de « plantages », imaginée par le Service des parcs et promenades, se veut beaucoup plus modeste. Les parcelles à cultiver sont de taille plus petite et sont aménagées plus rudimentairement. Les lopins mis à disposition ont une surface qui varie de 6 à 48 m2 (par multiple de 6) selon les vœux des utilisateurs. L’équipement se limite à quelques points d’eau et éventuellement à un coffre commun pour le rangement de l’outillage. La simplicité de la structure confère aux plantages un caractère “nomade”, adapté à la ville, qui elle, est soumise à une évolution constante de son domaine bâti. Les plantages ont cette capacité de s’installer dans tous les interstices de la ville et de disparaître en cas de nouvelles constructions. Les jardins familiaux, beaucoup plus structurés et “sédentarisés”, sont pratiquement impossible à déloger. Les plantages se distinguent des jardins familiaux aussi par leur accessibilité. Situés au pied des immeubles locatifs d’un quartier, ils sont peu éloignés du domicile des utilisateurs. La règle veut que l’on y vienne en quelques minutes à pied. Les bénéficiaires ont le choix d’y cultiver des légumes, des fleurs, des arbustes à baies et des herbes aromatiques, mais s’abstiennent de faire pousser des arbres et du gazon. Ils renoncent également à l’installation de tout élément construit. antages ne se substituent donc en rien aux jardins iaux. Ils constituent simplement une offre nte et complémentaire qui s’adresse à un autre e public. emédier la disparition des jardins
easter », incontournable triptyque de la tion urbaine. Ces atteintes, aussi minimes soient- additionnées, permettent de mesurer le ssement de surfaces vertes. remédier à cette réalité, le projet de plantages mposé comme une expérience à tenter ; les buts indre étant de diversifier la végétation en milieu in, d’offrir la possibilité aux citadins de renouer ec les plaisirs du jardinage et de susciter un ttachement particulier avec son environnement irect. Loisirs de proximité, les plantages contribuent aussi à l’animation du quartier en devenant un lieu de rencontres et d’échanges.
Des expériences concluantes
Lsau rp lreo dmootmioainn de epsr ipvléantages Un service public a avant tout pour mission gérer et d’entretenir les espaces verts public Mais il a également pour tâche, dans le cadre d’une planification cohérente de l’environnement urbain de prendre en compte la surface verte privée.
Celle-ci constitue un potentiel important du tissu vert urbain et apporte une contribution considérable à la qualité de vie à laquelle tout citadin aspire. Par l’expérience des plantages, le Service des parcs et promenades espère que les propriétaires et les gérants prendront le relais en mettant à la disposition de leurs locataires les espaces résiduels qui verdissent le pied de leurs immeubles. Diverses actions de sensibilisation orientées vers le développement de plantages sur le domaine privé seront menées. Elles pourront être accompagnées d’un certain nombre de services offerts : conseils techniques, éventuel premier labour, mise à disposition d’un règlement…
Les plantages en pied d‘immeuble.
Plantages à Lausanne
Expérience Green Guerillas Rêves de jardins dans une grande pomme
Présentation d’expérience plénière de Steve Frillman, Directeur Général des Green Guerillas, New York
LrG«sedmoneillas»eenGuertspue-tenvuoesncinuonreêtaspertêzevap:-tuesulv-uoatrdsessuicleus,ornoaneibusuov-zevfleuvmil « Green Card » où Gérard Depardieu obtient son permis de séjour aux États Unis grâce à Andie Mc Dowell. Alors, peut-être vous souvenez vous que cette dernière travaillait pour les Green Guerillas. Pour vous expliquer qui nous sommes et ce que nous faisons, nous devons remonter un peu l’histoire. Au commencement était la pomme 
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s’écrouler, la ville a décidé de raser des centaines de buildings, laissant à la place des parcelles de terrains vides, où s’amoncelaient les gravats. L’entretien des squares était, pour ainsi dire inexistant à l’époque. Si bien que les habitants des quartiers les plus défavorisés n’avaient accès à aucun espace vert où ils pouvaient se sentir en sécurité. Dans cette ambiance semblant vouée à la morosité, une femme, Liz Christy a voulu réagir : elle obtint l’aide de ses amis pour nettoyer ces parcelles abandonnées et créer des jardins communautaires, qui seraient vibrants, pleins de couleurs. L’une de leurs toutes premières actions fut de jeter des bombes de graines à travers les grillages de ces espaces. Ils ont continué avec de petites actions ici et là : ils ont planté des arbres, planté des fleurs sur les rebords des fenêtres, peint des lierres sur les façades des immeubles et ont commencé à parcourir New York pour faire de nouvelles recrues. Quand ils ont été assez nombreux, ils ont pu tourner leur attention vers de plus grands espaces abandonnés pour les transformer en « jardins communautaires ». Mais depuis le tout début, leur action, plus que par la passion des plantes, était guidée par la passion des humains. En effet, les Green Guerillas ont réalisé que la ville de New York, comme toutes les grandes concentrations urbaines du monde, était truffée de personnes pleines de talents. Les Green Guerillas se sont alors mis à soutenir des gens de tous horizons
et de tous âges pour qu’ils travaillent ensemble à créer leurs propres jardins communautaires. Les Green Guerillas étaient là pour apporter aide et soutien, mais c’était les gens du quartier qui se rencontraient et décidaient ce qu’ils voulaient faire pour leur environnement. En général, c’est à l’aide d’objets récupérés (des briques, des montants de lits, etc..) qu’ils posaient les premières bases de leurs jardins. Il n’a pas fallu longtemps pour que les résultats de leur travail se fassent sentir aux quatre coins de la ville. Leur premier projet de grande ampleur - en 1973 - a été l’aménagement d’un espace à l’angle des rues Bowery et Houston. Ce terrain, aujourd’hui dédié à la mémoire de Liz Christy, est maintenant un jardin magnifique, comparable aux plus beaux espaces verts de New York. Le groupe de bénévoles qui s’en occupe ne dépense pas plus de 10 000 FF par an pour son entretien et son embellissement. Ils reçoivent des dons en nature (plantes, matériel) d’une valeur d’une dizaine de milliers de francs. Ce jardin fait maintenant office le », qui peut être visité, où l’on des techniques de jardinage et brochures d’information. C’est lieu de détente. Les Green Guerillas ection du jardin pour y rassembler lantes et matériels et distribuer  valeur entre les jardiniers
Plus de 1000 jardins communautaires Aujourd’hui, New York compte plus de 1000 jardins communautaires à tous les coins de la ville. Vous serez véritablement surpris de découvrir des jardins remarquables dans les quartiers les plus démunis : ces jardins vous inspireront, et vous ouvriront les yeux sur la force qui peut unir les gens. Depuis le début, les gens nous ont demandé à quoi ressemble un jardin des Green Guerillas. Et nous avons toujours répondu, “Cela ressemble à tout ce que vous pouvez avoir en tête. Cela peut ressembler à votre famille, à vos voisins, à vos racines. Vous le pensez et nous vous aiderons à la mettre en pratique”. Les jardins communautaires de New York sont créés par des groupes de gens divers et variés, qui se rassemblent, luttent, transpirent et finalement créent une réalisation de leurs imaginations collectives. Et comme les jardins communautaires sont entretenus par les gens du quartier, il y a toujours que ’ n pour en prendre soin. Les jardins utilisés co artistiques, Que fait-on On célèbre Halloween. On expri politiques artistiques. d’art à l’im On constr sympathiq mais on ne de temps les Depuis le d sûre : les jardiner communauta Ils ont le c petit peu plantent, a que le jardin Dans les qu de magasin Les jardinie et légumes Dans certa d’aliments p ont même propre miel.
Les jardins communautaires sont également utilisés pour faire de l’éducation à l’environnement : on peut y apprendre à créer des systèmes de compost pour recycler les déchets alimentaires, ou faire des « workshops » (ateliers de travail) pour familiariser ses voisins aux problèmes de l’environnement. Malheureusement, la plupart des 750 jardins qui sont sur des terrains appartenant à la ville de New York risquent la destruction dans les quelques années à venir. Le plan d’occupation des sols que la municipalité utilise pour établir ses plans de construction n’inclue pas les jardins communautaires. Ils sont désignés comme « espaces vacants ». Les Green Guerillas sont forcées de se battre pour préserver un avenir aux jardins. Nous faisons des campagnes d’information et nous nous impliquons dans des manifestations. Nous espérons convaincre la municipalité qu’elle devrait travailler avec nous pour
Dans un jardin communautaire de New York.
Les Greens Guerillas
bligés de créer des jardins sur les Nous le ferons si nous le devons, venir idéal. isser avec une dernière image, ue qui surplombe un jardin te par des personnes sans abri, Cette illustration incarne ce que à New York : notre travail renforce re certes, mais, plus important vaillant ensemble la Terre, nous communautés.
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