Aide à l'autonomie : LES MOYENS HUMAINS

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3ème PARTIE 1- DES MOYENS HUMAINS NECESSAIRES POUR PREVENIR, COMPENSER, REDUIRE LA PERTE D’AUTONOMIE EN LOIRE ATLANTIQUE Pour prévenir, compenser ou réduire la perte d’autonomie susceptible de survenir à tous les âges, les moyens humains actuels ne sont pas, en Loire Atlantique, à la hauteur des besoins, besoins qui vont s’accroître considérablement dans les années à venir, en particulier pour les personnes âgées, aussi bien pour l’information et le conseil, que pour l’aide, le soin ou la répartition géographique des moyens. Il est urgent de développer massivement l’offre en formations diplômantes, que ce soit dans le secteur médical, paramédical ou social, de recruter des professionnels disposant de garanties d’emploi, de conditions de travail et de salaire. Encore faut-il créer les emplois correspondants dans le secteur public ou dans les secteurs mutualiste et associatifs agréés afin d’éviter la prolifération anarchique des entreprises à caractère commercial et/ou les recours massifs aux aidants dits « naturels ». Pour parvenir à plus d’égalité, de solidarité et d’efficacité dans les interventions, la perspective la plus rationnelle pourrait passer d’abord par la mise en réseau des moyens existants, puis par l’intégration de tous les personnels dans un service public décentralisé intervenant dans le cadre d’un statut national. L’AUTONOMIE, UN DROIT POUR TOUS LES CITOYENS La réduction de l’autonomie d’une personne, qu’elle ...
Publié le : dimanche 27 novembre 2011
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3ème PARTIE
1-
DES MOYENS HUMAINS NECESSAIRES
POUR PREVENIR, COMPENSER, REDUIRE
LA PERTE D’AUTONOMIE EN LOIRE ATLANTIQUE
Pour prévenir, compenser ou réduire la perte d’autonomie susceptible de survenir à tous les â
ges,
les moyens humains actuels ne sont pas, en Loire Atlantique, à la hauteur des besoins, besoins qui
vont s’accroître considérablement dans les années à venir, en particulier pour les personnes âgées,
aussi bien pour l’information et le conseil, que pour l’aide, le soin ou la répartition géographique
des moyens.
Il est urgent de développer massivement l’offre en formations diplômantes, que ce soit dans le
secteur médical, paramédical ou social, de recruter des professionnels disposant de garanties
d’empl
oi, de conditions de travail et de salaire. Encore faut-il créer les emplois correspondants
dans le secteur public ou dans les secteurs mutualiste et associatifs agréés afin d’éviter la
prolifération anarchique des entreprises à caractère commercial et/ou les recours massifs aux
aidants dits « naturels
». Pour parvenir à plus d’égalité, de solidarité et d’efficacité dans les
interventions, la perspective la plus rationnelle pourrait passer d’abord par la mise en réseau des
moyens existants, puis par l’intég
ration de tous les personnels dans un service public décentralisé
intervenant dans le cadre d’un statut national.
L’AUTONOMIE, UN DROIT POUR TOUS LES CITOYENS
La réduction de l’autonomie d’une personne, qu’elle soit temporaire ou non, peut exister ou
survenir à tout âge. Elle peut résulter de circonstances accidentelles, de problèmes de santé ou de
causes naturelles, tel que, par exemple le phénomène du vieillissement.
Le préambule de la Constitution (alinéa 11) affirme que « tout être humain qui en raison de son
âge, de son état physique ou mental, de la situation économique se trouve dans l’incapacité de
travailler, a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence
». Vu son
caractère universel, c’est à la puissance publique et à l’Etat en particulier qu’il revient de rendre
effectif ce droit en s’en donnant les moyens. Il ne relève pas d’une attitude caritative mais des
principes de justice sociale et de l’égalité entre tous les citoyens.
1.
1-
L’importance des moyens humains
La prise en compte de la totalité des besoins matériels et moraux d’une personne jusqu’à la fin de
sa vie suppose le recours à des personnels très divers d’une compétence reconnue appelés à
intervenir selon leur spécialisation, pour prévenir, compenser ou
atténuer les pertes d’autonomie,
notamment pour les personnes âgées. Pour assurer efficacement et durablement leurs missions
sans préjudice pour leur équilibre personnel, ces professionnels doivent :
1.
1.1-
Se voir garantir des conditions satisfaisantes de travail, de rémunération,
de formation continue, ce qui suppose un statut défini nationalement assorti de
référentiel de métier ou de spécialité.
2.
1.2-
Pouvoir exercer leur métier dans le cadre d’équipes interdisciplinaires.
3.
1.3-
Etre recrutés en nombre suffisant ce qui pose la question des moyens de
formation initiale et celle de la création d’emplois.
4.
1.4-
Voir assurée la reconnaissance de l’utilité et de la dignité de leur métier.
a.
2-
Les besoins en personnel en Loire Atlantique
2.1-
Tous les domaines sont concernés
.
2.1.1-
Prévention
2.1.2 -
Prise en charge par des établissements ou institutions d’accueil
2.1.3-
Secteur médical, sanitaire ou médico-social
2.1.4-
Accompagnement ou aide à domicile
2.1.5-
Informations et conseils sur les droits, les démarches, les
solutions et
leur mise en œuvre
2.2-
Ils sont difficiles à quantifier
.
2.2.1-
Données statistiques parfois absentes, ou relatives à des années
différentes, souvent variables selon les sources (région,
département ou collectivités local ou les aires géographiques concernées (zones rurales ou
urbaines, littorales ou intérieures)
2.2.2 -
Certains professionnels, notamment dans les secteurs médical
ou
paramédical, du domaine libéral ou public, ne consacrent pas la totalité de leur activité au
traite
ment de la perte d’autonomie.
a.
3-
Professionnels de santé
Pour la plupart des formations ou spécialités, leur nombre est insuffisant. Dans beaucoup de
cas, la moyenne d’âge supérieure à 55
ans laisse présager une aggravation soit à cause du
numerus clausus trop restreint soit par les quotas de recrutement trop limités dans les
autorisations que le ministère impose à la région, soit par le prix prohibitif de certaines
formations dispensées par le secteur privé. Dans ce dernier cas, on peut certes se féliciter de
l’attribution
par
la
région
de
bourses
de
scolarité
pour
divers
cursus
(infirmiers,
aides-soignants par exemple). Elle permet de remédier en partie à cet inconvénient, mais leur
volume ne peut augmenter indéfiniment, et elle revient de fait à subventionner indirectement
des organismes privés se substituant aux formations absentes ou insuffisantes du secteur
public.
3.1-
Médecins
La densité des médecins en Loire Atlantique est déjà inférieure de 1O % à la
moyenne nationale, surtout p
our les généralistes dont l’implantation est par ailleurs très
variable selon les zones, voire même selon les quartiers d’une même ville. Il en résulte parfois
des problèmes de déplacement qui constituent un obstacle supplémentaire à l’autonomie,
voire des frais pour les intéressés, ou pour les collectivités qui proposent un moyen de
transport.
Pour les médecins spécialistes, si leur nombre est proche de la moyenne nationale,
ils sont concentrés dans les zones urbaines. Ainsi les 2/3 des zones du département sont
dépourvues de cardiologues, par exemple.
3.2-
Chirurgiens dentistes et stomatologues
Si leur densité est supérieure à celle des autres départements de la région, elle
demeure inférieure de 20 % à la moyenne nationale, et leur rythme de croissance est encore
plus faible que celui des médecins.
3.3-
Otorhino laryngologues
Dans un domaine tout particulièrement important pour les personnes âgées
(audition par exemple), leur densité en 44 est inférieure d’e
nviron 15 % à la moyenne
nationale.
3.4-
Ophtalmologistes
Leur densité est voisine de la moyenne nationale mais 80 % sont concentrés sur la
grande région nantaise, St Nazaire et la Presqu’ile Guérandaise, et seulement 6 % au Sud
Loire.
Seuls 10 % des ophtalmologistes exercent dans le secteur public hospitalier. Ce nombre
insuffisant entraine des délais d’attente importants pour qui désire échapper à de fréquents
dépassements d’honoraires.
3.5-
Professionnels de la rééducation
La densité des masseurs kinésithérapeutes et celle des orthoptistes est proche de la moyenne
nationale, mais pour les orthoptistes dont le champ d’intervention s’est accru, il conviendra
d’augmenter rapidement leur recrutement.
a.
4-
Personnels infirmiers et aides soignants
4.1-
Infirmier(e)s
Leur densité est inférieure de 8 % à la moyenne nationale, elle-même jugée
insuffisante. Si plus de la moitié d’entre eux exercent dans un établissement public de
santé, moins de 5 % sont employés dans un établissement pour personnes âgées et
responsable des soins, ce qui induit parfois des situations délicates (exemple à St Nazaire,
seulement 2 infirmières de nuit en EHPAD pour 214 lits).
Pour les infirmiers libéraux, leur nombre et la contrainte de limitation annuelle de
leurs actes, ne leur permet pas d’assurer les soins de nursing dans des proportions
satisfaisantes (20 à 25 % des actes contre 35 % au plan national). Le nombre d’infirmiers
coordinateurs de SSIAD est également insuffisant dans plusieurs zones du département,
de même que le nombre de SSIAD. Compte tenu de la difficulté d’exercice du métier
aggravée par le report de 5 ans de l’âge de leur retraite, beaucoup exercent à temps partiel
(30 %) dans les établissements publics, d’autres aba
ndonnent le métier (plus ou moins
100 chaque année). On note aussi un vieillissement des cadres infirmiers (37 % ont plus
de 55 ans) qui nécessiterait un recrutement accru.
L’offre des places en formation est limitée par les quotas fixés par le minist
ère et le
recrutement pour les EPHA par les contraintes budgétaires.
4.2-
Aides soignant(e)s
Aucune source fiable ne permet de quantifier pour la Loire Atlantique les besoins
en personnels. 80 % exercent dans des établissements publics et 30 % d’e
ntre eux à temps
partiel. Toutefois les avis recueillis sur le manque de personnel, et donc sur la difficulté
d’exercice de
ce métier, expliquent les très nombreux abandons chaque année.
4.3-
D’autres spécialités médicales ou paramédicales
concourent également au traitement de la
prévention de la réduction ou de la perte d’autonomie
: pédicures
podologues
ergothérapeutes, audioprothésistes, diététiciens, techniciens en imagerie médicale,
techniciens de laboratoire, etc. … La seule évolution de la dém
ographie devrait inciter à
l’accroissement du nombre de ces professionnels mais dans des proportions impossibles à
déterminer.
a.
5-
Personnels non médicaux
5.1-
dans les établissements de santé
: l’
ensemble des personnels administratifs, de service,
personnels éducatifs et sociaux, personnels techniques, psychologues, connaît un taux de
croissance inférieur à 2 %, et 30 % d’entre eux exercent à temps partiel, ce qui
est là
encore réducteur d’une char
ge de travail excessive qui se répercute sur les personnes
hébergées. Le taux d’encadrement est de 0,46 par pensionnaire hébergé, très inférieur à la
moyenne européenne (proche de 1 pour 1). Des mouvements de protestation contre
l’insuffisance
des
effectif
s ont eu lieu récemment dans plusieurs EHPAD du
département.
5.2-
Pour l’aide à domicile
5.
2.1.-
Agent social territorial
(personnel des CCAS et des CLIC) : la formation est
en principe assurée par le CNFTP. Leur rôle d’information et
de conseil est déterminant,
mais leur nombre restreint ne leur permet pas toujours de l’exercer pleinement, en particulier
dans les zones rurales.
5.
2.2.-
Assistant(e) social(e) et assistant(e) de vie social(e), techniciens de l’intervention
sociale
et familiale, conseiller en économie sociale et familiale, auxiliaire de vie et auxiliaire de vie sociale, agent d’aide
médico-psychologique :
tous participent à la mise en œuvre de l’aide à domicile et relèvent soit
d’organismes publics (20 %), p
rivés (60 %) ou associatifs (20 %), ces derniers fournissant
cependant 50 % du volume d’heures fournies.
Leur nombre est de l’ordre de 5 000 mais ils exercent généralement
à temps partiel et là encore les organismes agréés sont majoritairement présents dans les
zones urbaines (aucun dans le pays de Guémené Penfao).
98 %des salariés sont des femmes et les auxiliaires de vie sociale
sont les plus nombreux, mais seulement 30 % sont titulaires du diplôme d’état
DEAVS
(mention aide à domicile). Les autres ont reçu une formation souvent sommaire ou
incomplète et peuvent éventuellement accéder à une validation des acquis de leur expérience,
mais certaines personnes n’exercent cette activité qu’en attente de trouver
un autre emploi
moins précaire, mieux rémunéré et plus gratifiant. Se pose alors pour ces personnels la double
question de la formation et de la création d’emplois permettant de faire face partout,
aujourd’hui et demain à des besoins de plus en plus import
ants compte tenu de la
démographie et des choix de vie à domicile de plus en plus fréquents.
a.
6-
Une fonction méconnue : les médecins territoriaux
Ces fonctionnaires salariés du Conseil Général (15 en Loire Atlantique) ont pour rôle :
° Lien entre
les divers acteurs de l’équipe médico
-sociale,
° Conseil en matière de prévention (chute, sommeil, alimentation, mémoire, solitude),
° Relation avec le monde médical en matière de santé.
Leur champ d’intervention très vaste justifierait qu’ils soient
beaucoup plus nombreux
pour travailler aux côtés des SSIAD, des CCAS, des divers organismes de soutien (aide à
domicile, établissements de soins de suite, …), ainsi que pour la détermination du niveau
de GIR.
a.
7-
Les aidants « familiaux » ou « naturels »
En Loire Atlantique, 50 % des personnes âgées sont aidés exclusivement par leur
entourage et même 75 % pour les personnes relevant des GIR 1 et 2. Les « aidants »,
principalement des femmes, s’y investissent parfois selon des horaires doubles de ceux
des professionnels, souvent sans posséder les compétences indispensables, hors de tout
statut légal, sans indemnisation. Ils le font souvent au détriment de leur situation
professionnelle et surtout de leurs propres équilibres vitaux. La majeure partie de la
charge matérielle et morale qu’ils assument devrait être assurée par des professionnels, ce
qui suppose une création massive d’emplois.
a.
8-
Des carences graves à corriger d’urgence
On constate que les besoins actuels sont déjà loin d’être couverts
de façon
satisfaisante en volume et en qualité d’emplois qualifiés, malgré le recours massif aux
aidants familiaux et au bénévolat. Dans le seul domaine des personnes âgées, les
projections officielles indiquent pour 2015 que 11 000 personnes vivant à domicile et 10
000 en établissement seront en perte plus ou moins importante d’autonomie. Des
mesures urgentes s’imposent tant pour la création d’emplois que pour la formation initiale
et continue.
a.
9-
Des formations à assurer
9.1
-
S’il en existe déjà pour cer
tains métiers, en particulier dans le domaine médical ou
paramédical, pour d’autres il est nécessaire de
créer des diplômes d’Etat nationaux
pour
garantir la qualité et l’efficacité des interventions.
9.2
-
Formations déjà existantes
: l’
Etat doit augmenter de façon significative les autorisations
de recrutement (médecins, infirmiers, …) et la Région doit s’engager à accroître l’offre de
formations diplômantes pour tous les niveaux et dans le cadre de l’enseignement public.
Elle doit exige
r que l’Education Nationale implante les postes nécessaires.
9.3
-
Pour les personnels déjà en activité
: des actions de formation complémentaires et de
formation continuent s’imposent pour aboutir à la reconnaissance des qualifications,
veiller à ce que la VAE soit réalisée dans des conditions rigoureuses et que les formations
par unités capitalisables ne se limitent pas à l’obtention de quelques modules.
a.
10-
Des emplois à créer massivement
L’analyse ds besoins actuels et futurs le démontre
:
10.1
- A ces emplois doivent correspondre des conditions de travail acceptables, des
possibilités d’évolution de salaire et de carrière, des garanties contre la précarité (contrat
de travail en CDI) afin d’éviter la volatilité actuelle des personnels.
10.2
- La
perspective de la création d’un service public financier par l’Etat et les
collectivités territoriales induit l’instauration d’un statut pour les personnels du secteur
non libéral qui n’en possède pas déjà au moment de leur intégration, et leur titularisa
tion
dans ce service public.
CONCLUSION PROVISOIRE
Ces considérations partielles/incomplètes soulignent malgré tout l’urgence de décisions
politiques nationales, à prendre en concertation avec les responsables et les acteurs qui
interviennent aux niveaux local, départemental et régional pour une meilleure protection
sociale et un traitement égal pour tous les citoyens, ce qui n’est pas le cas actuellement en
Loire Atlantique.
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