L'habitation rurale des indigènes de l'Algérie - article ; n°141 ; vol.26, pg 219-228

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Annales de Géographie - Année 1917 - Volume 26 - Numéro 141 - Pages 219-228
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1917
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Augustin Bernard
Edmond Doutté
L'habitation rurale des indigènes de l'Algérie
In: Annales de Géographie. 1917, t. 26, n°141. pp. 219-228.
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Bernard Augustin, Doutté Edmond. L'habitation rurale des indigènes de l'Algérie. In: Annales de Géographie. 1917, t. 26, n°141.
pp. 219-228.
doi : 10.3406/geo.1917.8629
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1917_num_26_141_8629S19
HABITATION RURALE
DES INDIG NES DE ALG RIE
CARTE PL VII
Le mode habitation en tout pays est en relation étroite avec les
conditions géographiques et subit aussi dans une mesure plus ou
moins grande influence des conditions historiques En Algérie en
particulier habitation rurale reflète nettement le genre existence
des indigènes dérivé lui-même de la nature du pays où ils vivent
On distingue première vue en Algérie deux catégories habi
tations les habitations mobiles qui sont les tentes etles habitations
fixes Ces dernières appartiennent des types très divers dont la
classification est parfois difficile quel signe distinguer le gourbi
de la maison les dimensions la nature des matériaux Comme le
remarque Mr Jean Brunhes le toit est le problème le plus grave dans
la construction de la maison nord-africaine Il semble que faute
de mieux on puisse prendre pour critérium le genre de couverture
appeler gourbis les habitations qui ont une couverture végétale
généralement en diss et les distinguer des maisons recouvertes soit
un toit en terrasse soit un toit de tuiles Il ailleurs de nom
breuses formes intermédiaires et de transition entre les diverses
sortes habitations fixes Au reste dans certains cas la mobilité de
la tente est toute relative et toute relative la fixité du gourbi Beau
coup de maisons comme iesguelaâs de Aurès ne sont pas habitées
une manière permanente Enfin en nombre de points les tentes
les gourbis et les maisons sont plus ou moins mélangés est que
comme dit Masqueray si on peut classer le indigènes de
Afrique du Nord en nomades et en sédentaires il faut ajouter ils
sont tous plus ou moins plus ou moins sédentaires
Quelle est la répartition géographique des diverses catégories
habitations Quelles sont les causes de cette répartition a-t-il
tendance remplacer la tente par le gourbi le gourbi par la maison
la maison indigène par la maison européenne Une enquête été
ordonnée par le gouverneur général de Algérie en 1911 enei
de répondre aces questions dont intérêt la fois théorique et pra
tique est évident Elle fait suite enquête sur la répartition de la
langue berbère en Algérie dont Mr E.-F Gautier entretenu les lec-
JEAN BRUNOKS La géographie humaine S* éd Paris 1912) 120 2SO HABITATION RURALE
leurs des Annales de Géographie et inspire des mêmes méthodes
La carte pi VII permet de se rendre compte un coup il des
résultats obtenus Il convient de la compléter par le tableau statis
tique suivant
Statistique de habitation indigène Algérie da Nord)
Nombre Superficie
iDiliKènee Hectare
Tentes ............... 1200000 13000000
Gourbis 4143000
Maisons toit-t de tuiles ...... 1036000 terrasses ......... 380 000 863 000
Maisons Villes plus européenne de 2000 indigènes ....... agglomérés 296000 21 000 732 000
300 000 20174 000
Les tentée Les tentes occupent en Algérie une superficie nota
blement supérieure celle des gourbis et maisons de diverses sortes
Mais la densité de la population est pas en rapport avec la surface
les régions de nomadisme étant néc ssairement les moins peuplées
La présence de tentes est toute naturelle dans le Sahara et dans les
steppes où la vie permanente et agriculture ne sont possibles au
tour des points eau mais ce modr habitation empiète remarqua
blement sur le Tell en certains points les tentes atteignent la mer
Ouest Oran et une autre avancée vers Moslaganem correspond
la vallée de la Mina la limite est ensuite le versant Sud de Atlas
lellien puis après avoir contourné Aurès remonte jusque vers
Souk-Ahras dans la partie orientale de la province de Constantine
Si on essaie de déterminer les causes géographiques et histo
riques de cette répartition on aper oit que les tentes avancent
vers le Nord là surtout où il pas obstacles montagneux impor
tants la aussi pu les pluies sont relativement faibles il pas de
tentes dansles régions ou il tombe plus de eau par an autre
part la large dinusion des tentes dans la province Oran paraît cor
respondre la région enete-arabe déjà signalée dans enquête surla
dispersion de la langue berbère
Actuellement la tente recule en même temps que le nomadisme
se restreint et la culture reprend possession des zones mixtes qui
lui avaient et* enlevées dans les époques troublées abandon de la
tente très marqué dans certaines régions peut résulter soit un
appauvrissement diminution du cheptel et des terrains de parcours)
E.-F GA EH Hépartition du la lunf/ue lierliére en Algérie Annule de éo-
rn.pftv XXII 1913 t- W> pl :arU <:ol 800 000 pl Pour
1<- volum publié sur c< suj<:t par ïêû OO TT et L.-F GA T!à fr voir XXl/l
XX/V Uihivn rn hie ïi fue 1-234
L.-F GA TIKI art cité 263 el suiv DES INDIG NES DE ALG KIE 221
soit au contraire un enrichissement augmentation des cultures et
des ressources nécessaires pour construire une maison La colonisa
tion fran aise eu pour conséquence de fixer davantage indigène au
sol par la création de la propriété individuelle par la limitation des
terrains de parcours par établissement de centres de colonisation
Les résultats ailleurs ont été variables suivant les régions et évo
lution été plus ou moins intense
Il faut se garder établir une hiérarchie rigoureuse entre la tente
le gourbi et la maison Si le remplacement de la tente par la maison
est un progrès indiscutable il en est pas de même lorsque est le
gourbi qui lui succède1.11 ne faut pas croire non plus que historique
ment la tente soit plus ancienne habitation fixe dans les grottes
ou dans les kalaâs du précéder usage de la tente qui suppose
la domestication du bétail et une industrie textile assez développée
Les gourbis Le gourbi est habitation normale du paysan
sédentaire de Algérie de môme que la tente est habitation normale
du pasteur nomade Mais tandis il existe une catégorie de
tentes il beaucoup de sortes de gourbis suivant la nature des
matériaux employés Cependant la nature des matériaux est pas
tout et il faut tenir compte de la manière dont ils sont assemblés La
chaumière normande habitation en pisé et toit de chaume est
pas un îourbi non plus que le chalet suisse tout en bois et en Algérie
même il existe dans la région forestière de Collo des habitations
uniquement couvertes en branches et en bois surmontées une sorte
étage ou de grenier qui ont relativement confortables La notion
de gourbi implique dans le langage courant idée habitation exiguë
et misérable est une hutte Le gourbi perfectionné et agrandi sera
donc une maison Il là une question appréciation qui ne permet
pas comme pour les tentes de créer une catégorie absolument
fermée
En Algérie les gourbis couvrent tout le Tell sur une profondeur
plus ou moins grande abstraction faite une partie du Dahra et des
Traras el de la Kabylie duDjurdjura régions occupées par des mai
sons et du littoral de la province Oran où les tentes sont même
au bord de la mer aussi nombreuses ou plus nombreuses que les
gourbis La prédominance des gourbis dans le Tell des provinces
Alger et de Constantine se justifie suffisamment par le caractère
essentiellement montagneux et forestier du littoral de parcours dif
ficile ou même impossible aux nomades souvent enneigé et où la
tente serait trop froide elle explique aussi par la présence de popu-
Voir AUULSTI el LACHOIX évolution du nomadisme en Algérie
Annulei de Géographie XV 1906 152-16 Pour li volum public sur ce sujet
par ces deux auteurs voir XV bibliographie géographique 1!f06 n* HABITATION RURALE 2S2
lations berbères assez denses en général La densité est en effet
beaucoup plus grande dans les régions de gourbis que dans les régions
de tentes les de maisons que les
de gourbis il un rapport étroit entre les deux phénomènes
La culture indigène semi-pastorale attache que très imparfai
tement les indigènes au sol Cela explique le caractère abri provi
soire et sommaire qui est essentiellement celui du gourbi De môme
que les habitants de la tente ne sont pas tous nomades les habitants
du gourbi ne sont que relativement sédentaires beaucoup entre
eux habitent alternativement la tente et le gourbi aussi
ont plusieurs gourbis auprès de leurs différentes terres de culture
agriculture européenne est essentiellement sédentaire parce
elle habitude et le besoin de bâtiments ruraux pour le séjour
des personnes pour attache et la garde du bétail pour la conser
vation des récoltes Chez les indigènes influence de agriculture
arrête souvent mi-chemin au lieu de provoquer la construction
du haouch de la ferme en pisé en briques ou en moellons elle se
borne faire établir des gourbis et des mechtas sans valeur et sans
importance on abandonne sans difficulté et sans regret
Le passage du gourbi la maison est beaucoup moins net beau
coup moins facile saisir sur le vif que le remplacement de la tente
par habitation fixe et cela pour deux raisons évolution est
moins marquée elle est pas comme dans le premier cas imposée
par le passage de état pastoral état agricole il beaucoup
plus de flottement dans la distinction du gourbi de habitation indi
gène et de habitation européenne que dans la distinction de la tente
et du gourbi Cependant ici encore la transformation de habitat
indigène est pas douteuse elle parait être surtout accentuée dans
la province de Constantino sans doute sous influence du voisinage
de la Kabylie et de Aurès Le gourbi il disparaît est rem
placé en partie par la maison dite européenne en partie par la mai
son indigène toit en tuiles notamment au voisinage de la Kabylie du
Djurdjura il ne est presque jamais par la maison terrasse sauf
dans quelques parties du Dahra
Les maisons terrasses En principe la maison est la dememe
du cultivateur arbres fruits comme la tente est celle du pasteur
et le gourbi celle du cultivateur de céréales que son genre de vie ne
fixe incomplètement au sol Le jardinier est obligé de se tenir
auprès de ses vergers une manière permanente ou tout au moins
avoir un établissement fixe et un magasin Pas de maisons sans
vergers pas de vergers sans maisons La formule applique dans
Voir âô BERNARD et LACHOIX évolution au nomadisme en Algérie
Alger.Parie 1906) 202 INDIG NES DE ALG RIE 223 DES
toute Afrique du Nord en Tunisie et au Maroc comme en Algérie
Si on examine ce point de vue la répartition géographique des
maisons on voit il coïncidence absolue
Tandis que les habitants des tentes et des gourbis efforcent
échapper leurs ennemis par la fuite et le déplacement rapide les
habitants des maisons cherchent leur salut dans le groupement et
dans la disposition défensive de leurs constructions la plupart du
temps absolument imprenables pour des adversaires qui ne disposent
pas artillerie et qui sont surtout des cavaliers Les sédentaires de
cette catégorie se serrent les uns contre les autres se logent dans des
anfractuosités de rochers adoptent ces emplacements si singuliers
et si pittoresques on voit notamment dans Aurès et en Kabylie
Tandis que les tentes et les gourbis sont isolés ou par petits groupes
les maisons sont agglomérées en gros villages parfois en véritables
petites villes comme Mazouna Kalaa El-Bordj Nedroma etc Elles
forment une transition vers agglomération urbaino dont elles sont
dans certains cas difficiles distinguer
Les plaines étant livrées aux déprédations des nomades et des
envahisseurs est nécessairement dans les régions montagneuses
les plus difficiles accès que se sont maintenus les vergers et les
maisons On est frappé de la difficulté abord de régions comme
Aurès la Kabylie du Djurdjura Atlas de Blida et un moindre
degré le Dahra Ouarsenis le massif de Tiemcen et les Traras Ces
massifs montagneux sont aussi ceux où est conservée la langue ber
bère1 cependant cette conservation ne coïncide pas une manière
absolue avec le mode habitation comme on le constate en compa
rant les deux caries est ainsi par exemple que le berbère est
maintenu dans certaines hautes plaines de la province de Gonstan-
tine où dominent les tentes et que par contre il disparu du
massif des Traras ou on habite des maisons
Il est bien évident aussi que le froid rigoureux et abondance des
neiges incité les habitants des grands massifs montagneux recher
cher un abri plus confortable que le gourbi Pourtant là non plus la
coïncidence est pas absolue car on ne trouve que des gourbis dans
une bonne partie de la Kabylie des Babors qui est ni moins haute
ni moins froide que la du Djurdjura il en est de même dans
les massifs de Philippeville et de Collo dans les Biban dans le Dira
Aumale
II semble avoir aussi une relation entre adoption de la maison
et la densité de population plus grande qui permet de vivre groupés
et de se mieux défendre moins que ce ne soit inverse -et que ce
soit plutôt la culture des vergers qui rende possible accroissement
E.-F GAUTIKR art cité 239 et suiv HABITATION RURALE
de la population En tout cas le rapport le plus net et le plus
constant est celui qui existe entre le verger et la maison
La maison rurale recouverte une terrasse est le type normal et
universel habitation dans tous les ksour et villages du Sud-Algé
rien aussi bien ailleurs que du Sud Tunisien et Marocain est
aussi la maison du fellah Egypte Ses caractères fondamentaux sont
partout les mêmes mais on observe un ksar autre une région
autre des différences notables La maison terrasse est également
celle des villages de Aurès Il pas lieu insister ici sur les
particularités elle présente tant dans sa construction que dans
son utilisation et qui ont été souvent étudiées1 Dans le Tell les
maisons terrasses forment une sorte îlot dans la partie méridio
nale du Djurdjura correspondant une partie des communes mixtes
de Fort-National du Djurdjura de Dra-el-Mizan et de Beni-Mansour
Le même type de construction se rencontre dans le Dahra couvrant
tout le pays qui étend entre Cherchell et ïénès ou plus exactement
entre Oued Messelmoun et Oued Aliala Enfin les maisons ter
rasses se retrouvent dans plusieurs parties de la province Oran
notamment dans la région de Sebdou dans celle de Tiemcen et dans
le massif des Traras
La maison indigène rurale en terrasse étant la règle et la maison
toit en tuiles exception est cette dernière et non la pre
mière il conviendra de rechercher une explication Tout au plus
pourrait-on se demander quelles causes ont maintenu la maison
terrasse dans certaines régions où elle voisine avec le toit en tuiles
notamment dans la partie méridionale de la Kabylie du Djurdjura Ce
est nullement parce elle porte mieux le poids des neiges car la
maison couverte en tuiles paraît beaucoup plus apte cette fonction
On dit elle résiste mieux au vent On peut invoquer plutôt
croyons-nous le fait elle est moins coûteuse et par suite plus
convenable pour les pays pauvres il est difficile de se procurer
des tuiles dans des régions sans routes et accès diff cile Enfin il
semble bien que dans les régions kabyles où la terrasse est main
tenue on ne fabrique ni tuile ni poterie soit on ignore cet art
soit que argile commune ihalakhi fasse défaut
Historiquement la maison terrasse est certainement beaucoup
plus ancienne que la toit de tuiles elle un caractère beau
coup plus archaïque 11 notamment dans Aurès et dans la
région de Sebdou une sorte association entre les grottes et les
maisons terrasses
FHANZ STUHLMANN Ein kulturgeschichtlicher Ausflw in den Awes. Ahh des
llainburyischen Instituts Hd Huide Völkerkunde Ud llaintiurg 1912
line li 190i) el siliv. 404 n.inl-colonel cl siliv LAHTIOUK Monographie de Aurea Constan
/5 DES INDIG NES DE ALG RIE
La maison terrasse paraît originaire du Sahara en tout cas
est là elle atteint sa perfection au Djerid au Mzab dans le Guir
dans le Sud Marocain tout entier Les maisons de Figuig de Ghar-
daïa du Souf du Sahara marocain ont fait objet de descriptions
soigneuses et détaillées1 Dans le Nord adaptation au climat
consisté incliner la terrasse pour écoulement des eaux ajouter
des sortes de gouttières en bois remplacer le pisé dans le corps de
logis par des pierres sèches ou ma onnées
Stuhlmann2 attache une grande importance ancrage de bois
on trouve dans ures quand les murs sont en pierres sèches et ne rencontre ni en Kabylie ni dans les oasis où les murs sont
en pisé Il pense que dans Aurès et en Kabylie deux influences
civilisatrices complètement différentes se sont exercées sur habita
tion Le type de maison toit plat avec double ancrage en bois dans
les murs comme dans la Troie préhistorique témoignerait une in
fluence préhellénique égéenne des courants de civilisation venus du
Sud du Pount et de Yemen par intermédiaire soit de Egypte
soit du Soudan paraissent également possibles Mais nous sommes
ici dans le domaine des simples conjectures insuffisamment étayées
sur les faits
La maison terrasse évolue pas ou évolue peu parce elle
réalise la perfection un type habitation grossier assurément mais
original et achevé en son genre Les indigènes qui logent dans ces
demeures ont pas le même intérêt que les habitants de la tente et du
gourbi les remplacer par des constructions plus perfectionnées et
ces derniers autre part passent en général directement la maison
européenne ou tout au moins la maison toit en tuiles
Les maisons toits de tuiles Tandis que la maison terrasse se
rencontre dans les régions les plus diverses depuis les ksour du
Sahara au bord de la Méditerranée la maison rurale indigène
toit de tuiles est au contraire exceptionnelle et ne se trouve que
dans des districts très limités
Elle occupe la plus grande partie de la Kabylie du Djurdjura et une
partie de la Kabylie des Babors peu près de la vallée de Isser
celle de Oued Agrioun au Sud elle étend la chaîne des
Biban et au Guergour englobant les deux versants de la vallée de la
Soummam De petits îlots annexes se rencontrent au Babor dans la
Pour la maison Figuig voir Commandant PAHIKL La maison Figuig
Rev Eihnogr ei de Social Institut thnogr Int Paris 111 1912 239-280
15 tig plans et dessins) Pour la maison au Mzab cl au Souf voir Dr Cu A.MAI
Le Mzab et les Uzabites Paris-Angers 1888) JEAN UHUNIIES La géographie
humaine éd Paris 1912) chap 45 -600 phot et carte ug 203-223
STUHLMANN ouvr cité 51-54 voir aussi DUSSAI Les Civilisalions
préhelléniques dans le bassin de la mer Egée éd Paris 14) 103 cl suiv
ANN UB XXVI ANN 15 SSO I/HABITATION RURALE
commune mixte de Taher dans Atlas de Blida dans la région de
Médea et celle de Berrouaghia Par suite de extraordinaire den
sité de la population kabyle bren que ce type habitation ne couvre
que 036 OOOb il abrite environ 753 000 indigènes deux fois plus que
la maison terrasse dans Algérie du Nord la population des tentes
atteint pas le double bien elle occupe une surface douze fois
plus étendue
La maison rurale toit de tuiles rappelle tout fait la maison des
paysans de la Sicile et de maintes régions méditerranéennes Rien
ne contribue autant que ce mode de toiture donner aux villages
kabyles cette physionomie européenne qui tant frappé les observa
teurs et ils ont même exagérée
Ce genre habitation représente manifestement un type plus
avancé et plus évolué que la maison terrasse On prétendu1 sans
preuves que usage des tuiles avait été transmis aux indigènes par les
Romains et que la maison actuelle était une introduction récente
En réalité il soit difficile de rien affirmer art de la poterie
et celui de la fabrication de la tuile paraissent remonter en Kabylie
une très haute antiquité Certaines tribus certains douars il est
vrai ne pratiquent ni un ni autre soit ignorance et manque ha
bilete soit faute de argile nécessaire la différence de la maison
terrasse la maison toit de tuiles gagne du terrain étend ses fron
tières et progresse vers le type européen Comme le Kabyle lui-même
elle se répand autour de la Kabylie voire même dans Algérie tout
entière Dans les communes mixtes de Palestro de Taber Azeffoun
Akbou les progrès sont rapides et remarquables
Les maison européenne Les tentes et dans une moindre
mesure les gourbis et les maisons indigènes tendent donc être
remplacés dans certaines régions et dans une certaine mesure par
des maisons dites européenne Dans plusieurs des réponses faites
enquête les causes de cette évolution sont nettement indiquées
La modification du mode habitation tient deux causes contraires
une part indigène aisé abandonne la tente pour se faire construire une
maison il obéit ainsi un désir de confortable et de bien-être autre
part de nombreux cultivateurs indigènes appauvris ala suite aliénations
inconsidérées de terres ont abandonné le nomadisme apetit parcoure qui
était la caractéristique de leur organisation économique ne cultivant
presque plus et ayant un cheptel insignifiant ils ont plus aucune
raison pour se déplacer Ils se cantonnent alors sur une parcelle de terre
LW9A.VW Archäologische und anthropologische Studien über die Kabylen
Zeitschr Ethnol. XL 1908 501-529) traduit sous le titre Thé Kabyle of
North Africa dans Annual Report. Smit/uonian Institution. June 30 19
Washington 1913) 623-638 20 poot en 18 pl DES INDIG NES DE ALG RIE 227
qui leur est seule restée de leur patrimoine et Jouent leurs services dans
les fermes environnantes Ces deux transformations bien que dues des
causes diamétralement opposées se développent parallèlement et
concourent au même résultat Elles ont suivi la pénétration de la coloni
sation privée
Que faut-il entendre par une maison européenne La définition
ne saurait comporter une trop grande précision Ce qui la caractérise
est emploi des matériaux européens chaux ciment fers bois
de construction importés boiseries etc est aussi la construction
par des ma ons européens ou par des ma ons indigènes initiés par
les Européens et capables appliquer leurs méthodes est enfin un
degré de confortable inconnu habitalion rurale indigène tradition
nelle par exemple existence une cheminée
Ce mouvement de construction est surtout it arqué autour des
agglomérations européennes dans un rayon plus ou moins étendu
Les régions où les indigènes ont le plus évolué au point de vue de
habitation paraissent être les arrondissements Oran de Bel-Abbès
de Mascara el Alger Mais presque partout on signale quelques
constructions européenne ce sont la plupart du temps des unités
qui se comptent Elles sont très intéressantes comme symptôme
comme point de départ un mouvement qui tend accélérer il
est rare elles dominent assez pour pouvoir être notées sur la carte
par une couleur spéciale ou il en est ainsi est que les indigènes
sont comme noyés dans la population européenne
La situation des indigènes dans les territoires de colonisation est
extrêmement variable et il est difficile de la résumer en quelques
mots Dans certaines régions on trouve des indigènes logés dans les
maisons européennes du centre de colonisation parce que faible
ment résistants et mis en présence une forte ils ont
été absorbés par celle-ci est le cas dans presque tout le départe
ment Oran Ailleurs au contraire ce sont eux qui absorbent la
colonisation et prennent sa place est le cas surtout dans le pays
kabyle où les indigènes habitent par exemple une partie des maisons
construites par ou pour des colons dans des centres comme Akbou
Dans certaines communes du département Oran des villages indi
gènes ont été constitués par une intervention administrative du même
genre que celle qui créé les villages européens est opération
connue sous le nom de recasement Presque partout il mainte
nant dans les exploitations européennes quelques domestiques ou
valets de ferme indigènes habitant une manière permanente auprès
du propriétaire soit seuls soit avec leur famille Quant aux journa
liers tantôt les colons emploient des indigènes du pays même logés
Happort d9 la commun mixte de Mascara

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