Activités symboliques sur les sites ornés du sud de la France : la part de l'industrie lithique - article ; n°1 ; vol.93, pg 84-96

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1996 - Volume 93 - Numéro 1 - Pages 84-96
RÉSUMÉ Les liens entre sites sépulcraux et sites ornés au Chalcolithique sont nombreux tant en ce qui concerne le mobilier que la spiritualité. Un inventaire systématique de l'industrie //- thique de l'un et l'autre types de site montre qu'une partie de celle-ci leur est commune. L'étude du mobilier //'- thique de cinq sites ornés atteste qu'une majorité d'éléments sont les témoins d'un débitage sur place du silex par des tailleurs inexpérimentés. Les sites ornés ne seraient cependant pas des ateliers mais des lieux où chaque apprenti affirmerait son nouveau statut social au cours d'un rite apparenté à une mort symbolique. La pratique pourrait être antérieure au Chalcolithique et constituer au moins une tradition chasséenne.
ABSTRACT Burial places and decorated sites of the Chalcolithíc period are dosely connected by the nature of their contents and for spiritual reasons. A systematic inventory of the stone artefacts in each type of site shows that they have a part in common. Study of stone artefacts from five decorated sites demonstrates that most of them are waste material of flint knapping, executed on the spot by inexperienced workers. These sites, however are not assimilated to workshops, but to sacred places, where apprentices asserted their new social position by accomplishing a ritual conceived as a symbolic death. The origin of these practices is prior to the Chalcolithic and goes back at least to a Chassey tradition.
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1996
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Cyrille Chopin
Philippe Hameau
Activités symboliques sur les sites ornés du sud de la France : la
part de l'industrie lithique
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1996, tome 93, N. 1. pp. 84-96.
Résumé
RÉSUMÉ Les liens entre sites sépulcraux et sites ornés au Chalcolithique sont nombreux tant en ce qui concerne le mobilier que
la spiritualité. Un inventaire systématique de l'industrie //- thique de l'un et l'autre types de site montre qu'une partie de celle-ci
leur est commune. L'étude du mobilier //'- thique de cinq sites ornés atteste qu'une majorité d'éléments sont les témoins d'un
débitage sur place du silex par des tailleurs inexpérimentés. Les sites ornés ne seraient cependant pas des ateliers mais des
lieux où chaque apprenti affirmerait son nouveau statut social au cours d'un rite apparenté à une mort symbolique. La pratique
pourrait être antérieure au Chalcolithique et constituer au moins une tradition chasséenne.
Abstract
ABSTRACT Burial places and decorated sites of the Chalcolithíc period are dosely connected by the nature of their contents and
for spiritual reasons. A systematic inventory of the stone artefacts in each type of site shows that they have a part in common.
Study of stone artefacts from five decorated sites demonstrates that most of them are waste material of flint knapping, executed
on the spot by inexperienced workers. These sites, however are not assimilated to workshops, but to sacred places, where
apprentices asserted their new social position by accomplishing a ritual conceived as a symbolic death. The origin of these
practices is prior to the Chalcolithic and goes back at least to a Chassey tradition.
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Chopin Cyrille, Hameau Philippe. Activités symboliques sur les sites ornés du sud de la France : la part de l'industrie lithique. In:
Bulletin de la Société préhistorique française. 1996, tome 93, N. 1. pp. 84-96.
doi : 10.3406/bspf.1996.10102
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1996_num_93_1_10102Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1996 /TOME 93, n° 1 84
ACTIVITES SYMBOLIQUES
SUR LES SITES ORNÉS DU SUD DE LA FRANCE
LA PART DE L'INDUSTRIE LITHIQUE
Cyrille CHOPIN et Philippe HAMEAU
RÉSUMÉ flèches font l'objet d'incessantes t semblent donner plus facilement
ypologies dans le but compréhensible cours à de telles interprétations. Les liens entre sites sépulcraux et certes, de dater les structures sépul Ainsi, J. Courtin (1974) signale sites ornés au Chalcolithique sont crales auxquelles elles sont assoc entre autre matériel associé à la nombreux tant en ce qui concerne le iées. On ne peut cependant nier les sépulture campaniforme de la mobilier que la spiritualité. Un inven grotte Murée à Montpezat (Alpes- limites de cette méthode en constattaire systématique de l'industrie //- ant la longévité de certaines arma de-Haute-Provence), la présence thique de l'un et l'autre types de site tures et celle, tout aussi évidente de deux lamelles de silex blond, montre qu'une partie de celle-ci leur mais difficilement étudiable, des sans retouche, provenant du même est commune. L'étude du mobilier //'- structures sépulcrales elle-mêmes. nucleus et se raccordant l'une à thique de cinq sites ornés atteste La présence ou l'absence d'un objet l'autre. Le même auteur va plus loin qu'une majorité d'éléments sont les sont parfois caricaturalement expr lorsqu'il parle de l'existence, près témoins d'un débitage sur place du imées comme un moyen de datation de la sépulture chasséenne du silex par des tailleurs inexpérimentés. Pont de Quinson (Quinson, Alpes- de la structure comme s'il n'y avait Les sites ornés ne seraient cepen d'autre alternative en archéologie de-Haute-Provence) de trois ldant pas des ateliers mais des lieux qu'une recherche chrono-culturelle. amelles brutes dont une "de belle où chaque apprenti affirmerait son facture, brisée en deux (rite ?)" Or le mobilier funéraire est aussi nouveau statut social au cours d'un composé d'éléments qui, pour être (J. Courtin, 1962). De bonnes rite apparenté à une mort symbol conditions de conservation permethumbles, n'en sont pas moins aussi ique. La pratique pourrait être anté nombreux que les outils proprement tent cependant des observations rieure au Chalcolithique et constituer dits. C'est ainsi que nucleus, l analogues dans les sépultures colau moins une tradition chasséenne. lectives. Le matériel du dolmen de amelles et éclats, bruts à faiblement
retouchés, font partie du cortège la Chassagne (Corrèze) par
exemple, est exprimé sous l'angle des éléments lithiques les plus frABSTRACT équents dans de tels contextes. Peu de l'appartenance des éclats à
Burial places and decorated sites de chercheurs en font autrement cas quatre types de silex. Certains r
of the Chalcolithíc period are dosely emontages expriment même les obqu'une mention numérique à la fin
connected by the nature of their de leur inventaire du mobilier. Les jets d'origine, en l'occurrence des
contents and for spiritual reasons. A haches en calcaire siliceux scieminterprétations relatives à leur pré
systematic inventory of the stone ar ment débitées (Cl. Gautrand- sence au contact de sépultures sont
tefacts in each type of site shows Moser, 1986). On trouve dans la rerares.
that they have a part in common. lation du dolmen double du Pech Par prudence, certains auteurs Study of stone artefacts from five de du Grammont (Gramat, Lot) la estiment que les éclats bruts qu'on y corated sites demonstrates that most mention d'un éclat et d'une lamelle retrouve peuvent provenir des of them are waste material of flint "appartenant de toute évidence au couches sus ou sous-jacentes à la knapping, executed on the spot by même nucleus" (J. Clottes, 1969). suite de l'inévitable remaniement des inexperienced workers. These sites, Pourtant le même auteur ne sédiments au moment de l'inhumathowever are not assimilated to work consacre pas quelques ion. D'autres pensent que les frashops, but to sacred places, where lignes à la présence d'éclats bruts gments de silex peuvent provenir de la apprentices asserted their new social dans son inventaire des dolmens roche encaissante et n'être sans lien position by accomplishing a ritual du Quercy (J. Clottes, 1977). aucun avec les sépultures. G. Sau- conceived as a symbolic death. The
zade (1983) fait le même constat origin of these practices is prior to Toute justification rituelle à la prépour les sépultures vauclusiennes. the Chalcolithic and goes back at sence de tels menus objets semble S'il lui semble que certains éclats least to a Chassey tradition. donc considérée avec la plus exbruts peuvent avoir été "déposés trême circonspection et c'est chose dans les sépultures comme of normale. frandes symboliques", il écarte de
ses listes des centaines d'autres dé "Dans la pratique courante (...), le chets de taille de crainte qu'ils ne r■ ETAT DE LA QUESTION ET préhistorien n'a pour exercer sa creprésentent des éléments intrusifs. PROBLÉMATIQUE itique que les impressions parfois très Pourtant le qualificatif "votif" est par hâtives et très vagues du fouilleur. fois proposé (G. Lhomme, 1974) bien Lorsque celui-ci fait état d'un dépôt Le mobilier lithique des sépul que non suivi d'un essai de démonstrtures collectives du sud de la France rituel, il faut prendre le document ation. sans contrôle possible." est généralement étudié au travers
de ses éléments les plus esthétiques Lorsqu'elles ne sont pas reman André LEROI-GOURHAN
ou évocateurs. Les armatures de iées, les sépultures individuelles Les religions de la Préhistoire, 1 964 :
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1 996 / TOME 93, n° 1 85
L'approche typologique et consé- ne peut s'agir d'un critère fiable, la groupe des nucleus ou des lamelles
quemment chrono-culturelle nous proximité de sites ornés et de struc par exemple. La nature des re
semble procéder toutefois d'une v tures funéraires est souvent mise en touches est rarement explicitée alors
ision réductrice du mobilier funéraire. parallèle avec l'éloignement des ha que celles-ci pourraient tout simple
Prenons l'exemple des fameuses a bitats contemporains. ment résulter du piétinement pério
rmatures de flèches. Sans aborder les dique du mobilier funéraire. Les dolmens sont orientés face au critères morphologiques ou techno soleil levant ou couchant et il en est Le régionalisme joue sans doute logiques dont on peut tirer un ense de même pour 98 % des sites un rôle dans la représentativité des ignement autre que simplement chro peints. Le signe soléiforme, et l'e objets. Les sépultures varoises nologique (P. Pétrequin, 1990), la nsemble des figures dérivées jusqu'à comptabilisées sont pour moitié des présence de celles-ci dans une sé la simplification extrême que consti grottes sépulcrales et pour moitié pulture peut être abordée selon plu tue le point, sont d'ailleurs systéma des dolmens de type bas-rhodanien. sieurs niveaux d'interprétations. tiquement présents sur les parois L'histogramme qui en est tiré a fin
des abris. La régularité des associaL'association d'armatures et de alement plus d'analogies avec celui
tions à ce signe nous a conduit à restes anthropologiques atteste du des sépultures quercinoises, des
penser que la figure soléiforme avait statut "social" du défunt c'est un dolmens de type caussenard unique
une valeur eschatologique. chasseur. Cependant, puisqu'il s'agit ment, qu'il n'en a avec les sépultures
d'un individu mort, on peut égale audoises recensées ici, des grottes Le support de certains objets de ment penser qu'il emmène arc et en grande majorité. Ces dernières parure a quelques correspondances carquois pour chasser dans l'au- sont dans la zone des palettes de inattendues avec la nature des matdelà. Enfin, on peut supposer un lien schiste, affectionnent les grandes ières colorantes. La bauxite et la entre cet arc et ces flèches et les lames, bref disposent d'un cortège steatite qui sont dans ce cas (Ph. Hascènes de chasse peintes sur les pa d'objets susceptibles de se substimeau, 1995 a) sont investies à notre rois de nombreux abris de la Pénin tuer à d'autres plus fréquents dans sens d'une même charge symbolisule ibérique et du sud de la France. d'autres régions. L'accent porté ici que. En même temps, les fragments Ces peintures schématiques expri sur les éclats au détriment des élde colorants, voire les objets maculés ment très certainement un cycle ph éments bruts n'est sans doute qu'un de telles matières, sont fréquents ilosophique dont le pôle de la Vie est problème de terminologie. dans les sépultures et sur les sites représenté par la chasse voire un ornés. Le mobilier funéraire compte Les pourcentages lithiques du simple arc devenu l'idéogramme des des objets comme les plaquettes de Vaucluse sont ceux que donne activités cynégétiques (Ph. Hameau, schiste ornées ou aniconiques qui r G. Sauzade (1983). Ils représentent le 1989 a). Le chasseur de l'au-delà re eprésentent T'idole", peinte et gravée, cas d'une étude départementale (des trouve donc dans cette pratique l'e détaillée ou simplifiée. sépultures en grotte ou sous-abri esssence d'une nouvelle vie.
sentiellement) où les lamelles et les L'industrie lithique, et précisément Si discutables que soient de telles éclats bruts ne sont pas véritablela partie de celle-ci qui est la moins
hypothèses, elles mettent l'accent sur ment conçus comme une industrie étudiée, les lamelles et les éclats la correspondance entre le mobilier lithique liée aux sépultures. Pour cette brut, s'ajoute aux analogies déjà évo
funéraire et les signes utilisés dans raison, l'histogramme du Vaucluse quées entre le monde des morts et l'art postglaciaire. Le corpus artistique est celui qui présente la dichotomie la celui de l'art. Ainsi, dans les sites
est restreint et les associations de plus nette avec celui qui exprime le ornés du sud de la France, le mobilier signes sont codifiées. Les objets as matériel lithique des sites ornés. lithique recueilli est constitué des él
sociés aux signes anthropomorphes éments qui, pour les sépultures collec Ce dernier est donc majoritairese réduisent à l'arc (et ses flèches) et tives, sont fréquemment occultés. ment représenté par les éclats et les à la hache qui constituent deux des
lamelles, bruts à faiblement retouLe tableau A constitue notre dooutils les plus couramment déposés
chés, par des nucleus et des percutcument de comparaison. dans les sépultures collectives. On
eurs, c'est-à-dire par un matériel opeut donc envisager que chaque él Dans les sites sépulcraux, les a rdinairement considéré comme le ément du mobilier funéraire concourt rmatures de flèches sont nettement témoignage d'une taille domestique. au même titre que les peintures et les majoritaires suivies selon les cas par On le verrait mieux lié à un habitat ou gravures contemporaines à l'expres les grandes lames et les poignards à un atelier d'où sans doute les intesion du cycle philosophique. ou par les éclats bruts ou retouchés. rprétations faites à son propos pour
Les lamelles brutes sont présentes Si nous proposons d'associer les les sépultures vauclusiennes. Il est
mais de manière aléatoire. Les concepts véhiculés par les manifes lié ici à des pratiques funéraires et
haches polies ont une représentation tations artistiques et les pratiques fu artistiques. On est donc en droit de
sensiblement égale en tous lieux. néraires collectives c'est que le lien s'interroger sur sa nature, sur son
entre sites ornés et structures sépul origine ou sur ses caractères technoLes disparités sont explicables. crales est plus étroit qu'il n'y paraît. logiques, et au-delà de ces faits mat
On admet en premier lieu la contem- Les relations de fouilles anciennes ériels, sur la véritable signification
poranéité des peintures et des sépul ont tendance à omettre la présence de sa présence près de peintures ou
tures par la localisation des unes et d'éclats bruts dans leurs inventaires. de gravures schématiques. Nous
des autres en un même lieu souvent Lorsque l'identification est possible, nous proposons donc d'étudier ce
soigneusement obstrué par un mur des objets recensés avec ceux des mobilier lithique au travers de sites
en pierres sèches. Ainsi, 20 % des sinés, des discordances typolo ornés sur lesquels nous avons pu ef
sites peints du sud de la France sont giques sont souvent notables. Des fectuer une véritable intervention a
aussi des sites sépulcraux. Même s'il éclats bruts sont à mettre dans le rchéologique. :
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1996 / TOME 93, n° 1 86
70 100 SITES ORNÉS ■ LES SITES ÉTUDIÉS
- 60
Cinq sites, différents et disséminés 50 sur l'ensemble du sud de la France,
nous ont livré leur matériel. Nous en 40 donnons l'inventaire comme suit
- 30
- 20 • Les rochers de
Pranles/Creysseilles
- 10 (Ardèche) (A)
Ces rochers gravés constituent un
sanctuaire double implanté sur un
plateau où affleurent les grès tria- VAR 40 60
siques. Le groupe occidental compte 40 cinquante rochers ornés de cupules
et de croix, disséminés sur une par- 30 celle de terrain de 210 m de long sur
180 m de large, à l'altitude de 750 m - 20
environ. Les vingt rochers du groupe
- 10 oriental sont situés tout au long du
rebord du plateau en un alignement
qui s'étire sur 500 m. Les rochers y
sont gravés de cupules, de croix et
de signes en fer à cheval. Entre les QUERCY 31 69 deux groupes est un léger vallon. Les 50 ramassages lithiques ont été effec
tués au départ de ce vallon et au 40 sommet de ses deux versants, aux
abords des premiers rochers gravés 30
des deux groupes. On compte
57 éléments lithiques éparpillés sur 20
une surface estimée à 6 hectares,
10 exempte d'autres vestiges archéolo
giques.
Bibliographie : P. Bellin, 1959 ;
Ph. Hameau et D. Vaillant, à paraître. AUDE 32 68 - 30
- 20
• L'abri n 2 de Pierre Rousse
(Beauregard-Baret, Drôme) (B) 10
C'est un petit porche ouvert au
sud, creusé à la base de la barre
sommitale de Pierre Rousse. Les VAUCLUSE 14 86 parois immédiatement à l'extérieur
du renfoncement sont de teinte
orangée et portent les peintures.
Les figures à l'ouest de l'abri sont
résiduelles, celles de la paroi orien
tale sont mieux conservées et r
eprésentent un panneau de 6 m2. On
y relève notamment des signes en
chevrons, des ponctuations grou
pées, des figures quadrangulaires
et un signe scalariforme. Au pied de i/î 4) •a 3 lucléi attoi ouch erçoi buri с acloi bru brut uché ce panneau, dans une fosse rempa 3 s lie de sédiments pulvérulents, ont
été mis au jour 20 tessons céra
miques, 20 éléments de silex, une
perle en os et 27 fragments osseux
animaux.
Tabl. A - Proportions des différentes catégories de mobilier recueilli dans les sé Bibliographie : Ph. Hameau et pultures collectives chalcolithiques du sud de la France (4 régions étudiées) et sur
les sites ornés de figures schématiques, peintes ou gravées, de la même zone. D. Vaillant, à paraître, 1995 b. :
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de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1996 /TOME 93, n° 1 87 Bulletin
est celui de la grotte Monier (Évenos, • Les abris Perret (Blauvac, représentant un signe soléiforme a
disparu. La cavité a en outre abrité Var) qui a livré, entre les fouilles de Vaucluse) (C)
des sépultures collectives perturbées A. Glory en 1943 et notre sondage
pendant l'Antiquité tardive. Le en 1983, 132 éclats bruts et lamelles L'abri n° 1 est un long surplomb
nombre minimal d'individus est es brutes pour 4 armatures et 2 grandes rocheux, 150 m au-dessus du talweg
timé à sept adultes et deux enfants. lames et poignards seulement et en rive droite de la Nesque. Il est
Auprès de ceux-ci ont été recueillis (A. Glory, 1948 ; Ph. Hameau, orné de deux personnages mascul
24 tessons céramiques et 39 él 1989 a). Pour un site varois la disparins accompagnés de ponctuations
éments lithiques. ité est trop importante pour que l'on et deux nuages de ponctuations.
ne soupçonne pas une industrie plus Sept mètres au-dessus du sol, deux Bibliographie : С Chopin, P. Dùh, liée aux peintures de la grotte qu'à renfoncements ont été utilisés. Les Ph. Hameau et P. Renzi, 1995. parois de l'abri n° 2 portent seize pe ses sépultures collectives.
tites croix. Un muret de pierres
C'est cette constatation, renouvelsèches y a été édifié autour duquel L'industrie lithique de chacun de ée à la grotte du Pin (Ollioules, Var), ont été recueillis les restes de plu ces sites n'est pas abondante. Les qui nous a conduits à inclure dans sieurs récipients céramiques dont un séries auraient été plus étoffées si notre inventaire des sites étudiés, la bol campaniforme et une jarre de deux des sites n'avaient pas été grotte du Charbonnier et le Pin de type rhodanien, 3 galets et fragments vidés (Pin de Simon et grotte du Simon cavité n° 4. La double foncde galets et 37 éléments de silex. Charbonnier) et si un troisième tion de ces sites aurait pu influencer L'abri n° 3 n'est pas orné. On y a r n'avait pas subi de lessivage (abris notre étude de l'industrie lithique. etrouvé un muret de pierres sèches Perret). Deux de ces abris sont ornés Toutefois rien n'est simple ; la grotte délimitant avec la paroi un espace de et sépulcraux : la grotte du Charbonn Alain (Tourves, Var), ornée et sépulc1 ,75 m2. Le mobilier est composé de ier (contexte étroit) et le Pin de rale, n'a restitué que huit armatures quelques tessons d'une tasse à goul Simon moins étroit ne fa de flèches (A. Glory, 1948). ot verseur et d'un nucleus en silex isant référence qu'à la cavité n° 4). Le
pris dans les pierres du muret. site de Creysseilles est un sanctuaire Quelques sites ornés nous ont rupestre où le matériel recueilli ne Bibliographie Ph. Hameau et donné un matériel si restreint qu'il l'est pas forcément au pied des ro est sans signification un fragment M. Paccard, 1989 b. chers gravés. Dans deux cas enfin, proximal de lamelle à la grotte des nous avons retrouvé le matériel Cabro (Tourves, Var) (Ph. Hameau, lithique associé à d'autres objets et 1989 a) ou deux éclats bruts à l'abri • Le Pin de Simon I (Géménos, structures qui nous ont fait supposer Gemini (Le Muy, Var) (Ph. Hameau, quelque fonction rituelle les vases à Bouches-du-Rhône) (D) 1991). Une fosse dans le réseau sueau et les murets des abris Perret et périeur de la grotte de l'Église (Bau- Située dans le massif de la Sainte- les sédiments cendreux contenant dinard, Var), orné de signes soléi- céramique et perle de Pierre Rousse. Baume, cette esplanade de 45 m de formes, avait restitué quelques lames long pour 10 m de large est limitée Si dans le premier site la fragmentat de silex dans un contexte analogue à ion des récipients pouvait résulter au nord et à l'est par une haute fa celui de l'abri n° 2 de Pierre Rousse laise percée de six cavités. L'angle de mauvaises conditions de conserv (J. Courtin, 1959). Récemment, la nord-est de la terrasse est protégé ation, nous nous sommes d'ailleurs grotte des Sangliers (Ollioules, Var) a par un auvent rocheux et abrite huit demandés pour le second site s'il n'y livré des éclats retouchés, une lfigures ou groupes de figures pein avait pas analogie entre ces vases amelle, deux nucleus dont un en obsiincomplets et les mêmes retrouvés tes : signes anthropomorphes masc dienne, une lamelle dans le même ulins à bras multiples, signes a dans les sépultures collectives. matériau, un racloir et un perçoir à nthropomorphes simples, cervidé, proximité de foyers au sujet desquels D'autres sites ornés ont restitué ponctuations. Seules les trois der l'auteur conclut, peut-être hâtivedu matériel lithique. Nos démarches nières cavités ont livré un mobilier a ment, qu'ils sont les vestiges d'une pour le consulter se sont avérées rchéologique censément contempor halte de chasse (B. Grasset, 1992). vaines, soit que ce matériel ait disain des peintures. La cavité n° 4 est La grotte du Levant du Leaunier (Ma- paru, soit qu'il ait été recueilli dans une grotte sépulcrale partiellement laucène, Vaucluse) enfin, constitue des conditions douteuses. C'est le vidée dans laquelle nous avons re un site exceptionnel puisqu'il s'agit principal obstacle auquel nous nous cueilli 2 tessons céramiques et d'un atelier d'extraction de rognons soyons heurtés pour les sites ru- 53 éléments de silex. Les cavités de silex puis de débitage de ceux-ci pestres gravés. Ainsi, le matériel rnos 5 et 6 ont restitué 7 et 2 éléments avant exportation des produits bruts amassé sur l'ensemble des sites de silex respectivement. de débitage et des outils. Or au plaornés de la région d'Aubenas a-t-il
fond de cette cavité ont été peints Bibliographie Ph. Hameau, à par été mélangé, mêlant une industrie
deux signes soléiformes et des aître. moustéroïde à d'autres éléments qui
lignes brisées (Ph. Hameau, 1992). auraient pu nous intéresser mais
dont nous ne maîtrisons pas la local Le recensement des seuls abris isation précise (1). J. Combier émett• La grotte A du Charbonnier peints du sud de la France montre ait déjà des réserves sur ce mobilier donc que 45 % d'entre eux ont resti(Tourves, Var) (E) en 1972. tué un quelconque mobilier même si
Cette grotte est la seule cavité de celui-ci n'est pas vraiment étudiable. De nombreux sites peints se sont
la rive droite du Čarami dans laquelle avérés sépulcraux mais le mobilier Il est plus difficile de comptabiliser
ait été reconnue dès 1941 une pein les sites gravés car peu de sondages exhumé lors de fouilles anciennes a
ture. Malheureusement, cette figure disparu. Le cas le plus dramatique y sont systématiquement réalisés. La :
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Les lamelles posent le problème chaîne opératoire, chaîne qui n'est sculpture contemporaine (stèles, st
atues-menhirs et dalles anthropom de leur lieu de débitage. L'absence peut-être pas celle d'un débitage l
amellaire. Un éclat à 2 bulbes montre orphes), bien qu'abondante et sou de nucleus, la diversité des tech
vent liée à des contextes funéraires, niques, pression et percussion, et qu'il ne correspond pas à celui-ci.
est encore étudiée comme si elle des types de silex font penser
n'entretenait aucun lien avec les ma qu'elles ont été apportées sur le site. Sur les 33 éclats et lamelles re
nifestations artistiques précédem Trois éclats présentant des négatifs cueillis, plus d'un tiers a été retou
ment citées (Ph. Hameau, 1995 c). d'enlèvements lamellaires interdisent ché. Un examen microscopique
Le matériel lithique qui pourrait leur de conclure catégoriquement. De (x 165) a révélé l'existence d'une
être associé — bien que peu de t quinzaine de micropolis sur certaines plus, les autres éclats sont taillés
émoins aient été retrouvés in situ — dans un silex de qualité identique à plages de la microtopographie. Nous
est également absent des relations celui employé pour les lamelles. Il est n'avons fait aucune détermination de
de leurs découvertes. Cette situation impossible de replacer ces éclats, la matière travaillée craignant que le
explique que nous ne puissions dis souvent fragmentés, dans une pH du sol ait estompé ou modifié le
cuter valablement que sur cinq séries
réduites.
■ ANALYSE DU MOBILIER
LITHIQUE
• Creysseilles
Aucun remontage lithique n'est
possible sur ce site. Cependant la
présence d'un nucleus, d'éclats cor
ticaux de préparation, de petits
éclats résultant généralement de la
taille et d'éclats débités sur un prin
cipe identique à l'organisation du nu
cleus prouve qu'une partie au moins
du mobilier lithique taillé dans un
silex jaune a été débitée sur place.
Le nucleus est un nucleus à éclats.
L'existence de plans de frappe cen
trifuges le fait ressembler à un nu
cleus du Paléolithique moyen mais là
s'arrête la similitude. L'absence de
préparation de la surface d'enlève
ment ne permet pas de conclure à
une prédétermination de la forme de
l'éclat. En outre, l'absence de direc
tion ou de sens préférentiel dans le
débitage des éclats révèle probable
ment une adaptation répétée à la
nouvelle configuration du nucleus.
Un éclat issu de ce débitage a été
retouché en burin puis en grattoir. Un
autre nucleus, de petite taille (L =
1,6 cm), à enlèvements lamellaires,
laisse présager une taille sur le site.
Dans un premier temps, 3 enlève
ments ont été extraits. Ensuite le nu
cleus a été réorienté sans doute pour
pallier une trop forte convexité de la
table lamellaire. D'autres enlève
ments ont été tentés mais une suc
12 17 cession de réfléchissements a rap
idement empêché la poursuite du
débitage et écrasé le front de taille Fig. 1 - Industrie lithique recueillie sur les cinq sites ornés. 1 accident Siret 2
lame retouchée 3 grattoir sur lame, grattoir périphérique sur éclat 5 remontage de (écaillure). Un troisième nucleus (?) trois éclats finalisés 6 lame 7, 8 et 9 fragments de lamelles débitées par pression (enlèvement unique peut-être acci 10 grattoir sur le bulbe d'un éclat 11 nucleus 12 et 13 fragments de lamelles 14 dentel) est accompagné d'éclats lamelle débitée par percussion 15 bloc trièdre débité (?) 16 fragment proximal de par pression ; 17 lamelle débitée par percussion et passée au feu. A sans bulbe et de cassons et pré
point de percussion trop éloigné du front de taille В reprise d'un éclat et aménagesente les mêmes caractères. On note ment d'une crête en vue d'un débitage С organisation du nucleus sur la mise en place aussi 10 petits rognons de silex de d'un plan de frappe et d'une table d'enlèvements fixes D taille réduite des enlèvemauvaise qualité sans stigmates ments. 1 à 5 abris Perret ; 6, 7 et 10 Pin de Simon 8 et 9 Creysseilles ; 12 et 13
d'enlèvements. Pierre Rousse 14 à 17 grotte A du Charbonnier. ;
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micropoli (H. Plisson, 1983) ou que le du choix des supports. La réalisation sur les bords de cette cassure mais
pacage des ovins, intense sur le site, d'un racloir en quartzite évoque la on ne peut dire s'il résulte d'un
ait occasionné la formation de lustré. part de l'opportunisme dans ce usage. Doit-on supposer un trait
Malgré tout il nous a semblé que choix. ement thermique entre deux utilisa
2 lamelles (fig. 2, nos 8 et 9) portaient tions ou une chauffe accidentelle non
un micropoli attribuable au travail Quelques pièces sont passées au destructrice après abandon ?
des végétaux. Dans quelques cas feu après leur utilisation. Un des bu
rins (fig. 2, n° 4) est sur ce point diffaussi, le poli associé au bord unique • Pierre Rousse ment ne semble pas être un lustré de icile à cerner. Son passage au feu
sol. Il est même possible de reconsti s'est fait après débitage et mise en Le faible nombre des pièces retuer le sens du mouvement et de forme et une cassure dont nous cueillies (20) ne permet que des rsupposer une action de raclage pour ignorons l'origine s'est produite emarques limitées. Les lamelles sont 2 burins et de rabotage pour 1 grat après cette chauffe comme le prouve majoritaires avec 14 fragments dont toir. Ces quelques indications ne l'alternance des plages brillantes et 2 appartenant à la même pièce. Le permettent pas de définir les critères mates. Un léger micropoli est visible débitage lamellaire par pression est
le mode de débitage le plus repré
senté (11 cas sur 13). Les rares info
rmations fournies par les lamelles per
mettent de supposer un nucleus à
plan de frappe lisse et légèrement i
ncliné et une table laminaire très peu
convexe.
Certaines pièces présentent des
stigmates de débitage par percuss
ion. Il est préférable d'y voir la trace
de réfections de la table laminaire
plutôt que l'existence de plusieurs
modes d'exploitation du nucleus. Il
n'apparaît aucune chronologie stricte
des modes de débitage et une pièce
montre l'ouverture d'un second plan
de frappe, opposé, ouverture qu'il est
possible d'interpréter de la même
manière. Ces réfections ne sont pas
étonnantes dans le cadre du débi
tage par pression qui n'est en effet
possible que dans certaines condi
tions (J. Tixier, 1976). Les éclats ne
peuvent être replacés dans une
chaîne opératoire. Un éclat réfléchi
présentant un plan de frappe incliné
et des stigmates d'enlèvements l
amellaires pourrait être une lame avor
tée. L'absence du nucleus, la pr
ésence de 12 lamelles dites de
plein-débitage et la diversité appar
ente des silex employés ne permett
ent pas de conclure à un débitage
sur place des lamelles. Reste à expl
iquer la présence des éclats dont la
majorité d'entre eux n'a manifeste
ment pas servi (absence de traces
d'utilisation, retouches marginales
anarchiques).
Cinq lames/lamelles ont le même
type de retrouches. L'analyse micr
oscopique (x 165) a montré que
2 éclats et 3 lamelles ont été utilisés.
Quatre de ces pièces présentent un Fig. 2 - Industrie lithique recueillie sur les cinq sites ornés. 1 remontage partiel d'un micropoli trop peu développé ou trop nucleus ayant subi un traitement thermique au cours de son débitage 2 et 3 nucleus, altéré pour être identifié. La dernière burin sur lame aménagé sur une fracture Siret. A, В et С première, deuxième et tro
(fig. 1, n° 12) montre sur son bord isième phase dans le débitage D débitage le long d'un dièdre obtus E absence de
préparation du nucleus cintre et carène de la table d'enlèvements inadéquats F : gauche un micropoli bifacial typique écaillure G débitage de produits laminaires (production de supports ?) H reprise du travail des végétaux. La présence d'un nucleus débité par pression taille réduite des enlèvements et réfléchissements de stries dont certaines, comblées, successifs J : débitage sur le cortex К plages brillantes (traitement thermique ?). 1 et
sont parallèles au bord indique un 2 abris Perret 3 Pin de Simon 4 Creysseilles. ,
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1996 /TOME 93, n° 1 90
mouvement longitudinal, le sciage tion de chacune de ces pièces. L'ob est commune à tous les nucleus. Il
très probablement (D. Helmer, 1983) tention d'éclats à partir du nucleus est à vocation lamellaire avec un plan
restitué par remontage (fig. 1, n° 5) et une action s'effectuant certain de frappe lisse et incliné. La taille des
ement près du sol (P.C. Anderson, est sans doute à mettre au compte nucleus n'excède pas 2,7 cm. En r
1992). Le micropoli du bord droit, très d'une taille réduite de la table (te evanche la conduite du débitage varie
bosselé et limité aux parties élevées ndance à l'outrepassement) et d'une selon les types de silex.
de la microtopographie est attribuable maladresse du tailleur (point d'impact Le nucleus en silex brun ne préà un travail du bois. Une retouche i trop éloigné de la corniche). Il n'y a sente, ni écaillure visible au niveau de ntentionnelle postérieure ne permet sans doute pas eu volonté de pro la corniche, ni accident de débitage. pas de préciser le sens du travail. duire des éclats mais plutôt des Il en est de même pour l'avers des lames. Aucun d'entre eux n'a deux lames débitées dans ce silex. d'ailleurs servi d'outil. La réutilisation Leurs tailles (L = 2,5 cm et L = 2 cm) • Les abris Perret d'un éclat comme nucleus nous indiquent, soit l'existence d'autres montre en revanche la différence nucleus de plus grandes dimensions, L'abri n° 2 a livré 7 nucleus et le entre les débitages les mieux soit une bonne gestion du nucleus remontage de 3 éclats (fig. 1, n° 5) conduits et ceux plus malhabiles : dont la table est de l'ordre du centipermet d'évaluer ce que devait être taille plus réduite des nucleus et mètre. un 8e nucleus. La présence conjointe conséquemment des enlèvements
de nucleus, de galets (percuteurs ?) (L. max. 1,5 cm). Ces débitages ne Les produits du débitage et les et de produits de débitage ajoutée à présentent pas de finalité apparente. deux nucleus sur silex noir montrent la possibilité de remontages montre Leur conduite est très réduite car e au contraire deux stades dans la une taille sur place du matériel li- ffectuée sur des volumes inadéquats. conduite du débitage (fig. 2, n° 3). Le
thique. Dans trois cas, les nucleus présen premier voit l'obtention de quelques
tent une écaillure prononcée. Il enlèvements lamellaires de petit moLe fait commun à ces nucleus est n'existe cependant pas de différence dule (L. max. 1 ,5 cm) à partir du plan une conduite malhabile du débitage. dans la qualité de la matière débitée de frappe lisse incliné. Malgré l'entreLes 39 pièces retrouvées montrent les deux cas. tien de la table (réduction de la corune fréquence élevée des accidents
niche), l'exploitation du nucleus est Plusieurs pièces lithiques montrent n° de 1) taille et 14 ; 4 réfléchissements accidents Siret dont (fig. 1, 8 vite empêchée par de nombreux rles traces d'un passage au feu postér éfléchissements. Ceux-ci ne peuvent forment une réelle écaillure scalari- ieur à leur taille. A l'inverse, un nu être imputés à un défaut de préparatn° 2). De plus, les tables forme (fig. 2, cleus a subi un traitement thermique ion de la surface d'enlèvement ld'enlèvements n'ont subi aucune n° 1). Il a été pendant celle-ci (fig. 2, amellaire. Sur l'un des nucleus, préparation (surface trop ou trop peu exploité en deux étapes séparées par quelques nervures parallèles sembconvexe, surface concave) et un en une chauffe excessive qui a entraîné lent indiquer un débitage antérieur tretien réduit. La réduction de la cor son éclatement partiel. Le remontage et par pression. Il a été ensuite rniche n'est pas systématique et l'a d'une partie de ce nucleus indique etourné et l'ancienne table laminaire bsence de réfection de la table que ces deux étapes n'ont pas été est devenue le plan de frappe à partir entraîne, soit un abandon rapide du très éloignées dans le temps et effec duquel ont été réalisés des enlèvenucleus après quelques enlèvements, tuées sur le site.
ments périphériques affectant jusqu'à soit de nombreuses réorientations du
la partie corticale du nucleus. On ne nucleus. Un nucleus présente ainsi
peut dire si le tailleur est le même ou 4 tables d'enlèvements successives • Le Pin de Simon I
non lors de ces deux phases. L'une et 2 plans de frappe. Sur un autre nu
et l'autre phases aboutissent au cleus a été tenté un réavivage du L'observation au microscope du
même résultat, l'abandon du nucleus mobilier lithique de la cavité n° 4 a plan de frappe mais le réfléchisse
au bout de quelques enlèvements. ment de celui-ci et sa trop faible la permis la détermination d'une dou
Une écaillure est visible sur un prorgeur ont entraîné l'arrêt du débitage. zaine de types de silex (C. Chopin,
duit du débitage mais l'obstacle a été Dans cette maladresse, il est possible 1994). Celle-ci n'a cependant pas va
surmonté. de distinguer deux niveaux dans le leur de caractérisation et nous par
débitage par percussion directe des lons ici des trois grands types r Il n'en est pas de même sur les nucleus. Les mieux débités présent econnus. Le premier, un silex brun deux nucleus en silex gris. Malgré ent un front de taille aigu et un plan clair de bonne qualité, a fourni quelques enlèvements laminaires de frappe lisse et incliné. Trois de ces 14 pièces. Le silex noir, homogène, réussis, la nature faillée du support peut-être originaire de Sainte-Anne- nucleus présentent des stigmates empêche un débitage continu et exd'enlèvements laminaires et montrent d'Évenos (Var), a donné 8 pièces. Un plique certainement le grand nombre que le but recherché est l'obtention silex grisâtre de mauvaise qualité à de cassons présents sur le site. Cede lames. Les 7 lames/lamelles et les débitage en plaquette, a permis de pendant, la taille a été poursuivie en éclats dont la place dans la chaîne tirer 14 pièces. A l'exception de la dépit de réfléchissements souvent opératoire n'a pu être déterminée en grande n° 6) dont lame les en dimensions silex brun clair sont (fig. bien 1 observés aux mêmes endroits. Un raison de leur fragmentation, renfor des nucleus a été retourné et cent ce constat car 8 d'entre eux pré éloignées de la taille des nucleus re quelques éclats débités au détriment sentent les mêmes stigmates. De cueillis sur le site, il est possible de du cortex. même, les supports des pièces r conclure à une taille sur place des
etouchées présentent des bords recti- trois types de silex au vu de l'asso L'utilisation des divers types de
lignes (fig. 1, nos 2, 3, 4). Un micropoli ciation des nucleus, des éclats de silex est donc peut-être liée au degré
très marginal et trop peu développé mise en forme et des produits de dé de maîtrise du tailleur. Le silex brun
pour être identifié montre une bitage. L'organisation de ce débitage clair présente une conduite correcte de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1996 / TOME 93, n° 1 91 Bulletin
du débitage et son abandon n'est d'enlèvements laminaires) vont dans laminaires ordonnés. Ce fait n'est ex
ce sens. Les 2 nucleus recueillis sont ceptionnel, ni pour la période, ni pour pas lié à une maladresse ou à un ac
cident mais à la taille réduite de la organisés sur le même principe avec la région et est connu sur deux habi
table laminaire. Le silex noir montre tats proches, le Plan Saint-Jean à un plan de frappe très légèrement in
une conduite maladroite du débitage cliné. Leur débitage a été malhabile. Brignoles et la Baume Saint-Michel à
que son tailleur abandonne sans Dans un cas, le réfléchissement suc Mazaugues.
s'acharner sur son nucleus. En r cessif des lamelles a entraîné l'aban Le tableau récapitulatif В ne perevanche, le tailleur sur silex grisâtre don du nucleus malgré un essai de met pas d'établir le lien entre pros'entête et provoque des écaillures réfection à partir d'un plan de frappe duits de débitage, recherchés ou sur un matériau de médiocre qualité. opposé. Dans l'autre cas, un réfl simplement déchets, et leur utilisaIl nous faudra vérifier cette partition échissement a mis fin à l'exploitation tion éventuelle en tant que support sur d'autres sites et voir si nous lui ordonnée du nucleus à partir du plan d'outil. Le faible nombre de témoins donnons le même sens. de frappe principal. Un débitage lithiques nous en empêche. La disdésordonné et opportuniste à partir Ces débitages semblent im crimination des types de retouches de plusieurs plans de frappe seconpropres à fournir des supports. Seuls s'est faite sur les critères suivants : daires a suivi cette première exploiun petit grattoir unguiforme sur lame marginalité de la retouche, continuité tation avec un rapide abandon de et une lame utilisée brute montrent et position de celle-ci, traces d'utilchaque nouveau plan de frappe dû à des micropolis d'utilisation : travail du isation. L'observation de ces rla formation d'une écaillure. Cette bois et peut-être des végétaux res etouches a été effectuée à la loupe dernière est parfois visible sur des pectivement. Les 3 coches présentes binoculaire (x 40), celle des micropoldièdres obtus. De minuscules enlont été aménagées sur des éclats et is au microscope métallographique èvements lamellaires sur petits blocs (x 165). Le recoupement de ces dicassons de plus grandes dimensions. trièdres (fig. 1, n° 15) sont difficilUn casson d'allure laminaire a sans fférents paramètres permet de lever ement interprétables. Ils ne peuvent doute servi à racler du bois. Il est im deux objections, la création de véêtre confondus avec des retouches possible de savoir si ces outils ont ritables outils par le piétinement du fait de leur position basilaire. La (D.-C. Prost, 1988 et M.-E. Mansur- été façonnés sur le site ou bien ap présence d'un petit bloc en silex est portés. Franchomme, 1986) et les limites de en outre étonnante tant sa nature est l'observation optique des traces D'autres types de silex ont livré impropre à la taille. d'utilisation (M. Christiansen, 1991). quelques éclats qu'il est difficile de Le débitage malhabile des nu L'anarchie des retouches marginales replacer dans une chaîne opératoire. cleus pose la question du lieu de dé et l'absence de micropoli ont été iOn note un fragment de lamelle en bitage des lamelles recueillies dans nterprétées comme une retouche possilex blond débité par pression. Un la grotte puisque celles-ci, même térieure à l'abandon de la pièce. Une micropoli typique du travail des végé fragmentées, sont de dimensions su retouche marginale ordonnée assotaux est visible sur son bord gauche périeures à celles des enlèvements ciée à un micropoli d'utilisation a été (fig. 1, n° 7). L'absence d'autres él sur nucleus. On ne peut statuer sur attribuée à une retouche d'utilisation. éments de ce type de silex, exception ce point. Dans le petit lot des l Nous avons considéré que les autres faite d'une lamelle débitée par per amelles une tendance semble toute types de retouches marginales cussion, nous fait penser à un apport fois se dessiner ; les lamelles sont étaient indéterminables. depuis un habitat proche. Un dernier débitées par pression dans un silex nucleus patiné blanc montre un débi de meilleure qualité que les lamelles tage de petits éclats (L = 1 cm) de ■ DES POSSIBILITES obtenues par percussion sont resmanière alternée le long d'un dièdre. DE DATATION ? tées brutes ou utilisées brutes. En
Les cavités nos 5 et 6 n'ont livré sus, seules certaines lamelles débi
tées par percussion ont subi un pas Deux sites peints sont ordinaireque peu de pièces. Leur fragmentat
sage au feu (fig. 1 , nos 16 et 17). Nous ment considérés comme les termini ion et la diversité des silex employés
post et ante quern de l'art schématne savons comment interpréter cette entravent notre observation. Un grat
ique du sud de la France. Le réseau toir de la cavité n° 5 porte un micro tendance. La seule pièce révélatrice
supérieur de la grotte de l'Église a d'un micropoli (non identifiable) est poli attribuable au travail du bois
une lame débitée par percussion et restitué un matériel dit de tradition (fig. 1 , n° 6) et un éclat de la cavité
chasséenne par J. Courtin (1959), n° 6 montre un micropoli non identi probablement utilisée brute (fig. 1,
n° 14). Cependant la présence de expression que nous avons pensé fiable sur revers droit.
équivalente d'un Néolithique final 2 polis de sol montre que les condi
(Ph. Hameau, 1989 a). Les abris Pertions de conservation dans ce milieu,
• La grotte A du Charbonnier ret ont donné une céramique de la rappelons-le remanié, ont pu altérer
fin du Chalcolithique et du début de les micropolis d'utilisation. L'argu
Malgré l'absence de remontages ment tracéologie devient caduque. l'Age du Bronze. Entre ces deux
et la diversité apparente des types limites chronologiques, les abris Des deux racloirs, seul celui sur de silex employés, l'hypothèse d'une peints ayant restitué quelque mobiléclat a livré un micropoli bifacial trop taille sur place d'une partie au moins ier céramique ont été attribués à un peu développé pour permettre l'idendu mobilier lithique n'est pas à ex Chalcolithique régional antérieur au tification de la matière travaillée. Campaniforme. C'est même de ce clure. La présence conjointe de nu
cleus, de galets dont un est manifes Ce site offre aussi la preuve d'une dernier point dont nous sommes le
tement un percuteur et d'éclats bruts taille du calcaire silicifié : une lame plus sûr. Contrairement aux hypo
à différents stades de la chaîne opér fragmentée retouchée et quelques thèses formulées par A. Glory (1948),
atoire (éclats corticaux de prépara éclats et lamelles présentant un l'art schématique peint ou gravé n'a
pas été véhiculé par les Campani- tion, éclats portant des négatifs bulbe et des négatifs d'enlèvements .
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1 996 / TOME 93, n° 1 92
CRSS PRss Perret ras.i Charb.A
par sa seule industrie lithique. Ce 2 2,6 éclats retouches volontaires 3,5 1 1,9 1 sont les qualités de sa céramique qui
nous font évoquer, comme J. Courtin éclats post-abandon 29,8 14 35 16 30,2 14 35,9 17 3 15 pour la grotte de l'Église ou G. Rodr
8 14 4 10 1 5,1 éclats retouches indéterminables 3 15 1,9 2 iguez pour la grotte Resplandy
(1968), la tradition chasséenne. lamelles retouches volontaires 2 3,5 2 10 1 2,5 1 1,9 2 5,1
Nous ne donnons pas à cette exlamelles d'utilisation 2 10 2 3,8 2 5,1 pression une valeur chronologique.
lamelles retouches post-abandon 5 8,8 5 5 15 13,2 8 20,5 2,5 7 Nous voyons bien qu'elle ne
concerne que des caractères morlamelles indéterminables 1 1,8 1 1 4 5 2,5 2,5 1,9 10,3 phologiques ou technologiques qui,
raeloirs 2 3,5 1 2,5 2 5,1 ici ou là, se prolongent bien au-delà
de la culture qui les a engendrés. grattoirs 5,2 2 5 3 Continuité d'un besoin ? Inertie plus
burins 2 grande de l'industrie lithique ? Ou 3,5
bien survivance d'un fond de 1 outils multiples 1,8 croyance ?
lames/poignards 1 1,9 On relève fréquemment ce déca
lage entre indice culturel et datation nucleus 4 8 20 6 2 5,1 7 11,3
pour des sites sépulcraux ou sur des regions / cassons 10 32,1 5,1 17,5 17 2 sites ornés. Au sujet de ces derniers,
de nombreux auteurs traduisent percuteurs 3 7,5
cette disparité par un attardement
TOTAL 57 20 100 40 100 100,1 99,6 99,9 53 39 des populations concernées. E. Anati
(1960) entrevoit au Val Camonica une nb % population reléguée dans des lieux
isolés et qui maintient un mode de ТаЫ. В - Classement des éléments lithiques recueillis sur les sites ornés étudiés. vie archaïque tandis que des nou* Le nombre des pièces mises au jour à Pierre Rousse ne permet pas un calcul statis veaux groupes s'emparent des tique mais nous avons tenu à le présenter ici par souci de comparaison.
meilleures terres. G. Tassé (1982)
après J. Hinout (1968) pense que les
"graveurs de pétroglyphes" du Bass
formes. Mais notre étude poussée La conception du débitage propo in Parisien sont des groupes mainsée à Pierre Rousse est similaire à de l'industrie lithique des cinq sites tenant les traditions des chasseurs- ornés nous permet-elle d'affiner celle mise en évidence à la grotte de prédateurs tardenoisiens au début l'Église (c. 4 b et 5) et à Trets (Sainte- notre datation de cet art ? de l'époque néolithique". Que dire Catherine) (D. Binder, 1991), sites alors de ces graveurs du Molard (La- On connaît encore très mal l'i attribués à un Chasséen récent. vours, Ain) (R. Villain, 1991) qui ont ndustrie lithique taillée, ses systèmes Comme la conception du débitage laissé cinq éclats de silex, d'autres de débitage et de gestion des pro ultérieur nous est en grande partie de quartzite et des galets (percuduits de celui-ci, pour l'horizon du inconnue, il nous est impossible de teurs ?) au pied de la paroi de l'abri, Néolithique final/Chalcolithique du déterminer si elle était identique ou au Bronze final ! sud de la France. La comparaison différente de celle du Chasséen réavec celle des sites ornés s'avère Un calcul effectué sur les sépulcent. On ne peut donc dater un site donc difficile. tures chasséennes du sud de la comme Pierre Rousse de cet horizon
La chauffe intentionnelle d'un nu
cleus n'est attestée qu'au seul abri
CHASSEEN - 50 Perret n° 2 et pour une pièce. Même
si cette chauffe, mal contrôlée, est le - 40 reflet d'un traitement thermique à vo
cation technique, elle ne permet pas - 30 une attribution chrono-culturelle pré
cise. Le traitement thermique des - 20
nucleus n'est pas une spécificité du
- Chasséen et semble se prolonger 10
ultérieurement : site Néolithique
final/Chalcolithique de la Ponchon-
nière, Aubignosc, Alpes-de-Haute- СЛ СЛ СЛ 1Л СЛ СЯ СЛ СЛ jrut СЛ <U с хз 3 СЛ iclo — 'о СЯ cU и poli Provence (A. Muller, 1990), par 1 СЛ != ché ■tu Xi СЛ 3 о •tu rço ев 3 JE О 1 С exemple. 1
La grotte des Sangliers et ses
deux pièces en obsidienne pourrait à
la rigueur être datée antérieurement
au Chalcolithique puisque l'importa
tion de ce matériau est plutôt attri- ТаЫ. С - Proportions des différentes catégories de mobilier recueilli dans les sé
buable à l'horizon chasséen. pultures du sud de la France attribuées au Chasséen.

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