Données ethnologiques comparées, région de Touho, Nouvelle-Calédonie. - article ; n°78 ; vol.40, pg 81-102

De
Journal de la Société des océanistes - Année 1984 - Volume 40 - Numéro 78 - Pages 81-102
On the basis of field work done during the fifties and sixties, Jean Guiart establishes a comparison with the data obtained later by J.-C. Rivierre and A. Bensa, through their recording of the vernacular oral tradition, in the Cèmuhi language area (municipalities of Touho and Poindimié on the north-east coast of New Caledonia). He thus can show the great difficulty there is to distinguish between the Cèmuhi and the neighbouring language areas, Paici essentially, spoken to the south-east and the south-west, and which is the most important language of the island. In their: « Les Chemins de l'Alliance », A. Bensa and J.-C. Rivierre only study in fact three villages: Pwembei, Tiwae and Pwey (Poyes) in the Cèmuhi area and then go over to the Pije language area. The author shows how the oldest inhabitants, those who could be considered as the original Cèmuhi people, all belong to other than the former or actual villages, differing from the mostly catholic coastal ones, dotting the route of the Pwebei, Pwei and Welèt clans, each claiming an outside origin. The notes published here help to place the new information and very valuable vernacular sources in a wider context. They show how our knowledge of the borders of the Paici and Cèmuhi language areas (Ponérihouen, Koné, Poindimié, Touho) is still very incomplete. The Melanesian society closes itself as much as it opens up for the benefit of Anthropology.
Jean Guiart compare ici ses propres données, recueillies sur le terrain entre 1948 et 1960, avec celles obtenues par J.-C. Rivierre et A. Bensa, à partir de la tradition orale recueillie dans la même région de langue Cèmuhi (municipalités de Touho et de Poindimié, côte nord-est de la Nouvelle- Calédonie). Il établit ainsi la très grande difficulté de séparer l'aire Cèmuhi de celles des langues voisines, dont principalement le Paici, langue parlée au sud-est et au sud-ouest immédiat de la première, et qui est la plus importante de l'île. A. Bensa et J.-C. Rivierre, dans leur ouvrage : « Les chemins de l'alliance », ne traitent en fait que des villages de Pwebei, Tiwae et de Pwey (Poyes) en ce qui concerne le Cèmuhi et passent vers le nord à l'aire de langue Pije. L'auteur montre que l'autochtonie relative s'établit en dehors de l'itinéraire des clans Pwebei et Pwei, tous deux s'affirmant issus de la région de Ponérihouen, et de celui du clan Welèt, d'origine extérieure lui aussi, et correspond bien plutôt à des groupes, en grande partie catholiques, non touchés par l'enquête en référence. Ces notes restées inédites permettent de mieux situer les informations nouvelles et des textes vernaculaires d'un intérêt considérable ; elles montrent que l'étude de la région des confins Paici-Cèmuhi (Ponérihouen, Koné, Poindimié, Touho) est bien loin d'être achevée. La société mélanésienne se dérobe autant qu'elle se livre.
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1984
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Jean Guiart
Données ethnologiques comparées, région de Touho, Nouvelle-
Calédonie.
In: Journal de la Société des océanistes. N°78, Tome 40, 1984. pp. 81-102.
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Guiart Jean. Données ethnologiques comparées, région de Touho, Nouvelle-Calédonie. In: Journal de la Société des
océanistes. N°78, Tome 40, 1984. pp. 81-102.
doi : 10.3406/jso.1984.2538
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jso_0300-953X_1984_num_40_78_2538Abstract
On the basis of field work done during the fifties and sixties, Jean Guiart establishes a comparison with
the data obtained later by J.-C. Rivierre and A. Bensa, through their recording of the vernacular oral
tradition, in the Cèmuhi language area (municipalities of Touho and Poindimié on the north-east coast of
New Caledonia). He thus can show the great difficulty there is to distinguish between the Cèmuhi and
the neighbouring language areas, Paici essentially, spoken to the south-east and the south-west, and
which is the most important language of the island. In their: « Les Chemins de l'Alliance », A. Bensa and
J.-C. Rivierre only study in fact three villages: Pwembei, Tiwae and Pwey (Poyes) in the Cèmuhi area
and then go over to the Pije language area. The author shows how the oldest inhabitants, those who
could be considered as the original Cèmuhi people, all belong to other than the former or actual villages,
differing from the mostly catholic coastal ones, dotting the route of the Pwebei, Pwei and Welèt clans,
each claiming an outside origin. The notes published here help to place the new information and very
valuable vernacular sources in a wider context. They show how our knowledge of the borders of the
Paici and Cèmuhi language areas (Ponérihouen, Koné, Poindimié, Touho) is still very incomplete. The
Melanesian society closes itself as much as it opens up for the benefit of Anthropology.
Résumé
Jean Guiart compare ici ses propres données, recueillies sur le terrain entre 1948 et 1960, avec celles
obtenues par J.-C. Rivierre et A. Bensa, à partir de la tradition orale recueillie dans la même région de
langue Cèmuhi (municipalités de Touho et de Poindimié, côte nord-est de la Nouvelle- Calédonie). Il
établit ainsi la très grande difficulté de séparer l'aire Cèmuhi de celles des langues voisines, dont
principalement le Paici, langue parlée au sud-est et au sud-ouest immédiat de la première, et qui est la
plus importante de l'île. A. Bensa et J.-C. Rivierre, dans leur ouvrage : « Les chemins de l'alliance », ne
traitent en fait que des villages de Pwebei, Tiwae et de Pwey (Poyes) en ce qui concerne le Cèmuhi et
passent vers le nord à l'aire de langue Pije. L'auteur montre que l'autochtonie relative s'établit en dehors
de l'itinéraire des clans Pwebei et Pwei, tous deux s'affirmant issus de la région de Ponérihouen, et de
celui du clan Welèt, d'origine extérieure lui aussi, et correspond bien plutôt à des groupes, en grande
partie catholiques, non touchés par l'enquête en référence. Ces notes restées inédites permettent de
mieux situer les informations nouvelles et des textes vernaculaires d'un intérêt considérable ; elles
montrent que l'étude de la région des confins Paici-Cèmuhi (Ponérihouen, Koné, Poindimié, Touho) est
bien loin d'être achevée. La société mélanésienne se dérobe autant qu'elle se livre.Données ethnologiques comparées, région de Touho,
Nouvelle-Calédonie
par Jean GUIART *
La validité scientifique de l'analyse proposée L'ouvrage d'Alban Bensa et de Jean-Claude Ri-
d'une société naît du sérieux des données qui la vierre : « Les Chemins de l'Alliance » (Paris 1983,
fondent, mais aussi de la prudence de la descrip SELAF éd.) oblige à poser carrément un problème
tion. Cette description, premier état de l'analyse qui eût pu être résolu par la mise en commun des
puisqu'il y a inévitablement choix des éléments pré données de diverses origines, mise en réa
sentés, ne saurait se séparer des informations lisée seulement, sous l'égide d'André Haudricourt,
reçues, dans leur contenu explicite et implicite, pour les textes vernaculaires recueillis par les uns et
qu'à la suite d'une procédure de mise en évidence, par les autres. Le résultat est qu'apparaît un pro
autrement dit démonstration. Il faut pour blème méthodologique de fond, pour cette aire cul
cela des étapes, que même un chercheur seul, mais turelle, à savoir comment opérer la synthèse de
disposant de la durée, arrive rarement à atteindre. données recueillies dans des circonstances et à des
La connaissance de la société mélanésienne de dates différentes, à partir des mêmes personnes ou
Nouvelle-Calédonie, reposant sur trois générations presque.
de chercheurs, quatre si l'on compte les R. P. La discussion proposée ici portera sur certains
Lambert et Gagnière, ce dernier surtout, relève points méthodologiquement fondamentaux, et non
heureusement d'une situation nuancée. La richesse sur le détail du commentaire, très souvent brillant
encore actuelle des informations obtenues, en pré et juste, toujours intéressant, des textes présentés,
sence de l'évolution forcée d'une société jetée bru dont par ailleurs il n'y a rien d'autre à dire qu'à se
talement dans des Réserves, soumise un demi-siècle féliciter de leur publication dans d'aussi bonnes
durant à un régime de travail forcé, ce dernier suc conditions scientifiques. Le travail du linguiste
cédant à des massacres localisés mais significatifs n'est pas en cause ; il présente la rigueur issue de
Pouébo — Bonde, Koné — Tiwaka, côte ouest et la formation reçue, avec les dangers issus de cette
sud-ouest), rend l'analyse malaisée sinon dans les rigueur transportée dans le domaine de l'ethnolog
grandes lignes. On sait des choses dans un très ie, qui pousse à favoriser une analyse exprimée en
grand détail et pour d'autres on en est encore à se termes normatifs, sans tenir compte suffisamment
poser des questions. Les principes classiques de de l'aspect inévitablement de modèle de tout texte
l'Anthropologie Sociale d'influence britannique vernaculaire de tradition orale. La tentative mal
(Fonctionnalisme de Br. Malinowski, Structura heureuse de la thèse de Doctorat d'État de Pierre
lisme de Radcliffe-Brown) s'appliquent mal à une Métais, d'imaginer possible une reconstruction de
situation très fortement perturbée — mais la so la société ancienne à partir du Corpus rassemblé
ciété autochtone a survécu avec sa cohérence et par Maurice Leenhardt, et son abjuration quelques
ses contradictions —, où la reconstitution du passé années plus tard par le même auteur, devraient
est possible au niveau de l'implantation dans donner à réfléchir.
l'espace, mais est mal commode quant au fonc Cette discussion reposera sur la confrontation
tionnement réel d'institutions que le système colo des informations recueillies par A. Bensa et J.-C.
nial a cherché à domestiquer ou à détruire. L'usage Rivierre avec celles obtenues par moi-même, dans
par un peu tout le monde de concepts occidentaux, les années cinquante, à partir des mêmes villages,
d'application approximative, n'arrange rien (tribu, des mêmes clans et des mêmes collaborateurs méla
clan, chef, sujets, etc.). nésiens, dont le regretté Grand Chef Kowi Bouil-
♦ Professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris. 82 SOCIÉTÉ DES OCÉANISTES
lant. Ce dernier m'accompagnait dans les villages Un premier point gênant est d'ordre linguistique.
autres que le sien, ou parlait chez lui, mais alors Le Cèmuhî est une langue minoritaire, réduite dans
en présence de son frère aîné Atea. Dont aussi le les années récentes à une aire de dispersion trian
regretté chef Nea Gale, et feu le dikona (diacre) gulaire, s'enfonçant au sud-ouest à partir de la
Kiam de Tekenpaek, grand marcheur devant l'Éter bande côtière correspondant à la circonscription
nel, ancien messager de Maurice Leenhardt pen municipale de Touho, moins Tiwande et Wehava,
dant l'insurrection de 1917, qui fut mon introduc de langues Pije et Pamale au nord — A. Bensa et
teur plus au nord et m'accompagna par deux fois J.-C. Rivierre éliminent Tekenpaek et Wanash, ce
jusqu'à Koné, à travers la montagne, aller et qui est discutable — et le nord de la circonscrip
retour, devançant de son pas régulier et fatiguant tion de Poindimié (villages de Ti Unao, Tiwaka et
les meilleurs chevaux. Cié). Toutes les personnes parlant normalement le
L'époque était celle du vent de liberté et d'espoir Cèmuhî sont en fait bilingues ou trilingues. Nous
qui avait soufflé après 1945, celle des premiers pas avons donc affaire ainsi à une affirmation quant à
des notables et dirigeants mélanésiens dans la vie ce qui est leur langue propre, difficil
politique, d'un renouveau culturel spectaculaire et ement verifiable par des moyens objectifs, puisque,
évident et du relâchement progressif de l'autorité au cours de la même journée, ils peuvent changer
des Missions catholiques et protestantes. Les infor de langue parlée. C'est un de ces cas où la notion
mations obtenues l'étaient en public, en réunions de frontière linguistique est le plus sujet à caution,
où les intervenants étaient multiples, sérieux et pas si tant est qu'elle ait la moindre validité. De ce
sionnés, où l'on prenait son temps avant d'affi fait, la carte de répartition du Cèmuhî parlé est
rmer ; les données rassemblées étaient petit à petit parfaitement approximative. Il s'agit, dans le texte
éclairées et commentées en comité plus restreint, étudié, de la période antérieure à l'arrivée des
ou individuellement, processus qui peut demander Européens et du début de la période coloniale,
des années. La conclusion provisoire avait été que moment où le Cèmuhî était parlé jusqu'à la pointe
seul un corpus vernaculaire exhaustif fournirait les de Bayes au sud, avec une enclave à Monéo où le
moyens de progresser ; mais je n'ai jamais envisagé clan Pwararë prétendait le parler communément.
de jeter au panier des informations obtenues pa Une partie des villages de Poindimié sont peuplés
tiemment et dans des conditions d'authenticité par de réfugiés de l'insurrection de 1917, qui parlaient
faites de la part de ceux qui participaient volontai Cèmuhî dans leurs habitats de l'intérieur, toutes
rement à une entreprise où je n'étais que le scribe. affirmations, reçues par moi-même, et en partie
L'ouvrage en référence comporte d'emblée (p. 65) invérifiables, sinon que les gens de la basse Amoa
une affirmation qu'il convient de regarder de près, s'avèrent, eux aussi, bilingues Paicî — Cèmuhî.
sous l'intitulé : « Les clans Cèmuhî et leurs rela Il y a ainsi doute sur qui est ou n'est pas
tions » : Cèmuhî. Les auteurs donnent l'impression de con
« La plupart des tertres-lignages (pwomwaiu) que fondre aire culturelle et aire linguistique. On verra
recense l'inventaire généalogique de l'aire Cèmuhî que la notion d'autochtonie des principaux clans
se répartissent de façon inégale en huit clans prin n'est pas tenable quant à leurs origines, mais qu'ils
cipaux portant les noms suivants : Bèlèot, Galaahî, peuvent imaginer de se dire véritablement autoch
Hêpwoemwa, Pwèi, Tuo, Waka, Weelèt. D'autres tones, quant à la langue parlée, excluant implicit
clans, dont les espaces originels se situent à l'exté ement leurs rivaux traditionnels dont les auteurs ne
rieur de l'aire cèmuhî, sont aussi représentés par nous disent pas grand chose. Pour arriver à définir
un petit nombre de tertres-lignages (pwomwaiu) une société traditionnelle Cèmuhî, les auteurs ont
épars, par exemple les clans Bèlèpoaan (aire Ti- apparemment fait le ménage, sans nous donner les
pije), Pwotim (aire Paicî ouest) ou Meadi (aire critères de leurs choix.
Paicî est). À chacun des huit clans spécifiquement À ne prendre que les villages cités dans l'ouvrage
cèmuhî correspond un territoire d'origine, base en référence, en y ajoutant Ti Unao au sud et
spatiale de l'unité de parenté. Globalement les Tekenpaek au nord — mais pourquoi les auteurs
noms de clans désignent donc des pays (amu), enti prennent-ils en compte finalement, pour un tiers
tés territoriales qui contiennent les tertres d'origine du livre, les villages de Tiwande et de Wehava, qui
de chacun d'eux. » ne sont pas Cèmuhî, même selon eux, avec pour
La dernière phrase est valable, plus ou moins, résultat de montrer que leur effort monographique
était mal fondé ? — on peut confronter l'inventaire pour l'ensemble de la Grande Terre, de même que
tous les clans de la région ont tendance à équilibrer établi dans les années cinquante à la liste résumée
leurs alliances matrimoniales. C'est le reste du proposée dans le paragraphe cité. Aux fins de comp
paragraphe qui pose problème. En effet, comment araison, les informations seront localisées, en
ramener le pays Cèmuhî à huit clans autochtones fonction des individus vivants et de leur habitat
principaux ? Je comprends bien qu'il s'agit là de actuel. Les tableaux mis au point alors seront don
l'inspiration fournie par le modèle des quatre clans nés en annexe, avec les ajouts qu'apportent nos de Tikopia, qui se partagent les rites auteurs sur les points précis qu'ils traitent. Ces
contrôlant les récoltes, mais dont Raymond Firth tableaux représentent l'information sur laquelle un
lui-même, confirmé par une campagne archéologi consensus s'était établi, information qui devait à
que récente, a montré qu'ils n'étaient pas autoch mon sens être prolongée et recoupée par celle qui
tones, venant des Iles Ellice, du Vanuatu ou d'ail surgirait d'un corpus vernaculaire.
leurs. Le texte en référence classe les gens par origines. MISCELLANÉES 83
Sur la même base, j'avais alors acquis les moyens Villages où le clan est
Origine Nom du clan présent et l'origine cond'élaborer le tableau suivant, ayant trait à la total
firmée ité des groupes sociaux autonomes, nommés et
recensés, rassemblés dans des Réserves et dans des Camiê Tiwae
villages du fait des Missions et de l'Administration Pwei Pwei (Naacuwe)
française, groupes participant aux échanges céré- Cenapecikan
Tekenpaek moniels et aux échanges matrimoniaux qui conti (Naacuwe)
Houaïlou Namutu Cié nuent à structurer la société canaque, même remod
Tipije Pwei Bopaa Tiwae, Pwei elée par la pression coloniale. Cahaaci Tekenpaek
Tênhonggo Villages où le clan est Puca présent et l'origine conOrigine Nom du clan Voh Pucabu Cié, Tiwaka firmée île de Tiga Pwaemwê Weo Kongomwa
a) Origine intérieure à l'aire linguistique en référence
Tiwaka Wakë Cié, Kocegon, Ti unao, La conclusion à tirer de ce tableau est claire.
Tiwaka, Kowei, Tuo, Tuoun Dans les années cinquante, les clans à se dire
(Vieux Touhoj, Kongomwa autochtones à l'aire linguistique Cèmuhî étaient les
Pwanfwap (Pwô- Wakë, Pwanfwap, Paumwê, Tuo, Wicut, Palawi, Tekenpaek pwôp) Tuoun, Tipwo, Koghê, Hamwadwi, Unuwê, PuKongomwa Cié Paumwê mali, Pwêjo, Tawani, Pwaigohe, Hwêut, Gopat, Touho Tuo Tuo Tekenpaek. Des clans cités par A. Bensa et J.-C. Wicut
Rivierre, les Bèlèot (Bëlëot), Galaahî (Galahi), Palawi Touho
Vieux Touho Pwei, Pwôbèi, Welèt, se reconnaissaient d'origine Tuoun Tuoun Tipwo extérieure à l'aire considérée. Si l'on postule par
Vieux Touho Koghê contre une aire linguistique plus étendue, s'éten-
Tiwae Hamwadwi Tiwae dant le long de la côte au moins jusqu'à TipaUnuwê rama, sinon plus au sud — je ne dispose pas de Kongomwa Pumali Kongomwa témoignage me permettant de penser qu'on ait pu Pwêjo parler normalement Cèmuhî à Napwewimien — le Tawani nombre des clans autochtones à l'aire considérée Pwaigohe Kongomwa
grandit, incluant les Pwedihedè, Pweawe, Pucala, Poyes Hwêut
Wanash Pawap, Puceii et Bweani. Tekenpaek Ghapat
Tekenpaek Tekenpaek Un certain nombre d'assimilations entre les
groupes cités peut jouer, et l'inventaire généalo
b) origine extérieure à l'aire linguistique en référence gique auquel se réfère A. Bensa devrait pouvoir
Tiparama Puceu, Pwonadu Kowei, Vieux Touho justifier des regroupements, acceptables à condition
Bweani (= Napwe) Touho de ne pas systématiquement confondre ceux qu'on
Pwopètiwi Tekenpaek désigne communément du nom de sujets avec ceux Napwewi- Pwo ma Goropè- Cié, Pwebei qui sont catégorisés comme chefs, ce qui pourrait mien twi être une simplification dangereuse, la notion de Cié, Kowei Wimiê sujets étant une des plus fausses qui soient dans ce Hidëlè Cié contexte. Mais on ne pourra réduire la région Wakë Cié Amoa Cèmuhî à huit clans principaux. Il n'en est pas Cié Pwedihedè
moins vrai, et cela est en contradiction avec le Pweawe Tiwaka
Pucala Kocegon point de vue d'A. Bensa, qu'aux deux villages clés
Pwebei de Pwebei et de Pwei, ainsi qu'à celui de Kowei, Pawap
Caba Hwani ( = Pwaf i) Cié aucun clan ne s'affirmait autochtone dans les
Galahi Ti unao, Kocegon, Vieux années cinquante, fournissant des étapes précises Touho, Pwebei, Pwei pour les itinéraires de référence et disant s'identifBëlëot Tiwaka, Tiwae, Pwei, Te ier, pour les Pwei avec les Naacuwe, pour les kenpaek Pwebei avec les Aramoto des vallées voisines de Pwecië Cié, Ti unao, Kocegon,
Ponérihouen et de Caba dans l'aire Paicî. Les Kowei
textes vernaculaires en langue Paicî recueillies Caba Bumè
Widu ma Cemwou Tiwae alors par moi venaient confirmer ces affirmations,
Tekenpaek Pungga (Welèt) dont on trouve une trace précise chez nos auteurs
Ponéri- (p. 335 ss.), et qui n'ont jamais fait l'objet de con
houen Nawa Cié testation de la part de lecteurs mélanésiens. Pwanga (Meêdti) Tiwaka Le modèle précédemment cité de Tikopia montre Pwopalë Tiwaka, Pwebei que les mêmes personnes peuvent se dire un jour à Gorode Tiwaka l'origine de toutes choses et descendus des dieux Paumwê Kowei
originels, par exemple le clan Sa Kafika, et un Aramoto (Pwebei) Kowei, Tuo, Vieux Touho,
autre jour reconnaître que l'ancêtre est arrivé tout Pwebei
Pwemwê (Naacuwe) Kongomwa simplement d'une autre île. À mon expérience, il 84 SOCIÉTÉ DES OCÉANISTES
n'y a pas de contradiction réelle entre l'autochtonie Unuwê, Tipuni, Pwatep.
et l'origine extérieure. Il ne s'agit pas de la même Tênhonggo, Cankunhava.
pertinence ni du même plan. Chacun finit par Puca, Lepije, Tekenpaek. reconnaître qu'il est venu de quelque part. La liste Tuo, Pwatabë, Tineula, Pwaulubey, Ticangat, Tihit, de huit clans a peut-être été donnée comme un Canit. moyen de mettre un peu d'ordre dans la fluc- Wicut, Wice (?), Côngi. tuence. Il n'est pas certain qu'on puisse trouver
une majorité pour être d'accord sur son énoncé Ces regroupements, prenant en compte les ass
exact. imilations spontanées données en chaque point et
Le problème des auteurs a été de vouloir faire les additionnant, font apparaître des identifications
un saut immédiat dans le passé, sans trop tenir au-delà de l'aire considérée :
compte dans leur description de la situation — les Meêdû de Ponérihouen avec les Pwafi de Caba,
actuelle. La cartographie des habitats anciens est les Wakë (du sud de Touho) et les Pwaemwê (du nord
parfaitement réalisable, et A. Bensa en a fait la de Touho) ;
preuve, dans tout le détail possible, en application — les Bumè de Caba avec les Bëlëot ;
de la démonstration faite par moi au préalable — les Naacuwe de Ponérihouen avec les Pwei et les
qu'il y avait là une des clés essentielles de la com Pwopalë ;
préhension des textes recueillis. Mais on ne saurait — les Aramoto de Caba avec les Pwebei.
effacer le fait que les « sujets parlants » ont été
établis de force dans des villages de regroupement, Les Galahi étant ouvertement liés entre autres
qu'on ne saurait les rencontrer que là et qu'il faut avec la basse vallée de Caba et A. Bensa notant
bien tenir compte de cette dimension avant de ten qu'ils auraient fait à date ancienne des allers et
ter de remonter le temps. Il ne s'agit pas d'une retours entre Lifou et la Grande Terre, nous nous
enquête de terrain classique, où les « informat retrouvons avec cinq entités, parmi les huit consi
eurs » sont interrogés in situ, mais de la reconsti dérées comme centrales, qui se réfèrent à une ori
tution patiente du paysage social ancien à partir de gine extérieure, origine ou pérégrinations, ce qui
multiples déclarations de gens physiquement éloi pourrait bien être la même chose. Les Welèt étant
gnés de ce paysage, ou établis à ses marges, et extérieurs aussi, puisque originaires d'Ouvéa, cela
groupés aujourd'hui autour d'une école publique ferait six clans sur huit ne pouvant prétendre à
ou privée, d'une chapelle ou d'une église catho l'autochtonie, ce qui confirme l'imprécision fonda
lique aussi bien que d'un temple protestant. mentale de ce concept. Hapwaemwê se rattachant à
Des regroupements évidents dans les années cin l'ensemble Pwei, seule la chefferie Tuo (Touho) se
quante, sur la base des déclarations enregistrées retrouverait autochtone, à la langue ou à la région,
alors et concernant les noms de clans, de lignées selon l'interprétation réelle donnée au terme. Même
secondaires, de tertres sur les itinéraires affirmés, cette autochtonie est sujette à caution, mais il n'est
d'origines revendiquées, peuvent se traduire par de pas nécessaire de développer ce point ici.
simples listes, inégales, comportant les noms perti L'évidence est ainsi qu'il y a bien un ensemble
nents, tous à replacer sur la carte : de clans groupés autour de la région de Touho,
dont les relations externes sont fortes et qui parWakë, Wakë Pulo (Pulè), Wakë Hidai, Wakë Amwa, tagent avec des clans locaux moins prestigieux, et Wakë Pwiu, Wakë Ticiudi, Wakë Pwihâbut, Wakë moins liés avec le dehors à première vue, le fait de Uniemwa, Pwangga, Meêdu, Apace, Pwamèju, Paumwê parler le Cèmuhî, entre les deux ou trois langues (Pwaumê), Cudu, Pwecië, Pwonadu, Pucala, Pu-
qu'ils utilisent communément (Cèmuhî, Paicî, Pije, cabu, Goro atê, Hwani, Pwafi, Hwadue, Topwen.
Pamale, Hmwaekè, etc.). À la limite entre l'aire Wimiê, Hidëlè, Cadare Wimiê.
d'utilisation du dualisme matrimonial paicî Galahi, Kocegon, Galahi Cemwou, Galahi Pwêrê- Bay/Dwi et du politique (?), et non cênggii (Pwefecanggi), Widu (Wido) ma Cemwou,
matrimonial Ohot/Hwaap du nord de l'île, l'aire Kowi, Hawa, Pwia, Wahengut, Wawap, Cahom,
Mwaebèt, Goroura, Pajeu, Ebèt. Cèmuhî présente une sorte de zone refuge, de
région frontière. On ne saurait dire qu'elle ait Bëlëot, Wali (Wari), Pwotim, Pwaju, Bumè, Pado,
échappé au dynamisme et à l'expansion des gens de Gorongge, Evatê, Tipuhi, Pwanin, Acau, Pwa-
duo, Pwanabe, Uwê, Pwènidè, Pwaemwê, Emwaja, langue Paicî, puisque cinq principaux groupes de
Pwaemwê Weo (?) clans et de tertres en proviennent, en partie par
Naacuwe, Pwei, Pwei Pwadelap, Pwei Bopaaa (Bo- l'intermédiaire de Pwai, dans le fond de la vallée
vaa), Pwei Pwangun, Pwei Tipwei, Cenapecikan, Pwo- de Pouembout, par où sont passés les Aramoto et
palè (Pwopalë), Hwamwaemwê, Hapwaemwê, Pwonu, les Naacuwe qui ont donné plus loin les Pwebei et
Cateku, Hepènô, Pwaepèt, Pwaduto, Cidopwaan, les Pwei. Mais les uns et les autres, au lieu d'imposPwaemwê Weo (?) er la langue Paicî, se sont accommodés du
Welèt, Pungga, Pawap, Pobwa, Pwêje. Cèmuhî — dans quelles conditions ? — et ont
Aramoto, Pwebei, Hwê, Pwelei, Pwejinanè, Pwafima, même tenté de se l'approprier ... du moins dans les
Ciweta, Tonu, Pwopètiwi, Caniê, Kani, Pwaniawa années 70, puisqu'ils ne semblaient pas pousser (Pwônièwa selon A. B.), Topwen. l'audace aussi loin dans les années 50. Il n'en reste
Pwedihedè, Pwêdipwêda. pas moins que l'aire Cèmuhî est pour beaucoup un
Bweani, Napwe, Goropwojèwë, Pwo ma Goropètwi. cas particulier de ce qui se passe dans l'aire Paicî
Camiê, Pwanija, Kaea. et au-delà, elle-même bien plus importante, et .
MISCELLANÉES 85
qu'une analyse solide devrait au minimum prendre analyse monographique de la société Cèmuhî. Le
en compte l'ensemble des aires de dispersion des discours auquel les textes vernaculaires les en
langues Paicî, Cèmuhî, Pije et Pamale. La Nouv traîne aboutit à les renvoyer sur Ouvéa d'une part,
elle-Calédonie, dans son état actuel, se prête mal de l'autre à la fois au sud à Ponérihouen et Caba,
à une approche monographique géographiquement et à chercher où se prolongent les relations dans le
réduite. nord de l'île. Dans ce dernier cas, ils auraient pu
profiter de l'abondance des données fournies dans
notre « Mythologie du masque en Nouvelle-Calé
donie », et qui fournissent au moins une part des Inventaire des clans de la région de Touho
moyens de retrouver le prestige et l'autorité des et du nord poindimié. chefs de Pwei au moins jusqu'à Yambe (Pouébo)
et surtout à Poum (chefferie Nenema). Mais les
Les données recueillies dans les années 50 sont auteurs hésitent, refusant la notion de réseau pour
présentées ici sous la forme à laquelle elles avaient la remplacer par la référence au moins géogra
abouti, après corrections et recoupement avec les phique d'une séparation entre le versant ouest (les
principaux intéressés. Cet état n'a pas été publié petits-fils de la lune) et le versant est (les fils du
parce qu'alors considéré comme non encore achevé. soleil), dont la réalité montre qu'ils s'imbriquent,
On verra qu'il est encore incomplet, même après en même temps que les points de départ des rela
l'adjonction (en italique pour éviter les confusions) tions avec les Iles Loyalty se retrouvent aussi bien
des informations données par A. Bensa et J.-C. sur les deux côtes de la Grande Terre. Il faudra
Rivierre. Il apportait alors un éclairage dirigé sur bien sauter le pas et reconnaître que l'ensemble de
les relations extérieures des clans considérés, en l'archipel fonctionne comme un grand « système de
liaison avec l'immense fourmillement observé à transformation », selon le terme de Claude Lévi-
l'époque de gens qui allaient dans tous les sens, Strauss, et qu'il n'est guère possible, sinon pour
avec femmes et enfants, pour retrouver ceux avec une commodité provisoire, d'en isoler la moindre
qui le contact avait été rompu du fait d'un demi- partie.
siècle d'interdiction de circuler.
Cié, village catholique, sis à proximité immédiate Les données obtenues par nos auteurs récents
de la mission du même nom. l'ont été dans une toute autre situation, où l'éclai
rage spontané donné par les intéressés a trait au Wakë chefferie traditionnelle ; processus entamé, encore en cours de reconstitu issus d'un tertre du même nom à tion du domaine foncier de chacun, au travers du Tiwaka ;
grand mouvement de reconquête de l'espace ca se réclament du lézard pailé (pahif).
naque. L'existence du détail des itinéraires locaux Wakë Pulo issus d'un tertre du même nom sis et les affirmations d'autochtonie relative ne sont sur la rive droite de la rivière
pas innocentes. À vingt ans de distance, la société d'Amoa, en aval de Pucala ;
mélanésienne oiiente différemment son discours au se réclament du lézard pailè ;
lignée secondaire : Pwangga. bénéfice de l'ethnologue. A. Bensa a très bien vu
les liens des textes reçus avec les événements du Wakë Hidai issus d'un tertre du même nom sur
la rive droite de la Tiwaka, chez le milieu du siècle dernier et du début de ce siècle,
colon Erouët ; de Godu à Kafeat. Mais ces textes ont aussi un
se réclament de la liane de forêt contenu implicite et profondément actuel. Il n'y a hidopwaan. aucune contradiction entre les informations reçues
Pwo ma Goropètwi chefferie administrative ; autour de 1950 et partiellement publiées et celles issus du tertre goropwojèwë dans (Bay) recueillies autour de 1970, sinon que l'infléchiss le fond de Napwewimien ; ement du contenu proposé par les intéressés eux- se réclament du mwolëumiê, qui se mêmes aboutit chez l'ethnologue à une analyse présenterait soit sous la forme
centrée différemment. La neutralité volontaire d'A. d'un masque, soit celle d'une
Bensa et de J.-C. Rivierre, par rapport au proces anguille.
sus de reconquête par les Mélanésiens des terres Wimiê (Bay) issus d'un tertre du même nom à
aliénées à la colonisation, explique leur silence rela Napwewimien ;
se réclament de la liane pwea tif et l'arrêt de l'analyse historique à une date
(Paicî : Koeë) et révèrent le due n'entraînant pas d'engagement dans les polémiques
Ubô, qui serait le due meina des récentes. Il y a ainsi un divorce partiel entre les
Paicî. auteurs et ceux qui leur ont parlé, dont une des
Pwedihedè (Bay) clan identique au Pwêdipwêda motivations était politique au sens large et actuelle Paicî ; au possible. issus d'un tertre Kojuwôlè Èlo- À comparer les informations brutes, dans leur loop, à Tiéti ; sécheresse, entre les deux périodes considérées, les se réclament de la roussette madoo
données apportées par l'ouvrage d'A. Bensa et et révèrent le due Ubô.
J.-C. Rivierre se révèlent concerner essentiellement issus d'un tertre de ce nom sis au Nawa (Bay) les villages de Pwebei et de Pwei (Pombayes et village européen de Ponérihouen ;
Poyes). Le contenu même du Corpus contredit se réclament du lézard anggori
ainsi le propos des auteurs voulant présenter une (pahit). 86 SOCIÉTÉ DES OCÉANISTES
Hidële (Bay) clan identique au Cadare (Wimiê) Wakë Amwa issus d'un tertre Têda dans la
de la région de langue Paicî ; lée de Tiwaka ;
issus d'un tertre Wimiê à Napwe- se réclament du lézard pailè ;
wimien ; lignes secondaires : Wakë Uniem-
se réclament de la liane jamwe wa, issus d'un tertre Pwamèju sur
(tuwê en Paicî, dihamwe en la rive gauche de la Timaka.
Cèmuhî). Pwangga (Bay) issus d'un tertre de ce nom à St
Namufu (bay) issus d'un tertre de ce nom à Bwa Léonard, mais s'identifient aux
Meadù de Ponérihouen ; (Houaïlou) ;
se réclament du ver de terre belë. se réclament du mwakheny, l'équi
valent du u Ajië et Paîci, qui rend issus d'un tertre de ce nom sis sur Pwaumwê (Dwi)
fou ceux qu'il frappe de ses atteinla rive gauche de la Tiwaka ;
tes ; se réclament du requin najie.
lignée secondaire : Apace. Pwecië (Dwi) issus d'un tertre de ce nom, sis à
Pwopalè (Bay) originaire de la vallée de proximité de Pucabu dans la vallée
houen ; de la Tiwaka ;
se réclament du notou ila. se réclament d'une variété
d'anguille dite dalè. Welèt (Bay) issus d'un tertre de ce nom dans le
fond de la rivière d'Amoa ; clan identique au Pwafi de la Hwani (Dwi)
(c'est-à-dire de Pwôjiè selon Caba en pays Paicî ;
A. Bensa, Atlas Carte 18) ; issus d'un tertre Pwadue, dans la
se réclament de la plante timwêwi. vallée d'Amoa, chez le colon
Soury-Lavergne ; Bëlëot (Bay) issus d'un tertre Wali, au bac de
se réclament de la souris de petite la rivière de Caba ;
taille cibwi. révèrent le due pwemwê, c'est-à-
dire le masque, mais se réclament
du cocotier nu.
Ti Unao, village catholique établi dans les collines
dominant Cié Gorode (Dwi) issus d'un tertre de ce nom à
l'embouchure de la rivière de Ponéclan de la chefferie ; Wakë rihouen ; issus d'un tertre Hidai sis près de se réclament de l'anguille amôta. là chez le colon Erouët, dans la Pweawe (Dwi) issus du tertre de ce nom dans la vallée de la Tiwaka ; vallée d'Amoa ; se réclament du lézard dit pailè se réclament de l'anguille amdta. toniada, qui appelle vers le haut,
en langue Pamale ; N.B. Suivant une information reçue en dehors du villignées secondaires : Wakë Ticiudi, lage, un clan Ciau, issu d'un tertre du même nom, desWakë Pwihabuut, Pwiabun. cendrait d'un homme de Lifou ayant abordé à l'embou
issus d'un tertre de ce nom dans la Pucabu chure de la Tiwaka, amené par une tortue ; ce clan se
vallée de Tiwaka, mais originaires réclamerait du lézard pailè. Ciau est à Ouvéa le nom de
en dernière instance de Tiéta la fille de Bahit qui épousa le soleil.
(Voh), sur le versant ouest de
l'île ;
Kocegon (en francisation Kokingone), village case réclament du lézard dit pailè
kapwedè. tholique établi sur la rive gauche et à l'embou
issus d'un tertre Paumwê sur la chure de la Tiwaka, enserré dans un quart de Pwecië
rive gauche de la Tiwaka ; cercle de collines abruptes.
se réclament du lézard pailè
(pahif). Wakë (Dwi) chefferie ;
issus d'un tertre Cemwou, dans la issus d'un tertre Pwameju dans la Galahi (Bay)
basse Caba, en face de Cake ; vallée de la Timaka ;
se réclament de la pierre dure pei. se réclament du lézard pailè (pa-
hit) ;
lignée secondaire : Wakë Pwiu,
Tiwaka, village catholique établi dans la basse val issue d'un tertre Koda au dessus
de Kocegon ; Wakë Ticiudi dont lée de la Tiwaka, sur la rive gauche et là où la
l'habitat est Pwiu. vallée se rétrécit en aval, au point où se termine
Pwecië (Dwi) issus d'un tertre de ce nom dans la la plaine alluvionnaire.
basse vallée de Caba ;
se réclament du requin najie. Pucabu clan de la chefferie ;
issus d'un tertre de ce nom à St Léo Galahi (Bay) issus du tertre Pwefecanggi, au bac
nard, en aval de chez le colon de la rivière Caba ;
Erouët, mais originaires en der lignées secondaires : Galahi Go-
nière instance de Tiéta (Voh), où roura, Galahi Pwajeu, Wido
Pucabu relève du clan Bealo, issu (cf. ce clan à Poindimiè), Galahi
de Pwaila ma Mêja ; Ebèt {Hebeititi selon A. B., se réclament du lézard pailè (pa- Atlas) ;
hit). se réclament de la pierre, pei, sise 87 MISCELLANÉES
à Cake, au bord de mer, au sud issus d'un tertre Umwa près du
de l'embouchure de la Caba. village européen ;
se réclament du lézard aîlé boga ; Pucala (Bay) issus du tertre de ce nom, dans la
lignées secondaires : Pwatabë, celle vallée d'Amoa, où ils résidaient
avec les Goroatê. du chef Alphonse, décédé, et celle
d'Hyppolite, chef en 1900 ; Pwau- Kocegon issus des Galahi ;
lubey, Ticangat, Tihit, Canit. se réclament de l'huître atawe.
Wakë issus d'un tertre Pwani sur la Pwibei branche dite des Paumô ; vit à rivière de Cie ; Pwiu auprès de Wakë Ticiudi.
se réclament du lézard apahit ;
Wicut issus d'un tertre Côngi, entre
Kowei, village mixte, comprenant des protestants Kowei et Tuo ;
et des catholiques ; ses habitants ont gardé le se réclament du mulet maepwat.
privilège de continuer à fabriquer de la monnaie Palawi issus du tertre du même nom au
de perles de coquillages, qu'ils continuent à fond de la rivière dont l'embou
chure est à la Mission catholique mettre en circulation.
de Touho ;
se réclament du gecko odobu. Pwecië (Dwi) chefferie ;
issus d'un tertre Pwecië dans la Bweani (Bay) issus d'un tertre de ce nom à la
vallée de la Tiwaka, mais originai pointe de Bayes ;
res en dernière instance de la val compté comme issu de Napwe ;
lée de Caba ; se réclament du pwea, tubercule
se réclament du requin najie. dont une variété est comestible
après plusieurs cuissons, nourriture Pwaumwê (Dwi) issus d'un tertre de ce nom sis au
bac de la Tiwaka, mais originaires de famine.
en dernière instance de Goroshê à Pwebei issus d'un tertre Caniê à Pwebei ;
Ponérihouen ; se réclament du tonnerre tikëkëlè.
se réclament du requin najie. Tonu issus du tertre de ce nom à Pweb
Wakë (Dwi) issus d'un tertre Pwamèju dans la ei, à côté de Hwê ;
vallée de Tiwa ; se réclament du tonnerre tikëkëlè.
se réclament du lézard pahit.
Les Chemins de l'Alliance, p. 550 ss. : Mythe de Dwi Puceti (Dwi) clan du chef administratif Célestin Dupaan « Cime du Terroir » qui épouse la fille du Soleil (adopté) ' ;
et en a deux fils, Pabu Wolè o (petit-fils de la lune) et issus d'un tertre de ce nom dans la Hiê Bwanu (fils du Soleil), qui « commande » la côte vallée de Tiwaka, mais seraient
est ; ce texte serait approprié par les Wakë installés à originaires en dernière instance de
Touho. Tiparama (Poindimié) où les Pwi-
cègu sont comptés comme faisant
partie de Bwiawa (Galahi selon
Vieux Touho, village catholique. Selon A. B. A. B., Atlas) ;
se réclament du plature bwièn. (p. 455, note 1), des réfugiés de l'embouchure
de la Thiêm y seraient installés. Pwônadu (Dwi) issus d'un tertre de ce nom près de
Kowei ;
se réclament du maquereau emô Tuoun clan éteint, détenait la chefferie
(Galahi selon A. B., Atlas). traditionnelle ;
Bumè (Dwi) issus d'un tertre Nebumé dans la se réclamait du lézard apahit.
moyenne vallée de Caba ; clan du Tipwà clan de la chefferie à l'arrivée des
regretté dikona Willy Kiniê sculp blancs ; teur de masques 2 ; issus d'un tertre du même nom à
se réclament du lézard dit amura ; Vieux Touho ;
Wimiê (Bay) issus d'un tertre de ce nom à Nap-
wewimien, mais arrivés à date se réclament du petit crabe de
récente ; terre puhê ; cf. J. C. Rivierre « le
se réclament de la liane koeë. crabe et la fille de Pwaeto » qui
donne Pwôdèbo pour habitat du Pwei bei (Dwi) issus d'un tertre Hwê à Pwebei ;
maître du crabe au : mythes et se réclament du tonnerre tikëkëlè.
contes de la Grande Terre et dans
l'île Loyauté » p. 44-61.
Touho, village catholique groupé autour de Wakë clan détenant la chefferie administ
l'Église et de la maison du Père. rative ;
issus d'un tertre Pwaemwê sis dans
Tuo clan détenant la chefferie à date la vallée de la Tiwaka ;
ancienne ; se réclament du lézard apahit.
1. Sa mère serait la sœur de Kabwa Pôpwôp (= Pwanfwap), de Haba dans le fond de Wankut, dans la moyenne
vallée de la Tipije, qui était un des chefs de l'insurrection de 1917 où il périt.
2. Cf. texte sur l'identification du masque et du lézard, recueilli par moi-même, traduit par A. Bensa et J. C.
Rivierre, p. 327-28. 88 SOCIÉTÉ DES OCÉANISTES
Koghê issus d'un tertre Pabwa sis sur le Kani
bord de la route menant à Touho ; Pwopèhènggun
se réclament du gecko bôa. Aja
Pwowiata, aux sapins au petit Galahi issus d'un tertre Cemwou à la
creek, rivière de Caba, puis d'un second
Pwaneup, aux tarodières, à la tertre Kowi à Bayes ;
limite de la forêt sur le flanc se réclament du lézard apahit.
du Mwêdip, Puceû issus d'un tertre de ce nom sur Pwowitoa, au bourbier le long place, mais originaires en dernière de la route en amont, instance de Tiparama où les Puceû selon le chef Ketiwan de Bwa, à ma Puca sont comptés comme Houaïlou, Bordo Pwebei (Pwôissus de Bwiawa ; {Galahi selon nièwa d'après A. B., p. 62) serait A. B., Atlas). un Bwedè ma Kananu, c'est-à-dire se réclament du plature bwiè. représenterait une branche du clan Pwebei issus du tertre Hwê à Pwebei ; Waghè dispersé à date ancienne à se réclament du tonnerre tikëkëlè. partir de Goenrù (cf. M. Leen
Ciweta issus d'un tertre Tonu à Pwebei ; hardt, Documents néo-calédoniens,
se réclament du tonnerre tikëkëlè. p. 429, note 1).
P. 62, A. Bensa donne la généaologie des Pwebei. Au Pwebei, village protestant, établi dans la moyenne départ, A. Mwêdip, à la fois ancêtre et montagne des vallée de la Tiwaka, sur la rive gauche : en dif Pwebei, accompagné de Daulo Jain [descendant de Dwi ficultés continuelles avec les Ti Wakë de la basse Daulo, alors que les Pwei sont issus de Bwae Bealo]. Ce vallée, ils auraient érigé pour leur défense un dernier engendre ôjii Pwônièwa, qui engendre à son tour
mur en travers de la vallée, qui puisse servir Hiè et Uniin ; Hiè a pour fils Hwani, dont le descendant
d'appui à leurs sentinelles (cf. M. Leenhardt. est Uèè Bordo Pwônièwa. Uniin engendre de son côté
Canie, Pwocinanè et Hwââ. Des deux premiers est issu Notes d'ethnologie néocalédonienne, p. 35,
Bwoungèn Pwopèhibwen, lequel a pour fils Awea, qui fig. 14).
engendre Hiè, père de Cahi Pwocinanè Udopwè. Hwââ Ojii, lequel a pour fils Hiè Pwajicècè qui Pwebei Clan d'origine complexe : un
engendre Dwi, père d'Apopa et grand-père de Bwoungèn. homme du clan Pwafi et un du clan Aramoto, tous P. 339 ss. : Daulo Jaiin est le maître des rochers et
deux venus de la Caba par l'inté tertres confondus Pwodicilu, Toomiin, Pwowieta, le pre
rieur, par Amie, puis Pwai, arri mier à avoir tracé de l'un à l'autre « la route sacrée »,
vent à Hwê où ils sont reçus par le celle qui suit les morts, qui lie la vallée de Tiwaka à celle
clan de ce nom ; ils refusent de de Tipije en passant justement par Toomiin. [Les pre
s'établir là et montent l'un s'éta miers occupants, gardiens du masque, s'identifient aux
blir sur le Mont Mwêdip, prenant derniers arrivants venus s'établir là en suivant un itiné
le nom de Pwafi ma, l'autre plus raire connu et au bout duquel la réception était assurée ;
haut encore où il se donne le nom la remise de la chefferie au nouvel arrivant s'explique
de Pwebei. Les gens du clan Hwê mieux du fait qu'il est le dernier représentant arrivé en
étaient en relation d'oncle utérin à provenance du clan et du tertre d'origine].
neveu avec les clans Dwi de la
Caba et avaient fait appel à eux P. 219 ss. : Udopwè ou Ciinie est assimilé à metitilè,
pour les soutenir et les encadrer l'oiseau (Rhipidura verrauxi) qui ouvre la route du pays
dans leur lutte permanente contre des morts, dans tout le nord de l'île [comme l'oiseau
les clans de la basse Tiwaka. Les Pajè à Houaïlou, cf. M. Leenhardt, Documents néo
Aramoto seraient venus sous la calédoniens, p. 130 et suiv.], d'où le rôle de maître de la
conduite de leur ancêtre Bwae vie et de la mort joué par le clan Udopwè. P. 462 : la
Bealo et auraient surpris les Tiwaka falaise d'Udopwè domine, au nord de Hienghène, à
en se cachant dans un trou (der l'embouchure de la Wayèm, l'entrée du pays des morts
rière le mur de protection élevé ?) sur lequel règne Pijepa. [Ce qui vient confirmer la thèse
et en partant à l'attaque au pre reçue par moi, du lien permanent du masque avec Pijepa
mier chant du coq. Une branche et le pays des morts, en même temps qu'il est symbole de
des Hwê est partie à Pouembout la chefferie, cf. J. Guiart, Mythologie du masque.]
sur le tertre Ghapeto (cf. le clan P. 335 : Tujai, ancêtre des Pwebei, était établi à Pwacido à Bako, Koné). Goyèta et Caba. [Tujai est donné comme fils de Bwae se disent issus du tertre Hwê sis Bealo par Pierre Pwêrêpwea, et celui dont une dans le fond de la Tiwaka ; partie des descendants iront se disperser dans la région se réclament du tonnerre tikëkëlè de Poindimié — Tiwaka, avant l'établissement à Goyèta, qui réside en haut du Mt Mwêdip ; cf. J. Guiart, Contes et légendes de la Grande Terre, lignées secondaires : Pwelei (ou p. 82.] Pwônièwa selon A. Bensa, p. 62)
Pwèjinanè (pu Udopwè selon
A. B., p. 62) Pwopalè (Bay) issus d'un tertre de ce nom dans la
Pwafima vallée d'Amoa ; installés à leur
Ciweta arrivée à Pwebei au tertre Ham-
Pwopètiwi waemwê ; venus avec le clan Pa-
Canie, dont l'habitat était au wap, ils s'identifient au clan Pwei
cimetière actuel, et l'on dit : Pwei ma Pwopalè ;

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