Emmanchements du Néolithique à l'Âge du Bronze dans les palafittes d'Auvernier (lac de Neuchâtel) - article ; n°1 ; vol.15, pg 229-245

De
Travaux de la Maison de l'Orient - Année 1987 - Volume 15 - Numéro 1 - Pages 229-245
The constant humidity of lacustrine sediments has allowed the exceptional conservation of perishable organic material. Throughout Auvernier's history from 3800 to 850 B.C., due to recent excavations, the manner of attaching a handle to axes, adzes, hammers, knives, sickles, awls and burins, can be studied from the Cortaillod culture (middle Neolithic) up until Late Bronze Age.
L'humidité constante des sédiments lacustres a permis la conservation exceptionnelle de matières organiques périssables. À travers l'histoire d'Auvernier, de 3800 à 850 B.C., et grâce à des fouilles récentes, le mode d'emmanchement des haches, herminettes, marteaux, couteaux, faucilles, alênes, burins peut être étudié depuis la culture de Cortaillod (Néolithique moyen) jusqu'à l'âge du Bronze final.
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1987
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Michel Egloff
Emmanchements du Néolithique à l'Âge du Bronze dans les
palafittes d'Auvernier (lac de Neuchâtel)
In: La Main et l’Outil. Manches et emmanchements préhistoriques. Table Ronde C.N.R.S. tenue à lyon du 26 au 29
novembre 1984, sous la direction de D. Stordeur. Lyon : Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux,
1987. pp. 229-245. (Travaux de la Maison de l'Orient)
Abstract
The constant humidity of lacustrine sediments has allowed the exceptional conservation of perishable organic material.
Throughout Auvernier's history from 3800 to 850 B.C., due to recent excavations, the manner of attaching a handle to axes,
adzes, hammers, knives, sickles, awls and burins, can be studied from the Cortaillod culture (middle Neolithic) up until Late
Bronze Age.
Résumé
L'humidité constante des sédiments lacustres a permis la conservation exceptionnelle de matières organiques périssables. À
travers l'histoire d'Auvernier, de 3800 à 850 B.C., et grâce à des fouilles récentes, le mode d'emmanchement des haches,
herminettes, marteaux, couteaux, faucilles, alênes, burins peut être étudié depuis la culture de Cortaillod (Néolithique moyen)
jusqu'à l'âge du Bronze final.
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Egloff Michel. Emmanchements du Néolithique à l'Âge du Bronze dans les palafittes d'Auvernier (lac de Neuchâtel). In: La Main
et l’Outil. Manches et emmanchements préhistoriques. Table Ronde C.N.R.S. tenue à lyon du 26 au 29 novembre 1984, sous la
direction de D. Stordeur. Lyon : Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, 1987. pp. 229-245. (Travaux de la
Maison de l'Orient)
http://www.persee.fr/web/ouvrages/home/prescript/article/mom_0766-0510_1987_act_15_1_1713OH ■■>,
EMMANCHEMENTS DU NEOLITHIQUE À L'ÂGE DU BRONZE
DANS LES PALAFITTES D'AUVERNIER
Michel EGLOFF
RÉSUMÉ : L'humidité constante des sédiments lacustres a permis la conservation exceptionnelle de
matières organiques périssables. À travers l'histoire d'Auvernier, de 3800 à 850 B.C., et grâce à des
fouilles récentes, le mode d'emmanchement des haches, herminettes, marteaux, couteaux, faucilles,
alênes, burins peut être étudié depuis la culture de Cortaillod (Néolithique moyen) jusqu'à l'âge du
Bronze final.
ABSTRACT: The constant humidity of lacustrine sediments has allowed the exceptional conservation
of perishable organic material. Throughout Auvernier's history from 3800 to 850 B.C., due to recent
excavations, the manner of attaching a handle to axes, adzes, hammers, knives, sickles, awls and burins,
can be studied from the Cortaillod culture (middle Neolithic) up until Late Bronze Age.
PRESENTATION DU SITE
Signalés depuis 1854, les gisements préhistoriques d'Auvernier furent l'objet de nombreuses
recherches, parmi lesquelles il y a lieu de signaler celles d'Edouard Desor (fin du XIXe siècle),
Paul Vouga (dès 1919), André Leroi-Gourhan et Samuel Perret (1948-1950). La dernière en
date des interventions archéologiques débuta en 1964 au lieu-dit «La Saunerie», sous la
direction de Christian Strahm. À l'instigation du soussigné, les travaux reprirent en 1969
pour s'achever en 1975 après quatre ans et demi de fouilles continues menées sur terre, sous
l'eau et en polder. L'enjeu était de taille : la construction d'une route nationale allait détruire
la plus grande partie des gisements tout en offrant, il y a lieu de le souligner, les moyens
financiers et techniques de les explorer préalablement1.
Au cours de cette étape fut recueillie une ample moisson de documents concernant aussi
bien l'histoire de l'environnement que les modes de vie. Sur plus d'un kilomètre de rivage
furent fouillés une dizaine de villages, presque exhaustivement pour certains, partiellement
pour d'autres. Les étapes de la présence humaine peuvent être fixées à une année près grâce
aux milliers de pieux, squelettes des maisons ou des palissades2. Les lacunes constatées dans
la séquence relèvent soit de l'état de la recherche, soit de l'élévation réitérée des eaux du
1. Les fouilles ont été réalisées grâce à l'aide de la Confédération suisse et du Canton de Neuchâtel. L'élaboratior.
des documents recueillis a bénéficié de l'appui du Fonds national suisse de la Recherche scientifique. Les bois
ont été déterminés à l'Institut fédéral de Recherche forestière (Birmensdorf) par Fritz Schweingruber et Wernei
Schoch. Les dessins illustrant cet article sont dûs à Dominique Baudais {Fig. 13-16), Jean-Luc Boisaubert {Fig. 17-
19, silex 1/1), Françoise Burn {Fig. I A, 2-4, 8, 10-12, 17, 20-23, 26, 28-31), Francine Buttet Fig. 18), Verena
Loeliger {Fig. 1 A, 5-7, 9, 24-25, 27, 32-34). L'auteur tient à exprimer sa reconnaissance aux auteurs des fouilles
et de toutes les tâches qui les ont accompagnées.
2. Datations réalisées au Laboratoire de dendrochronologie du Musée cantonal d'Archéologie (Neuchâtel) par Heinz
Egger, Joël Lambert et Christian Orcel (Orcel et Egger, 1979 ; Egger, 1983). Les corrections récemment introduites
dans la courbe dendrochronologique du chêne en Europe occidentale ont été prises en considération (Pilcher et ai , 1 984).
La Main et l'Outil .· manches
et emmanchements préhistoriques
TMO 15, Lyon, 1987 230 M. EGLOFF
lac qui rendit la rive temporairement inaccessible. La série dendrochronologique relevée dans
la baie d'Auvernier est la suivante.
3791- 3679 BC Cortaillod classique
3627- 3550 BC tardif
3159-2977 BC Horgen
2834-2701 BC Saône-Rhône (culture de Lüscherz)
2621 - 2402 BC (groupe d'Auvernier)
1671-1621 BC Bronze ancien
1052 (env.)- 952 BC Bronze final (cf. Hallstatt A2/B1)
878 (env.) - 850 BC Bronze final (cf. B2)
Jalonnant 3 millénaires, 4 des cultures mentionnées ci-dessus ont livré des emmanchements
particulièrement complets. Ce sont celles de Cortaillod classique (Néolithique moyen) ; de
Lüscherz (Néolithique récent) ; d'Auvernier (Néolithique final) ; enfin, du Bronze final. Nous
limiterons notre étude à l'examen de ces témoins éloquents, sans recenser les très nombreuses
gaines de haches en bois de cerf, pointes en os présentant des traces de ligature, lames de
silex isolées où adhèrent encore des restes de colle : une partie de ces artefacts sont déjà
publiés ou vont l'être prochainement3.
L'exceptionnelle conservation d'outils fixés à leur manches en bois est due au fait qu'ils
furent maintenus durant des millénaires à un degré hygrométrique constant, grâce à leur
enfouissement rapide dans la craie ou le sable gorgés d'eau. Ils ont été conservés au laboratoire
du Musée cantonal d'archéologie de Neuchâtel soit par imprégnation à l'Arigal C, soit par
lyophilisation après imprégnation au polyethylene glycol (PEG)4.
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4.3. Plan Cette 22, Bibliographies sont vaudoise, 1979, conservés général tâche 1979-, 35; de des : au Bulletin longue Série 5 Musée gisements volumes « haleine, de Auvernier cantonal la parus). Société d'Auvernier aux » d'Archéologie suisse des résultats «Cahiers de comportant convaincants, Préhistoire (Neuchâtel). d'archéologie et l'indication d'Archéologie, a été romande» assurée des 8, par cultures 1977, (Lausanne, Beat 30/31, __?-Sssa Hug, qui 400 65 Bibliothèque y restaurateur. ; sont Revue 500m représentées. neuchâteloise Les historique objets PALAFITES D'AUVERNIER 231
La série que nous présentons ici n'a pas encore été soumise aux investigations de la
tracéologie. Toutefois, un programme de recherche recourant à cette discipline débutera en
1985. On tentera de l'appliquer tant aux outils de silex qu'aux lames de haches en roches
vertes, voire aux artefacts de bronze qui présentent sur leur tranchants soit un lustré, soit
de fines stries dues à l'usage ou à l'aiguisage. L'une des vocations premières de la collection
d'Auvernier pourrait être de tester la validité d'interprétations concernant le mode d'utilisation
d'outils généralement retrouvés, en d'autres lieux, sans leur manche.
CULTURE DE CORTAILLOD
Hache
Le seul manche de hache découvert dans le niveau inférieur (couche 5) du village d'Auvernier-
Port a été taillé dans la base fibreuse d'un jeune frêne, au départ des racines (Fig. 1 A). Le
coude offert par l'arbre a été mis à contribution pour dégager la crosse caractéristique des
emmanchures du IVe millénaire, renflement qui alourdit l'extrémité de l'outil. La mortaise
aveugle qui y fut creusée contient une gaine en bois de cerf à section quadrangulaire, enchâssée
à force, abritant le talon d'une hache brisée. Un fragment carbonisé muni d'une garde d'arrêt
(Fig. 1 Β), provenant du niveau 3 de ce même gisement (Cortaillod tardif), permet d'imaginer
la forme de l'autre extrémité du manche.
Couteaux à moissonner
Du niveau 5 proviennent aussi 2 manches rectilignes de couteaux en silex. L'emmanchement
y est à la fois latéral, axial et parallèle. Le plus complet d'entre eux (Fig. 2), long de 21,1 cm,
en if, est un petit chef-d'oeuvre d'élégance et d'ingéniosité. De section ovalaire, la partie
destinée à la préhension représente 2/5 de la longueur totale. Un décrochement en saillie
sert à l'insertion d'une lame débitée par pression : longue de 1 1,8 cm, large de 1,7 cm (Fig. 19),
elle ne s'enfonce que de 0,3 cm à l'intérieur de la rainure, mais sa fixation est améliorée
grâce à la bétuline (brai de bouleau)5 qui déborde, soigneusement « tartinée » sur le silex.
Au-dessus de la lame, la surface supérieure du manche a été aplanie. Le ressaut qui le
termine vers le haut est contrebalancé par l'inclinaison de l'extrémité proximale : chose
curieuse, le profil général de l'outil évoque celui de la hache décrite ci-dessus. Le tranchant
non recouvert de colle montre un « lustré de céréales » très prononcé, ce qui permet de
proposer l'interprétation de couteau à moissonner ou « faucille rectiligne ».
Un deuxième exemplaire (Fig. 3), du même type et de longueur presque équivalente (2 1 ,6 cm),
a été sculpté dans du bois de pommier ou d'espèce apparentée.
Bien que la rainure semble taillée pour un silex bien précis (la courbure distale de la lame
du premier outil le donne à penser), il faut tenir compte du fait qu'un débitage par pression
parfaitement maîtrisé permet l'obtention de dizaines de lames calibrées6, à partir d'un seul
nucleus, donc le remplacement aisé des tranchants émoussés tout en conservant un manche
qui devait être nettement plus long à fabriquer.
Flèche
La seule pointe de flèche adhérant encore à l'extrémité de sa hampe (en bois de la tribu
du pommier) est emballée de bétuline jusqu'à son extrémité distale (Fig. 4). Le tranchant,
toutefois, reste dégagé. À la base du silex, on note l'empreinte d'une fine ligature très serrée,
préalable à l'application de l'agglutinant.
5. Aucune analyse chimique des agglutinants d'Auvernier n'ayant été réalisée à l'heure qu'il est, cette désignation
doit être considérée comme vraisemblable, mais non comme une certitude.
6. Je dois cette remarque à l'obligeance de Daniel Cahen. M. EGLOFF 232
Fig. 1-4 Culture de Cortaillod (Auvernier-Port). Hache (1) ; couteaux à moissonner (2-3) ; pointe de
flèche (4). Échelle : 1/2. PALAFITES D'AUVERNIER 233
CULTURE DE LÜSCHERZ (SAÔNE-RHÔNE)
Haches, herminettes, marteau
Bien que le site d'Auvernier-Les Graviers ait livré quantité de gaines à ailettes horgéniennes,
associées à quelques gaines à douille et une seule gaine à tenon bifide7, aucun manche en
bois n'en provient.
La série présentée ici se poursuit donc avec les haches, herminettes et marteaux du village
du Brise-Lames, appartenant à la culture de Liischerz plus récente d'un millénaire que le
Cortaillod classique. Si le manche droit subsiste (Fig. 5-6), à emmanchement direct ou indirect,
on assiste à la multiplication des manches courts coudés (Fig. 7-9), dont l'apparition au
Horgen est bien attestée sur d'autres sites. Ils sont façonnés dans la fourche naturelle du
chêne, du pommier (ou arbre fruitier apparenté), du sapin ; l'angle déterminé par le tronc
et la branche, marqué par un épaississement d'une grande résistance, est mis à profit pour
assurer une percussion oblique particulièrement favorable à l'usage de l'herminette. La gaine
perforante est remplacée par la gaine à perforation transversale ou longitudinale. On constate
l'apparition du manche coudé à extrémité bifide (Fig. 9) qui connaîtra une grande fortune
au Bronze final.
F ig. 5 - Hache-marteau rectiligne en frêne, de section quadrangulaire, et gaine en bois de cerf à oeil transversal.
La panne, arrondie, porte des traces de percussion ; à l'opposé, la table est percée d'une mortaise peu profonde.
Fig. 6 - en bois de cerf, à manche rectiligne en noisetier. Un biseau asymétrique détermine le
tranchant de l'outil.
Fig. 7 - Herminette à manche coudé en chêne et gaine à douille en bois de cerf. Un rétrécissement bien marqué
de la partie « tronc » du bois utilisé détermine le tenon qui s'enfonce dans la douille.
Fig. 8 - Manche en sapin de même type que le précédent, mais dépourvu de gaine. Longueur : 27 cm.
Fig. 9 - Extrémité distale de manche en bois d'arbre fruitier (pommier, probablement). La tête est fendue transversalement
afin de contenir une gaine d'herminette (disparue), dont la fixation était assurée par un lien logé dans une large
rainure. En comparant les figures 7 et 9, on remarque que dans la culture de Liischerz l'emmanchement mâle
coexiste avec l'emmanchement femelle.
Couteaux
Deux couteaux (Fig. 10 et 11) s'ajoutent à l'inventaire des outils les plus complets du Brise-
Lames. Il s'agit d'emmanchement latéral axial parallèle. Le premier manche, en hêtre
(longueur : 8,7 cm), à l'extrémité proximale perforée, contient encore sa lame de silex au
tranchant lustré, fixé à la bétuline. Le second, long de 15,5 cm, est en merisier.
GROUPE D'AUVERNIER (SAÔNE-RHÔNE)
Haches, herminette, marteaux
Les manches découverts dans le gisement de la Saunerie « copient » de manière rigoureusement
identique ceux de la culture de Liischerz, ce qui ne saurait surprendre si l'on tient compte
d'autres affinités : poursuite « logique » des traditions céramiques (le décor cordé, par contre,
apparaissant comme une intrusion) ; continuation des importations de silex pressignien
inaugurées durant l'époque de Liischerz ; peignes à faisceaux8, semblables durant 5 siècles.
Apparue en Suisse durant la civilisation de Cortaillod, se poursuivant sans discontinuer durant
le Néolithique récent, la perforation des roches vertes atteint son apogée au Chalcolithique.
La figure 16 en offre un bel exemple.
Fig. 12 - Hache à manche coudé en chêne, long de 29,5 cm. Le système du tenon fixant la gaine à double douille
a été décrit à propos de la figure 7.
Fig. 13 - Herminette parfaitement conservée, à l'exception du lien qui retenait la gaine en bois de cerf. Longueur :
32.2 cm. La parenté avec la figure 9 est évidente : même le bois utilisé (tribu du pommier) est identique^.
7. Ramseyer, 1982.
8. Egloff, 1980, 16.
9. Christian Strahm a bien voulu me confier ces documents demeurés partiellement inédits. M. EGLOFF 234
Fig. 5-7 Culture de Lüscherz (Saône- Rhône ; Auvernier /Brise-Lames). Haches- marteaux en bois de cerf
(5-6) ; herminettes (7). Échelle : 1/2. PALAFITTES D'AUVERNIER 235
Fig. 8-12 Culture de Lüscherz (Saône- Rhône ; Auvernier/Brise- Lames ; fig. 8-11) et groupe d'Auvernier
(Saône-Rhône ; Auvernier-La Saunerie ;fig. 12). Emmanchures de haches (8, 12) et d 'her minettes
(9); couteaux (10-11). Échelle: 1/2. :
:
236 M. EGLOFF
Fig. 14 - Hache à emmanchement direct rectiligne, tête renflée et garde d'arrêt. Essence: hêtre. Longueur: 41,2cm
(Straham, 1966, pi. 4).
Fig. 15 - Marteau à direct (merlin ?), à tête renflée. Un fragment de galet en granite à grain fin y
a été enchâssé dans une mortaise détourée avec la plus grande précision sujet de réflexions infinies pour le typologiste
et le palethnologue puisque, de toute évidence, ce vulgaire caillou aurait été rejeté dans les déblais de la fouille la
mieux intentionnée. Essence: érable (Strahm, 1966, pi. 4).
Fig. 16 - Marteau double perforé, en roche verte. Longueur de la pierre: 14,8cm. Muni d'une butée, le manche
en bois de la tribu du pommier, cylindrique, non écorcé, est étonnamment mince (diamètre : 2,5 cm seulement). Il
plie, mais ne rompt pas.
Outils en silex
Deux outils de silex encore munis de leur manche en bois de cerf proviennent du même
complexe.
Fig. 17 - Pièce foliacée en silex gris, de profil asymétrique, enchâssée dans un manche cylindrique légèrement courbe
où se lisent encore nettement les stries de façonnage. De la bétuline oblitère la zone de jonction entre le bois de
cerf et la pierre, et déborde sur cette dernière. Longueur totale : 16,9 cm (manche seul : 10,4 cm ; silex seul : 9,6 cm).
Fig. 18 - Petite pointe en silex pressignien enchâssée dans un manche court en bois de cerf de section ovalaire.
Rhomboïdal, le profil de la pointe évoque la forme d'un cerf-volant. Une retouche couvrante occupe la presque
totalité de la face supérieure et amincit également la face inférieure du pédoncule. La douille qui accueille la pointe
a été comblée de bétuline. Longueur totale : 9,2 cm (manche seul : 6,5 cm ; pointe seule 4,3 cm). Dépourvu de
manche, le silex aurait été classé parmi les pointes de flèches ; emmanché, il devient un burin ou un couteau court.
L'outil semble avoir été taillé dans l'extrémité d'un poignard cassé10.
AGE DU BRONZE FINAL
Habitée durant la première moitié du IXe siècle av. J.C., se rattachant au Hallstatt B2, la
station Nord d'Auvernier a renouvelé notre connaissance de l'artisanat protohistorique en
Suisse occidentale. Cent cinquante vanneries en proviennent, ainsi que des dizaines de récipients
en bois et quelques manches d'outils.
Haches
Fleuron de la série, une hache complète (Fig. 20) : le manche coudé en bois de chêne, long
de 67,5 cm, porte encore sa de bronze dont les ailerons terminaux enserrent fermement
le « bec » bifide. On remarquera que l'anneau complétant la hache est orienté, comme on
pouvait le prévoir, du côté du manche où l'assujettissait une ligature (disparue).
La systématique du manche à extrémité fendue apparaît aussi sur l'exemplaire de la figure
21, également en chêne. Enfin, la figure 22 présente l'ébauche d'un manche en hêtre, non
arrondi et incomplètement écorcé.
Maillets
Entièrement en bois, 6 maillets ont été découverts sur la station Nord (Fig. 24-26). La tête
de 4 d'entre eux est en frêne, celle des 2 autres étant en hêtre rouge et en érable. En frêne,
en chêne ou en noisetier, les manches sont de section quadrangulaire ou cylindrique ; dans
ce dernier cas, il fut parfois nécessaire d'y chasser un coin si le manche devait s'adapter à
un trou carré. La longueur des têtes complètes est comprise entre 13,8 et 21 cm.
10. Un très remarquable exemplaire de «poignard» du Grand Pressigny, long de 22,8cm, provenant d'Auvernier-
La Saunerie, présente encore les traces d'une ligature d'emmanchement (Strahm, 1961/1962, 472 ; Egloff, 1980, 1 15). PALAFITTES D'AUVERNIER 237
Fig. 13-14 Groupe d'Auvernier ( Saône- Rhône ; Auvernier-La Saunerie). Herminette (13); hache (14).
Échelle : 1/2.

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