L'épée à l'acrobate et la chronologie maliote - article ; n°1 ; vol.106, pg 165-190

De
Bulletin de correspondance hellénique - Année 1982 - Volume 106 - Numéro 1 - Pages 165-190
En 1936, F. Chapouthier découvrait sous le sol de la pièce III 2 du palais de Malia deux épées de bronze ; le pommeau d'os de l'une était décoré d'une rondelle d'or portant un acrobate au repoussé. Ces trouvailles étaient rapportées par lui au premier palais, datation contestée depuis par plusieurs savants. Une fouille complémentaire en 1946 amenait la découverte sous le dallage de la pièce voisine III 1 d'un groupe de petits vases de Chamaizi. En 1981 un nouveau nettoyage du niveau antérieur a été réalisé après dépose du dallage de III 1. Une installation caractéristique avec plates-formes stuquées, rigoles et vases collecteurs, qui n'était connue jusqu'ici que par des photographies, a été remise au jour, soigneusement relevée et étudiée. La chronologie proposée par Chapouthier a été confirmée : la salle stuquée et donc l'épée à l'acrobate trouvée sur son sol sont à dater de l'époque protopalatiale.
Ό F. Chapouthier ἀνακάλυψε τό 1936 κάτω ἀπό τό δάπεδο τοῦ δωματίου III 2 τοῦ ἀνακτόρου τῶν Μαλίων δύο χάλκινα ξίφη. Ή ὀστέϊνη λαβή τοῦ ἑνός ἦταν διακοσμημένη μ' ἕνα χρυσό δίσκο πού έφερε εκτυπη παράσταση ακροβάτη. Ό ἴδιος εἶχε συνδέσει αὐτά τά εὑρήματα μέ τό πρῶτο ἀνάκτορο, χρονολογία πού ἀμφισβήτησαν πολλοί ἐπιστήμονες. Τό 1946 μιά συμπληρωματική ἀνασκαφή ἀποκάλυψε κάτω ἀπό τό πλακόστρωτο τοῦ γειτονικοῦ δωματίου III 1 μιάν ὀμάδα μικρῶν ἀγγείων τοῦ Χαμαιζίου. Ἕνας καινούργιος καθαρισμός τοῦ προηγούμενου στρώματος ἔγινε τό 1981, ἀφοῦ ἀφαιρέθηκε τό πλακόστρωτο τοῦ III 1. Ἦρθε στό φῶς μιά χαρακτηριστική ἐγκατάσταση μέ ἐπιχρισμένα ἐπίπεδα, αὐλάκια καί ἀγγεῖα-συλλέκτες. Ή ἐγκατάσταση αὐτή πού ἦταν γνωστή μόνο ἀπό φωτογραφίες, ἀποτυπώθηκε καί μελετήθηκε προσεκτικά. 'Επιβεβαιώθηκε ἡ χρονολογία πού εἶχε προτείνει ό Chapouthier. Κατά συνέπεια ἡ αἴθουσα μέ τό ἐπίχρισμα καί τό ξίφος μέ τόν ἀκροβάτη πού βρέθηκε στό δάπεδό της, χρονολογοῦνται στήν πρωτοανακτορική περίοδο.
26 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1982
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Olivier Pelon
L'épée à l'acrobate et la chronologie maliote
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 106, livraison 1, 1982. pp. 165-190.
περίληψη
Ό F. Chapouthier νακάλυψε τό 1936 κάτω πό τό δάπεδο το δωματίου III 2 το νακτόρου τν Μαλίων δύο χάλκινα ξίφη. Ή στέϊνη
λαβή το νός ταν διακοσμημένη μ' να χρυσό δίσκο πού έφερε εκτυπη παράσταση ακροβάτη. Ό διος εχε συνδέσει ατά τά ερήματα
μέ τό πρτο νάκτορο, χρονολογία πού μφισβήτησαν πολλοί πιστήμονες. Τό 1946 μιά συμπληρωματική νασκαφή ποκάλυψε κάτω
πό τό πλακόστρωτο το γειτονικο δωματίου III 1 μιάν μάδα μικρν γγείων το Χαμαιζίου. νας καινούργιος καθαρισμός το
προηγούμενου στρώματος γινε τό 1981, φο φαιρέθηκε τό πλακόστρωτο το III 1. ρθε στό φς μιά χαρακτηριστική γκατάσταση μέ
πιχρισμένα πίπεδα, αλάκια καί γγεα-συλλέκτες. Ή γκατάσταση ατή πού ταν γνωστή μόνο πό φωτογραφίες, ποτυπώθηκε καί
μελετήθηκε προσεκτικά. 'Επιβεβαιώθηκε χρονολογία πού εχε προτείνει ό Chapouthier. Κατά συνέπεια αθουσα μέ τό πίχρισμα
καί τό ξίφος μέ τόν κροβάτη πού βρέθηκε στό δάπεδό της, χρονολογονται στήν πρωτοανακτορική περίοδο.
Résumé
En 1936, F. Chapouthier découvrait sous le sol de la pièce III 2 du palais de Malia deux épées de bronze ; le pommeau d'os de
l'une était décoré d'une rondelle d'or portant un acrobate au repoussé. Ces trouvailles étaient rapportées par lui au premier
palais, datation contestée depuis par plusieurs savants. Une fouille complémentaire en 1946 amenait la découverte sous le
dallage de la pièce voisine III 1 d'un groupe de petits vases de Chamaizi. En 1981 un nouveau nettoyage du niveau antérieur a
été réalisé après dépose du dallage de III 1. Une installation caractéristique avec plates-formes stuquées, rigoles et vases
collecteurs, qui n'était connue jusqu'ici que par des photographies, a été remise au jour, soigneusement relevée et étudiée. La
chronologie proposée par Chapouthier a été confirmée : la salle stuquée et donc l'épée à l'acrobate trouvée sur son sol sont à
dater de l'époque protopalatiale.
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Pelon Olivier. L'épée à l'acrobate et la chronologie maliote. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 106, livraison 1,
1982. pp. 165-190.
doi : 10.3406/bch.1982.1911
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1982_num_106_1_1911L'ÉPEE A L'ACROBATE
ET LA CHRONOLOGIE MALIOTE
Les recherches de 1936 et 1946
En 1929, le dégagement du palais de Malia, commencé en 1915 par J. Hatzidakis,
était considéré comme terminé par F. Chapouthier, maître d'œuvre depuis 19271.
Il ne restait plus guère alors que la cour centrale et la cour Ouest à déblayer pour que
l'édifice apparaisse dans toute son ampleur; la première sera entièrement fouillée
dès 1930, la seconde ne le sera qu'en 1960 sous la direction d'A. Dessenne2.
De très bonne heure cependant, les fouilleurs s'étaient intéressés, tout autant
qu'au dégagement du dernier état, à la fouille des niveaux antérieurs et avaient
pratiqué des sondages au-dessous des sols les plus tardifs. Dès le Premier Rapport,
on note ainsi des explorations en profondeur sur plusieurs points, dans les quartiers III,
IV, V, VI3, que confirme et que précise le carnet de fouilles inédit tenu
par J. Charbonneaux à cette époque4.
L'entreprise prend un tour plus systématique à partir de 1931 5 : Chapouthier,
soucieux d'établir, sur le modèle d'Evans à Knossos, une chronologie des différentes
phases de l'édifice, commence à cette date par explorer la bordure méridionale où
il découvre un quartier de maisons, antérieur au dernier palais, qui s'étend en dehors
des limites de la construction6. Après quelques sondages dans la cour centrale en 1934,
il s'attaque en 1936 à la façade occidentale et profite de l'état délabré du sol stuqué
(1) O. Pelon, avec la collaboration d'Elga Andersen et de J.-P. Olivier, Le palais de Malia V (1980)
abrégé ci-après Palais V, vol. 1, p. 30. Les références aux différents rapports préliminaires seront données sous
la forme Palais I à Palais IV ; on y ajoutera Maisons IV par H. Van Effenterre, Quartier Mu I par L. Godart
et J.-P. Olivier et Quartier Mu II par B. Détourna y, J.-Cl. Poursat et F. Vandenabeele (sur les autres
abréviations utilisées pour Malia, cf. Palais V, p. xi-xn). Pour l'emplacement et la numérotation des pièces,
on se reportera aux plans de Palais V, vol. 2.
(2) Ibid., p. 31-32 et 40.
(3) Palais I, p. 16 (quartier III), 17 (quartier IV), 18-19 (quartier V), 19-20, 21, 22, 23 (quartier VI).
(4) Les précieuses indications données par ce carnet ont déjà été exploitées sur un point précis dans une
communication faite en septembre 1981 au Ve Congrès International des Études Cretoises d'Agios Nikolaos
et le seront plus largement dans le second tome de la publication du palais.
(5) Palais V, 1, p. 33.
(6) Ibid., p. 33-34 ; pour la publication de cet ensemble, cf. Palais IV, p. 13-17 et 41-50. OLIVIER PELON [BCH 106 166
dans la pièce III 27 pour pousser ses investi
gations sur un niveau plus ancien, déjà identifié
plus au Nord dans le secteur fouillé en 1928 où
a été trouvé un « atelier d'armurier et de foreur
de vases »8 que la céramique associée permet
de dater de la première partie du MM9. Il
découvre alors un groupe de salles stuquées,
pourvues de « banquettes »10, de rigoles et de
vases collecteurs, qui lui paraît ressembler aux
magasins orientaux du palais (quartier XI). Sur
le sol sont posées deux épées de bronze (fig. 1)
dont l'une possède encore son pommeau d'ivoire
et la rondelle d'or qui le décorait; sur celle-ci
s'enroule le corps d'un acrobate exécuté au
repoussé, témoin exemplaire de la virtuosité des
ateliers maliotes d'orfèvrerie (fig. 27)11.
La datation de cet ensemble ne fait pas de
doute pour le fouilleur; les rares tessons peints
trouvés sur le sol appartiennent à l'époque des
Premiers Palais, ce que confirment deux objets
de pierre, un bec de théière et un gobelet cylin
drique à parois évasées ou « tumbler »12.
La fouille cependant demeurait incomplète
et dès 1938 Chapouthier notait la nécessité d'un
élargissement vers l'Est où le dallage de la pièce
voisine III 1 faisait obstacle aux recherches13.
Le projet est repris après la guerre, en 1946, et
les grandes plaques de calcaire sont alors soigneu
sement enlevées pour être remises en place après
la fouille14. La suite de la pièce stuquée décou
verte en 1936 est mise au jour, avec un dispo-
Fig. 1. — Les deux épées trouvées en 1936
(7) Cf. Palais V, 1, p. 118. (dessin de F. Chapouthier mis au net par
(8) Sur cet atelier, cf. Palais III, p. 24 et 53-66. H. Nave). (9) Les tessons sont rapportés par les fouilleurs « aux
séries du MM I » (ibid., p. 24), mais on n'oubliera pas la pré
sence au même endroit, « dans le voisinage des moules », d'un compotier fragmentaire au décor polychrome
manifestement MM II (ibid., p. 37-38 et fig. 12).
(10) La publication a été faite par F. Chapouthier en 1938 sous le titre Deux épées d'apparat découvertes
en 1936 au palais de Mallia (abrégé ci-après Épées). Le terme « banquettes » utilisé par Chapouthier, p. 13,
prêtant à confusion, il convient de lui préférer celui de «plates-formes» (cf. Palais V, 1, p. 201, n. 1).
(11) Épées, p. 15-16.
(12) Ibid., p. 15, fig. 2 et 3. Parmi les tessons (p. 14, fig. 2), on remarquera la présence d'au moins
un exemplaire (a) à dater du MA III. Sur le «tumbler», cf. P. Warren, Minoan Stone Vases (1959), p. 45
(D 151. Ρ 251).
(13) Ibid., p. 14, n. 1.
(14) Sur cette fouille, cf. BCH 71-72 (1947-1948), Chronique, p. 405-406. ÉPÉE À L'ACROBATE ET CHRONOLOGIE MALIOTE 167 1982]
if- - v^r
Fig. 2. — Fouille de 1946 : la salle stuquée vue du Nord-Est ; au fond, l'entrée de la pièce III 4.
Fig. 3. — Fouille de 1946 : le massif Nord et les Fig. 4. — Fouille de 1946 : la double plate-forme à
plates-formes accolées vus du Sud-Est ; au fond, l'Est du massif Nord vue du Nord-Ouest ; à la hauteur
les fondations du mur Nord de III 1. du sommet de la tête du jeune garçon, le niveau du
dallage de III 1. OLIVIER PELON [BCH 106 168
sitif identique de plates-formes et de rigoles (fig. 2-4). Chapouthier donne les
dimensions de cette salle : 7 m de long sur 6,75 m de large, qui en font un espace
couvert anormalement vaste pour cette époque. La datation proposée en 1938
se trouve confirmée, selon lui, par la trouvaille d'une vingtaine de petits vases dits
« de Chamaizi », massés à l'angle d'une des plates-formes (fig. 5 et 6); l'un d'eux porte
une inscription en caractères hiéroglyphiques gravés dans l'argile qui est publiée
séparément15. Chapouthier note en outre la présence au même endroit d'une « pyxis
de pierre avec son couvercle », ainsi que d'un « fragment de relief en ivoire qui semble
appartenir à une statuette masculine vêtue d'un pagne ». Aux yeux du fouilleur il
apparaît incontestable que les épées de 1936 et les vases de Chamaizi de 1946 appar
tiennent à un même niveau, auquel il rattache par ailleurs le « dépôt hiéroglyphique »
trouvé à proximité en 1923 dans le vestibule de III 816.
Malheureusement d'autres occupations ont empêché Chapouthier de publier
sa trouvaille : mise à part une photographie parue dans la Chronique du BCH et le
dessin du petit vase à hiéroglyphes, rien n'en a été illustré et aucun plan de la salle
n'a été donné. Le Quatrième Rapport qu'il rédigeait au moment de sa mort en 1953
est consacré pour l'essentiel aux dernières recherches menées au niveau supérieur,
non aux sondages, réservés pour un tome ultérieur17.
Cependant la chronologie proposée par lui en 1938 dans sa publication des deux
épées d'apparat paraissait sans doute mal établie à certains auteurs car les avis les
plus divers ont été émis sur la datation d'un ouvrage aussi remarquable que l'épée
à la rondelle d'or qui prenait place d'emblée dans toute histoire de l'art minoen.
Si les archéologues français en général, avec P. Demargne et H. Gallet de Santerre
en tête18, adoptaient la chronologie proposée par Chapouthier, les spécialistes étrangers,
moins au fait de la stratigraphie maliote, paraissaient divisés et privilégiaient parfois
une datation plus basse, au MM IIIB voire au MR IA19, sans doute pour des raisons
stylistiques : logiquement les épées de Malia devenaient alors des adaptations plus
ou moins fidèles des grandes épées des cercles de tombes de Mycènes20.
(15) BCH 70 (1946), p. 88-89 et fig. 8 ; ici, fig. 8.
(16) Sur ce dépôt, on consultera la coupe stratigraphique dessinée par Chapouthier et publiée par moi
en 1979 (BCH 103 [1979], p. 27, fig. 43) ; le problème de sa datation reste posé et sera examiné dans le tome
en préparation de la publication du palais (cf. infra, p. 189-190 : Addendum).
(17) On y trouvera cependant, dans le cadre des recherches menées sur la façade Sud, les résultats de
la fouille des maisons du Sud qui sont à dater du MA III-MM IA (cf. supra, n. 6).
(18) P. Demargne, Naissance de Vart grec (1964), p. 115, fig. 152 : vers 1700 ; H. Gallet de Santerre,
« Mallia. Aperçu historique », KreiChron 3 (1949), p. 376-377.
(19) Sans vouloir recenser tous les avis qui se sont exprimés sur ce point, je rappellerai que si R. Higgins
(Minoan and Mycenaean Art [1967], p. 42 et fig. 35 : « eighteenth century B.C. »), K. Branigan (Copper and
Bronze Working in Early Bronze Age Crète [1968], p. 64 ; Aegean Metalwork ofthe Early and Middle Bronze Age
[1974], p. 17 et p. 164, n°" 492 et 493 : «MM I-II b ») et P. Warren [The Aegean Civilizations [1975], p. 72 :
«c. 1700 B.C. ») s'en tiennent à une datation haute, St. Alexiou sans trop de précision (Μινωικός Πολιτισμός1
[1964], p. 42), Sp. Marinatos (Crète and Mycenae [1960], légende de la pi. 69 et commentaire de la p. 142 :
« Middle Minoan III, about 1600 B.C. » ; l'indication « Old Palace of Mallia » dans la légende de la pi. 69 ne
peut être qu'une erreur, vu le classement adopté, non répétée d'ailleurs à la p. 142) et S. Hood (The Minoans
[1971], p. 225, légende de la pi. 68 : MM III ou MR IA; The Arts in Prehistoric Greece [1978], p. 174, légende
de la fig. 171 : « c. 1550-1500 ») sont partisans d'une datation sensiblement plus tardive qui place les deux épées
à l'époque des seconds palais, parfois même avancée. Sur la datation proposée par N. Platon, cf. infra, p. 188.
(20) Cf. par ex. G. E. Mylonas, Ό ταφικός Κύκλος Β των Μυκηνών (1973), ρ. 319. ΕΡΕΕ Α L ACROBATE ET CHRONOLOGIE MALIOTE 169 1982]
Fig. 5. — Fouille de 1946 : les trouvailles remises Fig. 6. — Fouille de 1946 : id., vues du Sud-Ouest.
en place sur le sol de la salle stuquée après
restauration, vues du Nord-Ouest.
Fig. 7. — Fouille de 1946 : trois des vases de Chamaizi dont
le vase à inscription hiéroglyphique sur l'étagère supérieure. 170 OLIVIER PELON \BCH 106
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 8. — Fouille de 1946 : le vase inscrit et l'inscription hiéroglyphique
(dessin de F. Chapouthier mis au net par H. Nave).
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Fig. 9. — Fouille de 1946 : les divers types d'incisions décorant le col des vases de Chamaizi
(dessin de F. Chapouthier mis au net par H. Nave). ΕΡΕΕ Α L ACROBATE ET CHRONOLOGIE MALIOTE 171 1982]
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Fig. 10. — Fouille de 1946 : la «pyxis»
avec son couvercle (profil, éch. 1:2;
dessin de F. Chapouthier mis au net
par H. Nave).
Illustration non autorisée à la diffusion
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Fig. 11. — Fouille de 1946 : le couvercle
isolé (profil, éch. 1:4 ; dessin de
F. Chapouthier mis au net par H. Nave).
Fig. 12. — Fouille de 1936 (?) : vase collecteur
(vue verticale et profil, éch. 1:5 ; dessin de
F. Chapouthier mis au net par H. Nave).
La confusion21 qui régnait sur un problème aussi important à la fois pour la
chronologie de la technique et de l'art minoens et pour celle même du palais de Malia,
la rareté des données publiées et l'absence de relevé architectural du niveau inférieur
rendaient indispensable de refaire la fouille de 1946 sous le dallage de III 1, opération
que justifiait par ailleurs l'état misérable de ce dallage qui, après remise en place,
s'était affaissé au passage des groupes de touristes que le palais attire toujours plus
nombreux depuis quelques années. Il fallait aussi s'assurer que les archives de
Ghapouthier et celles de l'École française d'Athènes ne possédaient pas de documents
(21) Cf. N. K. Sandars, « The First Aegean Swords and their Ancestry », AJA 65 (1961), p. 17, n. 1 : ι the
circumstances are somewhat confuse, and absolute certainty of date at Mallia is not possible on the évidence
available ». Toutefois l'auteur arrive à la conclusion que les deux épées appartiennent au plus tard au début
du MM III et peut-être même au MM II. 172 OLIVIER PELON [BCH 106
susceptibles d'être utilisés pour une meilleure compiéhension des résultats obtenus
en 1946.
Les archives ont livré des documents graphiques et photographiques dont il me
paraît nécessaire de faire état ici pour montrer qu'en dépit d'une méthode qui ne
correspond pas exactement aux critères modernes, Ghapouthier avait su réunir les
pièces indispensables à une future publication qu'il eût intégrée dans le volume de
synthèse auquel il songeait22. Parmi les vues de la fouille, j'en ai sélectionné cinq
qui montrent les particularités architecturales de la salle stuquée et l'emplacement
de la trouvaille d'objets divers sur le sol (fig. 2-6). Ces objets, Chapouthier a pris
soin de les photographier dans des conditions un peu artisanales et souvent de les
dessiner lui-même23; c'est ainsi qu'on retrouve dans ses archives avec, parfois, quelques
annotations :
1. une photographie et un profil (fig. 10) de la « pyxis » de « stéatite grise mouc
hetée » avec son couvercle ;
2. cinq photographies des vases de Chamaizi (une seule est reproduite ici, fig. 7),
un dessin du vase inscrit et de l'inscription hiéroglyphique24 (fig. 8) ainsi que la
reproduction des divers types de quadrillages ou d'incisions décorant le col (fig. 9);
3. un profil d'un grand couvercle en « stéatite grise mouchetée » trouvé non
loin des épées (fig. 11);
4. un profil et un dessin à la verticale d'un des vases collecteurs de la salle
(fig. 12), provenant probablement de la partie fouillée en 1936;
5. enfin des photographies de face et de revers ainsi que divers dessins (fig. 13
et 14) de la figurine fragmentaire en ivoire.
La fouille entreprise en août 1981 (fig. 17-19) ne pouvait à l'évidence amener
la découverte d'objets comparables à ceux qu'avait trouvés Ghapouthier en 1936
et en 1946, puisqu'il ne s'agissait pour l'essentiel que de l'enlèvement du remblai
mis en place à la suite des premières fouilles. Elle avait un double but, plus modeste :
1. le redégagement d'une installation dont les photographies disponibles
montraient le caractère original et la réalisation du relevé corrélatif indispensable;
2. dans la mesure du possible, la vérification de la stratigraphie et de la chronol
ogie établies par Chapouthier qui rangeait les deux épées d'apparat de 1936 dans un
contexte protopalatial.
L'architecture de la salle sluquée
Chapouthier estimait avoir dégagé, rappelons-le, une salle de 7 m de long sur
6,75 m de large; dans l'état actuel des choses, il ne paraît pas possible d'en donner
(22) Sur ce volume projeté par Chapouthier, cf. P. Demargne, Palais IV, Avant-propos, p. vu.
(23) Ces dessins au crayon de même que celui des deux épées ont été reproduits en vue de cet article
par H. Nave que je remercie de son aimable collaboration ; l'échelle des originaux a été réduite de moitié et
l'intérieur des coupes noirci pour obtenir une plus grande lisibilité.
(24) Le dessin original de l'inscription sur le vase apparaît de meilleure qualité que sa reproduction
dans le BCH 70 (1946), p. 88, fig. 8. ;
ÉPÉE À L'ACROBATE ET CHRONOLOGIE MALIOTE 173 1982]
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 13. — Fouille de 1946 : la figurine d'ivoire (face et coupe AB, éch. 1:1
dessin de F. Chapouthier mis au net par H. Nave).
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 14. — Fouille de 1946 : id. (revers et profil CD, éch. 1:1 ; dessin de F. Chapouthier
mis au net par H. Nave).

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