Le Cheval du Pléistocène moyen des grottes de Lunel-Viel (Hérault) - article ; n°2 ; vol.23, pg 233-281

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Gallia préhistoire - Année 1980 - Volume 23 - Numéro 2 - Pages 233-281
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Marie Françoise Bonifay
Le Cheval du Pléistocène moyen des grottes de Lunel-Viel
(Hérault)
In: Gallia préhistoire. Tome 23 fascicule 2, 1980. pp. 233-281.
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Bonifay Marie Françoise. Le Cheval du Pléistocène moyen des grottes de Lunel-Viel (Hérault). In: Gallia préhistoire. Tome 23
fascicule 2, 1980. pp. 233-281.
doi : 10.3406/galip.1980.1652
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galip_0016-4127_1980_num_23_2_1652LE CHEVAL DU PLEISTOCENE MOYEN DES GROTTES
DE LUNEL-VIEL (Hérault)
EQUUS MOSBACHENSIS PALUSTRIS n.ssp.
par Marie-Françoise BONIFAY
Introduction géologique et archéologique 1. Stratigraphie du gisement.
La grotte n° 1, creusée dans les molasses Découvertes aux environs de 1800, et fouillées
du Miocène, renferme des dépôts limoneux partiellement vers 1824 par Marcel de Serres,
et graveleux issus du lessivage des formations les grottes de Lunel-Viel ont pu être par la
superficielles fluvio-torrentielles des Gostières suite préservées de la destruction par l'oubli
du Languedoc d'âge Pliocène supérieur et relatif dans lequel elles sont tombées. La
Pleistocene ancien. Tout au long de la grotte, reprise des fouilles en 1962 de la grotte n° 1
le gradient granulométrique est très imporpermit la découverte d'industries humaines
tant : fortement chargés de galets et de lithiques et osseuses et d'importantes structures
cailloux au voisinage de l'entrée primitive, les d'habitat associées à des faunes fossiles abon
sédiments fossilifères de la grotte n° 1 deviendantes et particulièrement bien conservées.
nent de plus en plus fins vers le fond où ils Par ailleurs, ces fouilles permirent de dresser
passent rapidement à des limons sableux, une stratigraphie détaillée des dépôts fossili
varvés, déposés dans un lac souterrain qui fères, de dater le gisement préhistorique et
s'est développé pendant le Mindel-Riss et a, paléontologique et de resconstituer l'histoire
par moments, occupé la presque totalité de la géologique de ces grottes avec une grande
caverne. précision. La découverte, en 1971, d'une
Ces sédiments, qui ont été subdivisés en nouvelle cavité (grotte n° IV) presque aussi
14 couches distinctes, ont une épaisseur de développée que la grotte n° 1 (180 m de
2 à 5 m ; ils reposent sur de puissants dépôts longueur pour Lunel-Viel I, 120 m pour Lunel-
d'argiles rouges stériles (au moins 6 m d'épaisViel IV) et contenant un remplissage extr
seur) (fig. 1). La zone V de Lunel-Viel se trouve êmement riche et à peu près du même âge que
celui de la grotte n° 1 (Interglaciaire Mindel- hors de la fouille principale et les raccords
stratigraphiques se font indirectement : il Riss), permit de recueillir une masse énorme
semble cependant que les sédiments de la de renseignements qui complètent les données
zone V soient un peu plus anciens que ceux acquises au cours des dix campagnes de fouilles
de la fouille principale ; ils ont livré de nomprécédentes. Depuis 1972, seule l'étude de la
breux ossements d'Équidés (fouilles 1974). grotte n° 1 a été poursuivie.
Avant d'aborder l'étude du cheval de Le remplissage de la grotte IV est partiell
Lunel-Viel, objet de ce travail, il est bon de ement contemporain du précédent et comporte
rappeler le contexte géologique et archéologique deux ensembles sédimentologiquement diffé
dans lequel se trouve le matériel étudié. renciés : des argiles rouget (a.r.) à la base,
Gallia Préhistoire, Tome 23, 1980, 2. ,
,
,
234 MARIE-FRANÇOISE RONIFAY
p a r s
1 Lunel-Viel (Hérault), grotte 1 du Mas-des-Caves. Coupe.
surmontées par un ensemble sableux jaune proto-levallois et levallois) permettent de
(s.j.) légèrement postérieur à tout l'ensemble déterminer l'industrie de Lunel-Viel comme un
de Lunel-Viel I. Acheuléen moyen archaïque, riche en galets
aménagés, pauvre en racloirs et en bifaces,
présentant une relative abondance d'encoches 2. Industries humaines et structures d'habitat. et outils denticulés. Il s'agit très probablement
L'industrie lithique de la grotte n° 1 est d'un faciès particulier de l'Acheuléen moyen
relativement pauvre mais paraît être homogène (E. Bonifay, 1976).
dans l'ensemble du remplissage (fig. 2). Elle L'industrie osseuse est abondante et com
comporte une forte proportion d'outils sur porte un grand nombre d'ossements sommaire
galets (environ 70 % de l'outillage) : choppers, ment aménagés et utilisés (diaphyses d'os
chopping-tools, encoches, denticulés. Les outils longs de grands mammifères), de rares outils
sur éclats comprennent des denticulés (environ très élaborés (poinçon, ciseau), et quelques
12 % de l'outillage), des encoches (2,5 %), racloirs et denticulés taillés dans des esquilles
des encoches clactoniennes (environ 1 %), osseuses (E. Bonifay, 1977) (fig. 2 et 3).
des becs burinants alternes (5 %), et des Les structures d'habitat, enfin, sont très
racloirs, assez peu nombreux (8 % de l'outil élaborées. Des cabanes sous grottes ont été
lage) présentant très rarement une retouche construites par les hommes préhistoriques et
écailleuse scalariforme (1 seul exemplaire). soigneusement aménagées ; elles sont parfois
Les bifaces existent mais sont rares (entre 1 limitées par des murs en pierres sèches et
et 2 % du total de l'outillage). comportent, à l'intérieur, des foyers construits,
Ces caractères typologiques, ainsi que les des litières, des sols dallés. En 1976, la pré
techniques de taille (apparition du débitage sence d'un plancher de branchage a pu être
levallois, mais peu employé : 7 % d'éclats mis en évidence dans l'une de ces cabanes > r
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10 11 12
3 Industrie osseuse. OJ to O 2 Industrie lithique et osseuse. MARIE FRANÇOISE BONIFAY 236
datant du Mindel-Riss. Les caractères des entre la fin des faunes villafranchiennes et
sols d'habitat paraissent traduire une occupa l'établissement des quaternaires.
tion discontinue de la grotte n° 1, peut-être Il est donc particulièrement intéressant de
saisonnière, mais qui s'est étalée sur un temps connaître les caractéristiques anatomiques du
très long, de l'ordre de 60 à 100 000 ans. cheval de Lunel-Viel et d'essayer de le relier
aux formes qui le précèdent et à celles qui le E. Bonifay. suivent.
Le matériel des grottes de Lunel-Viel pro
vient soit de la grotte principale (Lunel-
Viel I = LV I) soit de la galerie amont découÉtude paléontologique
verte en 1971 (Lunel-Viel IV = LV IV). Nous
La faune de la grotte n° I est une faune désignerons chaque fossile par des lettres et
tempérée ou dominent les Bovidés (Bos primi- des chiffres donnant successivement : sa
genius Bos. et Bison sp.), les Cervidés (Cervus grotte d'origine, sa couche d'origine, son
elaphus L., Euctenoceros méditer raneus M. -F. numéro dans l'inventaire général (parfois les
Bonifay, et Capreolus cf. sùssenbornensis) et les deux dernières données sont seules mentionn
Équidés, parmi lesquels les grands chevaux ées, lorsque la grotte d'où ils proviennent
qui font l'objet de ce travail. est clairement désignée par avance).
La liste complète de la grande faune est
riche en espèces : Dicerorhinus etruscus Falc, I. Crâne et dents. Cuon prisais Thenius, Canis lupus lunellensis
M. -F. Bonifay, Vulpes vulpes L., Felis (Lynx) Le matériel étudié est abondant, général
spelaea M. Boule, Felis (Lynx) cf. pardina, ement en bon état, mais l'importance de
Felis spelaea Gold., Felis monspessulana M. -F. l'influence humaine se traduit par un désé
Bonifay, Felis (Panthera) lunellensis M. -F. quilibre numérique. Ursus deningeri Von Reich., Crocula Crâne et dentition supérieure. LV I-zone V- spelaea intermedia de Serres, Hyaena prisca 10110 : crâne d'animal âgé avec toutes les de Serres, Mustela palerminea Petenyi, Luira dents molaires assez usées, incisives et canines sp., Mêles ihorali spelaeus. absentes ; 9-2096 : palais d'adulte avec toutes « En effet il faut admettre plusieurs espèces les dents molaires ; 4-2150 : fragment de palais de chevaux et au moins deux, parmi les débris avec 3 dents de lait et les bourgeons de dents dont les limons de Lunel-Viel ont conservé définitives déjà visibles; 10-5072 : fragment les traces1»... Comme Marcel de Serres le de palais avec D2-D3 et D4 en train de constatait dès 1828, les grottes de Lunel- sortir. Viel ont livré au moins deux espèces d'Équidés ; LV IV-14059 (s.j.) : palais avec Mj_ gauche les restes les plus abondants proviennent d'un et D2 encore en place mais très usée. vrai cheval et sont l'objet de cette étude,
Mandibules et dentition inférieures. LV 1-4- un prochain travail sera consacré au petit
579 : fragment de branche horizontale avec âne fossile pleistocene qui l'accompagne.
P3, P4, MT et M2 gauches ; 2-1976 _ fragment Les restes de chevaux de Lunel-Viel pré M2~ de branche horizontale avec PS, P4, Ml, sentent le double intérêt de se situer d'une
et M3 gauches ; 2-81 : fragment de branche part dans une période mal connue, à la fin
horizontale avec P4, MT, M2, et M3 droites. du Pleistocene moyen durant l'interglaciaire
LV IV-14051 (s.j.) : mandibule complète Mindel-Riss, et d'autre part à la charnière
dont les branches montantes sont cassées,
mais qui porte toutes les dents ; 14672 (a.r.) :
fragment de branche horizontale avec les
6 molaires gauches en connexion ; 15671 (a.r.) : 1. M. de Serres, Recherches sur les ossements fragment de branche avec les fossiles des cavernes de Lunel-Viel. Mémoires du
6 molaires gauches en connexion. Museum, 17, 1828, p. 171. :
CHEVAL DE LUNEL-VIEL 237
Répartition des dents isolées2. LV 1-1 : 1 I, Suture des nasaux
ID, 1 bourgeon inf.
LV 1-2 : 1 C, 2 M 1.-2, 1 P3-4.
LV 1-3 : 2 M 1.-2, 2 M 3, 1 bourgeon sup.
LV 1-4 : 1 P3-4, 1 M 1.-2, 3 bourgeons sup.,
4 D, 3 bourgeons inf.
LV 1-5 : 1 I, 5 sup., 3 D.
LV 1-6 : 1 I, 1 C, 2 P2, 1 P3-4, 2 M 1.-2, 2 bour
geons sup., 2 bourgeons inf.
LV 1-7, 8 : 1 P2~, 1 P3-5.
LV 1-9 : 3 coins, 2 pinces, 6 mitoyennes,
Fosse malaire «a- 1 i, 1 G, 1 P2, 2 Ml_-J, 1_M3, 1 D, 1 bour
geon sup., 2 P2, 5 P3-4, 1 D, 3 bourgeons inf.
LV 1-10 : 1 pince, 2 -D, 4 sup., 0 1 2 3cm
1 P2, 1 D.
LV 1-11 : 2 i, 4 bourgeons sup.
4 Crâne 10110. Profil pris à l'aplomb de M2. Tr. M. de S. : 1 P3-4.
Zone V : 1 C, 1 P2, 1 Ml-2, 1 D.
LV IV a.r. : 2 coins, 1 mitoyenne, 1 D.
dont la longueur basale atteint 580 mm. On LV IV s.j. : 1 coin, 2 mitoyennes, 1 pince,
n'observe pas de bombement du front entre 1 P2, 1 P3-4, 1 M3, 4 D, 1 P3-4, 1 D.
les orbites comme sur le cheval de Sténon.
1. Le crâne (fig. 4 à 6, tabl. 1). Norma lateralis. Le profil est parfaitement
rectiligne sans trace de bombement du fronLe crâne trouvé dans la zone V de la grotte I tal comme chez les chevaux villafranchiens. est pour l'instant un spécimen unique, dont L'échancrure nasale est assez prononcée et l'importance est grande. En effet, l'anatomie atteint le milieu de P2 ce qui est une position crânienne des Équidés a pris ces dernières intermédiaire entre ce que l'on observe chez années un regain d'intérêt et se trouve être le cheval actuel (bord antérieur de P2) et pour certains auteurs actuels, à la base de celle du cheval sauvage de Przewalski (bord toute classification. Si cette optique offre la postérieur de P2). Une coupe transversale possibilité d'effectuer des coupures taxino- qui prolonge l'axe longitudinal de M2 passe miques bien visibles et sûres, son application d'abord par une fosse malaire peu importante, se trouve limitée en Paléontologie par la puis une fosse prélacrymale peu marquée et rareté des crânes fossiles. Puisque les grottes aboutit dans une dépression au fond de de Lunel-Viel nous ont heureusement livré laquelle se trouve la suture des os nasaux un crâne de cheval, nous allons essayer d'en (fig. 4). Ce profil est bien plus régulier que celui déchiffrer les principales caractéristiques mor figuré par J. Viret d'après les crânes d'Equus phologiques. stenonis de Saint-Vallier. Le crâne 10110 est d'une taille moyenne : Notre fossile s'éloigne de façon assez évidente sa longueur basale est de 510 mm. Sa longueur des Équidés villafranchiens car il n'en possède totale devait être environ de 540 mm, mais ni les fosses profondes, ni le front bombé, la crête occipitale qui est incomplète ne mais seulement la gouttière longitudinale permet pas de prendre de mesures précises. médiane. Ce dernier caractère, que l'on retrouve Assez bien proportionné, l'aspect général n'est chez Equus mosbachensis* , peut-être considéré ni celui d'un crâne globuleux comme chez
l'âne, ni celui d'un crâne très allongé comme
celui du cheval mindélien (E. mosbachensis) 3. D'après V. Gromova cette cavité longitudinale
se trouve chez les formes fossiles que sont E. sanmenien-
sis, E. sivalensis, E. namadicus, et chez l'hémione,
2. I : incisive ; C canine ; D : dent de lait. les zébus et E. somaliensis parmi les Équidés actuels. i
!
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CO 00
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H 5 Crâne 10110. Profil.
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H- o ce ffi
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6 Crâne 10110. Face supérieure. CHEVAL DE LUNEL-VIEL 239
comme un caractère archaïque, alors que 37,6 et 41,6. Le cheval de Mosbach l'est déjà
l'allure générale du crâne dénote au contraire un peu moins avec un indice de 42,5. Les che
un animal franchement caballin. C'est le cas vaux préwiirmiens du complexe de Khozar
de l'angle formé par la face et le cerveau qui, en Russie varient entre 42,8 et 44,1. Le max
mesuré avec la méthode d'Osborn, est de imum observé par V. Gromova sur les chevaux
l'ordre de 15 à 17° ce qui est un caractère fossiles est 44,8 sur un crâne de l'Ile Kotickny
évolué, les chevaux pliocenes ayant des angles d'âge Pleistocene supérieur. En France, j'ai
autour de 20°. calculé d'après les mesures de F. Prat, que le
Les orbites sont situées en arrière de M3 crâne de Grenelle (E. cab. cf. germanicus)
et sont peu saillantes ; on peut calculer un possédait un indice de 41,9 et celui de Teyjat
indice de l'orbite égal à 87 4. La longueur de (E. cab. cf. gallicus), un indice de 44,0.
la boite crânienne mesurée du milieu de la Autrement dit, le cheval de Lunel-Viel se
ligne joignant les bords postérieurs des orbites rapproche des Equus caballus brachycéphales
au milieu de la crête occipitale est de 170 mm comme le cheval de Solutré et ceux de Khozar
environ. en Russie. Il s'agit cependant d'une brachy-
céphalie toute relative car si le fossile de Lunel- Norma verticalis. La face est relativement
Viel s'éloigne des chevaux villafranchiens, il longue ; sa longueur mesurée du prosthion
ne se groupe pas pour autant avec les Équidés aux bords supérieurs des orbites est de 400 mm,
franchement brachycéphales comme les ânes. l'indice correspondant est de 78,4, supérieur La largeur maximum de la boîte crânienne mais de peu à ceux de E. caballus chosaricus
est de 114,4 ce qui nous fournit un indice de et d'jE. caballus missi (76 à 77,9) de Khozar 22,3 qui est proche de 21,9 (indice d' Equus en Russie.
mosbachensis) et légèrement inférieur aux La largeur du museau est aussi un caractère
indices des crânes du Pleistocene supérieur important. Mesurée aux bords postérieurs de
de Russie. Ce chiffre se rapproche aussi de ceux 13 elle est de 75 mm, ce qui donne un indice
d'E. chosaricus du préwûrmien russe et de (toujours calculé en rapport avec la longueur
Equus caballus gallicus de France. Le rapport basale du crâne) de 14,7 ; ceci est plus fort de la largeur de la boîte crânienne mesurée que chez Equus mosbachensis (12,9) et dénote
aux apophyses paroccipitales à la largeur une région incisivale large comparable à celle
postorbitaire est de 112/230 = 0,48, ce qui des Equus caballus évolués et plus précis
se rapproche des. rapports trouvés chez les ément des sous-espèces missi et chosaricus de
poneys mais s'éloigne largement de ceux Russie. A titre comparatif, je pense nécessaire
observés chez les zèbres (0,53 à 0,60). de rappeler ici que les zèbres, dont le museau
Norma basilaris. Le palais n'est pas conservé est très étroit, fournissent des indices situés
et seule la rangée dentaire gauche est complète. entre 11,7 et 13,9 (R. Hoffstetter, 1952).
Grâce aux alvéoles on peut calculer les difféLa largeur du front n'est pas aussi impor
rents diastèmes : I3-C = 24,8 mm, et C- tante que chez les ânes ; mesurée au niveau
P2 = 65,0 mm. La longueur I Ï_~P2 donne du bord postérieur des orbites elle est de
un indice toujours relatif à la longueur basale, (112 mmx2) =224 mm, l'indice céphalique
de 25,4, qui est proche de celui d'Equus atteint 43,9. Chez les ânes qui sont fortement
chosaricus (23,1-24,8) mais inférieur à Equus brachycéphales, d'après R. Hoffstetter cet
mosbachensis (27). La rangée des dents molaires indice vaut 46,7-50,8. Un cheval domestique
est courte et donne un indice de 32,7, qui est fournit à ce même auteur un indice de 39,8.
comparable à celui d'Equus mosbachensis et Dans le travail de V. Gromova, on constate
au Pleistocene supérieur d'Equus caballus que les chevaux du Pliocène supérieur, qui sont
germanicus. La plupart des autres chevaux dolichocéphales, ont un indice qui varie entre
fossiles ont des indices supérieurs à 33.
La présence d'une forte canine (vu le dévelop
pement des alvéoles) permet d'attribuer ce 4. Calculé en effectuant le rapport du diamètre
crâne à un mâle. Pour essayer de faire une maximum au diamètre minimum. :
240 MARIE-FRANÇOISE BONIFAY
0 1 2 3cm
7 En haut : rangée dentaire supérieure gauche du crâne 10110. A droite : dents de lait supérieures ; a et b, D3_ et
D4 droites (LV 1-10.4990 et 10.4933) ; c et d, D2 et D3 droites (LV I IV-13.739 et 14.739). En bas incisives ; 1, incisive
inférieure (pince) provenant d'un cheval de 6 ans environ (9-12797) ; 2, incisive supérieure (mitoyenne) provenant
d'un cheval de moins de 7 ans (9-2071) ; 3, incisive supérieure (mitoyenne) d'un cheval de 7 ans environ (9-12796) ;
4, incisive inférieure (coin) d'un cheval de moins de 8 ans (1-793) ; 5, incisive inférieure (coin) d'un cheval de 8 ans
environ (LV IV- 15674).
étude plus complète du palais, j'ai dû travailler Przewalski, dont le palais est plus allongé
sur le fragment n° 9-2096 qui n'est pas déformé vers l'arrière et atteint les lobes postérieurs
et porte les deux rangées dentaires. La conca de M3, et proche de celle d'Equus mosbachensis
vité que l'on peut observer est bien moindre dont le palais ne dépasse pas les lobes antérieurs
que celle notée par J. Viret sur E. stenonis de M2. Enfin, le foramen palatin, conservé
de Saint- Vallier : le plan qui réunit les bords du côté gauche, débouche au niveau de la
alvéolaires de P3 passe environ 10 mm au- partie antérieure de M3, caractère considéré
dessus de la ligne de suture des deux maxillaires comme relativement évolué par R. Hoffstetter.
(20 mm à Saint- Vallier). De même la distance
2. Les dents supérieures (fîg. 7 et 8, tabl. 2, 4 entre les bords internes de M_l qui mesure
et 5). 79 mm est supérieure à celle du cheval de
Stenon (maximum 75 mm), le maximum L'élude des incisives permet de constater
d'écartement entre les deux rangées dentaires qu'elles possèdent toutes un cornet externe.
se situe entre les M2 comme chez les vrais Elles présentent l'intérêt palethnographique
chevaux. Il semble bien que l'échancrure de permettre de déterminer avec une assez
post-palatine n'ait pas porté de pointe médiane. grande précision, l'âge des chevaux de Lunel-
En arrière, le palais atteint largement M2, Viel. Toutes les pinces sont rasées à coupe
ce qui est une position différente de celle que ronde ce qui correspond à 6 ans d'âge, sauf
l'on observe sur le crâne du cheval de 6-16860 qui provient d'un animal plus jeune. DE LUNEL-VIEL 241 CHEVAL
8 Palais (9-2096).
Les mitoyennes correspondent toutes sauf sur les molaires, ils sont légèrement cannelés,
trois, à des chevaux dont l'âge est inférieur voire simples sur les M3. Les replis d'émail
à 7 ans (environ 6 ans) car elles sont de coupe sont épais et peu plissés, l'hypsodontie paraît
assez faible. Ce dernier caractère ainsi qu'un ovale, pas encore rasées ; par contre 9-1586,
certain allongement du protocone peuvent être 9-12786 et IV-16371 proviennent de chevaux
âgés de plus de 7 ans. L'usure des coins corre considérés comme archaïques ; l'indice du
spond à des chevaux âgés de 5 à 7 ans, deux protocone est toujours supérieur à 40, sauf
incisives de la grotte IV (15497 et 15673) sur P2, ce qui est un caractère franchement
dénotent des bêtes plus âgées, 8 ans environ. caballin, ainsi que la forme des faces inter-
stylaires qui sont concaves vers l'extérieur. D'après la totalité des incisives, il apparaît
La forme du protocone est assez constante ; qu'il n'y a pas de bêtes âgées et que l'âge
il est rarement bilobé et seulement cannelé moyen des adultes tués par les chasseurs
du côté lingual sur les prémolaires médianes, paléolithiques est assez constant : il s'agit
et particulièrement allongé sur les M3 ; sur de jeunes adultes entre 5 et 8 ans.
deux d'entre elles, on peut observer la présence
d'un îlot d'émail isolé dans l'angle postéro- Molaires supérieures définitives. Sur les
prémolaires, les styles sont dédoublés alors que externe de la dent. V. Gromova observe le

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