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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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LE
et
RHINOCÉROS léhistnodirees sa fuatnhteansttiiqquueess ge
de Luca M.
Venturi
L’anthologie d’objets originaux inspirés du rhinocéros, tirés de la collection d’Emilio Gargioni, confirme l’engagement de la banque BSI qui, encore une fois, exprime un lien fort avec la culture et une vocation à " communiquer l’art ".
À cette occasion, nous dépassons les frontières de la création rigoureusement cultivée, pour porter à la connaissance du grand public un protagoniste insolite comme le rhi-nocéros dans les interprétations zoomorphes d artistes célèbres, d’artisans anonymes et d’un marionnettiste talentueux comme Gigio Brunello. Outre la grande valeur intrinsè-que de ces travaux, ces derniers présentent aussi un intérêt extraordinaire du point de vue de la vivacité, du goût et de l’actualité culturelle.
Emilio Gargioni est considéré comme le principal collectionneur européen d’œuvres d’art sur le thème du rhinocéros, souvent commandées à des artistes contemporains, avec 700 pièces entre tableaux, dessins, œuvres graphiques et illustrations, 60 sculptu-res, 150 estampes anciennes, 300 objets divers, beaucoup d’art appliqué, qui attestent la vitalité et la fascination que ce périssodactyle gigantesque, mammifère ongulé au nombre impair de doigts, suscite dans l’âme de l’homme.
BSI, qui s’attache depuis toujours à présenter les multiples formes du collectionnisme, y compris du plus singulier, propose dans les vitrines de ses sièges ces œuvres dont la valeur n’est pas seulement déterminée par l’originalité et la beauté, mais largement inspirée de mythes, histoires et légendes, comme stimulation à l’étude et à l’approfon-dissement d’un thème beaucoup plus ample, comme celui de la protection de la Nature, traité ici par la fusion entre moyens et inspiration et entre raison et émotion.
La banque BSI s’enorgueillit d’une ancienne tradition consistant à organiser des exposi-tions d’art, des manifestations musicales, à promouvoir des recherches scientifiques, des projets innovants, des conférences et des bourses d’étude pour favoriser la formation de jeunes talents. La culture, donc, comme stimulation au développement et au progrès, moment d’agrégation sociale, et opportunité d’enrichissement moral pour l’homme.
Cette sensibilité spéciale pour le soutien des arts s’est développée dans le temps, garan-tissant aussi l’acquisition d’œuvres importantes regroupées au sein de la BSI Art Collection et à travers l’organisation de grands événements musicaux comme le projet Martha Argerich qui enrichissent la vie culturelle et encouragent la collaboration trans-nationale.
L’Afrique est le pays des monstres; toutes les espèces d’animaux nocifs et prédateurs séjournent sans être presque jamais dérangées dans les déserts vastes de ce continent, et se multiplient facilement par la chaleur excessive du climat.
Atlas de M.A. Le Sage, Venise, 1826
Il existe, si lon sait les chercher, des itinérairesévocateurs, des adresses vraies pour des lettr écrites qui tracent un sentier subtil, loin des lieux communs qui ont rendu trop brèves les notre temps. Il existe, si lon a le courage de les entreprendre, des parcours de rêve, oùlo vre la véritédans chaque homme. Lhistoire du rhinocéros est un journal de voyage autou tures et de légendes, toutes vraies. Cest une histoire dexplorateurs blancs, de créatures i de phénomènes exceptionnels, de sorciers diaphanes, de nymphes inquiétantes, une faun qui remonte aux origines du monde, qui naît dans le vent, de la terre, de leau, du feu, célé le rite ancien de la science occulte, de la védes armes des dieux et des hnerie, éros. No vrons ainsi, et nous apprenonsàconnaître, un monde oubliéfait de personnagesénigmatiq époque sansâge, mais si présents dans le troisième millénaire.
Les rhinocéros se trouvent sur la planète Terre depuis plus de 50 millions dannées. Ancie ilsétaient présents avec une grande variétédespèces et ils ont connu une large diffusion de àlAmérique du Nord, sans oublier lAfrique et lAsie oùil en existe cinq espèces, divisée sous-espèces. Elles sont toutesàrisque d total, les estimations actuelles pextinction. Au seulement 17 500 exemplaires ayant survécuàl’état sauvage et 1200 en captivité. Deux rhinocéros survivants appartiennentàlespèce Rhinocéros blanc, en plus des 3100 Rhinocé 2400 Rhinocéros Indiens/Népalais, près de 300 Rhinocéros de Sumatra et presque 60 R de Java. Situation désespérée, ou presque, mais dans les années 2000, il est possible dach lement un rhinocéros blanc sur Internet pour une somme entre 180 000 et 250 000 ran que pour une automobile, le couple coûte seulement entre 390 000 et 450 000 rands
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verture du rideau qui les sépare, se résout par la fuite de l’éléphant. Cest de cette preuve de force quAlexandre de Médicis, premier duc de Florence, tira son emblème, un rhinocéros avec la devise espagnolenon bueluo sin vincer, " je ne reviens quen vainqueur ". Plus tard, le mission-naire Jeronimo Lobo (1593-1678) rapporte encore que " en Abyssinie on trouveégalement le rhinocéros, ennemi mortel de l’éléphant ". Francis Barlow5(1626-1704) dans une demi-teinte présentée le 26 janvier 1684 sur laLondon Gazettereprésente le rhinocéros de Dürer, maisà cinq pattes, qui combat contre unéléphant et offre une synthèse improbable entre Pline et Ganda, faisant passer le dessin pour un portrait daprès nature dun rhinocéros venant darriver àLondres en provenance des Indes.
En revanche,àla fin du XXe siècle, dans le Pilanesberg National Park, quelques jeuneséléphants introduits dans le parc ont tuétreize rhinocéros blancs par manque dun bon exemple de la part des adultes.
Les foules arrivent de toute lEurope pour admirer le rhinocéros, surnomméGanda en raison de son nom indien, jusqu’àce quil soit envoyé àRome comme présentàJean de Médicis Pape Léon X (1475-1521) pourêtre opposé en combatà l’éléphant dans lAmphithéâtre, comme aux temps anciens, mais, après lescale de Marseille oùle phénomène est examinépar les rois de France, le 24 janvier 1516, le bateau fait naufrage.
Paolo Giovio (1483-1552)écrit " il mare invidiòe tolse all'Italia questa bestia di inusitata fierez-za, la quale si haveva a mettere a combattere nell'arena dell'Anfiteatro con l'elefante, percioc-chéil naviglio nel quale egli era menato, urtando agli scogli della riviera di Genova andòa tra-verso per fortuna di mare e ciòfu con tanto maggior dolore di ognuno, poichéla bestia, la quale era usata a passare il Gange e l'Indo, altissimi fiumi del suo paese, fu creduto che anche avreb-be potuto venire a riva sopra a Porto Venere, ancora che ella sia asprissima per duri sassi; se non che, trovandosi impedita da catene grandi, benchémolto superbamente facesse ogni sfor-zo per aiutarsi, fu peròIl semble, en revanche, que linghiottita dal mare ". ’éléphant, dit Annone, soit arrivé àRome, suscitant un vif intérêt pendant deux années, jusqu’àsa mort prématurée, pourêtre aussi représentépar les plus grands artistes de l’époque dont Raffaello Sanzio.
Sur lhistoire de Ganda, en 1515, le médecin floren e nature e costumi de lo Rinoceronte stato condotto i altre cose condutte dalle insule nouamente trouate".
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En 1937 lhistorien Abel Fontoura da Costa (1869-1940) publieLe Deambulazioni del rino-ceronte di Muzafar, re di Cambaia, dal 1514 al 1516.Encore au XXe siècle, lhistoire de Ganda inspire le livreLe rhinocéros du papede Lawrence Norfolk de 1996, revisitée comme une tentative, de la par t des espagnols et des por tugais, de corrompre Léon X.
Un deuxiè avec une seule corne et un seulme exem laire indienœil arriveàLisbonne en
de métissage culturel, comme dans le cas des dessins persans et indiens qui ne reproduisent pas les traits des autochtones originaux, mais reprennent les lignes des illustrations, inexac-tes et approximatives, occidentales, comme la mis enévidence le botaniste allemand Engelber t Kempfer (1651-1716 ; il introduit le soja en Occident) en 1684, qui remarque les lignes dune gravure du flamand Philippe Galle (1537-1612) dun rhinocéros arrivé àMadrid en 1586 dans le dessin dunkarkaddaneffectuéen Perse.
On a finalement une illustration correcte du rhinocéros asiatique dans lesVoyages du Chevalier Chardin en Perse et autres lieux de lOrientde 1711, du joaillier français Jean Chardin (1643-1713, un grand voyageur, si bien que sa pierre tombaleà l teWestminster porinscrip-tionnomen sibi fecit eundo) qui en voit un en Perseàla cour du Chah.
Un autre rhinocéros ayant eu de la chance dans lar t est Clara, le cinquième de lespèceà arriver vivant en Europe. Capturé ten Assam et offeràJan Alber t Sichterman, directeur de la station de la Compagnie des Indes Orientales au Bengale, il est gardé àla maison pendant deux ans, mais aprè au capitaine Douwe Mout van der Meer du ts avoir grandi, il est offer bateauDe Knappenhof. Débarqué àRotterdam le 22 juillet 1741, van der Meer expose Clara pendant des annéesàLeyde, en Hollande et dans toute lEurope, suscitant une vive impres-sion jusqu’à de l tla moranimal, le 14 avril 1758. " Clara " est représentépar Jan Wandelaar4 (1690-1759)à Amsterdam, le premier rhinocéros dessiné daprès nature, dans la gravure Image vraie dun rhinocéros vivant, impriméeà Mannheim en 1747. Il estégalement vu par Giacomo Casanova (1725-1798) et par le naturaliste Georges Louis Leclerc, comte de Buffon5(1707-1788) qui reproduit un dessin du périssodactyle réalisé en 1749 par Jean-Baptiste Oudr y (1686-1755) dans sonHistoire naturelle: générale et particulièrede 1749-1789. Son image plus célèbre est signée Pietro Longhi6(environ 1702-1785) qui ne manque pas d aussi les fum taliseren immorées, reprenant un aspect déjàvu dans une gravure de Jean Duvet (1485-environ 1560) où teun chasseur appor les fumées d" unicorne " au roi Henri II et Diane de Poitiers pour que les illustres personnages jugent de la taille d lanimal. Longhi e réalise deux tableaux commandés par Giovanni Grimani et Girolamo Mocenigo, intitulésLe Rhinocéros vde 1751, un conseré àCa' Rezzonico et lautreàla National Galler de Londres, y (un troisième, avec le rhinocéros tournévers la gauche, se trouveàVicenza) inspirés de la visite de ClaraàVenise lors du carnaval de 1751. En 1750àRome, en payant " due pavoli per i primi posti, un pavolo per i secondi e tre baiocchi per gli ultimi ", on peut admirer un rhinocé Thermesros dans une cabane aux de Dioclétien, peut-être Clara, que lon disait avoir capturéen Asie dans lesÉtats du Grand Moghol, et qui pesait " 7500 libre romane, mangiava 45 libre romane di pane, 100 libbre di fieno e beveva 14 secchi d'acqua e perfino birra ".
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Un animal tellement extraordinaire quon lui a dédié une médaille commémorative, tandis que le Marquis Scipione Maffei en tira une monographie. Toujours au XVIIIe siècle, appa-raissent les rhinocéporcelaine, comme celui de 1732 de Johann Gottliebros de Meissen en Kirchner (1706-?). En France, le premier exemplaire empailléduMuséum National dHistoire Naturelleest précisément un rhinocéros, asiatique, du roi Louis XVI, traitépar le taxidermi-ste en 1793. Parmi les ar tistes du XXe siècle qui sintéressent au rhinocéros, citons Rembrandt Bugatti (1884-1916), Henr y Moore (1898-1986) et Graham Sutherland (1903-1980), Pino Pascali (1935-1968) et Mario Merz (1925-2003) quiécrit en 1961 " Jai réévalué la nature mythi-que, parce quen véritécette nature mythique nexiste plus. Je la réévalue comme imagina-tion, ce sont des animaux mor ts, nest-ce pas ? Détruits. Lesélans, les cerfs, les crocodiles, les éléphants, les rhinocéros sont des animaux qui nexistent plus, ils sont passésà lhistoire " pour ne pas citer les centaines dar tistes dans la collection Gargioni, dAndy Warhol (1928-1987)àValerio Adami, dEmilio Tadinià Fabrizio Clerici. Piero Travaglini1en 1977 réalise la sculpture présente sur la promenade du bord du lac de Lugano. Mais cest pour le peintre surréaliste Salvador Dalì(1904-1989) que la corne de rhinocéros est une forme organique parfaite, reprise plusieurs fois dans son travail. En effet, les cornes de rhinocéros abondent dans le tableauJoven virgen autosodomizada por los cuernos de su propia castidadde 1954, dont Dalì écrit que " El cuerno del rinoceronte es en realidad el cuerno del legendario uni-cornio, síla castidad. La joven dama puede escoger si apoyarse en el o jugar moral-mbolo de mente con el, tal como se hacía en laé ". tesanopoca del amor cor
lar tiste décrit comme une spirale plane logarithmique,à et de t base de tout le grand ar la toute forme de vie sur la planète. Cette théorie de sesœuvres " corpusculaires-rhinocérotiques" aégalementétédiscutée avec Matila Ghyka, exper en g téométrie de lUniversity of Southern California. Des années plus tard, Dalì tetrouvera une sor de confirmation de sa conviction dans la dé de Crick et Watson de la structure hcouver teélicoïdale de lADN. Et ce nest pas tout. À t Por Lligat, l’été 1955, Dalì sa femme russe Gala peint3(Helena Ivanovna Diakonova, 1894-1982. En 1913àelle fait la connaissance du po en Suisse,  Clavadel,ète Paul Eluard, 1895-1952, quelleépouse en 1917, pour ensuite se marier avec Dalìen 1929) qui tient une corne de rhinocéros dans une reconstitution idéale de l Vermeer. La corne est utilisatelier deée aussi pour exécuter dautresœuvres dont une série du Don Quichotte réalisée dans les rues de Montmar tre, et4
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