Rivières à méandres encaissés et terrains à méandres - article ; n°100 ; vol.18, pg 311-327

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Annales de Géographie - Année 1909 - Volume 18 - Numéro 100 - Pages 311-327
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 11 janvier 2012
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Antoine Vacher
Rivières à méandres encaissés et terrains à méandres
In: Annales de Géographie. 1909, t. 18, n°100. pp. 311-327.
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Vacher Antoine. Rivières à méandres encaissés et terrains à méandres. In: Annales de Géographie. 1909, t. 18, n°100. pp.
311-327.
doi : 10.3406/geo.1909.6666
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1909_num_18_100_6666311
RIVI RES ANDRES ENCAISS
ET TERRAINS ANDRES
PHOTOGRAPHIES PL XII-XV
Méandres encaissés et rivières antécédentes Quand on étudie le
modelé des vallées le méandre encaissé apparaît toujours comme
une antinomie Le méandre témoigne un stade de maturité ou de
vieillesse dans évolution une vallée les eaux courantes ont eu le
loisir de travailler dans le plan vertical et dans le plan horizontal la
pente du profil longitudinal est faible il existe une vallée mineure
pour les basses eaux et une vallée majeure que les eaux de crue rem
plissent seules sur le plafond de la vallée majeure les eaux de crue
se déplacent latéralement elles dessinent des méandres sous la
pression du moindre obstacle encaissement est au contraire un
signe de jeunesse les versants forte pente témoignent que érosion
latérale point encore eu le temps de exercer Encaissement et
méandre sont donc deux détails morphologiques contradictoires
On échappe ordinaire cette contradiction en admettant que
les méandres encaissés divagants origine se sont imprimés peu
peu dans un substratum de roches dures en voie de soulèvement
lent2 On coutume de se rallier ce mode explication pour les
méandres encaissés décrits par la Meuse pendant sa traversée du
massif de Ardenne3 pour les méandres encaissés décrits par les
rivières qui drainent le Massif Central4 On attribué aussi un sou
lèvement en masse de la plate-forme normande les méandres encaissés
de la basse Seine5 Dans ces trois cas cours eau et méandres ont
existé avant les vallées qui les abritent hui on les qualifie
pour cette raison antécédents
Sur la fa on dont une rivière méandres élargit sa vallée et crée un lam
beau de plaine inondation intérieur de chacune de ses courbes voir
W.M DAVIS Physical Geography 1899 241 et fig 152 ID. Atlas for Prac
tical Exercises in Physical 1908 pl fig
DE LA NOE et EMM DE MABGERIE Les formes du terrain 1888 69
DE LAPPARENT Le ons de ographie physique éd. 1907 165 et suiv
CORNET Etudes sur volution des rivières belges Ann Soe Géol de Bel
gique XXXI 1904 Mém.) 330-335 DE LAPPARENT ouvr cité 167 et suiv
DE LAPPARENT ouvr cité 166 et suiv
DAVIS Physical Geography 253 OGRAPHIE RALE 312
Méandres encaissés et rivières épigénétiques explication des
méandres par soulèvement lent du substratum encaissant
ne vaut pas pour tous les cas un certain nombre de rivières origi
nelles ou de rivières subordonnées qui drainent le secteur méridional
du Bassin Parisien la Creuse entre Saint-Gaultier et Le Blanc et la
Bouzanne dans son cours inférieur Arnon Auron et le Cher pen
dant leur traversée du plateau jurassique du Berry la Grande Sauldre
un peu avant son confluent avec le Cher Indroye affluent de Indre
décrivent des méandres encaissés de petit rayon Il ne saurait être
question pour les expliquer un soulèvement en masse du secteur
méridional du Bassin Parisien le Bassin Parisien dans son ensemble
correspond une zone ennoyage des plis hercyniens des mouve
ments épirogéniques de sens contraire ont pu produire au cours
de époque tertiaire mais au total on doit le considérer comme
une région affaissement
Nous avons proposé ailleurs une explication de ces méandres en
caissés susceptible de accorder avec cette conception1 Ramenée ses
traits essentiels notre explication peut se résumer ainsi dans chaque
cas observé les affleurements qui enserrent les méandres encaissés
sont toujours constitués par des roches relativement résistantes ces
roches cause de leur résistance même méritent être désignées
sous le nom de terrains méandres Au-dessus elles il est tou
jours possible de reconstituer une couche recouvrante celle-ci était
une couche tendre elle représentait la surface structurale sur laquelle
les cours eau ont commencé couler elle disparu en totalité ou
en partie par effet de érosion qui est exercée normalement Dans
état actuel vallée méandres encaissés et plateaux qui encadrent
correspondent une surface topographique différente de la surface
structurale3
Reportons-nous maintenant par la pensée au moment où le cours
eau que nous considérons commence la transformation de la surface
structurale en surface topographique il entame sans peine la couche
tendre qui seule affleure il la coupe verticalement en même temps
il la déblaie latéralement si la pente est faible et il décrit des
méandres Il arrive au contact de la couche dure sous-jacente un
VACHER Le Berry Contribution étude géographique une région fran
aise Paris 1908 229 279 et suiv
On trouvera dans BACH Die Théorie der Berr/Zeichnung Stuttgart 1853
36-37 et pl xvii indication très brève que la masse principale du Muschelkalk
en majorité constituée par des calcaires durs est un terrain propre au développe
ment des méandres Nous généralisons cette indication et nous proposons de
donner le nom de terrains méandres tous les affleurements susceptibles de
provoquer par leur résistance érosion des eaux courantes la naissance des
méandres ou exagération de leur courbure
Sur surface topographique et surface structurale voir DE LA NOE
et EMM DE MARGEBIE Les ormes du terrain etili RIVI RES ANDRES ENCAISS 313
réflexe se produit alors au lieu de continuer creuser surtout dans
le sens vertical le cours eau travaille de préférence dans le sens
horizontal il est plus facile en effet de détruire la couche tendre
par affouillement des versants plus difficile au contraire de mordre
sur la couche résistante et creuser une rainure Le cours eau
agrandit sa vallée majeure et il accentue la courbure des méandres
divagants Voilà la première partie du mécanisme érosion
En voici la seconde tout en travaillant dans le plan horizontal
eau courante finit par mordre sur le substratum de roches dures
mais la rainure elle creuse est pas rectilig ne elle dessine des
sinuosités dès que par le simple jeu de érosion un méandre diva-
gant est imprimé dans la roche dure son destin est fixé il devient
fatalement un méandre encaissé Le cours eau travaille dès lors
presque uniquement dans le sens vertical la profondeur de la vallée
augmente rapidement si une circonstance favorable se trouve réali
sée il suffit un niveau de base général ou local existe dans le
voisinage immédiat de la zone encaissement La raideur des ver
sants est autant plus forte et aspect de jeunesse de la vallée au
tant mieux marqué que le niveau de base est plus déprimé par rapport
la surface de la zone où se poursuit le phénomène encaissement
Quel que soit le stade évolution atteint par une vallée méandres
encaissés de cette nature on ne saurait plus appliquer le nom anté
cédent au cours eau qui créée il plus de mouvement tecto
nique origine du phénomène encaissement celui-ci est le
résultat du simple jeu de érosion par tes eaux courantes qui ont été
dans obligation de creuser successivement dans deux formations
hétérogènes Le phénomène de divagation est produit dans la couche-
tendre et est accentué au contact des deux formations les méandres
ont été fixés ensuite dans la couche dure Dans ce cas la vallée
méandres encaissés serait dite plus justement vallée surimposée
ou épigénétique on pourrait donner au méandre encaissé le même
qualificatif on pourrait aussi pour marquer que son développement
se rattache un cycle normal érosion appeler méandre encaissé
cyclique on opposerait ainsi au méandre encaissé tectonique
Les méandres encaissés de la vallée supérieure du Cher II nous
paraît désormais acquis que tous les méandres encaissés ont pas
la même origine Franchissons maintenant une seconde étape et
voyons grâce étude un cas particulier si on ne peut faire pas
ser parfois dans la catégorie des méandres encaissés cycliques cer
tains méandres encaissés dont on ici attribué la naissance au
soulèvement en masse du substratum qui les abrite
La vallée du Cher est creusée dans le Massif Central depuis les
sources aux environs ur ay aval de cette région la rivière 314 OGRAPHIE RALE
entame successivement les auréoles sédimentaires qui constituent la
zone marginale du massif ancien intérieur de ce massif la vallée
du Cher présente deux aspects différents En aval de Montiu on elle
est large les hauteurs qui encadrent sont assez éloignées de part et
autre de la vallée proprement dite celle-ci est installée dans une
dépression tectonique de dimensions moindres que la Limagne ou le
Forez mais origine analogue est dans écorce terrestre une
zone de moindre résistance qui est approfondie époque tertiaire
Au delà de Montiu on vers amont la vallée est étroite elle est
constamment encaissée entre des murailles abruptes faites de roches
cristallines granités et granulites ou de roches cristallophylliennes
gneiss et micaschistes pi xii En amont comme en aval de Mont
iu on la rivière décrit des méandres les méandres amont se distin
guent de ceux aval ils sont habituellement de plus petit rayon et
ils sont encaissés Pour expliquer la genèse de ces méandres nous
avions admis ici opinion courante dans un travail récent1
nous avons attribué leur naissance enfoncement progressif du cours
eau dans le Massif Central lentement soulevé
Les dépôts de transport dans la région de Montiu on II est néces
saire de confronter les faits avec cette explication pour juger de sa
valeur Le site de Montiu on est un bon poste observation La ville
étend sur les deux rives du Cher elle est bâtie sur une plaine
alluviale récente le Cher est enfoncé depuis peu au-dessous du
niveau superficiel de cette plaine que ses eaux peuvent encore
atteindre exceptionnellement Son lit est ailleurs pas creusé dans
le roc mais dans des sédiments meubles qui constituent le sous-sol
de Montiu on on fait en 1906 des fouilles dans un des quartiers
de la ville qui porte le nom significatif de quartier des Grands-Prés
immédiatement au-dessous du sol superficiel on rencontré des
argiles alluvionnaires puis du sable de rivière une remarquable
fraîcheur au-dessous de ces alluvions fines ou de pro
fondeur sont apparus des cailloux roulés de grandes dimensions
quelques-uns pesaient plus de 100 kgr.2
Au-dessous de ces dépôts récents qui sont incontestablement des
dépôts de transport il existe autres dépôts argilo-sableux ceux-ci
VACHER Le Berry... 243
Ibid. 245 Ce fait et quelques autres que nous avons utilisés au cours
de cet article nous ont été obligeamment communiqués par Mr MORIN profes
seur de physique au lycée de Montiu on Mr MORIN les exposés en détail et
commentés dans un journal quotidien de Montiu on Le Centre des 23 mars
24 avril 26 avril mai 18 mai 28 mai 12 juin 1907 Les explications il
présentées et qui différent profondément de celles que nous proposons nous
paraissent difficilement conciliables avec les idées courantes de la géographie
physique actuelle RIVI RES ANDRES ENCAISS 315
sont consolidés parfois en grès ne renferment pas de1 fossiles et pré
sentent le plus souvent des colorations rougeâtres qui sont dues
des oxydes de fer nous avons quelque raison de les considérer
comme un mélange de dépôts de transport et de dépôts altération
sur place contentons-nous toutefois de les ranger parmi les dépôts
âge tertiaire et acceptons pour nous conformer la nomenclature
courante de les appeler dépôts sidérolithiques Un sondage entre
pris àMontlu on vers 1887 dans un quartier tout voisin de la rivière
traversé ces dépôts sidérolithiques sur une épaisseur de 70 m. sans
en atleindre îa base
Ouest Est et au Sud de Montiu on il est pas nécessaire
de éloigner beaucoup de la ville pour atteindre les plateaux qui do
minent la vallée et pour voir les roches anciennes ou cristallines
constitutives du Massif Central affleurer nouveau1 Ouest la
transition est progressive entre la vallée et les plateaux encaissants
les pentes sont recouvertes de dépôts alluviaux puis de sédiments
tertiaires et les roches cristallines se dégagent peu peu de cette
couverture sedimentaire Est la montée sur les plateaux est
brusque elle se fait toutefois en deux temps on atteint abord une
terrasse alluviale qui au voisinage immédiat de Montiu on domine
la vallée actuelle du Cher de 70 80 au pied de la terrasse de-ci
dé-là les sédiments tertiaires plus anciens apparaissent dévoilés sur
de faibles espaces par un travail récent des eaux de ruissellement
cette terrasse est facilement observable sur la rive droite du Cher de
puis Montiu on Reugny une suite de villages ou de hameaux
sont bâtis sur elle et on tracé la route qui conduit au Nord jus
Saint-Arnand Cette terrasse est dominée son tour par les
plateaux de roches anciennes ou primitives qui élèvent brusquement
au-dessus elle leur rebord été mordu par les eaux courantes qui
ont creusé des gorges pi xv A)
Au Sud de Montiu on la terrasse alluviale se raccorde avec le sub
stratum cristallin et elle disparaît peu peu en diminuant épaisseur
pi xv Au delà du village de Lavault-Sainte-Anne si on met
part deux lambeaux figurés sur la carte géologique détaillée
Ouest de la vallée du Cher et un peu au Sud du village on ne
rencontre plus trace alluvions anciennes sur les plateaux entre les
quels le cours eau coule comme emprisonné- Enfin les lambeaux
alluvionnaires on observe immédiatement au Sud de Montiu on
au voisinage du point où la vallée commence encaisser atteignent
des cotes supérieures environ 80 la cote du fond de la
vallée
Pour cette description se reporter la Carte léologique détaillée de la France
ai 80000 feuille 145 Montiu on) quart SE OGRAPHIE RALE 316
La dépression montlu onnaise Ces différents faits autorisent
une première explication synthétique Le Cher coule approxirnati-
vement depuis Montiu on et aux environs Ur ay dans une
dépression tectonique cette dépression est encore hui occu
pée partiellement par des dépôts peu consistants dépôts sidéroli-
thiques alluvions anciennes ces dépôts ont dû être plus abondants
jadis aujourdhui érosion en fait disparaître une partie et
est dans leur masse que le Cher actuel creusé sa vallée Les maté
riaux de transport que la carte géologique appelle simplement allu
vions anciennes et qui constituent une terrasse si bien marquée sur
la rive droite du Cher au Nord de Montiu on ont vraisemblable
ment pas été déposés tous par le Cher actuel au cours du Pleistocène
une grande partie doit dater du Miocène et du Pliocène amenée de
intérieur du Massif Central par les cours eau torrentiels qui de
puis le Miocène ont semé les débris granitiques sur avant-pays1
Le Cher actuel au cours du Pleistocène est borné remanier ces
dépôts mio-pliocènes il coulé un moment donné leur surface
il modelé cette surface et rendue sensiblement horizontale puis
il est enfoncé dans la masse alluvionnaire La présence dans le
sous-sol de Montiu on un niveau voisin de celui où coule actuel
lement le Cher de dépôts de transport très grossiers et que la rivière
serait incapable de charrier hui nous paraît une preuve déci
sive de cette descente verticale du Cher dans un complexe de dépôts
de transport difficiles dater tous avec précision mais antérieurs en
grande partie au Pleistocène2
on remonte maintenant par la pensée au moment où le
Cher commen ait seulement entamer la masse de ces dépôts meu
bles leur surface supérieure se raccordait alors progressivement
dans la direction du Sud avecia surface des plateaux entre lesquels le
Cher actuel coule encaissé la rupture de pente le bief qui
étend aval de Montiu on et celui qui étend amont était alors
moins marquée elle ne est hui la rupture de pente qui
sépare maintenant les deux biefs et qui est très sensible sur un profil
longitudinal de la rivière3 est oeuvre de érosion elle pour cause
hétérogénéité des sédiments dans lesquels les eaux du Cher ont tra
vaillé sédiments meubles en aval sédiments résistants en amont
La régularisation du profil longitudinal est opérée assez rapidement
Sur la question des sables granitiques de leur âge de leur origine nous ren
voyons au résumé que nous en avons présenté dans VACHER ouvr cité 128
et suiv 200 note
Sur la formation des terrasses voir EMM DE MARTOKKE Traité de géographie
physique Paris J09 fig 190 436
Voir VACHER ouvr enté pi xx Profils en long de la Loire et de
principaux affiuenis de gaucli.e ï. Le Haut Cher sa vallée et son régime An
nales de Géographie XIV 1905) 401 fig RIVI RES ANDRES ENCAISS 317
aval de Montiu on le bief amont moins favorisé ce point de
vue est isolé de plus en plus le travail des eaux courantes est
poursuivi plus lentement mais en fonction du niveau de base local
créé par approfondissement plus rapide des sédiments faciles
affouiller qui occupent la dépression montiu onnaise Le bief
amont aboutit ainsi une sorte ombilic
Particularités morpholog-iques du bief amont on se trouve
surle terrain ou on examine une carte le premier caractère qui fixe
attention est encaissement du cours eau dans le bief amont la
vallée est étroite elle est creusée profondément entre des plateaux
peu accidentés dont la surface dessine en coupe des courbes de
grand rayon pi xiv encaissement ne demeure pas égal lui-même
dans toute étendue du bief amont quand on approche des sources
du cours eau la vallée est moins profondément burinée la rivière
ne coule plus dans des gorges elle glisse plutôt dans un sillon Cet
aspect particulier point échappé aux géologues qui ont levé le
terrain de part et autre de la vallée du haut Cher on lit dans la
légende de la feuille Aubusson2 cette remarque La haute vallée
du Cher est orographiquement peu marquée
II un contraste entre le travail vertical ont accompli les eaux
du Cher dans la région voisine des sources et le travail vertical ac
compli au voisinage de Montiu on par de petits ruisseaux affluents
du cours eau principal Le Cher est rejoint Montiu on sur sa rive
droite par le ruisseau deLamaron la ligne ferrée de Montiu on
Moulins suit pendant un certain temps la vallée de ce ruisseau
cette vallée est celle un cours eau torrentiel en hiver et au prin
temps le fond en est ordinairement rempli par les eaux courantes
en été le ruisseau est plus sur une partie de son parcours un
chapelet étangs plus ou moins allongés La vallée creusée en gorge
épanouissant parfois en un bassin où une plaine alluviale étend
de part et autre du thalweg paraît disproportionnée avec impor
tance du cours eau qui est installé actuellement pi xiv B)
Les méandres encaissés décrits par le Cher au Sud de Montiu on
et ceux que décrit son affluent la Tardes sont en général des
méandres de petit rayon ceux de la sont nombreux et bien
encaissés entre le confluent de la Voueize et de la Tardes et le
confluent de la Tardes et du Cher ceux du Cher leur ressemblent
entre Montiu on et le confluent de la Tardes avec le Cher Ceux du
DE LAPPARENT Le ons de géographie physique éd. est déjà
servi de ce terme ombilic de vallée niais pour désigner la partie une vallée
déjà modelée par les eaux courantes qui se creuse davantage sous influence un
mouvement tectonique affaissement
Carte géologique détaillée de la France 80 000 feuille no 156 Aubusson) OGRAPHIE iN RALE 318
cours supérieur du Cher ont une courbure qui diminue mesure
on se rapproche des sources du cours eau
Le profil longitudinal du haut Cher et celui de la Tardes quand ils
sont dessinés grande échelle1 montrent une succession de courbes
élémentaires séparées les unes des autres par des seuils chacune de
ces courbes élémentaires constitue un élément du profil général leur
ensemble témoigne que le travail de érosion en est encore ses
débuts il reste raccorder toutes ces courbes élémentaires les
fondre en une courbe unique et continue qui dessinerait depuis les
sources Montiu on un profil voisin du profil idéal équilibre
On pu récemment saisir ce travail érosion pour ainsi dire sur
le vif La vallée du Cher est particulièrement étroite quelques kilo
mètres au Sud de Montiu on aval du confluent de la Tardes et du
Cher au voisinage un ancien moulin appelé moulin de Chaud2 On
vient de la barrer en cet endroit on construit une digue destinée
retenir les eaux du Cher et de la Tardes et utiliser leur chute pour la
production de énergie électrique Pour asseoir les fondations de
cette digue on mis nu le plafond de la vallée la roche du fond
était la même que celle qui affleure de part et autre sur les flancs
de la vallée un gneiss passant au granité et assez résistant elle était
vif et elle était creusée une série de marmites de géants la
photographie ci-jointe pi xiii)3 permet de juger de leur nombre
et même de leur variété aspect une de ces marmites était pro
fonde de plus de Partout où un cours eau travaille sur une
roche dure et possède une assez forte pente le creusement de mar
mites de géants est le processus mécanique usure le plus fréquem
ment employé par les eaux courantes4 abondance des marmites de
géants sur le fond de la vallée du Cher près de emplacement de an
cien moulin de Chaud indique que au voisinage du niveau de base
local représenté par la dépression montluconnaise les eaux tra
vaillent encore creuser verticalement avec une activité incessante
Particularités géologiques du bief amont Deux remarques
géologiques sont importantes pour objet qui nous occupe Depuis
ses sources ombilic montiu onnais le Cher traverse unique
ment des roches cristallines et des roches cristallophylliennes
exception une mince bande de roches sédimentaires il entame
Voir VACHER art cité Annales de Géographie XIV 1905) 402-404
ûg et
Carte géologique détaillée de la France 80 000 feuille no 156 Aubusson)
quart NE
Cette photographie nous été communiquée par MI MOH
Voir GfiAixet ROSIER Manuel de Géographie physique Lausanne 1908
fig 130 131 56 et sui EMM MARTONNE Traité de géographie physique
pl vu 419 RES ANDRES ENCAISS 319 RIVI
près de Château-sur-Cher Les affleurements cristallins ne sont pas
tous identiques il agit tantôt de roches résistantes granités ou
gneiss passant au granité de micaschistes ou de gneiss nor
maux dont le feuilletage permet une destruction plus rapide par les
agents atmosphériques Malgré leur hétérogénéité on peut opposer
les affleurements cristallins pris en masse aux dépôts meubles de la
dépression montiu onnaise ceux-ci sont affouillés beaucoup plus
vite par les eaux courantes
La répartition des lambeaux alluvions anciennes entre Montlu-
on et les sources du Cher mérite un instant de réflexion ces allu
vions affleurent en arc de cercle au Sud de Montiu on elles semblent
montera assaut du massif ancien au delà vers amont on en
trouve peu près plus de trace deux lambeaux de faible étendue
sont indiqués sur la feuille de Montiu on au Sud du village de Lavault-
Sainte-Anne aucune représentation alluvions anciennes ne aper
oit sur la feuille Aubusson au voisinage de la vallée du Cher
Quant aux alluvions récentes elles sont très rares aussi bien dans la
vallée du Cher que dans celle de ses affluents la légende de la feuille
Aubusson signale ce fait comme un fait ordre général il se repro
duit pour la Creuse et ses affluents Le développement exceptionnel
des dépôts alluvions récentes concorde généralement avec appari
tion de roches sédimentaires moins résistantes que les roches cristal
lines est le cas par exemple pour la vallée de la Creuse au voisi
nage Ahun la Creuse traverse dans cette région des sédiments
houillers Absence alluvions anciennes rareté des alluvions récentes
prouvent que le Cher et ses affluents ont au cours du Pleistocène
exécuté un travail érosion verticale sans arrêt et que tout travail
élargissement conduit dans le plan horizontal été impossible
Objections hypothèse un mouvement épirogénique ensem
ble des faits ordre morphologique et ordre géologique qui vien
nent être rapportés éveille des doutes sur la valeur de hypothèse
tectonique habituellement invoquée pour expliquer encaissement
des méandres du haut Cher
Si encaissement est produit par suite du soulèvement lent du
substratum il faut de toute nécessité que ce ait été
continu et ait point encore cessé sinon on devrait observer entre
la surface des plateaux encaissants et le fond du lit actuel une
ou plusieurs lignes de terrasses et autre part on devrait rencon
trer de petites plaines alluviales récentes de chaque côté de la ligne de
thalweg Avance-t-on que le phénomène de soulèvement pris fin Il
faut alors admettre que est hier les marmites observées près de
ancien moulin de Chaud étaient dans un si bel état de conservation
elles témoignent une activité erosive peine éteinte

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