Le commerce international intra-branche et ses déterminants d'après le schéma de concurrence monopolistique : une vérification empirique - article ; n°2 ; vol.35, pg 347-378

De claude clair (auteur), duc-loi phan (auteur), olivier gaussens (auteur)
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Revue économique - Année 1984 - Volume 35 - Numéro 2 - Pages 347-378
Cet article a pour objet : 1) de chercher confirmation, sur les données finement désagrégées relatives aux échanges extérieurs de 16 pays industriels (nomenclature à 5 chiffres CTCI), de l'existence du commerce international intra-branche, et d'analyser ses caractéristiques ; 2) de vérifier quelques hypothèses et propositions émanant des modèles théoriques appliquant l'analyse de concurrence monopolisti­que à ces échanges, et selon lesquelles la proximité clés dotations factorielles et des structures nationales de consommation, et par extension les investissements internationaux directs croisés, participent à la détermination de ces échanges intra-bra'nche. Des indicateurs appropriés ont été construits en vue de ce test. Les résultats de l'estimation statistique te'nclent à confirmer la rôle de la proximité des structures nationales de consommation dans la détermination du commerce international intra-branche, ainsi que la complémentarité entre ce dernier et les mouvements internationaux croisés d'investissements directs, alors qu'ils ne permettent pas de conclure quant à l'incidence des dotations factorielles.
Intra-industry trade under perfect monopolistic
Competition framework : an empirical investigation
Olivier Clair, Olivier Gaussens, Duc-Loi Phan
This paper is intended 1) to confirm, by use of finely disaggregated data for 16 industrial countries (5-digit level of the SITC), the existence of international intra-industry trade and to analyzc its characteristics ; and 2) to test some of the hypotheses or findings in theoretical models which apply the analysis of perfcct monopolistic competition to this trade. To this effect we constructed appropriated indices in order to meaaure determining variables such as similarity of factor endowments and of consumption patterns, or cross international direct investments. The empirical results give clear evidence of the role of identical consumption patterns in explaining intra-industry trade and of the cornplementarity between the latter and cross international direct investments, while they are unconclusive on the effect of factor endowments.
32 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 22 décembre 2011
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Monsieur Loï Phan Duc
Monsieur Olivier Gaussens
Monsieur Claude Clair
Le commerce international intra-branche et ses déterminants
d'après le schéma de concurrence monopolistique : une
vérification empirique
In: Revue économique. Volume 35, n°2, 1984. pp. 347-378.
Résumé
Cet article a pour objet : 1) de chercher confirmation, sur les données finement désagrégées relatives aux échanges extérieurs
de 16 pays industriels (nomenclature à 5 chiffres CTCI), de l'existence du commerce international intra-branche, et d'analyser
ses caractéristiques ; 2) de vérifier quelques hypothèses et propositions émanant des modèles théoriques appliquant l'analyse de
concurrence monopolisti-que à ces échanges, et selon lesquelles la proximité clés dotations factorielles et des structures
nationales de consommation, et par extension les investissements internationaux directs croisés, participent à la détermination
de ces échanges intra-bra'nche. Des indicateurs appropriés ont été construits en vue de ce test. Les résultats de l'estimation
statistique te'nclent à confirmer la rôle de la proximité des structures nationales de consommation dans la détermination du
commerce international intra-branche, ainsi que la complémentarité entre ce dernier et les mouvements internationaux croisés
d'investissements directs, alors qu'ils ne permettent pas de conclure quant à l'incidence des dotations factorielles.
Abstract
Intra-industry trade under perfect monopolistic
Competition framework : an empirical investigation
Olivier Clair, Olivier Gaussens, Duc-Loi Phan
This paper is intended 1) to confirm, by use of finely disaggregated data for 16 industrial countries (5-digit level of the SITC), the
existence of international intra-industry trade and to analyzc its characteristics ; and 2) to test some of the hypotheses or findings
in theoretical models which apply the analysis of perfcct monopolistic competition to this trade. To this effect we constructed
appropriated indices in order to meaaure determining variables such as similarity of factor endowments and of consumption
patterns, or cross international direct investments. The empirical results give clear evidence of the role of identical
patterns in explaining intra-industry trade and of the cornplementarity between the latter and cross international direct
investments, while they are unconclusive on the effect of factor endowments.
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Duc Loï Phan, Gaussens Olivier, Clair Claude. Le commerce international intra-branche et ses déterminants d'après le schéma
de concurrence monopolistique : une vérification empirique. In: Revue économique. Volume 35, n°2, 1984. pp. 347-378.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reco_0035-2764_1984_num_35_2_408781LE COMMERCE INTERNATIONAL
INTRA-BRANCHE ET SES DÉTERMINANTS
D'APRÈS LE SCHÉMA
DE CONCURRENCE MONOPOLISTIQUE :
UNE VÉRIFICATION EMPIRIQUE
Alors que les théories traditionnelles mettent l'accent sur la spé
cialisation internationale, qui conduit une économie ouverte
à exporter les biens pour lesquels elle dispose d'un avantage
comparatif, et à importer exclusivement ceux pour lesquels elle est
vouée à un désavantage comparatif, l'analyse des flux d'échanges inter
nationaux, en particulier les travaux empiriques sur les réseaux d'échan
ge bilatéraux (H. Linnemann [1966], D. L. Phan [1972]) nous ont tou
jours convaincu de l'existence dun commerce international croisé où
un pays est susceptible d'exporter à la fois les mêmes biens.
L'intensification de ce commerce croisé dans les pays industriels
est à l'origine de la vogue actuelle des travaux empiriques consacrés au
commerce international intra -branche (H. G. Grubel [1967], Pagoulatos
et Sorensen [1975], R. Loertscher et F. Wolter [1980], B. Lassudrie-
Duchêne et J.-L. Mucchielli [1979], R. E. Caves [1981]) aussi bien
que des recherches destinées à lui conférer un support théorique
(H. G. Grubel et P. J. Lloyd [1975], H. P. Gray [1973] et surtout
P. R. Krugman [1979], K. Lancaster [1980], E. Helpman [1981]),
Les résultats de cette recherche ont fait l'objet d'une communication au Congrès
International des économistes de langue française (Strasbourg), et au Symposium
on Intra-lndustry Trade and Industrial; Structural Adjustment Policies (European
Institute for Advanced Studies in Management, Bruxelles), au mois de mai 1983.
Nous remercions N. D. Quy du Polytechnic of Central London pour une discussion
extrêmement utile, et un rapporteur anonyme pour ses stimulantes remarques et
suggestions.
347
Revue économique — N° 2, mars 1984. Revue économique
puisque aucune référence explicite à ce phénomène n'est apparue dans
l'arsenal théorique traditionnel, qu'il s'agisse de la théorie ricardienne,
ou de la théorie néo-classique appliquées à l'échange international.
Cette recherche porte sur l'identification des déterminants du com
merce intra-industiiel, et de la relation entre celui-ci et les mouvements
internationaux de capitaux, repérés sous la forme des investissements
directs étrangers. Elle vise à expliquer un phénomène caractéristique
des relations économiques internationales, observé au cours des deux
dernières décennies mais non intégré dans la théorie traditionnelle, à
savoir la prédominance croissante sur les échanges proprement inter-
industriels, des courants d'échange bilatéraux de produits similaires,
eux-mêmes associés à une intensification des mouvements internationaux
de capitaux.
Notre vérification empirique s'appuie sur une base théorique qui
incorpore, dans un modèle d'équilibre général, uns structure de concur
rence monopolistique de type chamberlinien, appliquée à la product
ion de biens différenciés.
Dans ce cadre, la spécification du modèle destiné à l'estimation sta
tistique cherchera à identifier le partage entre similitude des proport
ions f actorielles et similitude des structures de , demande nationales,
considérées par la nouvelle théorie comme autant de facteurs stratégi
ques dans le développement du commerce international intra-indust
riel, de même quelle s'appliquera à préciser la relation (substitua-
bilité ou complémentarité) entre mouvement croisé des
marchandises, et mouvement international des capitaux.
La présente recherche se distingue des travaux précédents sur les
points suivants :
1. En premier lieu, elle ne choisit pas de limiter la vérification du
phénomène de commerce international intra-branche à quelques pro
duits spécifiques, mais de porter l'analyse systématiquement sur une
gamme étendue de produits, définis au niveau le plus fin par la nomenc
lature à cinq chiffres de la CTCI révisée, et pour lesquels un calcul
effectué sur les données plus agrégées (nomenclature à trois chiffres de
la CTCI révisée) révèle un commerce croisé important.
2. En second lieu, elle s'attache à déterminer la nature spécifique
du commerce intra-branche, grâce à la décomposition en flux bilatéraux
des données ayant servi à l'évaluation de ce commerce. La révélation
de cette nature spécifique nous fournira un test empirique du schéma
de « hiérarchisation » ou « d'intermédiation » dans le commerce intra-
branche, proposé par B. Lassudrie-Duchène et J.-L. Mucchielli [1979].
348 Claude Clair, Olivier Gaussens, Duc-Loi Than
3. Enfin, en dernier lieu, l'identification statistique des déterminants
du commerce international intr a-branche s'appuie sur une base concept
uelle élaborée initialement par K. Lancaster [1979] et dont les contours
se précisent ensuite dans les travaux de Lancaster [1980], Krugman
[1979-1981], Dixit et Norman [1980] et Helpman [1981] ; cette modél
isation théorique vise à expliquer le commerce intra-branche par
l'existence d'un marché de concurrence monopolistique de biens diffé
renciés, dont la production est sujette aux économies d'échelle.
Aussi, notre tâche consiste à construire les indicateurs synthétiques
des variables considérées dans ces modèles théoriques comme détermi
nantes, avec le souci de réduire, dans la spécification du modèle soumis
à la vérification empirique, le nombre des variables explicatives à un
chiffre raisonnable : nous nous abstenons ainsi de recourir aux variables
passe-partout utilisées habituellement dans leur état brut (comme les
indices du PNB ou du PNB par tête), variables dont la présence
simultanée dans l'équation de régression ne fait qu'accentuer la multi-
collinéarité et dont la valeur explicative se trouve quelque peu emoussée
par un usage fréquent et abusif.
Ces thèmes distinctifs de notre travail seront traités successivement
dans cet article, après un rappel des principales mesures du commerce
international intra-branche et de leurs caractéristiques respectives.
LES PRINCIPALES MESURES
DU COMMERCE INTERNATIONAL INTRA-BRANCHE
ET LA VERIFICATION EMPIRIQUE DE SON EXISTENCE
Le commerce international intra-branche : définition et mesure
Par définition, tout mouvement d'exportation compensé par un flux
égal d'importation par un même pays constitue pour celui-ci un com
merce international intra-branche. Le commerce total pour une branche
(importation + exportation) est alors formé de deux composantes, l'une
relative à un échange intra-branche pour la fraction de l'exportation
couverte par une importation du même montant, l'autre à un échange
inter-branche pour le solde excédentaire, en valeur absolue, soit en
349 Revue économique
appelant X{ l'exportation de la branche i, M4 l'importation de la même
branche et Rj l'échange intra-branche :
(1) (X, + M,) = R4 + |X, — Mf[

(2) |Xj — Mj| = commerce inter-branche.
Il est clair, d'après cette définition, que le commerce international
d'un pays pour la branche i est totalement intra-branche si l'exporta
tion est entièrement couverte par une importation égale (solde des
échanges nul).
A partir de cette distinction, Grubel et Lloyd [1975] proposent deux
mesures destinées à évaluer pour chaque pays la fraction du commerce
total, toutes branches réunies, imputée à l'échange intra-branche. La
première calcule pour chaque pays / le coefficient du commerce intra-
branche que nous notons B3-, sans tenir compte de la correction du désé
quilibre observé de la balance commerciale, soit en appelant Xy l'expor
tation et My l'importation par le pays / des produits de la branche i :
i (Xi3- + Mw) - | |X« - MM|
(3) Bj = -^ , i = 1, ..., n branches
(X;j + M«)
|x
= 1 —
+ M«)
D'après sa construction, le coefficient B^ se situe entre les valeurs
0 et 1 (en prenant la valeur remarquable de 2/3 si l'exportation (resp.
l'importation) couvre exactement la moitié des importations
exportations)) : B3- est nul si le pays / est exclusivement importateur (ou
exclusivement exportateur) pour tous les biens ; et égal à l'unité si
l'équilibre commercial est réalisé pour chaque produit.
Il en résulte que, pour un pays dont la balance commerciale n'est
pas en équilibre, le coefficient B5 sous-estime l'importance du commerce
intra-branche. Par suite, ces auteurs retiennent une seconde mesure du
coefficient de commerce intra-branche notée Cj} corrigée du déséquilibre
commercial :
i (Xtj + Mij} - % |Xi. - M,
(4)' C, i = — n^ i3- + My)- -^ |2 n X„- 2 n M«
350 ;
Claude Clair, Olivier Gaussens, Duc-Loi PJian
La faiblesse de cette construction est que C; tend à surestimer
l'importance de commerce intra-branche : en effet, lorsque la balance
commerciale n'est pas en équilibre, le dénominateur tend à diminuer
et par suite introduit un biais vers la hausse du coefficient C;. Notons
à cet égard que deux pays avec le même B; peuvent avoir des C3- très
différents si l'un des deux est très excédentaire (ou très déficitaire)
dans la plupart des branches.
Aussi, en vue de pallier cet inconvénient, une troisième formulation
du coefficient de commerce intra-branche est proposée par Aquino
[1978]. Elle consiste d'après l'auteur à évaluer le commerce inte
rbranche non pas à partir des valeurs observées d'exportation et d'import
ation, mais des exportations et des importations qui auraient été réa
lisées si l'hypothèse de l'équilibre commercial ^toutes branches réunies)
avait été vérifiée. Notons que le calcul effectif des exportations (et im
portations1) théoriques d Aquino ne correspond pas exactement à cette
formulation littérale, d'ailleurs incompréhensible parce que incomp
lète : il est impossible à quiconque de calculer par exemple un flux
d'exportation d'une branche, qui vérifie l'équilibre de la balance com
merciale sans autre précision.
En fait, dans cette construction théorique, Aquino considère la part
des exportations (resp. importations) observées des pays / d'une bran
che i, rapportées à son commerce total supposé en équilibre (où les
importations sont couvertes par les exportations) ; et calcule l'exporta
tion (resp. l'importation) par / des produits de la branche i dans l'hypo
thèse du maintien de cette part relative, lorsqu'on rapporte le flux
calculé au commerce total observé, soit en notant X'^ (resp. M ',•_,-) les
valeurs théoriques :
(5) *X X
(X., + M.,)
My , 1 X.j + M.ô (6) X Mij+ — Mry— = ^TF" 2 M "* M , U J ~ ~~T~ 21 Mü M 77 + pour l'imputation,
X.j + M.j 2 M.j J 2 M.;
avec
Le coefficient du commerce intra-branche d'Aquino est alors :
~(7} t3 - X.,- + M.j 2 Â X.j M.s
351 Revue économique
Sous cette forme, le coefficient d* Aquino apparaît comme le complé
ment à l'unité de l'indice de dissimilitude de Michaely [1962], conçu
par celui-ci pour mesurer la différence de composition des importat
ions et des exportations observées dans un pays.
Les trois variantes Bj, C, et Fj ont été retenues dans notre étude
pour calculer le niveau du commerce intra-branche des biens manuf
acturés (correspondant aux sections 5 à 8 de la CTCI révisée) pour
seize pays industriels, membres de l'OCDE 1. Les coefficients ont été
calculés pour les années 1977 et 1980, dernière date à laquelle les stati
stiques publiées par l'OCDE au niveau le plus désagrégé sont dispo
nibles sur bande magnétique : dans une première étape, ces coefficients
ont été calculés pour l'ensemble des biens manufacturés à partir des
données regroupées suivant la nomenclature à trois chiffres de la CTCI,
soit au total 142 groupes de produits, ce qui correspond au niveau de
désagrégation habituellement retenu dans les travaux récents consacrés
au commerce intra-branche ; dans une seconde étape, on calcule les
mêmes coefficients à partir des données de plus en plus finement définies
(nomenclature à quatre chiffres, puis à cinq chiffres de la CTCI), en
vue de vérifier si le commerce intra-branche subsiste encore lorsque
les branches auront été suffisamment désagrégées pour représenter
n
[X,.- — M;j des produits homogènes. En effet, une expression de type ^
(affectée du signe négatif), figure au numérateur des différents coeffi
cients de commerce intra-branche : une agrégation au niveau des bran-
n n
ches i revient à substituer à ce terme l'expression j^ Xy — ^ M y , de
valeur inférieure, l'écart entre les sommes étant généralement inférieur
à la somme des écarts, en valeur absolue, de sorte que le coefficient
de commerce intra-branche en résultant aura une valeur plus élevée,
après agrégation. Par suite, plus les données sont désagrégées, plus
faible sera la valeur du coefficient de commerce intra-branche : cette
diminution, si elle est importante, pourrait à la limite conduire au cons
tat d'inexistence du commerce intra-branche.
1. Dont la liste figure au tableau 1 ci-après. Ces pays effectuent, en 1980, 94 %
du commerce total de l'OCDE. Le commerce international intra-branche : une illusion statistique ?
Une étude empirique des données a été entreprise dans le but
d'apporter une réponse, que nous espérons dépourvue d'ambiguïté,
à cette question. Les différentes étapes de cette investigation et l'ana
lyse des résultats obtenus sont décrites successivement ici.
Les premiers calculs des coefficients de commerce intra-branche
effectués sur les données définies par la nomenclature à trois chiffres
de la CTCI, sont réunis dans le tableau 1. Ils confirment empirique
ment les résultats d'Aquino [1978], à savoir que l'indice F3- prend une
valeur intermédiaire entre l'indice B., (non corrigé) de Grubel et Lloyd,
qui comporte un biais vers la baisse, et l'indice C3 (corrigé du déséquil
ibre de la balance commerciale) qui tend au contraire à biaiser vers
la hausse ; F3- étant toutefois plus proche du premier que du second.
Tableau 1. Coefficient du commerce international intra-branche
des produits manufacturés
(sections 5, 6, 7 et 8 de la CTCI, nomenclature à 3 chiffres)
1977 1980
Pays
Cj B, C,
France 75 80 76 79 84 80
Belgique - Luxembourg 71 75 72 68 71 68
Royaume-Uni 67 71 68 68 69 68
72 Pays-Bas 62 83 68 66 87
77 RFA 73 90 79 73 88
73 52 Italie 57 56 54 66
82 62 Danemark 54 60 60 73
65 Suède 66 68 66 65 66
62 63 57 Canada 61 70 58
68 54 55 67 54 USA 55
Suisse 56 71 58 54 75 59
Autriche 57 78 60 61 79 67
Japon 23 73 39 25 67 37
Espagne 44 53 46 49 51 52
Norvège 36 53 46 37 49 43
27 Australie 10 36 24 13 41
A nous en tenir aux résultats chiffrés de ce tableau, le commerce
intra-branche présente, à l'exception des pays comme l'Australie, le
35S Revue économique
Japon, la Norvège et l'Espagne, une réelle importance puisqu'il occupe
en moyenne environ 60 % du commerce total pour la majorité des pays
retenus, avec un record observé pour la France (F, = 80 % en 1980)
devant la RFA (77 %), les Pays-Bas (72 %), le Royaume-Uni et l'Union
belgo-luxembourgeoise (68 %).
Pour l'ensemble des seize pays, l'indice moyen B (formule de Grubel
et Lloyd) s'établit à 58,4 pour 1977 et à 58,8 pour 1980, ce qui témoigne
d'une certaine stabilité du commerce international intra-branche dans
la période actuelle.
Le même calcul d'indice moyen a été répété pour un échantillon
réduit à dix pays du groupe 2, afin de le rendre comparable à ceux
établis pour les années antérieures par Grubel et Lloyd et par Lassudrie-
Duchêne et Mucchielli. L'évolution de cet indice moyen apparaît au
tableau 2 ci-après.
Tableau 2. Evolution moyenne du commerce international intra-branche
pour l'échantillon de dix pays (indice Grubel et Lloyd)
1964 1965 1974 1977 1980
53,7<a> 56,5<a> 60,4<b> 55,4 55,9
Grubel et Lloyd, op cit., 1975 ; (a)
Lassudrie-Duchêne et Mucchielli, op. cit., 1979. (b)
Pour l'échantillon des dix pays, on retrouve la même stabilité de
l'indice moyen intra-branche pour la période 1977-1980, mais cette
stabilité représente en réalité une chute très sensible par rapport au
niveau atteint en 1974 et marque une rupture très nette avec la progres
sion du commerce international intra-branche observée régulièrement
au cours de la décennie 1964-1974. Sans nul doute, ce ralentissement
est une conséquence de la crise qui sévit actuellement dans l'économie
mondiale.
Bien que la plupart des études économétriques consacrées au com
merce intra-branche se contentent des indices calculés à ce niveau de
désagrégation, on peut se poser la question avec d'autres économistes,
2. En excluant le Danemark, la Suède, la Suisse, l'Autriche, l'Espagne et la
Norvège.
354 Claude Clair, Olivier Gaussens, Duc-Loi Than
notamment R. Lipsey [1976] de savoir si ces coefficients élevés ne
correspondent pas simplement à une illusion statistique, dans la mesure
où les positions à 3 chiffres recouvrent les produits le plus souvent
hétérogènes. A titre d'exemple, on trouve regroupées dans la position
751 de la CTCI (machines et appareils de bureaux), les machines à
écrire, les machines à calculer, les machines à affranchir aussi bien que
les duplicateurs à stencil et les photocopieuses.
Il nous paraît donc légitime de poursuivre notre travail au niveau
encore plus désagrégé, afin de vérifier si le poids des échanges intra-
industriels demeure toujours important lorsqu'on retient une défini
tion plus fine des données.
Comme il s'est avéré, d'une part, que c'est dans les produits appar
tenant aux sections 5 et 7 de la CTCI que la proportion du commerce
intra-branche apparaît la plus élevée — la construction des indices intra-
branche effectuée par nos soins, pour les années 1977 et 1980, séparé
ment pour chaque section (5 et 7) de la CTCI ne fait que confirmer sur
ce point les résultats obtenus antérieurement par Grubel et Lloyd
(op. cit.) et Lassudrie-Duchêne et Mucchielli (op. cit.) ; et, d'autre
part, que la même gamme de produits correspond sensiblement à la
définition des biens différenciés, c'est-à-dire dont la production ne
conduit pas à une spécialisation internationale imputable à la disposi
tion des ressources naturelles particulières, nous avons choisi de centrer
notre analyse sur ces produits exclusivement. Les résultats des calculs
d'indices intra-branche effectués à partir des données de la nomenclat
ure à 4 puis à 5 chiffres CTCI respectivement pour les années 1977
et 1980, figurent au tableau 3.
1. L'examen de ces résultats, comparés à ceux du tableau 1, montre
que si l'on retient l'indice F; d'Aquino, qui donne les valeurs interméd
iaires entre les indices B; et C3 de Grubel et Lloyd, les coefficients
de commerce intra-branche pour 1977 sont très sensiblement supérieurs,
quel que soit le niveau de désagrégation. En effet, à l'exclusion des
cas extrêmes déjà observés du Japon et de l'Australie où la proportion
du commerce intra-branche est à l'évidence peu importante, on observe
pour cette année une augmentation de l'indice Fj dans douze pays (sur
quatorze"! pour la nomenclature à 4 chiffres, et neuf pays pour
la nomenclature à 5 chiffres. En ce qui concerne l'année 1980, le nom
bre des indices en augmentation tombe à neuf pays pour le premier cas
et à cinq pour le second : les pays qui enregistrent une diminution de
leur coefficient Fj sont le Bénélux, le Danemark, l'Autriche, la Suisse
et le Canada.
355

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