Sur une base de statue portant une signature d'artiste et décorée de reliefs - article ; n°1 ; vol.12, pg 463-479

De
Bulletin de correspondance hellénique - Année 1888 - Volume 12 - Numéro 1 - Pages 463-479
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1888
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Théophile Homolle
Sur une base de statue portant une signature d'artiste et
décorée de reliefs
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 12, 1888. pp. 463-479.
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Homolle Théophile. Sur une base de statue portant une signature d'artiste et décorée de reliefs. In: Bulletin de correspondance
hellénique. Volume 12, 1888. pp. 463-479.
doi : 10.3406/bch.1888.3969
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1888_num_12_1_3969UNE BASE DE STATUE DE DÉLOS 463 SUR
τώι [βωα]ώι [θύειν] doit être modifiée: d'après l'espace et les
deux lettres ΞΤ, il faut restituer un verbe à la troisième per
sonne de l'indicatif présent, peut-être [χχτοααί]ετ[αι], puis ~[x
£'[ά]λλα etc. — L. 38-39: le supplément de M. Dittenberger,
[ΛίσΟωαα άποδιδότω [αύτον] 'ΑχΓε*λώΐ]ω[ι, *3Ù] τούτο καταθυέσθω.
doit être changé: les lettres Ά χ, m -appartiennent sans doute au
mot. δρα/[λαί. Après ce passage suit un nom de mois, puis
ΤΓΐ'απτη·. ζ~\\ δί/.α 'Ap^j'/îy-ÎTY,'. etc,
Β. LATYSCHEW.
SUR UNE BASE DE STATUE
PORTANT
UXB SIGNATURE D'ARTISTE ET DÉCORÉE DE RELIEFS
(Planche XIII j
La planche Xlll représente une, petite partie du téménos
d'Apollon à Polos, l'angle formé par le mur septentrional du
sanctuaire de Dionysos et par la façade orientale de l'édifice
rectangulaire qui y confine (l). Au premier plan se dresse
une hase de statue, demeurée à la place môme où elle a été
découverte.
Ce monument a déjà été décrit sommairement dans les Ar
chives des Missions scientifiques (2); mais il mérite d'être étudi?^
et publié; il présente en effet un double intérêt et par l'in
scription qu'il porte et par les symboles dont il est décoré.
!l est fait d'un marbre commun, a gros grains et teinté de
gris; il a la forme d'un triangle isocèle, dont les angles au-
(!) Homolle, Archives de l'intend. sacrée à Délos, pi. I.
(2) Archives des miss, scientif. Nlle Série XIII, 1887, p. 407-8 464 SUR UNE BASE DE STATUE DE DÉLOS
raient été abattus, arrondis et sculptés. Les côtés mesurent
0,90 et 0,80 centimètres; la hauteur est de 0,58 cent. La
partie supérieure est travaillée avec soin; les parois en sont
polies et les arêtes arrondies; mais à 0,25 centimètres environ
au-dessous de la plate-forme, l'exécution change; le marbre
rugueux, inégal, irrégulier semble n'avoir été que dégrossi.
Cette particularité indique que cette partie n'était pas desti
née à être vue; en effet, une ligne droite nette, profondément,
gravée, marque la limite entre le haut qui émergeait du sol
et le bas qui devait y être enterré.
Sur la face supérieure est ménagée une cavité de forme i
rrégulière, dans laquelle s'encastre exactement une plinthe où
adhèrent encore les deux pieds d'une statue.
Le sommet du triangle, qui faisait face au spectateur,
comme on en peut juger par la direction des pieds, porte
sculptée en très fort relief une tête de bélier: aux deux extré
mités de la base se relèvent en bosse des masques grimaçants.
Sur le côté gauche est une inscription ainsi conçue:
: ho· ς: ποιέβας.
L'inscription très nette, en caractères hauts de 0,05 centi
mètres et profondément gravés, n'offre aucune difficulté, ni
incertitude de lecture, sauf pour ce qui est des quatre pre
mières lettres du nom propre.
L'initiale semble en effet porter à sa partie inférieure un
troisième trait qui en ferait un E; mais on se persuadera a
isément que c'est là un simple accident de la pierre; car la SUR UNE BASE DE STATUE DE DÊL.09 465
ligne n'a ni la même longueur, ni la même direction que les
deux traits supérieurs; elle n'a pas non plus la même netteté.
Enfin on ne trouve pas de nom ainsi composé qui puisse com
mencer par la diphthongue El. La présence du digamma n'a
pas lieu d'étonner dans une inscription naxienne, après l'em
ploi singulier et parfaitement démontré (1), qui en est fait
dans la dédicace du colosse d'Apollon consacré à Délos par
les Naxiens.
To iF-<TO λίθο ίνλ άνδ-ριχζ κα,ί το ηφίΧα;.
La troisième lettre peut être un Θ ou un <D, car les con
tours et le centre de la lettre sont en partie rongés; dans le
premier cas le nom dériverait de Ίθύς au lieu de Ίψ.} comme
nous l'avons supposé. Or il arrive justement qu'en tête du s
igne suivant, que nous avons traduit par un iota, apparaît sur
la pierre une ligne transversale oblique: mais c'est encore un
faux trait, non seulement parce qu'il manque de netteté, mais
parce qu'il viendrait butter beaucoup trop haut sur la haste
verticale. De plus, les exemples ne manquent pas de noms
formés de Ίγ. et précédés du digamma (2); je ne vois pas au
contraire de noms dérivés de Ίθύς ainsi écrits.
Il est aisé de reconstituer la statue qui posait autrefois sur
le piédestal; elle appartient à un des types favoris de la sta
tuaire grecque primitive; celui de l'homme nu, debout et im-
mobile,qui avance légèrement la jambe gauche, comme pour
se préparer à marcher, et qui tient les bras pendants, appli
qués le long du corps, ou bien porte en avant la partie infé
rieure du bras et la main chargée d'un attribut (3).
(1) /. G. A. 409: cf. Kirchhoff, Studien zu Gricch. Alphabets, 4e éd. p. 86.
M. KirchhofT ne parait pas encore adopter cette lecture sans hésitation; elle
est cependant établie par la concordance des copies anciennes, avec celle
de M. Purgold et avec la mienne. L'estampage et la photographie que j'ai
sous les yeux ne me laissent aucun doute.
(2) Ριφικ,οατίδος, Collitz, Dialekt inschr., n° 713; Ficpwoas, n° 488.
(3) Overbeck en donne le catalogue dans sa Griech. Plastik, I, p. 229, 466 SUR UNE BASE DE STATUE DE DÉLOS
Les figures de ce genre abondent et les répliques s'en mult
iplient, à mesure que la Grèce est mieux explorée, A Délos
seulement, je puis signaler les suivantes :
1". L'Apollon colossal, consacré par les Naxiens, dont il
reste encore d'une part le piédestal, et de l'antre le torse et
les cuisses (1).
2°. Une statue d'homme, à laquelle manquent la tète et les
pieds, d'une facture sèche et souvent incorrecte, qui est du
sixième siècle.
3". Une statue analogue, et de la même époque, malheureu
sement très fruste.
Outre les deux statues découvertes en 1877 et en 1885, j'ai
recueilli encore d'autres fragments qui appartenaient à des
œuvres analogues:
Une tête d'homme, dans le style de l'Apollon de Théra, trop
petite pour s'ajuster sur les torses précédemment cités.
Les cuisses d'une statue dhomme, sur lesquelles on voit
encore la trace des mains qui y étaient accolées (2).
Le manuscrit de Cyriaque d'Ancône, conservé à la biblio
thèque de Munich, contient au folio 31 un dessin qui doit
reproduire un fragment de statue du même genre. C'est la
jambe d'un personnage placé debout, et qui portait à la taille —
endroit de la cassure — une ceinture fixée au marbre au moyen
de clous, dont les trous ont laissé leur trace. Le dessin est
imparfait et presque ridicule, mais cette particularité, notée
avec soin par le voyageur, nous permet d'atïirmer que le frag
ment provient d'une statue analogue au Colosse des Naxiens,
n. 33 et dans la IV livraison de la Kunst. Mythologie, consacrée à Apollon,
cf. Collignon, Gazette Archéol. 1886 (Torses archaïques en marbre provenant,
dAcIiurn), etc. On trouvera là une bibliographie complète.
fi) Furtwaengler, Arch. Zeit , 1882, p. 329, Welcker, Tagebuch gr. Reise
II, 277, Alte Deukm, I, 400, anra.; Michaëlis, Ânnali, 1864, p. 253. Cf.
les anciens voyageurs Ce monument a été très souvent décrit, mais pas en
core publié; j'en ai pris une photographie. Un dessin du manuscrit de Cy
riaque d'Ancôue à Munich (p. 32 verso) reproduit la base du colosse, et un
pied de la statue qui était encore en place (Cod. monac latini, n° 716).
(2) Ces quatre morceaux sont encore inédits. UNE BASE DE STATUE DE DÉLOS 467 SUR
qui porte lui aussi cette ceinture. Nous pouvons même aller
plus loin, je pense, et supposer que cette statue était aussi
une œuvre de l'Ecole de Naxos. Qu'elle diffère du colosse dont
les restes subsistent encore, c'est ce que prouve la différence
même des cassures.
Voilà donc six spécimens de ce genre de représentation; sur
ce nombre, un est certainement une œuvre naxienne, comme
la statue que nous signalons aujourd'hui, un autre a, selon
toute probabilité, la même origine. La popularité dont ce type
jouit à Naxos est démontrée d'ailleurs par les figures colos
sales inachevées que Ross et M. J. Martha (1) ont rencontrées
gisant encore dans les carrières de cette île, par une statue
naxienne du Musée d'Athènes (2), comme aussi par le très
intéressant petit bronze du Musée de Berlin (3).
On ne doit pas s'étonner du peu de hauteur de la base; c'é
tait l'usage ordinaire des plus anciens sculpteurs d'élever fort
peu les statues au-dessus du sol et de réduire presque les
proportions du piédestal à celles d'une simple plinthe.
La base du colosse d'Apollon qui mesure 5,18 sur 3,50,
n'a pas en hauteur plus de 0,75 centimètres; encore une par-
lie devait-elle être cachée par le dallage. L'Artémis ailée de
Mikkiadès et Archermosest montée sur un socle de 0,14 seu
lement (4). Une autre statue de Délos, qui est encore debout
en avant des Propylés a les pieds au ras du dallage (5). L'Ar
témis de Nicandra était de même fichée en terre et faute d'une
base pour y mettre l'inscription, la dédicace avait été gravée
sur le corps même de la statue (6).
Ces figures d'hommes nus ont d'abord reçu des archéolo-
(t) Ross, inselr- I, p. 39 — M- Martha a visilé Naxos en 1878 et m'a si-
gualé quelques monuments qui semblent avoir échappé à Ross.
(2) Kekulé, Antike Bildw. n° 322 = Cavvadias, KatLloyoc τον Κεγεριχου
Άρχ. Μονσείον, η° 14.
(3) Frânkel, Arch. Zeit., 1879, p. 82 suiv., pi. VII. Cette statuette est d'un
art beaucoup plus libre que les précédentes,
(4) /. C. A. 409, Lœwy, Bidh. inschr., n° !,
(5) Inédit.
(6) Bull, de Corr. hellén., 1879, pi. I. 463 SUR UNE BASE DE STATUE DE DÉLOS
gues le nom commun d'Apollon; mais on n'a pas tardé à r
emarquer qu'elles se trouvaient ailleurs que dans les temples
de ce dieu et en dehors même des sanctuaires, qu'elles pou
vaient et devaient être attribuées à divers personnages divins
ou humains, ou pour mieux dire qu'elles constituaient, à une
époque de culture et de technique encore imparfaite, un type
masculin générai et uniforme. Le nom d'Apollon, après avoir
obtenu trop de faveur a peut-être été, par réaction, trop dé
crié; je crois qu'on doit le conserver à des statues trouvées,
comme celles de Délos, dans un sanctuaire Apollinien et pla
cées sur des bases qui portent des dédicaces à Apollon, à
moins de preuve décisive en faveur d'une attribution diffé
rente (1).
Tel est l'aspect sous lequel on doit se représenter la statue
qiU3 portait autrefois la base signée d'ïphicartidès, et tel est le
nom qui lui convient. Ce point acquis facilitera l'intelligence
des ornements sculptés sur la base et qui devaient être en rap
port avec la divinité dont on y voyait l'image. L'attribution
de la figure fût-elle contestée, les mêmes rapports n'en de
vraient pas moins subsister entre les emblèmes et la dédicace.
La présence du bélier se justifie sans peine. Les légendes
relatives à Apollon, les surnoms qu'il portail; le rôle qu'il
jouait dans l'univers, tout indique clairement la signification
et la convenance du symbole. Apollon avait gardé les trou
peaux d'Admète et de Laomédon; il est resté, à coté d'Her
mès, le dieu des animaux, des pâturages et des pasteurs; il
s'appelle νότιος, ποίμνιος, ρ-ηλιος, επιθήλιο ς, μαλοεις, μαλεάτας,
άρνοκόρις, κάονειος, équivalent de άρνειος (2Χ; γαλάζιος est en-
(I) Sur l'interprétation des figures de ce type voir entre autres Milchhofer,
Arch. Zeit., 1881, p. 54, Lôschke, Millh. Athen, IV, p. 299; Furtwângler, 1882, p. 57-58, Korte, Mitth. Ath., III, 305, IV, 270. — A ce type
re'pondait un type féminin, également général, dont on trouve un peu par
tout les spécimens, à Délos (Homolle, de Antiq. Dians simulaeris Del.); à
Athènes ('%>. 'Αρχ., 1883, pi. VIII, 1886, pi. VI, cf. Musées d'Athènes, (par
Cavvadias et Sophoulis), pi. II-X, XIV); à Eleusis, ('%>. Άρχ ., 1884, pi.
VIII); à Paros (Lcewy, Arch. Ep. Mitth. v. Oesterreich,\888).
12) Sur le caractère pastoral d'Apollon, Preller-Robert Gr. Myth., I, p. 269 SUR UNE BASE DE STATUE DE DÉLOS 469
core un surnom pastoral (1). Comme le bélier féconde le trou
peau, par Apollon tout reçoit la vie, la conserve, l'accroît; l'un
conduit le troupeau, l'autre est le chef des peuples et des co
lons (2); le bélier est un objet de purification, une victime
expiatoire, un instrument de salut (3), la religion apollinienne
est une religion de pureté; le dieu qui frappe est aussi celui
qui guérit; il détourne les fléaux, comme il sait les déchaî
ner (4).
Aussi ne manque-t-on pas de rencontrer dans les monu
ments le dieu et ranimai associés. Friederichs (5) rapportait
à Apollon toutes ces figures, de. bronze, debout, qui portent
un mouton sur leurs épaules. Si l'attribution est contestée,
c'est bien au sanctuaire et au dieu de Delphes qu'appartien
nent ces monnaies sur lesquelles on voit la tête de bélier as
sociée avec des têtes de bouc et des dauphins et où on lit la
légende ΔΑΛ, ΔΑΛ ΦΙΚΟΙΝ (6). M. H. de Longpérier cite
encore des monnaies de Nésos à Céphallénie où la lyre, le
suiv.; Decharme, Mythologie, p. 121 suiv.; Roscher, Lexicon, p. 432-433;
Daremberg-Saglio, Diction, au mot Apollon (Lenormant). Sur Apollon Car-
ueios en particulier Preller-Robert, p- 248 suiv. Hesychius donne, pour
équivalents au mot xabvo;, βόσκησα et προβατον. Sur les rapports d'Hermès et
d'Apollon, en tant que dieux champêtres et aussi «lieux de la palestre, Prel-
ler, p. 270, 273.
(1) II y avait à Uélos un mois Γαλαξιών, Bull, de Cor r. hellën., 1881, p. 26.
(2) Sur Apollon dieu fondateur et colonisateur, Roscher, Lexicon, p. 488
suiv. De là ses surnoms de άρχαγέτης, «γητή;, οίζιστης — Κάρνο; le guide des
Doriens est à la lin le dieu Apollon Carnaios el l'animal chef du troupeau.
(3) Par exemple, porté autour des murs de Tanagra.il met fin à une peste.
Pausan, IX, 22, 1.
(4) Roscher, Lexicon, p. 441. p. 433. — Dieu nourricier, dieu de mort, Prel
ler-Robert, I, p. 273, 274. — de l'expiation et des purifications physiques et
morales, p. 286 suiv.
(5) Friederichs, Apollo mit d. Laum, 1861. — Cf. Furtwângier, dans le Le
xicon de Roscher qui conteste l'interprétation, après plusieurs antres a
rchéologues.
(6) H. de Longpérier, Revue Numism., XIV, p. 149, 155, 156, 170, pi. VI,
14; cf. Mûller-Wieseber, D. A. K., II, 155 et, p. 105. Le même re
cueil contient pi. X, n. 137, la reproduction d'un monument de la villa Al-
bani, où 1 on avait cru reconnaître une peau de bélier sur l'omphalos, ou
Apollon est assis; mais c'est là une hypothèse erronée (p. 95). — Sur les
rapports d"Apollon et du bélier voir l'article cité de Longpérier. 470 SUR UNE BASE DE STATUE DE DÊLOS
trépied, le dauphin, le bélier se rencontrent également: à Cra-
nioi, dans la même île, le bélier (*άρνος = κράνος) est joint à
l'arc de cornouiller (κράνίΐα). À Péparèthe, Clazomène, le bé
lier est aussi attribué au dieu (1). Sur une monnaie d'Ala-
banda,Apolion debout tient dans la main droite un oiseau, un
arc dans la main gauche; un bélier l'accompagne (2).
A Délos, cet animal encorné suggère encore un autre rap
prochement: on suppose volontiers que le souvenir de l'autel
des Cornes, élevé dans l'île sainte par le dieu enfant, n'a pas
laissé d'exercer quelque influence sur la conception de l'ar
tiste. Il est vrai que les animaux, dont les dépouilles entrela
cées formaient ce célèbre monument, sont désignés d'ordi
naire par le nom de chèvres; mais d'après une autre tradi
tion, (/auraient été des bœufs, et il semblerait que les cornes
fussent le point essentiel plutôt encore que l'animal lui-
même (3).
On comprend moins d'abord la signification des deux mas
ques grimaçants, placés aux deux autres angles de la base et
qui ne peuvent être que des Gorgonions. Ils offrent en effet,
tous les traits caractéristiques de ces figures, sous leur forme
primitive et repoussante: visage rond, charnu et bouffi, joues
saillantes, nez large et écrasé, gros yeux menaçants, dents
grinçantes, bouche énorme, lèvres retournées par le rictus,
langue tirée et pendante.
Une explication fort simple consisterait à dire que le Gor-
gonion joue sur la base de Délos le rôle qui lui était attribué
sur bon nombre de monuments, celui d'un simple άποτρόπαιον,
et qu'il était uniquement destiné à le protéger contre toute
atteinte sacrilège (4).
;l) Monnaies citées par Longpérier.
(2) Overbeck, Kunst Myth., IV, pi. V, n. 7, (in 8°).
(3) Sur ce monument, voir Bull, de Corr. hellén., 1884, p. 417 suiv.. pi.
XVII-XIX. La base a été découverte dans le voisinage de l'édifice, où je
crois reconnaître l'autel vénéré.
(4) Par exemple, le masque placé en acrotère au-dessus d'un monument
de Sparte (Arch. Zeilung., 1881, pi. XVII, cf. 1882, p. 341 et Furtwangler,
Collection Sabouroff,p], l, vignette en tête de la notice). Pour la même raison

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