Trois lames de poignard en bronze de l'Hérault - article ; n°3 ; vol.75, pg 87-96

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1978 - Volume 75 - Numéro 3 - Pages 87-96
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1978
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Yves Gasco
Trois lames de poignard en bronze de l'Hérault
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1978, tome 75, N. 3. pp. 87-96.
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Gasco Yves. Trois lames de poignard en bronze de l'Hérault. In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1978, tome 75,
N. 3. pp. 87-96.
doi : 10.3406/bspf.1978.8549
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1978_num_75_3_8549Bulletin At U SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1978/TOME 75/3
Trois lames de poignard en bronze
de 1 Hérault
pai d attribution au Premier Age du Fer)
par Yves Gasco
Résumé. — Les trois lames de bronze, à languette 2) Provenance des pièces
courte, triangulaire, percée de trois trous de rivets,
et lame plus ou moins pistilliforme provenant de Trois pièces sont conformes à cette description Saint-Jean-de-la-Blaquière, Argelliers et Viols-le-Fort dans la région des garrigues languedociennes. Elles sont généralement attribués dans la littérature archéo proviennent du département de l'Hérault, plus prélogique à l'Age du Bronze. L'étude de leur contexte cisément des communes de Saint-Jean-de-la-Bla- semble en fait permettre de les classer au Premier quière, Argelliers et Viols-le-Fort (carte 1). Age du Fer, soulevant ainsi le problème de leur
Le mobilier qui leur est associé devrait pouvoir origine.
nous renseigner quant à leur situation chronologique,
au moins grossièrement.
Pièce n° 1 : Saint- Jean-de-la-Blaquière (2).
L'origine exacte de cette trouvaille est inconnue.
I. — Pièces de l'Hérault Même si Cazalis de Fondouce parle d'une « sépul
ture mise au jour en 1861 » là s'arrêtent les ren
seignements. Et d'après ses dires, ce n'est que « la
plupart des objets » qui y ont été trouvés qui fut 1) Description du type (1)
offerte à la Société Archéologique de Montpellier
par le propriétaire du terrain.
Aucune des armes que nous allons décrire n'a La nature même de cet ensemble, essentiellement pour l'instant été trouvée en possession de sa poi métallique, peut faire douter, étant donné la paugnée. Toutefois l'homogénéité relative de ce petit vreté quasiment organique des sépultures régionales, ensemble permet la description précise du type de de son origine funéraire. lame de bronze qu'elles comportaient.
Quoi qu'il en soit, nous sommes en présence de
Soit : lame de bronze, massive, parfois très légèr « diverses pointes de flèches », une « spatule », un
ement pistilliforme, à arête centrale. Elle ne présente rasoir, un fragment de lame de poignard, et un
pas de tranchant individualisé par rapport au plat. ciseau, tous de bronze (fig. 1, n°s 1 à 7). Soit en fait
Le fil passe directement à la garde abrupte sans deux flèches à ailerons et pédoncule allongé à deux
ricasso. La garde est représentée par une languette renflements (fig. 1, n°s 2 et 3). Une autre, dont le
plus large que la moyenne de la lame ; triangulaire, pédoncule est cassé peut être du même type ou à
elle porte trois rivets disposés dans les trois angles. un seul renflement à la partie proximale de la tige
Ces rivets ne sont attestés jusqu'ici qu'en bronze.
Un exemplaire porte deux rainures gravées parallè
(2) a) Cazalis de Fondouce P. — Géographie générale du lement au tranchant, le n° 3. département de l'Hérault, t. III, Histoire générale, fasc. 1 : L'Hérault aux temps préhistoriques, Société languedocienne de géographie, Montpellier 1905, pp. 160-162.
b) Audibert J. — Tumuli hallstattiens du (sic) Hérault et du Gard. Inventaria archaelogica. France, fasc. 2. Age des (1) Gaucher G. et Moiien J.-P. — Typologie des objets de Métaux. Fiche 10. l'Age du Bronze en France. Fasc. 1 : Les Epées, Société Pré c) Roudil J.-L. — L'Age du Bronze en Languedoc Oriental. historique Française, Commission du Bronze, Paris 1972. Génér Mém. Soc. Préhist. Fr., t. 10, 1972, appendice, p. 274, n° 169. alités. 88
Illustration non autorisée à la diffusion
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д
fig. 1 Saint-Jean-de-la-Blaquière, Hérault ; d'après les originaux,
collection de la Société Archéologique de Montpellier, et d'après carte 1 Situation des gisements héraultais. Les numéros corre Audibert J., cf. note 2, b. spondent au texte. Villes : M = Montpellier ; L = Lodève ;
С = Clermont-L'Hérault ; P = Pézenas ; A = Agde ;
S - Sète. Il s'agit d'un tumulus à inhumation. Nous ren
voyons le lecteur aux descriptions parfois contra
dictoires de J. Audibert. Nous avons pu étudier le
mobilier déposé au Musée J. -Audibert, à Lodève n° 4). La spatule est sans aucun doute elle (fig. 1,
(Hérault). Outre le poignard (fig. 2, n" 2), il compaussi une pointe d'arme de jet, parfois appelée
ortait un anneau de bronze ouvert fait d'un fil depuis javelot. Sa taille n'excédant pas celle des
n" 1), une jatte à fond plat et décor enroulé (fig. 2, flèches, il est vraisemblable qu'il s'agisse simplement
d'impressions, dites « au doigt » par l'inventeur, d'un modèle différent, sans ailerons. Le renflement
vers la base (fig. 2, n° 3) ; et une coupe hémisphérproximal existe aussi, quoique nettement moins
n" 1). ique à fond ombiliqué (fig. 2, n° 4 bis). Cette dermarqué (fig. 1,
nière s'avère introuvable. Toutefois, une pièce d'un Le rasoir « semi-circulaire » comporte des lumières autre type est signalée dans les vitrines comme protriangulaires à la partie proximale de la lame. Le n° 4). Il nous est, venant de cette tombe (fig. 2, dos est renforcé par un bourrelet de longueur supé honnêtement, impossible de trancher à ce niveau rieure, à extrémités à boule. Il porte deux anneaux (fig. 2, n°s 1 à 4). de suspension (fig. I, n° 6). Il est coulé dans un
Pièce n° 3 : Viols-le-Fort, tombe « ovale » du moule bivalve.
Truc de Sauze (4). Pièce n" 2 Argelliers, tumulus A 2 de
Ce poignard provient lui aussi d'une sépulture. grils (3).
Plus exactement de ce qu'il est convenu d'appeler
une « tombe ovale », que l'on a parfois qualifiée de
Fer te dans a) Audiuhrt les environs J. — de Quelques Montpellier. vestiges Cahiers du Ligures Premier de Age Prédu
histoire et d'Archéologie, n° 3, 1954, pp. 102-103.
b) Note 2, b, fiche 8. (4) Centre de Recherches Archéologiques des Chênes Verts. c) Louis M., Taffanei, O. et J. — Le Premier Age du Fer — La stèle-statue de Cazarils. Description de quatre sépultures languedocien, 3e partie, Les Tumulus. Conclusions. Montpellier, ovales des environs de Viols-le-Fort, Hérault. Revue d'Etudes 11)60, pp. 24, 26, 27. Ligures, 11° 25, 1959, pp. 203-204. 89
tholos malgré l'absence d'observations concernant dont la languette est restée en contact avec le bûcher,
le mode de couverture. Il semblerait par ailleurs ce qui a provoqué un début de fusion et sa défor
n° 1). qu'il faille dater leur édification de la période chal- mation irrémédiable (fig. 3,
colithique finissant (5). De toute façon, le mobilier
qui nous intéresse provient d'une sépulture — une 3) Datations proposées par les auteurs incinération ? — intrusive. Il est constitué « d'un
grand vase à bords évasés, à pied surélevé » « évidé »
Les auteurs des précédents articles ont tenté une (pied n° annulaire bas), « à panse globuleuse » (fig. 3,
n° 7), et le poignard 8) ; un vase carré (fig. 3, datation de ces lames.
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Illustration non autorisée à la diffusion
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fig. 2 Argelliers, tumulus S.A2 de Cantagrils. D'après les originaux, Musée J.-Audibert de Lodève 1 à 4, même échelle. D'après
J. Audibert, cf. note 3, b : n» 4 bis, échelle différente.
Cazalis de Fondouce, en s'appuyant sur la pré(5) a) Centre de Recherches Archéologiques des Chênes Verts. — Inventaire du mobilier de quelques sépultures mégal sence des pointes de flèches et de l'objet qu'il qual
ithiques du plateau de l'Hortus. Cahiers Ligures de Préhistoire ifie de spatule, date l'ensemble du Larnaudien de et d'Archéologie, n» 1, 1952, pp. 77-85.
b) Arnal J. — Nécropole du Serre de Bouisset à Ferrières- Mortillet, « et même du plus récent ». Soit une
les-Verreries, Bull. S.P.F., 1956, pp. 16-18. période immédiatement antérieure à son propre Lau- c) Arnal J. — Les dolmens du département de l'Hérault. nacien, c'est-à-dire appartenant au Bronze Final III Préhistoire, t. XV, 1963, pp. 91-93. 90
de M. J.-J. Hatt. Il ignore ainsi la présence du — Pièces comparables (?) :
rasoir. 12 - Dolmen n° 2 de Viols-le-Foit, Hérault.
13 - Nécropole de Camallera, Gerona. C'est ce dernier qui a fait dire à M. J.-L. Roudil, 14 - de Molà, Tarragona.
dans sa thèse sur l'Age du Bronze en Languedoc 15 - Cerro del Berrueco, Salamanca.
oriental, p. 274 (inventaire des gisements) : « ce — Variante à deux renflements : matériel peut être partiellement ou en totalité
16 - Caunes-Minervois, Aude, grotte du Roc de Buffens. hallstattien ».
17 - Saint-Piene-des-Champs, Aude, Forodonos.
Pour J. Audibert, nul doute n'est permis : il s'agit — Appartenant à l'un ou l'autre type : de la phase ancienne du Hallstatt T. La céramique
18 - Narbonne, Aude, Musée, provenance régionale ? étant à l'origine de la classification au Premier Age
du Fer (surtout la coupe à fond ombiliqué), et Le second type, foliacé, correspond à la même l'utilisation de bronze pour la fabrication de la lame période : lui confèrent une certaine ancienneté. 1 - Alliât, Ariège, grotte de la Vache.
C'est aussi cet aspect archaïque de l'arme de 2 - Narbonne, Aude, Java.
3 - Pépieux, nécropole de Las Fados, surface. bronze qui l'a faite dater par les Chênes Verts du 4 - Ladern, Aude. Bronze Final, alors qu'ils placent le reste du mobil 5 - Veraza, Aude, grotte III de la Valette. ier au Premier Age du Fer. 6 - Fabara, Saragosse, Roquizal del Rullo.
Nous sommes donc en présence de deux datations Il faut toutefois remarquer que ces types ne sont possibles et pour ainsi dire contiguës : Bronze Final pas rigoureusement homogènes, le ou les renflet début du Premier Age du Fer.
ements prenant des formes sphériques, annulaires ou
coniques. Toutefois, il semble que l'on passe insen
4) Essai de datation par le contexte siblement des uns aux autres tant les opérations de
coulée ont été peu soignées.
1° Quels sont les éléments qui pourraient classer Pour M. Guilaine, ces deux types « persistent
ces lames dans un Bronze Final encore à préciser ? très longuement par la suite », que ce soit dans
les ensembles « launaciens » (« épave » d'Agde) ou Ce sont essentiellement les pointes de flèches.
du Deuxième Age du Fer (Puech Maho à Sigean, Considérons les deux types présents.
Aude, au IIIe siècle avant J.-C.) (7). Les premières, à ailerons, apparaissent dans notre
Pour N. K. Sandars (8), le premier « est un type région, pour la première fois dans le Bronze
bien connu dans l'Age du Bronze d'Anatolie et Final TII b (Mailhacien) (6). Un rapide inventaire,
d'Egée » ; le second est comparé à une pièce de sans aucun doute très incomplet, nous donne les n° 9), probaGiarratana, près de Syracuse (fig. 96, provenances suivantes :
blement de l'Archaïque TT (9). « Cette pointe de
flèche, ou une très semblable, a une longue histoire — Variante à un seul renflement :
en Méditerranée orientale. »
1 - Alliât, Ariège, grotte de la Vache. II existe toutefois une datation intéressante par 2 - Bize, Aude, Tour de Boussecos. le С 14 dans la grotte de La Valette III, à Véraza, 3 - Bize, provenance locale. Aude, d'un exemplaire foliacé (10) : Gs Y 258 = 4 - Buzignargues, Hérault, tumulus du Pont de la
630 avant J.-C. Ce qui nous ramène, étant donné Bénovie, associé à des anneaux et bracelets du Premier
Age du Fer. la marge d'erreur de ces dates, soit au Bronze
5 - Carcassonne, Aude, Musée des Beaux-Arts, prove Final III b, soit au Premier Age du Fer.
nance régionale ? La présence de ces pointes de flèches ne semble 5 bis - Idem. donc plus contradictoire avec le reste du mobilier 6 - Mailhac, Aude, Cayla I. qui classerait ces lames de poignard dans le Premier 7 - nécropole du Moulin, tombe 142. Âge du Fer. 8 - Roquefort des Corbières, Aude, Montpezat.
2° Indices de datation au Premier Age du Fer. 9 - Saint-Paul-de-Fenouillet, Pyrénées-Orientales.
10 - Saint-Pons, Hérault, Musée de la cathédrale, pro Le rasoir de Saint-Jean-de-Blaquière correspond venance locale ? bien à une phase ancienne du Premier Age du Fer. 1 1 - Bury, Oise. Th. Baudoin qui la publie dans « Pointes
de flèches de l'Age du Bronze et de l'Age du Fer »,
(7) Guilaixk J. — L'Age du Bronze en Languedoc occidental, l'Homme Préhistorique 1912, p. 257 sq, avoue n'en Roussillon, Ariège. Mém'. Soc. Préhist. Fr., t. 9, 1972, pp. 318- connaître aucun autre exemplaire. 319.
(8) Sandars N.-K. — Bronze Age cultures in France. Camb
ridge, 1957, pp. 321-322.
(9) L'Archaïque II était daté par Pallotino approximativement (6) (iim.AiNK J. et Soliiîu Y. — Quelques types de pointes de de 725 à 650 av. J.-C. flèches et de javelots en bronze de l'Aude et de l'Ariège. Hull.
Sac. d'Et. Scient, de l'Aude, t. LXVI, 1966, pp. 75-85. (10) Note 7, p. 319. 91
On le trouve fréquemment en association avec la
grande épée de fer et plus rarement avec les pre
miers poignards à antennes. Encore faut-il remar
quer qu'une étude chronologique des différents types
de rasoirs semi-circulaires en bronze reste pour
l'instant à faire (11).
Le modèle ici présent est techniquement assez
complexe. On peut le comparer en partie à celui du
tumulus L 9 de Cazevieille (Hérault) qui n'a pas de
lumières. Ce dernier n'est pas associé à un mobilier
datable de façon plus précise (une petits coupe
hémisphérique à fond ombiliqué et une plaque de
fer à deux perforations).
Nous restons dans la plus grande imprécision avec
les deux vases de Cantagrils. La jatte décorée est
cependant un objet assimilable, avec beaucoup de
précautions, au type 6 de MM. Louis, O. et J. Taffa-
nel (Le premier Age du Fer Languedocien, tome TTT,
fig. 90, pi. 26). C'est-à-dire plus ou moins contem
porain de la nécropole du Grand Bassin T à Mailhac.
C'est cette même nécropole qui apporte le mobil
ier de comparaison nécessaire pour le grand vase
de la tombe ovale du Truc de Sauzes, correspondant
à un type assez courant dans les tumulus héraultais. carte 2 Provenance des lames retenues : bronze : 1, 2, 3 : Hérault ;
4 : champ d'urnes cfe Lavène à Puygouzon, Tarn ; 5 : tumulus 5 Par contre, jusqu'à présent, le petit vase carré à de Pont de Chabestan, Hautes-Alpes ; 6 : pièce douteuse de la Font quatre pieds d'angle reste une pièce unique. Les Mauresque à Mazaugues, Var (Bronze Moyen ?) ; Fer : 7 :
tumulus de Lacam n» 5 à Rogues, Gard. inventeurs parlent de fantaisie de potier. La chose
est sans doute vraisemblable. Toutefois, on peut se
demander s'il ne faut pas y voir un objet dont l'util
isation serait un peu plus originale que celle que Peuvent-elles, par leur contexte, préciser leur datalaissent supposer les autres vases (pyxide, brûle- tion ? (carte n° 2).
parfum, etc.).
Inventaire : Quoi qu'il en soit, la présence d'une forme très
1° Tumulus de la région de Pertuis (Vaucluse). originale ne doit pas être pour nous surprendre. Les
n° 7) ou ovalaires jattes rectangulaires (tombe 34, Les tumulus 1 et 2 du Renard auraient donné
n° 21 ; 60, n° 15 ; 99, n" 12), en forme (tombe 18, chacun un poignard de fer à rivets (13), sans autre
de plats « à gratin », provenant de la nécropole du précision. En fait, il s'agirait de couteaux à dos,
Grand Bassin T à Mailhac, n'en sont-elles pas un disparus depuis (?), selon P. Arcelin, communication
autre exemple (12) ? orale.
Tous ces éléments régionaux de comparaison 2° Epée de Laressingle (Gers) (14), « lame de
nous acheminent vers une datation du Premier Age fer maintenue à la poignée de bronze par quatre
du Fer, et dans le cadre d'une période plus ou moins rivets de bronze dont deux sont encore apparents ».
antérieure au milieu du VIe siècle avant J.-C, et Il s'agit en fait d'un classique poignard à antennes,
postérieure au dernier quart du VIIe. à lames de fer, et de toute façon les rivets sont placés
tout à fait différemment (fig. 3, n" 6).
3° « Une épée d'un des tumulus des Landes de II. — Pièces d'autres provenances
Mesplède, à Aubagnac (Landes), aurait également
une lame rivetée sur la poignée (Musée de Mont-
Y a-t-il d'autres lames de ce type en dehors de de-Marsan) » (15). l'Hérault ?
(11) Malgré l'inventaire partiel publié par Auauzit P. — (13) a) Cotte Ch. — Les tumulus hallstattiens provençaux à Note sur quelques rasoirs hallstattiens. Rev. Arch, du Centre, vases grecs archaïques. L'Homme Préhistorique , 1910, pp. 353 ss. t. II, 1963, fasc. 3, pp. 203-217. b) Note 3, c, pp. 171-173. (12) Tombe 18. Cf. bons M., Taffanel O. et J. Le Premier (14) Objet disparu ; dessin publié par L. Mazeret, L'Homme Age du Fer languedocien, 2e partie, Les nécropoles à incinérat Préhistorique, 1910, fïg. 9. ion. Montpellier 1958, pp. 43 et 51 ; tombe 34, pp. 43 et 54 ; (15) Coffyx A. — Les épées à antennes du Sud de la tombe 60, pp. 44 et 58 ; tombe 99, cf. Taffanel O. et J. — France. Actes du IIe Colloque de Protohistoire d'Aquitaine Deux tombes de cavaliers du Premier Age du Fer à Mailhac, (1973), 1971, p. 69. Aude. Gallia, t. XX, 1962, fasc. 1, pp. 3-32. 92
_ и
6 cm
fig. 3 1 : Viols-le-Fort, Hérault, tombe ovale du Truc de Sauzes, d'après photographie, cf. note 4. 2 : Mazaugues, Var, La Font
Mauresque, cf. note 16 (photographie) et 17, b (dessin). 3 : Puygouzon, Tarn, champ d'urnes de Lavène, cf. note 19. 4 : Pont
de Chabestan, Hautes-Alpes, tumulus n° 5, cf. note 20. 5 : Rogues, Gard, tumulus de Lacam n° 5, pièce de fer, d'après article
cité et originaux en vitrine au Musée Cévenol du Vigan, Gard. Les n«s 1, 2, 3, 4, 5 sont à la même échelle ; les suivantes sans
échelle. 6 : Laressingle, Gers, lame de fer, cf. note 14. 7 : Viols-le-Fort, tombe ovale du truc de Sauzes : petit vase d'après
photographie, cf. note 4, donné sans dimensions. 8 : même provenance ; croquis exécuté d'après la description faite dans l'article.
Nous le donnons ici sans aucune garantie. 93
II semble bien que ces quatre premières pièces Deux trous inemployés, et sans doute la trace d'un
ne puissent être retenues, après examen, dans le troisième sous la forme d'une échancrure à l'extré
mité proximale, suggèrent une première fixation détécadre de notre étude.
riorée, du même type. 4° La Grotte Loubière, dans la chaîne de l'Etoile,
7° Tumulus n° 5 de Pont-de-Chabestan (Hautes- près de Marseille, en aurait peut-être donné un
Alpes). fragment, hélas réduit à la languette et aux trois
rivets (16). Le contexte, très hétérogène, comporte La belle fouille de J.-C. Courtois (20) a révélé
entre autres une hache à bords droits, une flèche à une lame de bronze qui correspond elle aussi à notre
ailerons et pédoncule, sans doute du premier type petit groupe héraultais. C'est une lame nettement
décrit plus haut, et un mobilier céramique où ne pistilliforme, dans l'arête centrale, à deux rainures
sont représentés sous forme de photographie que parallèles aux bords. La languette triangulaire porte
des anses dites de La Polada, au sens le plus large trois rivets de bronze et la trace de trois ou cinq
du terme, et un fond de vase décoré de deux cercles trous détériorés pouvant se regrouper eux aussi en
concentriques contenant une croix, exécutés au point deux systèmes triangulaires. L'emplacement des ra
illé, d'inspiration terramaricole. Pièce douteuse et inures serait en rapport avec une première fixation,
mal datée, non retenue. n° 4). les rivets actuels étant situés trop bas (fig. 3,
5° Dans le même article, G. Daumas signale une Seul cet exemplaire bénéficie d'un contexte exhumé
dans des conditions scientifiques lui conférant une lame de poignard, elle aussi de bronze, et en donne
une photographie. Trouvé en 1945 « dans une fiabilité indiscutable.
cachette-abri du département du Var », il est consi Soit :
déré comme un type étranger. Il mesure 35 cm de deux anneaux de bronze, un rasoir de bronze à long pour 3 de large. Sa description correspond à
trois fenêtres triangulaires, huit boutons de celle de l'exemplaire de Cantagrils. Il est attribué au en calotte à barrette basale, un bracelet circulaire Bronze Moyen par J. Courtin (17). Même en ce cas,
de fer, divers fragments de fer non identifiés, un nous sommes en présence d'un type morphologique fragment de lourd bracelet fondu, en bronze, et deux ment très proche. Il est d'ailleurs le seul à présenter vases noirs difficilement reconstituables. La pièce la n" 2). Cette semble-t-il une garde intacte (fig. 3, plus intéressante est le pommeau de bronze à pièce ne sera pas non plus retenue. antennes qui se fixait sur la fusée par une douille 6° Champ d'Urnes de Lavène, à Puygouzon, percée de trois trous de rivets.
Tarn, mis au jour en 1844 (18). Lame de bronze L'auteur constate la présence apparemment contrapubliée sans contexte. Toutefois, outre du mobilier
dictoire d'un mobilier somme toute archaïque et de du Bronze Final III b, la nécropole a donné des ce pommeau à antennes. C'est en tenant compte de objets du Premier Age du Fer dont, par exemple, ces dernières qu'il date l'ensemble des alentours de un rasoir semi-circulaire.
550 avant J.-C. (21). Toutefois, là comme ailleurs, Cette lame très légèrement pistilliforme semble l'ensemble du mobilier associé à ces lames appartient
porter une arête centrale sur le dessin publié par à une période antérieure à l'apparition du poiE. Cartailhac (19), et deux nervures parallèles aux gnard à antennes classiques (22 a), ce qui a conduit bords (fig. 3, n° 3). La languette sub triangulaire pro M. J.-C. Courtois à proposer par la suite la date
longe la lame après un léger élargissement de cette de 600 avant J.-C. environ.
dernière. Elle porte trois rivets disposés en triangle. 8° II est sans doute intéressant de comparer à
ces pièces de bronze les fragments d'une lame de
fer provenant du tumulus n° 3 de Lacam de Rogues, (16) Daumas G. — Sur la présence d'objets italiques d'importation dans un gisement du Bronze à Marseille. Revue d'Etudes Gard (fig. 3, n° 5). Mme Durand-Tullou le signale Ligures, XIII, 1947, pp. 127-131. dans son article sur « Quelques tumulus des environs (17) a) Référence bibliographique imprécise : loc. cil., soit deux possibilités au moins : Daumas G. — La grotte Loubière. de Rogues, Gard », Cahiers Ligures, 1954, pp. 56- Provincia, 1943 ; soit Daumas G. — Bull. Soc. Stat. Hist. Arch., n° 171, octobre 1946. 59, fig. 5. Etant donné l'état d'oxydation dans lequel
b) Courtin J. — II signale la pièce comme provenant de la elle se trouve, il est difficile de décrire précisément Font Mauresque, à Mazaugues, var, et en donne un dessin (p. 449, fig. 3, n° 2) dans son article : Les civilisations de l'Age la languette triangulaire. Elle porte cependant encore du Bronze en Provence. Le Bronze Ancien et le Bronze Moyen, trois trous de rivets disposés en triangle. La lame dans La Préhistoire Française, t. II : Les néolithiques et protohistoriques de la France, C.N.R.S., 1976.
(18) a) Caraven-Cachin A. — Sépultures gauloises, romaines et franques du Tarn. Castres 1873. (20) Courtois J.-C. — Une sépulture de chef sous tumulus b) Id. — Le Tarn et ses tombeaux. Paris 1873. à Chabestan, Hautes-Alpes. Gallia, XXII, fasc. 1, 1964, pp. 173-188. c) Cartailhac E. — Note sur l'archéologie préhistorique du
département du Tarn. Matériaux, XV, 1879, pp. 481-499. (21) Date donnée par la coupe des petits maîtres de la tombe de Corno Lauzo. Cf. Taffanel O. et J. — Deux tombes (19) Cf. note 18, c, p. 491, fig. 190. Le rapprochement avec de chef à Mailhac. Gallia, XVIII, fasc. 1, 1960, pp. 1-37. « le type de Courtavant » de Déchelette est impossible. En effet, cette arme est connue actuellement sous le nom de « type (22) Mobilier correspondant à la nécropole du Grand Bassin I de Rixheim ». Morphologiquement, la différence est énorme, à Mailhac, Aude. Le poignard à antennes de Corno Lauzo la datation du Bronze Final II de cette épée l'excluant par correspond à celle du Grand Bassin II, le type d'Airoles pouailleurs du champ d'urnes de Lavène. vant être légèrement antérieur. 94
s'élargit à la garde et porte une arête centrale. Les d'une grande épée de bronze. Il aurait fallu la
menus fragments de fer, épars, que l'on a retrouvé retailler complètement, éliminer de la surface les
dans le tumulus ont-ils un rapport avec elle ? Cette différents filets ou rainures, en graver d'autres, et
tombe à inhumation a donné par ailleurs un rasoir percer les trous de rivets. Opération moins rentable
semi-circulaire de bronze, à un anneau, un bracelet qu'une éventuelle refonte, et rendue bien improbable
gravé à quatre renflements et les fragments de deux au vu des cinq exemplaires décrits dans ces lignes.
L'exemplaire de Cantagrils présente de son côté des vases modelés.
stigmates d'arrachage des rivets, sans avoir toutefois Ce poignard est donc d'un type morphologique
subi de réfection visible. Seule la lame à nervures ment très proche des précédentes lames de bronze.
de Lavène pourrait éventuellement suggérer la réutiDe même son association avec le rasoir nous permet
lisation d'une épée du Bronze Final. d'envisager des rapprochements avec les tombes
déjà décrites. Toutefois, la présence du bracelet nous On peut sans doute en conclure que nous sommes
en face du résultat d'une mauvaise utilisation de pose quelques problèmes. En effet, nous n'avons pas
pu jusqu'ici trouver de références précises à ce type. l'arme. En effet, elle est courte, pointue et fixée de
L'inventeur reporte à un article de M. Louis : « Bra façon assez fragile à la poignée.
celet de Lanuéjols » - Bulletin de la Société d'Etude Malgré un léger allongement de la languette, la
des Sciences Naturelles de Nîmes, 1930, pp. 29-32. fixation de la garde reste très ponctuelle, formant
Mais il s'agit là d'un type légèrement différent. Le pivot dans le plan déterminé par le tranchant de la
jonc rond et massif ne porte que trois nodosités lame. Une telle arme n'est conçue que pour frapper
et un décor moins abondant, et y est comparé à un d'estoc. Utilisée de taille, comme les grandes épées,
exemplaire daté de La Tène I. Nous avons person elle supporte un effort beaucoup trop grand sur la
nellement rencontré un article du Dr Paul Bisch : garde. Cet effet de cisaillement conduit à la rupture
« De soi-disant Torques gaulois » - Rhodania. C. R. des rivets, de la garde ou de la languette.
du XXVI" Congrès, Nîmes 1950 (Vienne 1955),
2° Oxydation différentielle. pp. 11-13, 1 fig., où il est question de bracelets
identiques à quatre ou six boules. Les onze pièces Sur ces cinq objets, deux au moins peuvent apport
vaguement signalées ont souvent été étiquetées er semble-t-il quelque précision sur la forme de la
« Torques gaulois de la fin de l'époque du Bronze, garde.
Bronze III », et auraient été trouvées presque toutes
Soit : sur la rive gauche du Rhône, ou en Italie du Nord
(Canolio, Fermo) et souvent classées comme d'ori — Pont-de-Chabestan :
gine indéterminée. Comment interpréter ces rense La languette présente une oxydation différente du ignements contradictoires ? reste de la lame (23). Pas trace d'écusson ; le contact,
légèrement curviligne, ne peut cependant pas cor
respondre à un motif exactement symétrique du
III. Mode d'emmanchement pommeau, faute de traces récurrentes latérales.
Toute interprétation reste possible, d'autant que les
n° antennes 4). ne sont pas forcément d'origine (fig. 3, A part le dernier exemplaire de bronze que nous
venons d'examiner, qui possède un pommeau à
— Cantagrils : antennes, les poignées n'ont laissé que peu de trace
sur ces lames. Ces vestiges sont de deux sortes : La lame est publiée par J. Audibert avec la même
emplacement des rivets et oxydation différentielle. trace sur la languette. Elle présente en fait des
stigmates différents. La garde devait être envelop1° Rivets.
pante et son profil interne anguleux, sans écusson
Ils sont au nombre de trois, groupés en triangle n° 2). (fig. 2,
isocèle selon la forme de la languette. On remarquera toutefois que :
Chose curieuse, ce sont les deux lames de Lavène a) Si la pièce de Cantagrils pouvait porter une et Pont-de-Chabestan, les plus éloignées géographi- garde comparable, toute chose étant égale par ailquement, qui présentent les traces de réfection de leurs à celle des poignards à antennes aquitains par l'attache de la languette sur le manche. exemple, et celle de Pont-de-Chabestan à celles
Dans les deux cas, les trous de rivets inemployés d'Airoles ou de Saint-Martin-de-Londres (24), rien
restent adaptés à la même forme triangulaire de la ne le prouve.
languette. Il est plus que vraisemblable qu'ils b) Si toutefois cela était le cas, il n'est pas dit devaient faire partie soit de la même languette, soit que cela soit la garde d'origine, surtout si l'on songe d'une languette de même forme retaillée par la suite.
De plus, la forme bien particulière de la lame elle- (23) Note 20, fig. 13, p. 184. même rend très difficile l'hypothèse de la réutilisation (24)15, fig. 2, p. (57. 95
que les réparations constatées ont dû en prolonger aucun doute nécessité une profonde modification des
l'utilisation. Cette trace correspond à la poignée arts martiaux.
ensevelie avec l'arme : la dernière. 5° Techniquement, on assiste à l'abandon brutal
c) Si l'on ne tient plus compte de la présence d'un type d'emmanchement qui a fait ses preuves sur
d'un pommeau à antennes à Pont-de-Chabestan, il les grandes épées au Bronze Final et au début du
faut bien reconnaître que la plupart des gardes Premier Age du Fer : la languette tripartite, allongée.
connues à l'Age du Bronze seraient tout aussi adapt Les lames qui sont considérées ici ne profitent pas
ées à ces traces, surtout si l'on tient compte de la de ce mode de fixation solide. La modification de
forme de la languette, somme toute assez large. l'arme est radicale.
Pour conclure, si ces traces ne sont pas tout à fait 6° II semble que l'on ait, ici, très mal utilisé
contradictoires avec l'utilisation de ces lames de cette nouvelle arme. Ces lames sont encore morpholbronze sous forme de poignards à antennes, elles ogiquement des poignards, par leur mode de fixan'interdisent pas encore, à notre avis, une hypothét tion en languette courte. Mais leur forme pistilli- ique utilisation antérieure sous un autre aspect plus forme a conduit à une utilisation de taille. Est-il
en accord avec la forme de la languette. permis de penser que les utilisateurs en présence
d'une nouvelle arme n'aient pas encore modifié leurs
techniques de combat, plus appropriées à la grande
épée ? IV. — Origine du type
7° Cette hésitation entre morphologie poignard et
utilisation épée n'est vraiment résolue que par les Ces cinq pièces semblent former un type assez « poignards » à antennes classiques, à soie (Airoles) précis. Toutefois, trouver l'origine de ces objets mal ou à languette allongée (Aquitaine) (26). Nouvelles datés reste une aventure bien hasardeuse. En l'ab armes qui assurent pleinement ce compromis. sence d'une connaissance approfondie de la question,
il ne nous est permis que d'émettre quelques hypot Ces quelques réflexions nous incitent à penser
hèses. que :
1° Le Bronze Final languedocien ne fournit pour a) Les lames de bronze à languette triangulaires
l'instant aucun élément de comparaison valable. Ce sont antérieures aux poignards à antennes du
qui n'est pas étonnant, vu l'extrême rareté de ses Hallstatt moyen de J.-J. Hatt, dont elles seraient,
poignards et leur hétérogénéité typologique. De plus, lato sensu, les prototypes. Ce qui est vraisemblable
la région n'a pas échappé à la propagation de la étant donné le peu de mobilier connu qui leur est
grande épée de bronze, dite hallstatienne, ni à celles associé.
de fer, postérieurement. b) Leur origine est à chercher en dehors de l'aire
Il semble que nos lames de bronze à languette à grande épée de fer halstattienne.
triangulaire soient ici le fruit d'une véritable géné
c) L'Italie du Nord serait sinon leur lieu d'origine ration spontanée.
du moins le propagateur de cette nouvelle mode aux
2° Le reste de l'aire hallstattienne ne semble pas nombreuses répercussions. Faut-il à ce propos voir
lui non plus avoir utilisé le poignard autrement que dans les lames de poignard, de fer, trouvées à Chia-
de façon très accessoire en complément de la grande vari, les prototypes de cette forme ? (27). Il s'agit
épée, au Bronze Final (25) comme au Premier Age de lames pistilliformes à arête centrale, terminées
du Fer. par une languette plus ou moins triangulaire portant
trois rivets. Ces armes, considérées par l'auteur 3° Par contre, ce n'est pas du tout le cas de
comme courantes au Premier Age du Fer, sont l'Italie, ou peut-être plus largement de l'aire médi
datées dans cet article des VIIIe et VIIe siècles avant terranéenne (?). Au Bronze Final, les poignards y
J.-C. Même sans tenir compte des parallèles effecsont nombreux et de types bien affirmés, en face de
tués (28) avec les nécropoles du Grand Bassin I l'extrême rareté des épées.
et II de Mailhac, nous pensons que ces dates restent 4° L'apparition des poignards à antennes dans
encore à préciser. l'aire hallstattienne, ou plutôt la disparition des épées
à leur profit pose un problème. La longue tradition
des grandes épées ne reprendra qu'à La Tène. Entre
temps, c'est une arme intermédiaire qui est utilisée, (26) Note 15, où l'auteur procède à une nouvelle définition de ces types. une épée de la taille d'un poignard. Ce qui a sans (27) Lamboglia N. — La nécropole ligure di Chiavari, studio preliminare. — Revue d'Etudes Ligures, XXVI, 1960, pp. 91-220, et plus particulièrement pp. 178-181, fig. 84-8(5.
(28) Taffanel O. et J. — La nécropole de Chiavari et les (25) Mult.er Karpe M. — Beitràge zur Chronologie der Urnen- nécropoles du Bas-Languedoc. — Revue d'Etudes Ligures, felderzeit nôrdlich und siïdlich der Alpen. Berlin 1959. XXX, 1964, pp. 106-109.

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