Livre vert sur les relations entre l'Union européenne et les pays ACP à l'aube du 21ème siècle

De
Ã^­^&i^ ; \ó&-&¿&Tü&Z<%tig^Í&^&í IMMISSION EUROPEENNE Livre vert sur les relations entre l'Union européenne et les pays ACP à Taube du 21ème siècle Défis et options pour un nouveau partenariat Η J tf **··~τ| .* JmM COMMISSION EUROPÉENNE LIVRE VERT SUR LES RELATIONS ENTRE L'UNION EUROPEENNE ET LES PAYS ACP A L'AUBE DU 21ème SIECLE Défis et options pour un nouveau partenariat De nombreuses autres informations sur l'Union européenne sont disponibles sur Internet via le serveur Europa (http://europa.eu.int). Une fiche bibliographique figure à la fin de l'ouvrage. Luxembourg: Office des publications officielles des Communautés européennes, 1997 ISBN 92-827-9183-1 © CECA-CE-CEEA, Bruxelles · Luxembourg, 1997 Reproduction autorisée, sauf à des fins commerciales, moyennant mention de la source. Printed in Germany Avant-propos La coopération entre l'Union européenne et les pays d'Afrique, Européens et des attentes des populations des ACP. Le soutien des Caraïbes et du Pacifique remonte aux origines de la des opinions publiques à la poursuite d'une politique active de Communauté. La convention de Lomé, qui organise depuis développement par l'UE est beaucoup plus fort qu'on ne veut 1975 les relations commerciales et les relations d'aide au déve­ généralement le croire.
Publié le : lundi 30 janvier 2012
Lecture(s) : 412
Source : EU Bookshop, http://bookshop.europa.eu/
Nombre de pages : 88
Voir plus Voir moins

Ã^­^&i^ ; \ó&-&¿&Tü&Z<%tig^Í&^&í
IMMISSION EUROPEENNE
Livre vert
sur les relations entre
l'Union européenne
et les pays ACP
à Taube du 21ème siècle
Défis et options pour un nouveau partenariat Η
J
tf **··~τ|
.* JmM COMMISSION EUROPÉENNE
LIVRE VERT
SUR LES RELATIONS ENTRE L'UNION
EUROPEENNE ET LES PAYS ACP
A L'AUBE DU 21ème SIECLE
Défis et options pour un nouveau partenariat De nombreuses autres informations sur l'Union européenne sont disponibles sur Internet
via le serveur Europa (http://europa.eu.int).
Une fiche bibliographique figure à la fin de l'ouvrage.
Luxembourg: Office des publications officielles des Communautés européennes, 1997
ISBN 92-827-9183-1
© CECA-CE-CEEA, Bruxelles · Luxembourg, 1997
Reproduction autorisée, sauf à des fins commerciales, moyennant mention de la source.
Printed in Germany Avant-propos
La coopération entre l'Union européenne et les pays d'Afrique, Européens et des attentes des populations des ACP. Le soutien
des Caraïbes et du Pacifique remonte aux origines de la des opinions publiques à la poursuite d'une politique active de
Communauté. La convention de Lomé, qui organise depuis développement par l'UE est beaucoup plus fort qu'on ne veut
1975 les relations commerciales et les relations d'aide au déve­ généralement le croire. Ce qui est vrai en revanche, c'est que
loppement entre l'UE et soixante-dix Etats ACP, constitue l'un l'opinion manifeste une exigence d'efficacité à laquelle nous
des volets les plus significatifs de l'action extérieure de l'Union. devons absolument nous ranger. Cette exigence d'efficacité
Cet accord expire le 29 février 2000, et les négociations entre explique le soin particulier apporté par le Livre Vert à l'examen
les Parties contractantes devront ítre entamées dix-huit mois des objectifs et des modalités de mise en oeuvre de la coopéra­
avant cette échéance, c'est-à-dire en septembre 1998. Compte tion.
tenu des changements importants qui sont intervenus au cours
des vingt dernières années, le moment est venu de réfléchir à
l'avenir de la relation UE-ACP dans une perspective nouvelle. Dans ce nouvel environnement, tenant compte des leçons à tirer
de l'expérience acquise par la Communauté au cours de près de
Le contexte mondial s'est fondamentalement transformé. De vingt-cinq années de "Partenariat Lomé", la Commission a esti­
mé que les échéances institutionnelles prochaines qui concer­nouveaux défis surgissent et de nouvelles motivations animent
désormais nos partenaires et l'UE elle-même. nent la coopération UE-ACP fournissaient l'occasion de procé­
der à une réflexion approfondie et de lancer un débat ouvert et
Dans un monde devenu multipolaire, l'Union doit assurer sa concret sur l'avenir de cette relation.
présence dans toutes les régions. Elle s'efforce de développer
Le Livre Vert répond à ces préoccupations. Il se compose d'une son identité extérieure à travers une politique extérieure et de
synthèse des principaux thèmes de discussion et d'un document sécurité commune plus effective et plus globale, une politique
d'analyse organisé en deux parties: la première partie porte sur de coopération au développement efficace et différenciée, une
l'évaluation du passé et les grandes tendances politiques, éco­politique commerciale multilatérale oeuvrant en faveur de
nomiques et sociales; la deuxième partie présente des pistes et l'ouverture des marchés et du respect de règles communes
des options pour revitaliser le partenariat UE-ACP, et lui redon­négociées.
ner la pertinence et l'efficacité nécessaires pour affronter les
défis du 21ème siècle. Il ne s'agit pas de faire table rase du Dans les pays ACP, les conditions de vie se sont certes sensible­
passé: un certain nombre d'orientations, d'objectifs et de politi­ment améliorées, en termes de santé, d'éducation, d'accès aux
ques devront être confirmées et renforcées, à partir d'une ana­services essentiels. Mais la situation demeure globalement cri­
lyse objective des difficultés mais aussi des réussites de la tique: sur cinquante PMA, ou "pays les moins avancés", quaran­
"coopération Lomé". L'Union a des atouts à faire valoir. Son te et un se trouvent dans la zone ACP; leur participation aux
approche globale, la détermination de son engagement au servi­
échanges internationaux reste marginale; et les perspectives en
ce de politiques sectorielles, sa forte présence sur le terrain, sa
matière de pauvreté y sont particulièrement préoccupantes.
capacité d'impulser certaines politiques ou d'influencer certains
processus - comme l'illustrent ses propositions pour une nou­
La marginalisation économique s'accompagne dans certains
velle approche de la conditionnalité - témoignent de son souci
pays ACP d'une désintégration sociale, d'une montée de la vio­
constant d'améliorer l'impact global de la coopération.
lence et d'une multiplication des conflits armés, qui entraînent
souvent des désastres humanitaires, défiant les politiques de
Le souci premier de l'Union doit être d'aider les populations développement et détournant les efforts de la communauté
internationale vers des actions d'urgence et de gestion des cri­ pauvres à s'intégrer dans la vie économique et sociale et d'aider
ses. les pays ACP à s'intégrer dans l'économie mondiale. Dans cette
perspective notre cadre de coopération doit pouvoir s'ouvrir à
de nouveaux domaines den et à de nouveaux acteurs, D'autres pays par contre, heureusement de plus en plus nom­
émanant de la société civile et notamment du secteur privé. breux, ont développé des capacités politiques et économiques
qui leur ouvrent de nouvelles possibilités dans leurs relations
Le Livre Vert a pour but de nourrir la réflexion, de susciter un avec leurs partenaires extérieurs, notamment européens.
large débat et de préparer le dialogue entre les partenaires
concernés par l'expiration de la Convention de Lomé. Il L'Union doit être en mesure de faire face à ces situations mul­
tiples, non seulement parce que la solidarité, en particulier avec s'adresse à tous les acteurs du développement. Il ne formule pas
les plus pauvres, fait partie intégrante de son identité, mais aussi de proposition formelle, et l'inventaire des options présentées
parce qu'elle a des intérêts objectifs à court, moyen et long ne préjuge pas les propositions que pourra faire la Commission
terme, qui exigent une capacité d'action et d'anticipation, dans en temps voulu. Il s'inscrit dans un processus de réflexion et de
le cadre d'un partenariat franc et dynamique. L"'après-Lomé" discussion, qui a déjà donné lieu à divers séminaires, rencontres
relève d'un choix fondamentalement politique, et le futur parte­ et publications.
i nariat devra être à la hauteur des préoccupations nouvelles des Avant-propos
Ce débat conduira la Commission, le moment venu, à définir du 21ème siècle, les ACP réunissent, pour la première fois peut-
des propositions pour un nouveau partenariat, dans une commu­ être, des chances prometteuses de développement; mais en
nication au Conseil proposant un mandat de négociation. même temps l'autonomie et la solidité des structures de gouver­
nement sont mises à rude épreuve. Ce n'est pas le moment de
Notre objectif est clair: revitaliser la relation entre l'Union euro­ relâcher l'effort, ni la qualité de notre partenariat: il faut au
péenne et les pays ACP. lui donner de nouvelles ambitions et contraire en rehausser l'exigence politique, au sens le plus
des chances accrues de succès. Dans la relation UE-ACP, conti­ noble du terme.
nue de se jouer un élément essentiel de l'identité de l'Union
européenne. La phase post-coloniale s'achève, mais la respon­
sabilité spécifique à l'égard des pays ACP demeure, pour des Professeur J. de Deus Pinheiro
raisons profondes que le Livre Vert met en évidence. Au seuil Principaux thèmes de di
Le monde est en profonde mutation. L'effondrement du bloc chaines années, et préparent l'Europe à affronter les défis du
de l'Est et la fin du conflit Est/ Ouest ont bouleversé la scène 21ème siècle.
politique et économique internationale, ouvrant la voie à une
coopération renforcée fondée sur des valeurs et des principes Dans le cadre de ses relations extérieures, vis-à-vis des pays en
communs mais conduisant aussi à un remodelage des intérêts développement et des économies en transition, l'Union euro­
géostratégiques et à de nouveaux types de risques plus diffus. péenne est également engagée dans un ensemble d'initiatives
Au plan économique, l'extension de l'économie de marché et la nouvelles.
fin des relations exclusives ou privilégiées ont modifié les
conditions de l'offre et de la demande sur les marchés interna­ Elle a conclu des accords d'association avec la plupart des pays
tionaux. La conclusion des négociations commerciales du cycle européens de l'ancien bloc de l'Est candidats à l'adhésion.
de l'Uruguay crée un contexte multilatéral nouveau, accélérant Parallèlement, elle accorde son soutien au processus de trans­
le processus de mondialisation de l'économie entraîné par les formation économique et politique des républiques de l'ancien­
évolutions technologiques et par la libéralisation des politiques ne Union soviétique et a conclu des accords commerciaux avec
économiques engagée dans les années 1980. L'interdépendance plusieurs d'entre elles.
s'accroît et s'étend, au-delà des sphères économiques et finan­
cières, aux sphères du social et de l'environnement. Dans le contexte de ses relations avec les pays tiers méditerra­
Simultanément, alors que les politiques nationales perdent de néens, elle a fixé un nouveau cadre de partenariat multilatéral et
leurs marges de manoeuvre, de nouvelles fractures se marquent, durable liant 27 pays, complémentaire au renforcement des
alimentées par les effets de l'exclusion, par la fragmentation du relations bilatérales, et qui comporte trois volets: politique et de
tissu social au sein des pays industrialisés comme au sein des sécurité d'une part, économique et financier d'autre part (pré­
économies en transition et des pays en développement, par voyant notamment l'établissement progressif d'une zone de
l'accroissement des inégalités, par la marginalisation des pays libre échange), social, culturel et humain enfin.
les plus démunis. Ces fractures constituent des facteurs d'insta­
bilité, qui se traduisent notamment par la montée des extrémis-
L'Union a également décidé de renforcer ses liens avec
mes de types nationalistes ou intégristes.
l'Amérique latine, dans le cadre d'une stratégie en trois dimen­
sions, qui prévoit un approfondissement du dialogue politique
entre les deux régions, un soutien en vue de renforcer le libre Ce nouvel environnement international a conduit l'Union
échange et un appui institutionnel au processus d'intégration européenne à redéfinir ses intérêts politiques et de sécurité,
régionale, des actions et programmes de coopération financière et à donner un nouvel élan à la dimension politique du proces­
et technique centrés sur quelques axes prioritaires. sus d'intégration européenne. Le Traité sur l'Union européenne
a donné une base institutionnelle à la mise en place d'une poli­
tique extérieure et de sécurité commune (PESC), politique qui Enfin elle a adopté une nouvelle stratégie dans ses relations
demeure cependant insuffisamment développée pour servir effi­ avec les pays d'Asie, visant à renforcer la présence économique
cacement les intérêts communs des Etats membres, et dont les européenne dans cette région, à améliorer la compréhension
mécanismes font actuellement l'objet de discussions dans le mutuelle, et à développer une nouvelle approche politique.
cadre de la Conférence Inter-Gouvernementale (CIG). Mais le
Traité a aussi fourni une base institutionnelle à la politique Ces nouvelles orientations constituent les réponses de
européenne de coopération au développement. l'Union aux changements en cours sur la scène politique et
économique internationale. Elles traduisent la vocation uni­
verselle des relations extérieures de l'Union, mais aussi leur
caractère différencié. L'Union se prépare à d'importantes
transformations
La relation entre l'Union européen­
De profonds changements marqueront l'Union, au moment pré­
ne et les soixante-dix pays
cisément de la mise en place d'un nouveau partenariat avec les
d'Afrique des Caraïbes et du
pays ACP.
Pacifique entre progressivement
Au plan interne, l'accompagnement du marché intérieur et la dans une phase nouvelle
perspective du passage à la monnaie unique, la révision du
Traité et les autres réformes institutionnelles en discussion dans
le cadre de la CIG, l'élaboration d'un nouvel accord financier à La convention de Lomé organise depuis 1975 les relations com­
moyen terme, et la perspective de l'élargissement aux pays merciales et financières entre l'UE et les pays ACP, actuelle­
associés d'Europe centrale et orientale, aux Etats baltes, à ment au nombre de soixante-dix. Engagée dès 1957, la politique
Chypre et Malte, constituent autant de chantiers pour les pro­ de coopération communautaire a connu plusieurs étapes decisi-de di: rrincipaux themes
ves. Après les premières années au cours desquelles il s'agissait cées de l'OMC, un cadre de coopération commerciale en
d'associer les Pays et Territoires d'Outre­Mer à la pleine conformité avec les nouvelles règles multilatérales,
Communauté, les relations de coopération se sont poursuivies fournissent une occasion privilégiée de procéder à une telle
dans le cadre des conventions de Yaoundé, et sont restées prin­ réflexion et d'engager un large débat sur l'avenir des rela­
cipalement centrées sur l'Afrique noire francophone jusqu'au tions entre l'UE et les ACP.
milieu des années soixante­dix. Après le premier élargissement
de la Communauté, dans un contexte économique international
qui se modifiait sensiblement, l'Europe a commencé à étendre Le débat sur l'avenir des relations
le champ géographique de sa politique de coopération: d'une
UE­ACP doit en premier lieu tenir part en ouvrant la première convention de Lomé à d'autres pays
ACP; d'autre part en nouant progressivement des relations compte du nouveau contexte global
d'association et de coopération avec d'autres régions du monde
en développement. Le nouveau paysage mondial non seulement modifie les
intérêts objectifs de l'Union et de ses partenaires en déve­
La convention de Lomé a fait l'objet d'adaptations successives loppement, mais implique aussi des responsabilités accrues
tous les cinq ans, qui ont permis d'ajuster le dispositif en fonc­ pour un acteur de la taille de l'UE. Ces s sont
tion des évolutions économiques et politiques, d'introduire de en premier lieu d'ordre politique: l'Union doit soutenir acti­
nouveaux instruments de coopération et de fixer de nouvelles vement les processus d'ouverture engagés parallèlement à la fin
priorités. Les dernières adaptations datent de 1995'. de la guerre froide au cours de la seconde moitié des années
1980, et en particulier contribuer à assurer la permanence des
L'Union a aussi développé progressivement, hors convention de processus de démocratisation encore fragiles dans de nombreux
Lomé, d'autres instruments spécifiques de coopération avec les pays ACP. Ces responsabilités sont aussi d'ordre économi­
pays en développement, en créant des lignes budgétaires théma­ que: l'Union doit accompagner les effets de la globalisation, en
tiques (relatives à la désertification, à la lutte contre le sida, ...) opérant les ajustements nécessaires au plan interne pour redres­
ou relevant d'autres politiques communautaires ­ en particulier ser les perspectives d'emploi et combattre les phénomènes
la politique scientifique à travers le programme cadre de recher­ d'exclusion, en participant activement à la coopération écono­
che et développement (PCRD) ­, qui peuvent servir d'appui à la mique internationale, en contribuant à la formulation et au res­
politique de coopération au développement. Les pays ACP sont pect de règles multilatérales, et en facilitant l'insertion progres­
notamment éligibles à ces différents instruments. sive des pays en développement dans l'économie mondiale.
Parmi les différents aspects de la mondialisation, les mutations
engagées vers la société de l'information contribuent notam­L'UE a par ailleurs défini de nouvelles orientations générales de
ment à une nouvelle donne économique apportant tout à la fois politiques dans un certain nombre de secteurs ou de domaines
des perspectives sans précédents dans des domaines comme le de la coopération, à la suite du débat engagé en 1992 sur "les
commerce international, l'éducation ou la santé, et des menaces perspectives de la coopération à l'horizon 2000"2, et afin de
de marginalisation accentuée pour les pays qui n'auraient pas mettre en oeuvre les nouvelles dispositions du Traité concernant
accès aux réseaux mondiaux de l'information. la politique européenne de coopération3.
A la veille du 21ème siècle, une réflexion approfondie Pour l'Europe, confrontée aux difficultés d'ajustement de
s'impose sur les orientations futures des relations de l'Union ses systèmes économiques et sociaux, à la nécessité de déve­
européenne avec les pays ACP. La proximité de l'échéance lopper son action politique dans un monde devenu multipo­
de la Convention actuelle, en février 2000, et l'obligation laire, et de se préparer à l'élargissement à l'Est, la coopéra­
contractuelle d'entamer les négociations entre les deux par­ tion au développement et en particulier sa relation avec les
ties au plus tard dix­huit mois avant cette date, ainsi que la pays ACP, prend désormais une dimension nouvelle: com­
nécessité de définir, dans le contexte des disciplines renfor­ ment vouloir affirmer un rôle d'acteur mondial, sans une
stratégie responsable à l'égard des diverses régions du Sud,
notamment les plus exposées aux risques de pauvreté et de
marginalisation?
Avec pour finalité de contribuer à réduire la pauvreté et les
inégalités de développement dans le monde, l'action de Les trois premières Conventions portaient chacune sur une période de cinq années. La
quatrième Convention couvre la période allant de mars 1990 à février 2000. Elle est l'Union est aussi étroitement liée à la poursuite des objectifs
assortie d'un protocole financier conclu pour cinq ans. Les négociations relatives au
second protocole financier se sont accompagnées en 1995 d'une "révision à mi­par­ de paix et de stabilité, à la nécessité de mieux gérer les inter­
cours" de la Convention. Le texte de la convention de Lomé IV telle que révisée par
dépendances et les menaces globales, et de favoriser un l'accord signé à Maurice le 4 novembre 1995 a été publié dans "Le Courrier ACP­UE",
N° 154 de janvier­février 1996. mode de développement mondial plus compatible avec les
SEC(92) 915 du 15 mai 1992 et Déclaration du Conseil de novembre 1992.
Articles 130 U à 130 Y du Traité sur l'Union européenne. valeurs politiques et sociales européennes.
Π Principaux thèmes de discussion
Enfin, la politique de coopération de l'Union constitue pour peu efficaces; ces pays ont eu tendance à limiter le partenariat à
l'Europe une voie d'entrée dans des régions qui ont un potentiel la co-gestion des ressources au jour le jour.
de développement important et qui commencent à s'organiser.
Ensuite, au niveau des politiques de coopération: les études
A l'approche du 21ème siècle, la relation UE-ACP devra se d'évaluation engagées par l'UE ont généralement conclu à
poursuivre sur des bases nouvelles, afin de tenir compte de la pertinence de la coopération financière et technique euro­
l'évolution des conditions politiques et économiques du péenne par rapport aux objectifs communautaires et par rapport
développement, mais aussi parce que les motivations euro­ aux besoins des pays bénéficiaires, ainsi qu'à des taux d'effica­
péennes ont fondamentalement changé. La période coloniale cité relativement élevés, notamment pour ce qui concerne les
projets d'infrastructures et les interventions dans les sec­et post-coloniale est révolue, et un environnement international
teurs sociaux. Cependant, le contexte institutionnel et de politiquement plus ouvert permet désormais d'établir de maniè­
politique économique dans le pays bénéficiaire a souvent re moins ambigui les responsabilités de chaque partenaire.
constitué une contrainte majeure, réduisant l'impact de la
coopération communautaire en termes d'amélioration des
conditions de vie et de relèvement du niveau de développement.
Avec pour objectif premier
L'impact des préférences commerciales a, dans l'ensemble,
d'accroître l'efficacité de la coopé­
été décevant. Ce dispositif, et en particulier les Protocoles
ration, ce débat doit en second lieu
concernant des produits spécifiques, a certes contribué de
se nourrir des leçons à tirer de manière significative aux succès commerciaux de certains
pays', qui ont su adopter en même temps des politiques de l'expérience acquise par la
diversification appropriées. Néanmoins dans la majorité des
Communauté au cours de quatre
pays ACP, les politiques économiques et les conditions struc­
décennies de coopération avec les turelles internes nécessaires au développement des échanges
ACP économiques et commerciaux ont fait défaut. En outre trois
faits nouveaux doivent désormais être pris en considération
pour envisager un nouveau régime commercial: les accords de Face à un bilan global mitigé de la coopération UE-ACP et à un
Marrakech et le renforcement des mécanismes de règlement des certain scepticisme quant aux possibilités de développement des
différends qui risquent de mettre en question le maintien de pays ACP, dans le contexte de pressions budgétaires persistan­
régimes préférentiels différenciés et non réciproques; l'accélé­tes dans les pays donateurs et d'une tendance au "repli sur soi"
ration des processus de libéralisation aux niveaux multilatéral et engendrée par les difficultés sociales en Europe, les partenaires
inter-régionaux; l'importance croissante de thèmes nouveaux sont tenus aujourd'hui de mettre l'accent sur l'efficacité de leur
dans les discussions internationales sur les règles commerciales, coopération et de revoir leurs priorités dans le souci de mieux
tels que l'environnement, les politiques de concurrence, les refléter les préoccupations des sociétés européennes et des ACP.
codes d'investissement, les normes techniques et sanitaires, le
respect des droits sociaux fondamentaux, etc. Ces évolutions La coopération communautaire représente un apport important
modifient la valeur relative des préférences tarifaires. Un autre pour un grand nombre de pays ACP, et il est indéniable qu'elle
élément devrait également être pris en considération, à savoir la a contribué à l'amélioration des conditions de vie de leurs popu­
possibilité d'étendre aux pays ACP les travaux en cours visant lations. Elle a souvent été un laboratoire d'idées nouvelles, et a
à simplifier et à harmoniser les règles d'origine en vigueur dans développé dans un certain nombre de domaines une expertise
les accords préférentiels. unanimement reconnue. Mais comme toute coopération, elle
présente aussi des faiblesses. Un examen critique des résultats
de la coopération UE-ACP permet de les identifier à trois
niveaux. Enfin, au niveau de la pratique de la coopération financière
et technique: le caractère automatique de l'octroi d'une partie
Tout d'abord, au niveau du cadre général dans lequel s'insè­ - aujourd'hui limitée - des ressources financières, et la tendan­
rent les actions de coopération: force est de constater que le ce de l'UE, comme d'autres bailleurs de fonds, à se substituer
principe du partenariat a perdu de sa substance et ne s'est au partenaire défaillant, n'ont pas encouragé l'engagement poli­
que partiellement concrétisé. En termes politiques, la dépen­ tique réel attendu de la part des gouvernements des pays ACP.
dance à l'égard de l'aide, les exigences du court terme et la ges­ Une certaine dérive s'est produite dans la mesure où les instru­
tion des situations de crise ont progressivement dominé la rela­ ments de la coopération ont eu tendance à dominer les poli­
tion entre les deux partenaires. En termes de dialogue sur les tiques plutôt que de les servir. Un manque de flexibilité a pesé
politiques économiques et sociales, le partenariat s'est avéré sur la capacité de la coopération à s'adapter à un contexte éco-
difficile à réaliser avec des pays présentant de faibles capacités
institutionnelles et des systèmes de gestion publique souvent
1 Cote d'Ivoire. Jamaïque, Maurice, Zimbabwe...
III Principaux thèmes de discussion
nomique et politique qui change rapidement, et à répercuter des gresser dans la formulation et dans la mise en oeuvre de cer­
initiatives politiques nouvelles traduisant les préoccupations taines orientations ou initiatives récentes, et de définir
des sociétés européennes et ACP ainsi que le souci d'améliorer parmi les différentes options à envisager celles qui tradui­
de manière permanente l'efficacité de l'aide. ront le mieux les objectifs et les engagements mutuels.
Ce débat doit enfin prendre en Une relation politique plus forte
considération les nouvelles perspec­ entre l'UE et les pays ACP est
tives politiques, économiques et nécessaire pour redonner un sens
sociales dans les pays ACP av partenariat
Dans un environnement mondial et régional en évolution rapi­ Les difficultés constatées dans la réalisation concrète du "parte­
de, les défis pour les pays ACP sont multiples: interrompre la nariat" ne doivent pas remettre en cause sa valeur d'engagement
marginalisation économique et s'intégrer dans les échanges politique mutuel. La situation particulière et les défis immen­
internationaux, opérer la transformation politique, économique ses auxquels sont confrontés nombre de pays ACP justifient
et sociale interne nécessaire au fonctionnement d'une société de préserver la force et les qualités du partenariat actuel, en
démocratique et d'une économie de marché, assurer les condi­ particulier la prévisibilité de la coopération et son caractère
tions d'un développement durable et d'une réduction de la pau­ contractuel. Mais cet engagement politique doit désormais
vreté dans le contexte d'une pression démographique qui être plus explicite et plus effectif.
demeure particulièrement forte.
L'Union et ses partenaires ACP sont-ils prêts à un tel renforce­
Le constat de la différenciation croissante qui se marque ment?
entre les pays en développement en général et au sein du
groupe des ACP en particulier, constitue sans doute un élé­ Du côté de l'UE, le dialogue politique avec les pays ACP doit
ment fondamental. La transition politique et économique a en avoir sa place dans la politique extérieure commune. Un dia­
logue permettant d'aborder de manière moins formaliste les effet atteint des stades très variés d'un pays à l'autre. L'action
questions de gouvernance, de démocratisation et de droits de de l'Union se mesurera en fonction de sa capacité à alléger les
l'homme, de la consolidation de l'Etat de droit d'une part, le contraintes qui pèsent sur le développement des pays ACP et, en
développement d'une véritable politique européenne de préven­même temps, à appuyer les facteurs de changement qui se mani­
tion et de résolution des conflits d'autre part, apparaissent festent dans un nombre croissant de pays. Elle se mesurera sur­
aujourd'hui comme les conditions d'une politique européenne tout, en termes plus politiques, en fonction de sa capacité à
plus efficace. Du côté des pays ACP, l'engagement d'accom­redonner une motivation forte à sa politique à l'égard des ACP,
plir les réformes institutionnelles et de mener les politiques notamment l'Afrique sub-saharienne. L'image négative d'un
économiques, sociales et environnementales correspondant continent à la dérive que l'on attribue souvent à l'Afrique
aux grands engagements pris lors des conférences interna­n'est pas le reflet de la réalité africaine. L'Afrique n'est pas
tionales de Rio, Vienne, Le Caire, Copenhague, Pékin, Istanbul univoque. Les bouleversements sans précédents au plan politi­
ou Rome2, doit fonder la base nouvelle du partenariat. Les que et l'amélioration récente des performances de croissance
actions d'appui de l'UE - tout comme celles des autres bailleurs dans un certain nombre de pays', qui résulte fondamentalement
de fonds - peuvent avoir des conséquences politiques importan­d'une amélioration de la gestion des politiques économiques et
tes pour ces pays; la pertinence de ces actions dépend elle-de la mise en oeuvre de réformes structurelles, constituent à cet
même d'un ensemble de conditions, notamment politiques. Les égard des signes très encourageants.
responsabilités respectives à cet égard doivent pouvoir s'expri­
mer sur le terrain politique.
Face à une perte de légitimité qui affecte le principe même de Un engagement politique mutuel sur ces bases impliquerait de
l'aide au développement, dans un environnement mondial pré­ définir les modalités du dialogue envisagé, en fonction des
sentant à la fois des risques et des opportunités nouvelles, sujets jugés prioritaires (questions de sécurité intérieure, problé­
l'Union et ses partenaires ACP devront chercher à donner de matique des migrations, lutte contre les trafics illicites, etc) et
plus grandes chances de succès à leur relation de coopération. selon la configuration géographique la plus appropriée (dialo­
Ceci impliquera avant tout d'identifier les acquis de la gue global ou dialogue différencié par groupes de pays).
coopération UE-ACP qu'il conviendra de préserver, de pro-
Sommet de la Terre, Conférence sur les Droits de l'Homme. Conférence sur la
Population, Sommet Mondial pour le Développement Social, Conférence sur les
Femmes, Habitat II. Sommet pour l'Alimentation. Notamment Còle d'Ivoire. Dimanda. Benin.
IV

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.