Etude de la demande de monnaie selon ses différentes formes : Cas du Maroc

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La littérature est abondante en ce qui concerne les études économétriques réalisées sur la demande de monnaie. La plupart de ces études utilisent l’agrégat large M3 et dans une moindre mesure l’agrégat étroit M1, mais rares sont celles qui traitent d’un agrégat plus étroit. Dans cette étude, nous avons donc tenté de modéliser la demande de monnaie fiduciaire, scripturale et enfin celle contenue dans le sous-agrégat M3-M1. Les variables explicatives que nous avons utilisés sont le PIB et le taux sur compte de carnet publié par Bank Al-Maghrib.
Dans un premier temps nous avons fait recours à la modélisation univariée, puis dans un second temps à une modélisation multivariée. Dans la première, nous avons adopté une spécification en niveau puis une autre en termes de logarithme. Dans la deuxième, nous n’avons adopté que la spécification logarithmique qui a donné de meilleurs résultats dans le cas univarié. Les coefficients obtenus dans la spécification logarithmique ont été interprétés comme des élasticités-revenu et comme des semi-élasticité-taux. L’hypothèse d’une élasticité-revenu unitaire qui permet d’interpréter la relation de long terme comme une équation de vitesse de circulation a été donc testée.
Publié le : vendredi 14 mars 2014
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Université Hassan II Mohammedia
Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales
Master : Techniques de Modélisation Economiques et Econométrie
Mémoire de Master d’université sous le thème
Etude de la demande de monnaie selon ses différentes formes : Cas du Maroc
Préparé par :Mr Amine TEFFAL
Sous la direction de : Mr. Ahmed HEFNAOUI
Mr. Ahmed HEFNAOUI, professeur d’enseignement supérieur à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Mohammedia
Membres de jury :
Président : Ahmed HEFNAOUI
Suffragants :
Mr. Aziz OUIA : Professeur à la FSJES Mohammedia
Mr. Mohammed MOUTMIHI : Professeur à la FSJES Mohammedia
Mr. Mbarek AOUFIR : Professeur à la FSJES Mohammedia
Année universitaire : 2012/2013
Résumé
La littérature est abondante en ce qui concerne les études économétriques réalisées sur la demande de monnaie. La plupart de ces études utilisent l’agrégat large M3 et dans une moindre mesure l’agrégat étroit M1, mais rares sont celles qui traitent d’un agrégat plus étroit. Dans cette étude, nous avons donc tenté de modéliser la demande de monnaie fiduciaire, scripturale et enfin celle contenue dans le sous-agrégat M3-M1. Les variables explicatives que nous avons utilisés sont le PIB et le taux sur compte de carnet publié par Bank Al-Maghrib.
Dans un premier temps nous avons fait recours à la modélisation univariée, puis dans un second temps à une modélisation multivariée. Dans la première, nous avons adopté une spécification en niveau puis une autre en termes de logarithme. Dans la deuxième, nous n’avons adopté que la spécification logarithmique qui a donné de meilleurs résultats dans le cas univarié. Les coefficients obtenus dans la spécification logarithmique ont été interprétés comme des élasticités-revenu et comme des semi-élasticité-taux. L’hypothèse d’une élasticité-revenu unitaire qui permet d’interpréter la relation de long terme comme une équation de vitesse de circulation a été donc testée.
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Abstract
The literature is abundant with respect to econometric studies on the demand for money. Most of these studies use the broad aggregate M3 and to a lesser extent the narrow aggregate M1, but rare are those that deal with a more narrow aggregate. In this study, we have therefore tried to model the demand of currency, bank money and that contained in the M3 - M1 sub-aggregate. The explanatory variables we used are GDP and the rate on account of book published by Bank Al-Maghrib.Initially we have use univariate modeling, then in a second step a multivariate modeling. In the first one, we adopted a level specification and then another one in terms of the logarithm. In the second, we did adopt the logarithmic specification which gave better results in the univariate case. The coefficients obtained in the logarithmic specification have been interpreted as income’s elasticity and as the interest’s semi-elasticity. The hypothesis of a unitary income’s elasticity that allows interpreting the long-term relationship as a velocity equation has been so tested.
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Je dédie ce modeste travail
Dédicace
A mes chers parents
A mon épouse bien aimée
A mes deux chers enfants Ali et Mohammed
A ma sœur Khaoula bien aimée
A mes deux frères Abdou et Bilal bien aimés.
A toute la famille
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Remerciements
Au terme de ce travail, j’aimerai exprimer mes profonds remerciements à mon Directeur de
mémoire monsieur Ahmed Hefnaoui pour l’intérêt et l’effort particulier qu’il a déployé, pour sa
disponibilité, ses conseils et ses encouragements permanents, et ce, durant toutes les deux
années de ce Master ainsi que durant l’élaboration de ce travail.
Je remercie également monsieur Aziz Ouia, qui n’a aménagé aucun effort pour m’apporter
l’aide et le soutien nécessaire tout au long de la réalisation du mémoire.
Mes sincères reconnaissances vont à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à
l’aboutissement de ce projet.
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Résumé Abstract Dédicace Remerciements Introduction Générale Chapitre I : La demande de monnaie
Section 1 : La monnaie
SOMMAIRE
Section 2 : La fonction de demande de monnaie
Section 3 : Lademande de monnaie au Maroc
Chapitre II : Etude des séries utilisées pour l’estimation de la demande de monnaie
Section 1 : Rappel sur les stratégies de tests de Dickey-Fuller
Section 2 : Etude des séries utilisées
Chapitre III : Estimation de la demande de monnaie dans le cas du Maroc
Section 1 : ESTIMATION D’UNE FONCTION DE DEMANDE DE MONNAIE POUR LA ZONE EURO PAR LA BANQUE DE FRANCE Section 2 : Estimation univariée de la demande de monnaie Section 3 : Estimation multivariée de la demande de monnaie Conclusion Bibliographie ANNEXE : Données utilisées
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Introduction Générale
Durant les deux siècles qui ont précédé, plusieurs théories économiques se sont succédées pour essayer d’expliquerle rôle de la monnaie dans l’économie d’un pays. Certaines de ces théories ont vu le jour lorsque que la monnaie n’était que sous forme de pièces de monnaie et billets de banque, alors que d’autres sont apparues avec le processus de dématérialisation de la monnaie qui a donné naissance à la «monnaie scripturale». Cette nouvelle forme de monnaie a la particularité unique de pouvoir être créée selon certains "ex nihilo" (à partir de rien, mais en réalité en contrepartie d'engagements économiques).
Ces différentes théories s’opposent sur le rôle de la monnaie dans l’économie. Les classiques et néo-classiques considèrent que la monnaie est neutre, les keynésiens affirment que la monnaie est active et qu’elle peut être utilisée pour améliorer les performances économiques, et les monétaristes pensent que la monnaie est active, mais que son utilisation est surtout nocive à l’économie. Pour ces derniers, la monnaie n’aurait aucun effet sur le niveau de production d’une économie. Cependant, si on exclut l’équation de FISHER sous sa forme séparant d’une part la monnaie sous forme de pièces et de billets, et d’autre part les dépôts bancaires, aucune de ces théories ne focalise sur le rôle de chacune des formes de monnaie séparément: monnaie fiduciaire et monnaie scriptural. De même, les différentes études empiriques réalisées sur la demande de monnaie utilisent très souvent l’agrégat large M3 ou dansune moindre mesure l’agrégat étroit M1. C’est à partir de ce dernier constat, qu’il nous est venu l’idée de mener cette étude qui a pour objectif de modéliser la demande de monnaie fiduciaire (M1_FID), la demande de monnaie scripturale (M1_SCR), qui contient essentiellement les dépôts à vue, et enfin la demande de monnaie qui ne contient que les comptes d'épargne auprès des banques et les comptes sur livrets auprès de la caisse d’épargne nationale ainsi que les comptes à terme et bons de caisse auprès des banques (M3_M1). La modélisation de ces trois formes de monnaie, nous permettra de répondre aux deux questions suivantes : Est-ce que le motif se spéculation, tel que défini par Keynes, peut être mis en -évidence pour chacune de ces trois formes ou bien ne concerne t-il qu’une seule forme ? Est-ce que les vitesses de circulation, les élasticité-revenu et les semi-élasticité-taux -sont les mêmes pour ces trois forme ? Pour répondre à la première question, nous adopterons une spécification additive de la demande en niveau en se basant sur la formule de Keynes: M = L1(R) +L2(i). Keynes n’émettant aucune hypothèse sur les formes analytiques de L1et L2, nous adopterons la plus simple à savoir la forme linéaire bien que celle-ci ne prend pas en compte la présence de « la trappe à la liquidité ». En ce qui concerne la deuxième question, il se trouve que la spécification en termes de logarithme est la plus adaptée puisque les coefficients sont interprétés directement comme des élasticités ou semi-élasticités. Ainsi, notre travaille sera structuré comme suit : dans le premier chapitrenous présenterons dans la première section une définition de la monnaie selon la pensée classique et néo-classique, la pensée Keynésienne et enfin selon la pensée des monétaristes notamment celle de Friedman. Nous y aborderons également les formes de la monnaie ainsi que les différents agrégats monétaires. Dans la deuxième section, nous allons aborder la fonction de demande de monnaie, toujours selon les trois pensées précitées mais cette fois-ci en détaillant plus celle de Keynes étant donné qu’elle servira de base pour notre étude empirique dans le troisième chapitre. La troisième section sera consacrée à l’étude de la demande de monnaie au Maroc.
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Dans le deuxième chapitre nous allons commencer par faire un rappel sur les stratégies de tests de Dickey-Fuller (Section 1) puis nous finirons par l’étude de la stationnarité des différentes séries que nous avons utilisées pour estimer la demande de monnaie (Section 2).
Enfin, le troisième chapitre sera consacré à l’estimation de la demande de monnaie dans le cas du Maroc. Il nous a apparu essentiel de disposer d’une base de comparaison pour nos résultats. Par conséquent, nous avons consacré la première section de ce chapitre à la présentation des résultatsd’une étude économétrique de la demande de monnaie réalisée sur des données de la zone euro, et ce n’est que dans la deuxième et la troisième section que nous avons abordé l’estimation univariée et celle multivariée de la demande de monnaie au Maroc.
Nous finirons notre travaille par une synthèse des résultats obtenus et une conclusion.
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Chapitre I : La demande de monnaie
Ce chapitre sera consacré à la présentation du cadre théorique sur lequel portera notre analyse empirique. Nous présenterons dans la section 1 une définition de la monnaie selon la pensée classique et néo-classique, la pensée Keynésienne et enfin selon la pensée des monétaristes notamment celle de Friedman. Nous y aborderons également les formes de la monnaie ainsi que les différents agrégats monétaires. Dans la section 2, nous allons aborder la fonction de demande de monnaie, toujours selon les trois pensées précitées mais cette fois-ci en détaillant plus celle de Keynes étant donné qu’elle fera l’objet de notre étude empirique dans la partie empirique. La section 3 sera consacrée à l’étude de la demande de monnaie au Maroc.
Section 1 : La monnaie
La monnaie est mieux définie par les fonctions qu’elle remplie :
Fonction d’échange :sert de moyen de paiement, reconnu par tous, dansLa monnaie toutes les transactions.
Fonction de compte:monnaie sert d’unité de compte c’est-à-dire d’instrument de La mesure de la valeur des biens. Elle le fait par leur prix : il s’agit donc de la valeur d’échange des biens, qui n’est pas nécessairement la même que leur valeur intrinsèque. Dans la mesure où tous les biens ont un prix dans une économie de marchés, la monnaie offre un moyen de comparer tous les biens entre eux.
Fonction de réserve de valeur:Celle-ci résulte de ce que la monnaie permet de séparer dans le temps les actes de vente et d’achat. L’encaisse monétaire obtenue lors d’une vente est un pouvoir d’achat mis en réserve, qui pourra être réutilisé lors d’un achat ultérieur. À ce titre, elle est une forme possible d’épargne, un « actif », et joue donc un rôle d’intermédiaire entre les ressources présentes et les biens futurs.
I- La monnaie chez les classiques et les néo-classiques
Pour les classiques et les néo-classiques, la monnaie n’est qu’un bien comme les autres, choisi comme étalonde référence pour fixer le prix des autres biens. Elle n’est donc qu’un moyen d’échange et le seul motif de sa détention estle motif de transaction. Pour J.B Say, l’échange à l’aide de la monnaie n’est qu’une illusion d’optique: dans tout échange monétaire (biens contre monnaie, ou services contre monnaie) se cachent en fait des échanges réels : biens contre services, biens contre biens, services contre services
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Dans son ouvrage «Traité d’économie politique – Livre I - chapitre XXI», il affirme même que l’idée selon laquelle les échanges sont le fondement essentiel de la production des richesses est fausse et qu’elle n’est que accessoire étant donnée que si chaque famille dans une société peut produire tous ce dont elle a besoin, il n’y aurait pas d’échanges.
Mais ensuite, il a souligné l’indispensabilité des échanges dans les sociétés modernes en montrant combien il serait difficile si les échanges se faisaient en nature. Ainsi, il admet la nécessité d’ « une marchandise qui soit recherchée non à cause des services qu'on en peut tirer par elle-même, mais à cause de la facilité qu'on trouve à l'échanger contre tous les produits nécessaires à la consommation, une marchandise dont on puisse exactement proportionner la quantité qu'on en donne avec la valeur de ce qu'on veut avoir ». C’est cette marchandise qu’il dénommemonnaie. Ensuite, il définit deux qualités essentielles que la monnaie possède et qui la rend préférable à un bien de valeur: Etre un moyen d’échange acceptable par tout le monde -Etre parfaitement divisible -Pour Ricardo, La valeur d'une marchandise, ou la quantité de toute autre marchandise contre laquelle elle s'échange, dépend de la quantité relative de travail nécessaire pour la produire et non de la rémunération plus ou moins forte accordée à l'ouvrier. Ainsi, pour lui ni l'or, ni aucun autre objet ne peuvent servir à mesurer exactement la valeur des marchandises.
II- La monnaie chez Maynard Keynes
Contrairement aux classiques et aux néo-classiques, Keynes accorde une grande importance à la monnaie. Ill’introduit dans sa théorie générale à travers la théorie de la préférence pour la liquidité (liquidity-preference) et celle du taux d’intérêt, moyennant la formule ci-dessous : M = L(r)
Où : M est la quantité de monnaie, L la fonction de préférence pour la liquidité et r le taux d’intérêt qu’il définit comme étant le « prix » qui équilibre le désire de détenir la richesse sous forme de « cash » avec la quantité de « cash » disponible. Pour lui, la monnaiepossède des caractéristiques spéciales qui la différencient par rapport aux autres biens. Il résume ses caractéristiques comme suit : La monnaie a un rendement nul que ce soit dans le court ou dans le long terme, son élasticité-production est égale à zéro ou au moins très petite, elle a une élasticité de substitution presque égale à zéro, c'est-à-dire qu’il n’y a aucun autre bien qui peut lui être substitué.
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III- La monnaie chez Friedman
Pour Friedman,la monnaie n’est qu’un actif comme les autres et il ne lui reconnaît aucune propriété particulière à part le fait qu’elle est la plus liquide et celle qui a le rendement le plus bas par rapport à tous les actifs. D’ailleurs, il l’analyseavec la théorie générale de la demande d’actifs. Selon lui, la monnaie est un patrimoine parmi les autres, qu’il classe en quatre catégories : Le stock de monnaie -Les actifs financiers (Actions, obligations,…) -Les actifs réels (Maisons, immeubles, terrains,…) -Les actifs humains : Le capital humain des individus (Formation, instruction, -compétences,…)
IV- Les formes de la monnaie
La monnaie a connu au cours de son histoire plusieurs formes. Ainsi, les premières formes de la monnaie ont été la monnaie marchandise et la monnaie métallique (pièce) qui présente l’intérêt d’être homogène, divisible et de faible volume. Les formes actuelles de la monnaie sont : La monnaie divisionnaire : c’est l'ensemble des pièces ou monnaie métallique. Elle est utilisée dans les transactions de faibles montants (pièces de 5, 10, 20 et 50 centimes, pièces de 1, 2, 5 et 10 Dirhams) La monnaie fiduciaire: c’est une monnaie dont la valeur repose uniquement sur la confiance que lui accordent les agents économiques. Ainsi, la valeur d’une pièce n’a aucun lien avec la valeur du métal qui la constitue. De même, la valeur d’un billet ne correspond pas à une contrepartie en métal physique qu’une banque garantirait. Cette définition ne se réfère pas à la forme physique de la monnaie (métal ou papier). Par conséquent on comprend que la monnaie fiduciaire inclut aussi bien les pièces métalliques que les billets de banque (Billets de 20, 25, 50, 100 et 200 Dirhams) 1 La monnaie scripturale: comme son nom l'indique, cette monnaie n'existe que sous forme d'écritures comptables. Le support monétaire de la monnaie scripturale est, aujourd'hui, une information contenue dans des fichiers informatiques. Elle est constituée de l'ensemble des dépôts dans les organismes financiers. Elle circule par jeux d'écritures (électroniques le plus souvent) entre comptes par l'intermédiaire d'instruments tels que les chèques ou les virements. La monnaie scripturale doit normalement être considérée comme monnaie fiduciaire puisqu’il est évident que les agents économiques lui accordent la même confiance accordée aux pièces et billets de banque. Cependant, on réserve exclusivement le terme de "fiduciaire" à la monnaie qui se présente sous la forme de billets et de pièces.
1 Définition LAROUSSE : Relatif à l’écriture.
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