Eclaircissement de la peau chez les femmes africaines à Marseille, The lightening skin of african women living in Marseille

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Sous la direction de Gilles Boetsch, Antonio Guerci
Thèse soutenue le 10 septembre 2010: Universita degli studi di Genova, Aix Marseille 2
La couleur de la peau est le caractère physique de l’homme possédant la plus grandevariabilité. Originairement répartie selon un gradient géographique, les migrations depopulations sont venues nuancer cette répartition chromatique. La pigmentation caractérisetoutefois un espace géographique et les populations qui y vivent, constituant un marqueuridentitaire selon l’origine géographique des individus. La rencontre de populations d’originesdifférentes a donné naissance à un imaginaire construit autour de la couleur de la peau. Lapigmentation comme marqueur identitaire, qui n’a de sens que dans le domaine social, seconjugue à des mythes et stéréotypes qui ont évolués au cours du temps mais qui restenttoujours présents dans l’imaginaire social.Stigmatisante et chargée symboliquement, la couleur de la peau est soumise au mêmetitre que le reste du corps à un travail des apparences. Pour être jugée esthétiquementconforme aux normes dominantes, la peau doit répondre à des critères. Comme tout travaildes apparences, l’éclaircissement de la peau est un fait social s’inscrivant dans un système dereprésentations propre à l’environnement socio-culturel des populations qui s’éclaircissent.C’est dans ce contexte que cette pratique corporelle prend son sens. Or dans le cas despopulations originaires d’Afrique vivant en France, leur environnement socio-culturel se voitinfluencé à la fois par leur pays d’origine mais aussi par leur pays d’accueil, ainsi que par lesenjeux politiques les liant historiquement, des enjeux pour lesquels la couleur de la peau a putenir un rôle prépondérant, notamment durant la période de la colonisation.Au cours de notre étude, nous cherchons à faire un état des lieux de cette pratique auprèsdes femmes africaines vivant à Marseille. Nous essayons de mettre en évidence comment estréalisée cette pratique et à quels systèmes de représentations elle fait référence. Pour cela nousnous intéresserons aux produits et aux techniques permettant d’éclaircir la peau, au regard desfemmes africaines qu’elles utilisent ou non ces produits, mais également au discours socialsur la pratique émanant des publicités pour produits éclaircissants, des magazines fémininsciblant les femmes africaines mais aussi les vendeurs et les médecins témoins de l’impactnocif des produits.L’analyse globale de ces différents discours montre que la pratique de l’éclaircissementde la peau ne se limite pas à un changement de couleur de peau. En modifiant la teinte, maisaussi la texture et la luminosité de la peau, les femmes répondent à une logique sociale etimaginaire. En effet, la pratique de l’éclaircissement s’inscrit dans une logique imaginaire auxfondements empiriques et dont le résultat imprimé sur la peau des femmes aura un impactdans leur vie sociale. En changeant leur couleur de peau, les femmes rentrent dans uneconstruction bio-socio-subjective. Elles matérialisent ainsi une quête identitaire s’inscrivantdans un référentiel socio-culturel et chromatique.Ce travail a pour particularité d’apporter une analyse originale sur l’éclaircissement chezles femmes africaines à Marseille mais aussi un regard pluridisciplinaire nécessaire à l’étudede l’éclaircissement de la peau, une pratique corporelle qui renvoie à la fois à des fonctionsbiologiques et culturelles.
-Eclaircissement
-Couleur
-Peau
-Pratique corporelle
-Femme
-Afrique
-France
-Assimilation
The skin color is the physical feature of human who has the biggest variability. Originallyspread in fonction a geographic gradient, the migrations of populations came to shade thischromatic distribution. However pigmentation caracterises a goegraphic space andpopulations living there, it is them a tracer of identity in fonction of individual geographicorigin. From the meeting of populations of different origin came forth an imaginary built onthe skin color. The skin pigmentation, as identitary tracer, wich has sens only in the socialdomain, is combined with mythes and stereotypes wich had evolved in the course of time butwich still remain presents in the social imaginary.Stigmatising and symbolically weighty, the skin color is subordinate as the rest of thebody to a work of the appareances. To be judged esthetically coplining dominant norms, skinhas to answer to specific standards. Like all works of appreances, the lightening of skin is asocial fact circumscribing within a system of representation belonging to the socio-culturalenvironment of populations who light itself. It is in this context that this corporal practicetakes sens. Thus, in the cas of populations originating from Africa and living in France, theirsocio-cultural environment is influenced by both the country of origin and the recievingcountry, and also by the political stakes wich historically bind them, stakes for wich skin colorhad taken a preponderant function, in particular during the periode of colonisation.In the course of our study, we try to estimate the situation of this practice by africanwomen living in Marseille. We try to make evident how is realised this practice and to wichsystems of representations it makes reference. In this purpose, we take interest to the productsand techniques enabling to light the skin, to the position of african women using or not thoseproducts, to the social discourse on the practice coming from advertising for lighteningproducts, from feminin magazines targetting african women and also the sellers and thedoctors witness of the harmful impact of the products.The global analyse of these different discourses shows that the practice of lightening skindoes not limite itself to a changing of skin color. Modifing complexion, but also texture andluminosity of the skin, women answer to a social and imaginary logic. Indeed, the practice oflightening lies within an imaginary logic with empirical fondations and whose result printedon the women skin will have an impact in their social life. Changing the skin color, womenbring in a bio-socio-subjective construction. Thus they materialise an identitary questcircumscribing itself in a socio-cultural and chromatic referential.This work has for particularities to bring an original analyse on the lightening of africanwomen living in Marseille but also a pluridisciplinar glance necessary for the study of thelightening skin, a corporal practice wich refer to either biological either cultural functions.
-Lightening
-Color
-Skin
-Corporal practice
-Woman
-Africa
-France
-Assimilation
Source: http://www.theses.fr/2010AIX20679/document
Publié le : jeudi 27 octobre 2011
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UNIVERSITÉ DE LA MÉDITERRANÉE UNIVERSITÀ DEGLI STUDI DI GENOVA
FACULTE DE MÉDECINE DE MARSEILLE FACOLTÀ DI LETTERE E FILOSOFIA
Éclaircissement de la peau chez les femmes africaines à
Marseille
T H È S E en cotutelle
Présentée et publiquement soutenue devant
LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE MARSEILLE
Le 10 Septembre 2010
Par Melle Céline EMERIAU
Née le 15 Juillet 1981, à Angers
Pour obtenir le grade de :
DOCTEUR de L’UNIVERSITÉ de la MÉDITERRANÉE SPÉCIALITÉ : Anthropologie
biologique
DOCTEUR de recherche en « Scienze politico-sociali e psicologiche, indirizzo : psicologia,
antropologia e scienze cognitive »
Membres du Jury de la Thèse :
Emma RABINO-MASSA, Professeur, Université de Turin, Italie, Présidente du jury
Gilles BOËTSCH, Directeur de Recherche au CNRS, Marseille, Directeur de thèse
Antonio GUERCI, Professeur ordinario à l’Université de Gênes, Italie, Directeur de thèse
Bernard ANDRIEU, Professeur, Nancy, Rapporteur
Stefania CONSIGLIERE, Chercheur à l’université de Gênes, Italie, Rapporteur
Dominique CHEVÉ, Docteur en anthropologie biologique, Marseille
Laboratoire d’accueil : « Unité d’Anthropologie : Anthropologie Bio-Culturelle »
UMR 6578 CNRS – EFS – Université de la Méditerranée
Faculté de Médecine de Marseille
École doctorale « Sciences de l’environnement »
Laboratoire d’accueil : « Scienze politico-sociali e psicologiche, indirizzo : psicologia, antropologia e scienze
cognitive »
Università degli studi di Genova
Facultà di lettere e filosofia
1 Financements

Ces travaux de recherche ont été financés par :
-Le prix Observatoire NIVEA décerné en Novembre 2008.
-La bourse Luigi Brian décernée par l’académie de lettre et de sciences de Gênes en Mars
2007.

2 Résumé de thèse
L’éclaircissement de la peau chez les femmes africaines à
Marseille
La couleur de la peau est le caractère physique de l’homme possédant la plus grande
variabilité. Originairement répartie selon un gradient géographique, les migrations de
populations sont venues nuancer cette répartition chromatique. La pigmentation caractérise
toutefois un espace géographique et les populations qui y vivent, constituant un marqueur
identitaire selon l’origine géographique des individus. La rencontre de populations d’origines
différentes a donné naissance à un imaginaire construit autour de la couleur de la peau. La
pigmentation comme marqueur identitaire, qui n’a de sens que dans le domaine social, se
conjugue à des mythes et stéréotypes qui ont évolués au cours du temps mais qui restent
toujours présents dans l’imaginaire social.
Stigmatisante et chargée symboliquement, la couleur de la peau est soumise au même
titre que le reste du corps à un travail des apparences. Pour être jugée esthétiquement
conforme aux normes dominantes, la peau doit répondre à des critères. Comme tout travail
des apparences, l’éclaircissement de la peau est un fait social s’inscrivant dans un système de
représentations propre à l’environnement socio-culturel des populations qui s’éclaircissent.
C’est dans ce contexte que cette pratique corporelle prend son sens. Or dans le cas des
populations originaires d’Afrique vivant en France, leur environnement socio-culturel se voit
influencé à la fois par leur pays d’origine mais aussi par leur pays d’accueil, ainsi que par les
enjeux politiques les liant historiquement, des enjeux pour lesquels la couleur de la peau a pu
tenir un rôle prépondérant, notamment durant la période de la colonisation.
Au cours de notre étude, nous cherchons à faire un état des lieux de cette pratique auprès
des femmes africaines vivant à Marseille. Nous essayons de mettre en évidence comment est
réalisée cette pratique et à quels systèmes de représentations elle fait référence. Pour cela nous
nous intéresserons aux produits et aux techniques permettant d’éclaircir la peau, au regard des
femmes africaines qu’elles utilisent ou non ces produits, mais également au discours social
sur la pratique émanant des publicités pour produits éclaircissants, des magazines féminins
ciblant les femmes africaines mais aussi les vendeurs et les médecins témoins de l’impact
nocif des produits.
L’analyse globale de ces différents discours montre que la pratique de l’éclaircissement
de la peau ne se limite pas à un changement de couleur de peau. En modifiant la teinte, mais
aussi la texture et la luminosité de la peau, les femmes répondent à une logique sociale et
imaginaire. En effet, la pratique de l’éclaircissement s’inscrit dans une logique imaginaire aux
fondements empiriques et dont le résultat imprimé sur la peau des femmes aura un impact
dans leur vie sociale. En changeant leur couleur de peau, les femmes rentrent dans une
construction bio-socio-subjective. Elles matérialisent ainsi une quête identitaire s’inscrivant
dans un référentiel socio-culturel et chromatique.
Ce travail a pour particularité d’apporter une analyse originale sur l’éclaircissement chez
les femmes africaines à Marseille mais aussi un regard pluridisciplinaire nécessaire à l’étude
de l’éclaircissement de la peau, une pratique corporelle qui renvoie à la fois à des fonctions
biologiques et culturelles.
Mots-clefs : Éclaircissement, couleur, peau, pratique corporelle, femme, Afrique, France,
assimilation.
3 Résumé de thèse en italien
Lo schiarimento della pelle delle donne africane che vivono a
Marsiglia
Nell’uomo il colore della pelle è l’elemento più variabile. All’inizio questa caratteristica
era distribuita secondo un’evoluzione geografica constante ; le migrazioni delle popolazioni
hanno variato queste distribuzioni cromatiche. Tuttavia la pigmentazione caratterizza uno
spazio geografico e le popolazioni che ivi risiedono. Essa costituisce un marchio d’identità
secondo l’origine geografica degli individui. L’incontro di popolazioni d’origine differente è
alla base del pensiero collettivo costruito intorno al colore della pelle. La pigmentazione come
elemento identitario che ha senso unicamente nel campo sociale, s’associa a miti e stereotipi
che sono evoluti nel tempo ma che rimangono sempre presenti nel pensiero collettivo sociale.
Il colore della pelle, pesantemente simbolizzato, crea una stigmatizzazione ed è
sottomesso, come il resto del corpo, rappresentato da differenti criteri estetici, ad un lavoro
unicamente basato sulle apparenze. Per essere giudicata esteticamente conforme alla norma
dominante, la pelle deve rispondere a dei criteri specifici. Come tutte le trasformazioni basate
sulle apparenze, lo schiarimento della pelle è un fatto sociale che si inscrive in un sistema di
rappresentazione, proprio all’ambiente sociale e culturale delle popolazioni che praticano tale
metodo di schiarimento cutaneo. in questo contesto che tale pratica corporea prende
significato. Ora nel caso di popolazioni originarie d’Africa viventi in Francia, il loro ambiente
sociale e culturale è influenzato sia dal loro Paese d’origine, sia dal Paese d’adozione ; così
come da ragioni politiche che li uniscono storicamente, motivi per i quali il colore della pelle
ha tenuto un ruolo importante e preponderante, in particolare durante il periodo della
colonizzazione.
Nel corso della nostre ricerche su tale soggetto, abbiamo cercato di chiarire i motivi e gli
usi delle donne africane viventi in Marsiglia. Abbiamo voluto soprattutto mettere in evidenza
come e perché queste abitudini vengono praticate e il contesto socio-culturale che giustifica
tale atto presso queste popolazioni. Per tale motivo ci interessiamo particolarmente ai prodotti
e alle tecniche che permettono di schiarire la pelle, alle opinioni delle donne africane su
queste abitudini che siano praticate o no, così come al discorso sociale derivante dalla
pubblicità dei prodotti che schiariscono la pelle, riviste femminili destinate alle popolazioni
africane così come ai venditori che commercializzano questi cosmetici e ai medici testimoni
spesso impotenti, della pericolosità di tali pratiche.
L’analisi globale di quanto sopra esaminato, mette in risalto che la pratica dello
schiarimento della pelle non si limita solamente al cambiamento di colore. Modificando il
colore, anche la struttura e la luminosità dell’epidermide subiscono una variazione e che
quindi le donne rispondono a una logica sociale dettata dal pensiero collettivo. In effetti,
questa usanza di alcune popolazioni africane, s’inscrive in una logica basata su concezioni
empiriche il cui risultato impresso sulla pelle delle donne avrà una conseguenza nella loro vita
sociale. Cambiando il proprio colore di pelle, le donne realizzano una trasformazione, un
progresso in una dimensione tanto biologica che sociale e soggettiva. Materializzano così, una
ricerca d’identità che s’inscrive in un riferimento socio-culturale e cromatico.
Questo lavoro ha loscopo di fornire un’analisi originale sulla depigmentazione presso le
donne africane di Marsiglia ma anche di volgere uno sguardo verso le differenti discipline
necessarie allo studio dello schiarimento della pelle, una pratica corporea che rimanda allo
stesso tempo a delle funzioni biologiche e culturali.
Parole-chiave : Schiarimento, colore, pelle, pratica corporea, donna, Africa, Francia,
assimilazione.
4 Résumé de thèse en anglais
The lightening skin of african women living in Marseille
The skin color is the physical feature of human who has the biggest variability. Originally
spread in fonction a geographic gradient, the migrations of populations came to shade this
chromatic distribution. However pigmentation caracterises a goegraphic space and
populations living there, it is them a tracer of identity in fonction of individual geographic
origin. From the meeting of populations of different origin came forth an imaginary built on
the skin color. The skin pigmentation, as identitary tracer, wich has sens only in the social
domain, is combined with mythes and stereotypes wich had evolved in the course of time but
wich still remain presents in the social imaginary.
Stigmatising and symbolically weighty, the skin color is subordinate as the rest of the
body to a work of the appareances. To be judged esthetically coplining dominant norms, skin
has to answer to specific standards. Like all works of appreances, the lightening of skin is a
social fact circumscribing within a system of representation belonging to the socio-cultural
environment of populations who light itself. It is in this context that this corporal practice
takes sens. Thus, in the cas of populations originating from Africa and living in France, their
socio-cultural environment is influenced by both the country of origin and the recieving
country, and also by the political stakes wich historically bind them, stakes for wich skin color
had taken a preponderant function, in particular during the periode of colonisation.
In the course of our study, we try to estimate the situation of this practice by african
women living in Marseille. We try to make evident how is realised this practice and to wich
systems of representations it makes reference. In this purpose, we take interest to the products
and techniques enabling to light the skin, to the position of african women using or not those
products, to the social discourse on the practice coming from advertising for lightening
products, from feminin magazines targetting african women and also the sellers and the
doctors witness of the harmful impact of the products.
The global analyse of these different discourses shows that the practice of lightening skin
does not limite itself to a changing of skin color. Modifing complexion, but also texture and
luminosity of the skin, women answer to a social and imaginary logic. Indeed, the practice of
lightening lies within an imaginary logic with empirical fondations and whose result printed
on the women skin will have an impact in their social life. Changing the skin color, women
bring in a bio-socio-subjective construction. Thus they materialise an identitary quest
circumscribing itself in a socio-cultural and chromatic referential.
This work has for particularities to bring an original analyse on the lightening of african
women living in Marseille but also a pluridisciplinar glance necessary for the study of the
lightening skin, a corporal practice wich refer to either biological either cultural functions.
Key-words : Lightening, color, skin, corporal practice, woman, Africa, France, assimilation.
5 Table des matières

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