La liaison entre les nouvelles formes de crédit et le développement en Afrique subsaharienne, The linkage between new forms of credit and develompent in sub-Saharian Africa

De
Publié par

Sous la direction de Pierre Villa
Thèse soutenue le 02 juillet 2008: Paris Est
Cette recherche est une contribution au débat sur la possibilité de concilier rentabilité, faible coût du crédit et large portée relative des institutions de microfinance. Elle discute aussi l’efficacité des subventions accordées à ces institutions. Enfin elle cherche à articuler la microfinance et la croissance économique dans les pays d’Afrique subsaharienne. Notre étude produit des résultats qui tendent à montrer qu’en Afrique subsaharienne les institutions de microfinance issues de la privatisation directe ou indirecte d’anciens réseaux de collecte étatiques ont une rentabilité négative mais touchent un grand nombre de personnes. A l’inverse les institutions de microfinance d’origine locale ont une taille relative beaucoup plus faible, leur part dans la distribution du crédit total à l’économie est faible, mais elles sont rentables. Deuxièmement la politique de subventions doit encourager les institutions à devenir autonomes plutôt que chercher à pérenniser les situations acquises d’endettement, tout en cherchant à réduire l’effet des coûts fixes sur le taux du crédit. Finalement, de la nature de la politique économique dépendra le développement relatif des secteurs formel et informel. Par exemple, une politique monétaire restrictive favorisera le secteur informel alors qu’une politique monétaire expansionniste favorisera le secteur formel.
-Microfinance
-Développement
-Microcrédit
-Institutions de microfinance
-Rationnement du crédit
-Croissance économique
-Afrique subsaharienne
The aim of this dissertation is to contribute on the debate about the possibility to reconcile return, low cost of credit and high relative outreach of microfinance institutions. It deals with efficiency of the granted subsidies to these institutions and at last with the interaction between microfinance and economic growth in sub-Saharan Africa. The results of our study tend first of all to suggest that, in sub-Saharan Africa, microfinance institutions coming from the direct or indirect privatization of public development banks have a negative return but a high level of outreach, whereas microfinance institutions coming from local groups have a relative low size but are profitable and self-sufficient. The ratio of their gross loan portfolio to total loan is marginal. Secondly, subsidy policy should enforce microfinance institutions to become self-sufficient rather than perpetuate overdraft situations coming from the past. It should also aim at reducing fixed cost on loan rate. The development of formal and informal markets will depend on the nature of economic policy: a restrictive monetary policy will increase the informal market while an expansionist monetary policy will increase the formal market.
-Microfinance
-Microcredit
-Credit rationing
-Sub-Saharan Africa
-Development
-Microfinance institutions
-Economic growth
Source: http://www.theses.fr/2008PEST3007/document
Publié le : vendredi 28 octobre 2011
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UNIVERSITE PARIS EST
ECOLE DOCTORALE, ECONOMIE, GESTION et ESPACE
LABORATOIRE ERUDITE



THESE

Pour le doctorat en Sciences Economiques
(Arrêté du 25 avril 2002)







LA LIAISON ENTRE LES NOUVELLES FORMES DE
CREDIT ET LE DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE
SUBSAHARIENNE.




Présentée et soutenue publiquement par

J. Komi DJADE

le …….

Directeur de thèse : Monsieur Pierre Villa, Administrateur de l’INSEE, Conseiller
Scientifique au CEPII

MEMBRES DU JURY :

PRESIDENT : M. François Régis MAHIEU
Professeur à l’Université de Versailles-Saint Quentin

RAPPORTEURS : M. Jacques CHARMES
Professeur à l’Université de Versailles
M. Michel LELART
Directeur de recherche émérite au CNRS

SUFFRAGANTS : Catherine ROUZAUD
Maître de conférence à l’Université de Paris XII
M. Pierre VILLA Administrateur de l’INSEE, conseiller scientifique au CEPII
1

















































« L’Université n’entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans les thèses : ces
opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs ».
2







À mes parents










































3
REMERCIEMENTS







Mes remerciements les plus sincères à mon directeur de thèse Mr Pierre VILLA ainsi qu’à
Mme Catherine ROUZAUD qui m’ont constamment encouragé pour mener à bien ce travail.
Je tiens à remercier aussi mes collègues de l’ERUDITE, mes professeurs de l’UNIVERSITE
Paris XII.
Enfin j’adresse mes remerciements à mon ami Michel, à mon frère et à ma sœur.

































4
TABLE DES MATIERES

DEDICACE…………………………………………………………………………………P.3
REMERCIEMENTS……………………………………………………………………….P.4
INTRODUCTION GENERALE………………………………………………………....P.9
I. LES THEORIES DE LA MICROFINANCE………………………………………P.16
I.1 LA THEORIE DES CONTRATS DE CREDIT EN INFORMATION
INCOMPLETE……………………………………………………………………………P.18
a) Généralités sur les contrats de crédit….…………………………...…………...…...P.18
b) Un exemple de modèle générique simplifié…………………….…………………..P.19
c) La séparation des risques…...………………………….…………………………...P.20
d) Le rationnement du crédit…………………………………………………………..P.23
e) Un exemple de modèle de signal de crédit…………………………………………P.25
I.2 LA FORMALISATION DES CONTRATS DE CREDITS EN
MICROFINANCE………………………...........................................................................P.30
a) Le contrat de responsabilité conjointe……………………………………………...P.30
b) Les groupes de risques conjoints……….…………………………………………..P.40
c) Avantages et limites : Sélection des risques et difficultés à limiter le coût du
crédit….…………………………………………………………………………….P.45
I.3 REPRESSION FINANCIERE ET CROISSANCE DANS UN CADRE
MACROECONOMIQUE………………………………………………………………...P.53
I.3.1 Les modèles de première génération………...………………………………………P.55
I.3.2 Les modèles de deuxième génération….…………………………………………….P.69
II. L’ECONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE…………..P.83
II.1 LE SECTEUR INFORMEL …………………………………………......................P.86
II.1.1 Définition et caractéristiques du secteur informel………..…………………………..P.86
II.1.2 Origine de la finance informelle en Afrique subsaharienne…………….…………....P.87
II.1.3 Le secteur informel dans la zone UEMOA ……….………………………………....P.93
II.2 LA MICROFINANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE………..……………P.99
II.2.1 Les clients…………………………………………………………………………..P.100
II.2.2 L’épargne en Afrique subsaharienne……...………………………………………..P.103
II.2.3 Les caractéristiques des institutions financières informelles typiques……………..P.108
a) La capacité de réponse aux besoins des consommateurs………………………….P.112
5
b) L’efficacité économique…………………………………………………………..P.114
c) Utilisation de la loi du marché pour déterminer les taux d’intérêt………………..P.115
d) Affectation des ressources……………………………………………….……….P.116
II.2.4 Choix des politiques……………………………………………………………….P.118
II.2.5 Liens entre système de crédit et croissance………………………………………..P.127
II.2.3 ROLE DE LA MICROFINANCE DANS LE CONTEXTE AFRICAIN….….P.129
a) Les nouveaux produits………...…………………………………………………..P.129
b) La recherche de nouvelles sources de financement ………...……………………P.130
c) Les nouvelles formes institutionnelles……………...……………………………..P.131
III. EXPERIENCES CONCRETES D’INSTITUTIONS DE MICROFINANCE EN
AFRIQUE : UNE COMPARAISON DES INSTITUTIONS FRANCOPHONES ET
ANGLOPHONES………………………………………………………………………..P.133
III.1 LES CARACTERISTIQUES GENERALES DES INSTITUTIONS DE
MICROFINANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE. ……….…………………..P.136
III.1.1 PORTEE…………………...…………………………………………………….P.137
a) Etendue de portée………….…………………..………………………………….P.137
b) Degré de Portée………….…...……………………………………………………P.143
III.1.2 STRUCTURE FINANCIERE..………………………………………………….P.147
III.1.3 PERFORMANCE FINANCIERE…..….………………………………………P.148
III.1.4 EFFICIENCE ET PRODUCTIVITE…………………………………………...P.150
a) Efficience………..……...…………………………………………………………P.150
b) Productivité………..…...………………………………………………………….P.152
III.1.5 Qualité du portefeuille………………..…………………………………………..P.155
III.2 LES EXPERIENCES EN ZONE FRANCOPHONE…..………………………..P.158
III.2.1 La FUCEC-TOGO………...…………………………………………………...P.158
a) Origine ……….…………………………………………………………………...P.158
b) Organisation Structurelle…………..…...…………………………………………P.158
c) Mission……………………………………………………………………………P.159
d) Objectifs………...………………………………………………………………...P.159
e) Environnement économique et financier………………………………………….P.160
f) Les produits offerts par la FUCEC………………………………………………..P.160
g) Impact socio-économique du programme CEE……………………..…………….P.161
h) Domaines d’interventions………………….……………………………...............P.162
i) Les réalisations……………………………..……………………………………...P.163
6
j) Les difficultés rencontrées.…………….…………………………….....................P.163
k) Les principaux indicateurs de progrès……………....…………………………….P.164
l) Les opérations d’épargne (COOPEC et Caisse Centrale)…………………………P.166
m) Les opérations de crédit………………….……………………………………….P.167
n) Analyse des informations financières…………………….……………………….P.169
III.2.2 FECECAM-BENIN.……..………………………………………………….....P.173
a) Origine…......……………………………………………………………………...P.173
b) Organisation du réseau…………….………………………………………………P.173
c) Mission……….……………………………………………………………………P.174
d) Sociétariat, clientèle et services…………..……………………………………….P.175
e) Les résultats atteints par FECECAM………......………………………………….P.176
f) Les produits financiers offerts par le réseau………………….…………………..P.176
g) Analyse des informations financières …….....……………………………………P.181
III.2.3 KAFO-JIGINEW (MALI)……..………………………………………………P.186
a) Origine…......……………………………………………………………………...P.186
b) Mission…………………………………………………………………………….P.187
c) Organisation………………………………………………………….P.187
d) Les produits financiers offerts par Kafo…………………………………………..P.187
e) Les Modalités d’Octroi de Crédit…………………………………………………P.190
f) Analyse des informations financières………...…...………………………………P.191
g) Evaluation et impact……………………………………………………………….P.194
III.3 LES EXPERIENCES EN ZONE ANGLOPHONE……………………………..P.197
III.3.1 SHDF-ZIMBABWE……………………………………..………….…..………..P.197
a) Les origines……. .………………………………………………………………...P.197
b) Impact de l’introduction du microcrédit sur le SHDF et sur les clubs
d’épargne……..…………………...……………………………………………..P.200
c) Impact de la formation sur la collecte de l’épargne et le microcrédit sur les membres
des clubs d’épargne…………………………………………………………...….P.207
d) Impact de l’introduction du microcrédit sur les membres……………..………….P.210
e) Impact sur les autres formes de crédits informels……………...………………….P.212
f) Impact sur les clubs d’épargne…………..……………………….……………….P.215
III.3.2 ACSI- ETHIOPIE………………………………………………………...……...P.217
a) Les origines……. .………………………………………………………………...P.217
b) Vision………...……………………………………………………………………P.217
7
c) Mission…………...………………………………………………………………..P.217
d) Valeurs et principes….……..……………………………………………………...P.217
e) Objectifs…….……………………………………………………………………..P.218
f) Gouvernance et propriété...……………………………………………………......P.218
g) Les produits financiers offerts par ASCI………………………………………….P.219
h) Les cibles prioritaires………..………….………...……….P.222
i) Les modalités d’octroi de crédit et autres opérations…….…...…………………...P.223
j) Analyse des informations financières…………..……...……………………….....P.224
k) Evaluation et impact………………..……………………………………………...P.227
l) Les perspectives futures de l’institution……..………………………………….....P.232
m) Les problèmes rencontrés……..…………………………………………………...P.234
III.3.3 TEBA BANK…………………………………………………………………….P.236
a) Origine….…………………………………………………………………………P.236
b) La formation de Teba Bank…….…………………………………………………P.237
c) Mission……………….………………………….………………………………...P.238
d) Les produits offerts par Teba-bank….……………………………………………P.238
e) Analyse des informations financières………………………………….………….P.240
f) Les impacts………………..……..………….…………………………………….P.243

III.4 ANALYSE COMPARATIVE DES SIX INSTITUTIONS….………………..P.246
CONCLUSION GENERALE…………………………………………………………..P.262
BIBLIOGRAPHIE………………………………………………………………………P.268
ANNEXE…………………………………………………………………………………P.290













8
INTRODUCTION GENERALE

Thème important de l’économie apparue depuis une dizaine d’années, la microfinance est
présentée souvent comme une solution au sous-développement et à l’exclusion hors du
marché mondial de certains pays et/ou de certaines catégories de la population qualifiées de
pauvres ou situées géographiquement à la périphérie des courants d’échanges internationaux.
Sous la forme moderne, elle est apparue concrètement en Asie du sud-est, particulièrement au
Bangladesh grâce à la banque Grameen créée par Mohamed Yunus. Elle fait actuellement
retour sous des formes variées en Afrique où elle submerge les formes traditionnelles
anciennes associées à l’économie paysanne comme les tontines. Elle est célébrée par ceux qui
y voient une source d’émancipation économique et morale car elle encouragerait la libre
association en opposition aux hiérarchies villageoises et parce qu’elle s’oppose aux formes
traditionnelles de crédit usuraire ou de crédit de campagne qui renforcent la dépendance des
villageois en aliénant leur récolte.
Par delà ce discours général il convient de souligner que la microfinance moderne, dont les
expériences ont même atteint des pays émergents comme l’Inde et l’Indonésie en Asie du sud-
est et l’Afrique du sud, voire même certains pays développés (il existe des expériences de
cette sorte aux Etats-Unis), n’est pas née aussi soudainement qu’on ne le pense, bien que les
formes modernes se soient affranchies complètement des traditions.
Que la microfinance soit une alternative technique efficace aux formes modernes de la grande
finance internationale, exportée par les pays industrialisés, pour contourner ce qu’il est
convenu d’appeler la répression financière des pays en développement, nécessite toutefois un
vaste détour théorique, historique et descriptif.
En effet, la recherche de nouvelles formes de contrats de crédit est l’aboutissement d’une
vaste littérature économique qui a pris sa source depuis une trentaine d’années dans les
théories financières fondées sur l’information asymétrique et qui se voulait une alternative ou
une extension de la théorie néoclassique orthodoxe pour laquelle la monnaie, et finalement
l’ensemble des actifs financiers, ne sont que l’envers du marché des biens. Pour la théorie
traditionnelle en effet, la dichotomie, à long terme, sépare l’économie réelle de l’économie
nominale, les rationnements et les inefficacités ne proviennent que de l’imperfection des
marchés, de leur cloisonnement, de comportements d’habitats préférés. L’organisation
monopolistique des banques limite quantitativement le crédit et le financement. L’inflation
brouille les informations sur le secteur réel. La solution se trouve dans la libéralisation des
9
marchés financiers, l’accroissement de la concurrence entre les intermédiaires financiers et
l’affirmation de règles monétaires à même de permettre aux agents de distinguer le réel du
nominal.
Malheureusement, le rationnement du crédit était et reste un fait observé et durable, et pas
seulement dans les pays européens comme la France qui a pratiqué des cloisonnements
administratifs afin de favoriser les investissements d’infrastructure et les secteurs de réseau où
il existe des monopoles naturels ou de grandes entreprises fordistes, tout en garantissant une
épargne de masse le plus égalitaire possible. Même les pays anglo-saxons, dont les formes
financières étaient plus proches des marchés concurrentiels de la théorie, connaissaient des
contraintes financières.
L’introduction de l’information asymétrique dans la théorie, dont on peut faire remonter
l’origine aux travaux de Stiglitz, a permis d’éclairer l’inefficacité des marchés financiers et de
clarifier les concepts. Il est nécessaire de distinguer « l’exclusion » des emprunteurs hors des
marchés financiers du rationnement par les offreurs. L’exclusion elle-même a deux
explications, du côté des emprunteurs et du côté des prêteurs. Du côté des emprunteurs, elle
ne fait même pas appel à l’asymétrie d’information mais tout simplement au risque et aux
dotations initiales. Des emprunteurs sans richesse initiale, ou ayant une richesse initiale trop
faible, ne pouvant mettre en œuvre que des projets risqués, éventuellement en raison de la
faible taille des projets, ne souhaitent tout simplement pas s’endetter et préfèrent renoncer à
investir pour deux raisons. Tout d’abord il existe des coûts fixes. Ensuite, en concurrence
parfaite, les prêteurs, voulant se prémunir contre le risque de faillite, pratiquent des taux
d’intérêt trop élevés. Le nantissement des prêts est certes un moyen de limiter les taux
d’intérêt, mais il est limité par les dotations. Ainsi, en information complète, le conflit pour le
partage des risques exclut automatiquement les emprunteurs sans ressource. Simplement, dans
la théorie traditionnelle, certains agents ne participent pas au marché. Il y a là la source d’un
piège au développement lié aux rendements croissants de l’investissement réel et de la
richesse initiale du point de vue financier.
L’information asymétrique du prêteur ajoute la question de la sélection adverse et de l’aléa
moral des emprunteurs. Elle renforce le problème. Augmenter le taux d’intérêt ou le
cautionnement, même après avoir exclu certains emprunteurs, grâce à une classification des
risques, est inefficace. La hausse des coûts totaux du crédit favorise les risques élevés. Le
rationnement par le prêteur s’ajoute donc, comme par un moyen de deuxième ordre de limiter
les risques, indépendamment des coûts. Le rationnement quantitatif n’est pas une forme duale
des coûts. Il n’est pas proportionnel et pèse plus fortement sur les emprunteurs ayant de
10

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