Le Théâtre de Charles Ludlam (1943-1987), The Theatre of Charles Ludlam (1943-1987)

De
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Sous la direction de Elisabeth Angel-Perez
Thèse soutenue le 27 novembre 2008: Paris 4
Cette monographie sur l’œuvre théâtrale de Charles Ludlam (1943-1987), dramaturge, comédien, metteur en scène et directeur de la Ridicoulous Theatrical Company (1967-1987) à new york, s’attache à mettre en valeur le fonctionnement poétique des pièces. A partir de l’étude de la réception, des archives et des commentaires de Ludlam, et surtout, des pièces elles-mêmes, il s’agit de réexaminer la validité des jugements critiques portés sur l’œuvre, qui n’a pas fait l’objet de réévaluation sérieuse depuis le contexte immédiat de la création des pièces. Prenant nos distances avec les classifications habituelles du dramaturge (théâtre gay, théâtre de divertissement, théâtre parodique), nous montrons que la compréhension de l’œuvre de Ludlam ne peut avoir lieu sans une confrontation à la tradition de la pensée du théâtre occidental. Ludlam entretient ainsi un rapport ambigu et ambivalent au milieu de l’avant-garde dans lequel il s’inscrit, qui explique en partie les contresens dont il a été victime.
-Avant-Garde (esthétique)
-Comédie
-Esthétique moderne
-Etats-Unis
-Théâtre - 20e siècle
-Théatre expérimental
This monograph on the theatrical works of Charles Ludlam (1943-1987), playwright, actor, director and founder of the Ridiculous Theatrical Company (1967-1987) in New York City, aimes at exploring the poetic underpinnings of the plays. Based on the study of the works’ reception, of Ludlam’s archive an down commentaries, and above all, of the plays per se, our purpose was ton reexamine the validity of the critical judgements on works which have note been seriously reconsidered since their original opening. Distancing ourselves from the usual labels attached to the playwright (gay theatre, entertainment, parody) we show that any real understanding of Ludlam ought to rely on an confrontation with the tradition of and reflection on western theatre practices. Ludlam thus enjoyed an ambiguous and ambibalent relationship with the avant-garde milieu of which he was part, which accounts in part for the misundersandings to which his work has fallen prey.
Source: http://www.theses.fr/2008PA040194/document
Publié le : mercredi 26 octobre 2011
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Nombre de pages : 417
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UNIVERSITÉ PARIS IV - SORBONNE

ÉCOLE DOCTORALE 4



THÈSE

Pour obtenir le grade de

DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ PARIS IV

Discipline : Anglais

présentée et soutenue publiquement par Marie PECORARI
le 27 novembre 2008

Titre :
Le Théâtre de Charles Ludlam (1943-1987)

Directrice de thèse : Madame Elisabeth Angel-Perez


JURY
Mme Elisabeth Angel-Perez
M. Christian Biet
Mme Marie-Claire Pasquier
M. Pierre-Yves Pétillon

































































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Le théâtre de Charles Ludlam (1943-1987)










































3

Remerciements




Je remercie Elisabeth Angel-Perez, qui m’accompagne depuis le DEA. Bien que nos aires
d’intérêt aient à première vue peu en commun (ma connaissance du théâtre contemporain
britannique étant limitée), son ouverture d’esprit, sa curiosité et sa fine compréhension des
questions théâtrales m’ont poussée à affermir ma réflexion. Avec patience et tact, elle a su me
faire confiance sur un sujet difficile, m’aiguiller dans des directions heureuses et m’éloigner des
fausses pistes.

Je remercie aussi Christian Biet, que sa passion pour le théâtre conduit sur des chemins peu
fréquentés et tout aussi peu évidents. Son adhésion sans réserves à la pratique et la théorie
théâtrales américaines, son intelligence du sujet et sa générosité ont été d’une aide précieuse dans
les moments de doute.

Je remercie également les autres membres du jury, Marie-Claire Pasquier et Pierre-Yves Pétillon,
que je ne connaissais jusqu’ici que comme auteurs. Leurs ouvrages sur le théâtre américain et la
littérature américaine, respectivement, ont été une source d’inspiration dans la rédaction de cette
thèse. Je suis curieuse et enthousiaste à l’idée de recueillir leur point de vue sur un sujet qu’ils
connaissent de première main, puisqu’ils ont sur moi l’avantage rare d’avoir été des spectateurs
de Ludlam.

Je remercie Richard Schechner. Sa disponibilité, son regard amical, franc, sans condescendance,
et son immense culture performative m’ont permis de repenser ma manière d’envisager le théâtre.

Je remercie les conservateurs du fonds Billy Rose de la bibliothèque de Lincoln Center à New
York, d’avoir mis à ma disposition les archives du fonds Ludlam.
4
Je remercie ma famille, les présents et les absentes, qui a su me supporter sans (trop) rien dire
pendant ces années laborieuses.

Enfin, à tous ceux que j’ai croisés, avec qui j’ai pu partager, discuter, expliquer mon sujet, et qui
m’ont parfois entraînée sans le savoir dans des directions fructueuses.












































5Sommaire




Introduction 12


1. Prélude 33


1.1. Départs 39
1.1.a) Frustration 39
1.1.b) Révélation 51

1.2. Propositions 58
1.2.a) Théâtre et texte 58
1.2.b) Dramaturgie et artifice 64
1.2.c) Critique de l’illusion 66
1.2.d) Contre le réalisme ? 73
1.2.e) Le choix du maximalisme 76

1.3. Redéfinitions : resserrement et redéploiement 82
1.3.a) Permanence de l’autorité 83
1.3.b) Dialectique du drame 84
1.3.c) Quel modernisme pour le théâtre ? 86







6
2. Le Ridicule : quelques repères 97


2.1. Déviations 108
2.1.a) Le Ridicule : éléments de définition 113
2.1.b) Précédents 119
2.1.c) Directions 122
2.1.d) Lectures 125

2.2. Figures 135
2.2.a) Jack Smith 137
2.2.b) John Vaccaro 153
2.2.c) Ronald Tavel 158



3. Premiers essais dramatiques 160

3.1. The Life of Lady Godiva (1966) 168
3.1.a) Une dramaturgie de l’empêchement 170
3.1.b) L’antithèse, figure du délitement 176
3.1.c) Homosexualité et critique 185

3.2. Les pièces « épiques » (1966-1969) 191
3.2.a) Big Hotel (1966) 193
3.2.b) Conquest of the Universe, or When Queens Collide (1967) 208
3.2.c) Turds in Hell (1969) 213





7


4. Poétique 221

4.1. Causes du revirement 223
4.1.a) Contraintes matérielles 223
4.1.b) Insatisfactions esthétiques 226

4.2. La « pièce bien faite », un véritable renouveau ? 235
4.2.a) Une réaction aristotélicienne ? 237
4.2.b) Figures du dévoilement 241

4.3. Parodie et reprise : comment trouver sa voix/e 253
4.3.a) La parodie : quelques définitions 255
4.3.b) Kitsch et parodie 265
4.3.c) Figures du dépassement 269



5. Les pièces 277

Petite étude génétique 281
Bluebeard (1970) 284
Eunuchs of the Forbidden City (1971) 290
Corn (1972) 293
Camille (1973) 297
Hot Ice (1974) 302
Stage Blood (1975) 307
Caprice, or Fashion Bound (1976) 311
Der Ring Gott Farblonjet (1977) 314
8The Ventriloquist’s Wife (1978) 320
Utopia, Incorporated (1978) 323
The Enchanted Pig (1979) 327
A Christmas Carol (1979) 331
Reverse Psychology (1980) 334
Love’s Tangled Web (1981) 338
Secret Lives of the Sexists (1982) 342
Exquisite Torture (1982) 347
Le Bourgeois Avant-Garde (1983) 351
Galas (1983) 356
The Mystery of Irma Vep (1984) 363
How to Write a Play (1984) 368
Salammbô (1985) 371
The Artificial Jungle (1986) 374



6. Ludlam aujourd’hui 377

6.1. Quelques continuateurs 379
6.2 Directions 392



Bibliographie 400

Index 413




9


Avertissement

Cette thèse étant soutenue en vue d’une double qualification en anglais et études
théâtrales, nous avons trouvé bon de traduire les passages en langue étrangère, tout en conservant
l’original en note. Et sauf mention contraire, toutes les traductions sont de l’auteur de la thèse.
Cependant, en raison des problèmes de traduction particuliers à l’écriture de Ludlam, nous avons
choisi de conserver les citations des pièces en version originale. (La question de la traduction est
abordée en filigrane tout au long de la thèse, et plus spécifiquement en conclusion - nous y
renvoyons). L’entreprise de traduction des pièces pose des problèmes spécifiquement théâtraux,
relève déjà de choix de mise en scène - c’est un autre travail, qui déborde le cadre de cette thèse.
Nous prions d’avance les non-anglophones de nous excuser, en espérant que les idées poétiques
de Ludlam et les commentaires des pièces suffiront à susciter l’envie de le voir jouer un jour sur
les scènes françaises.

Nous avons choisi d’orthographier la première lettre de Ridicule en majuscule dans les cas -
majoritaires - où l’adjectif fait référence au style, groupe, genre théâtral du même nom, pour le
distinguer de son emploi courant.





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