Marx et la question de la démocratie, Marx and the issue of democracy

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Sous la direction de Alain Renaud
Thèse soutenue le 04 juillet 2008: Paris 4
Notre recherche déploie trois remises en question : avec sa théorie de l’histoire Marx n’évacue pas la politique mais fait de la démocratie la question de la modernité ; le communisme ne rompt pas avec la démocratie mais l’actualise ; ce n’est pas la dictature du prolétariat qui fait problème mais l’auto-constitution de la société en sujet politique. Dès sa jeunesse, Marx critique la politique au nom de l’avènement du politique car la démocratie n’est pas une forme de l’Etat moderne, mais le dépassement de la diremption de la communauté. L’Etat démocratique étant un oxymore, la démocratie vraie ou réelle est le communisme : elle est condamnée au formalisme sans la socialisation de la production et il est condamné à la dictature sur les besoins sans la socialisation de la politique. La question de la démocratie telle qu’elle est posée par Marx constitue donc un fil conducteur tant sur le plan herméneutique que politique. Demeure périlleux le procès de réalisation de la démocratie. La dictature du prolétariat constitue une expansion de la démocratie contre l’Etat, mais la dialectique de la révolution n’a pas donné lieu à un moment subjectif décisif. Reste que les sociétés démocratiques tendent à la socialisation et se heurtent aux conditions d’impossibilité d’une politique juste : un positionnement marxiste permet donc de réouvrir la démocratie comme question et d’interroger la forclusion du moment machiavelien.
-Démocratie réelle / démocratie formelle/ sociétés démocratiques
-Etat politique séparé
-Communauté
-Socialisation
-Dictature du prolétariat/ dépérissement de l'Etat
-Diremption
-Communauté
-Appropriation
-Aliénation
Our research calls forth three reassessments : Marx’s theory of history does not expel politics, rather it raises democracy as the issue of modern times; communism does not dismiss democracy but actualizes it; it is not the dictatorship of the proletariat that poses a problem but society’s constitution into a political subject. Already in his first works, Marx criticizes the differentiated sphere of politics for the sake of immanent politics since democracy is not a form of the modern state, but what surpasses the diremption of the community.The democratic state is an oxymoron; true or real democracy is communism. The democratic state is condemned to remain formal without the socialization of the means of production, and communism is condemned to a dictatorship of the needs without the socialization of politics. The issue of democracy the way Marx states it therefore provides a main thread for hermeneutics and political analysis. Remains the precarious process of realizing democracy. The dictatorship of the proletariat is an expansion of democracy against the state, but the dialectic of revolution did not lead to a decisive subjective moment. Yet democratic societies tend toward socialization and endure the conditions of impossibility for fair politics: a marxist stand thus unfolds democracy as an issue and puts into question the closure of the Machiavellian moment.
Source: http://www.theses.fr/2008PA040062/document
Publié le : jeudi 27 octobre 2011
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UniversitéParisIV–Sorbonne
ÉCOLEDOCTORALEV:CONCEPTSETLANGAGES
ÉQUIPED’ACCUEIL3559:RATIONALITÉSCONTEMPORAINES



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THÈSE

pourobtenirlegradede
Docteurdel’UniversitédeParisIV
enPhilosophie

présentéeetsoutenuepubliquementpar
SarahBARNAUD"#EYER
le4juillet2008



MARXETLAQUESTIONDELADÉMOCRATIE

SousladirectiondeMonsieur AlainRENAUT




Jury

M.GérardBENSUSSAN,Professeuràl’UniversitéMarc7BlochdeStrasbourg
M.Jean"#ichelBESNIER,Professeuràl’UniversitédeParis7Sorbonne
M.CharlesRAMOND,Professeuràl’UniversitédeBordeaux7II
M.AlainRENAUT,Professeuràl’UniversitédeParis7Sorbonne

MARX ET LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE —– S. BARNAUD-MEYER 1



UniversitéParisIV–Sorbonne
ÉCOLEDOCTORALEV:CONCEPTSETLANGAGES
ÉQUIPED’ACCUEIL3559:RATIONALITÉSCONTEMPORAINES



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THÈSE

pourobtenirlegradede
Docteurdel’UniversitédeParisIV
enphilosophie

présentéeetsoutenuepubliquementpar
SarahBARNAUD"#EYER
le4juillet2008



MARXETLAQUESTIONDELADÉMOCRATIE

SousladirectiondeMonsieur AlainRENAUT




Jury

M.GérardBENSUSSAN,Professeuràl’UniversitéMarc7BlochdeStrasbourg
M.Jean"#ichelBESNIER,Professeuràl’UniversitédeParis7Sorbonne
M.CharlesRAMOND,Professeuràl’UniversitédeBordeaux7II
M.AlainRENAUT,Professeuràl’UniversitédeParis7Sorbonne
MARX ET LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE —– S. BARNAUD-MEYER 2






A tous ceux qui m’ont entourée et soutenue (ils se
reconnaîtront):merci.




AD.: «L’amour, non pas l’amour de l’homme de
Feuerbach [...] ou du prolétariat, mais [...]
singulièrementmonamourpourtoi,faitànouveaude
1moiunhomme.»




AF.etR.,pourquijesouhaitequ’unjournosépées
2sechangenteninstrumentsdejardinage .



A tous les anonymes qui n’ont pas le privilège
d’habiter ce monde en poètes; et à ceux qui
renoncentàlapoésiepoursebattre—quandmême—
enleurnom.

1
Marx,Lettre à Jenny Marxdu21juin1856,in Correspondance Marx-Engels,t.IV,Paris,éd.sociales,1974,p.
312.
2
Cf.R.Owen,Adresse aux habitants de New Lamark,Colas,1918,p.9.MARX ET LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE —– S. BARNAUD-MEYER 3

TABLEDESMATIERES

AVERTISSEMENT.....................................................................................................................................................1
INTRODUCTION:MARXETLADEMOCRATIE,UNE(RE)MISEENQUESTIONS . 9
1. Marxpenseurdeladémocratie?....................... ............................................................................9
2.Parcoursdiachronique:dansquellemesurelaquestiondeladémocratieposéeàl’œuvre
deMarxest7ellepertinente?..........................................................................10
3. Parcours synchronique: des différentes déclinaisons de la démocratie à la cohérence
interneduquestionnement.............................................................................19
4.Marxetladémocratie:pourune«re»7miseenquestions1)installéedanslamodernité2)
danslesillagedumarxisme.............................................................................28
4. 1) Nécessité de la re-mise en questions - 4. 2) Un révisionnisme politique sous couvert
d’ « intellectuellement correct » - 4. 3) Pourquoi « marxiste » plutôt que « marxien » ? - 4.
4) Pourquoi « marxiste » plutôt que « marxologue » ?
5.Cheminsempruntésparl’étudeetexplicitationde ladémarche............................................37

PARTIEI:LADEMOCRATIECOMMEQUESTIONHISTORIQUE ..............................41

CHAPITRE I: L’AVENEMENT DU POLITIQUE: UNE CONSECRATION DE LA
LIBERTEDONTLADEMOCRATIEESTL’EXPRESSION............................................... 41
[I"]1.Liminaire:Marxoul’impossiblepolitique ........................................41
[I7I]1.1).Unecritiquedelapolitiqueaunomdupolitique .......................................................42
[I7I]1.1).1.Marx:penseuranti7,archi7ouméat7politique?72.Marxoul’impensédelapolitique
[I7I]1.2)Marxestmoins«au7delà»delapolitiquequ’iln’est«post7moderne»...................49
[I"]2.Lathéoriedel’histoiremetaujourlesconditionsdepossibilitédu
politique:la«findel’histoire»estlaconstitutiondel’histoireen
problèmepratique .........................................................................54
[I7I]2.1).La«fin»del’histoireestl’avènementdupolitique....................................................55
[I7I] 2. 1). 1. La thématique de la «fin de l’histoire» et ses difficultés 7 2. Marx ou la fin de la
préhistoireantagonique,nondeladynamiquehistorique73.Del’histoirecommeénigmeàsa
constitutionenproblèmepratique
[I7I]2.2).Leshommesetl’histoireoula«sublimeprétentiondupetitmot"et"»................64
[I7I]2.2).1.De«l’Homme7Dieu»àlamondanitéhumaine72.De«l’Homme»commevaleurau
«point de vue de la société humaine» 7 3. En niant l’humanisme spéculatif, l’humanisme
pratiquenie7t7ilaussilacatégoriede«sujet»?74.L’interversionmarxistedelasubjectivité:
unefinprogrammatiqueplutôtqu’unprincipe
[I"] 3. La «fin» de l’histoire ou le crépuscule des dieux: l’historicité des
hommescontrel’éternitédesidoles..............................................81
[I7I] 3. 1). Portée méthodologique du concept de «fin de l’histoire»: le naturalisme de
Marxcirconscritàlapréhistoiregénériquedel’humanité .........................82
[I7I]3.2).«Laproductiondeshommes»:del’activitéproductivedeshommesàl’activité
productricedel’humain ..................................................................................88
[I7I]3.3).Del’activitéproductriceàlaproductiondesconditionsdupolitique.....................93
[I7I]3.3).1.Lapolitique,entreanimalitéethumanité72.Ledevenirdu«rapportà»l’histoire:d’une
pénuriedéterminanteauluxedespossiblesenpassantparune«crisedelaculture»
[I"]4.La«findel’histoire»comme«situation»delamodernité............. 106
[I7I]4.1).La«findel’histoire»comme«projet».................................................................... 106
[I7I] 4. 1). 1. Aux possibles nous sommes tenus 7 2. L’«invention» de l’histoire comme discours
libérateur73.L’engagementrévolutionnaireconsisted’abordà«tenirparole».......................112
[I7I]4.2).L’avènementdupolitique:desonhistoricitéàsonactualité ................................ 116
[I7I]4.2).1.L’exigenced’unedémocratieréelle:leprogrammed’unelibertéphénoménale72.Le
politique constitué en problème pratique, le communisme en appelle à la puissance des
hommes 7 3. Vers l’actualisation d’un «faire» l’histoire sur le mode de l’«agir
communicationnel»
MARX ET LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE —– S. BARNAUD-MEYER 4

CHAPITRE II : CIRCONSCRIPTION HISTORIQUE DU POLITIQUE COMME
PROBLEMEDELAMODERNITE................................................................................. 127
[I"I]1.Unparadoxeapparent:historicitédelaquestion,atemporalitédela
réponse? ...................................................................................... 130
[I7II] 1. 1). La démocratie comme «genre de la constitution»: Marx et le principe de
souveraineté ................................................................................................... 130
[I7II]1.2).Delacritiquedel’Etatprussienidéaliséàcelledel’Etatmoderneenpassantpar
l’historicisationdelaquestiondu«meilleurrégime » ............................. 139
[I"I]2.Marxou«unevéritablecritiquedelamodernitépolitique,sousle
signedeladémocratie».............................................................. 145
[I7II]2.1).Laséparationhistoriquedupolitiqueetducivilouladiremptionmodernedela
communauté .................................................................................................. 145
[I7II]2.1).1.«Etat7peuple»vs. «Etatpolitiqueséparé»72.«Etatenapparenceau7dessus»dela
sociétévs. «Etatquiluiestdeplusenplusétranger»73.L’Etatmodernesécularisel’universel
maishypostasielapolitique .................................................................................................................154
[I-II] 2. 1). 3. 1. La communauté purement politique : entre « apparence » et « illusion » - 2. Contradiction
« sans masque » au sein de la société et « persona » illusoire de la communauté dans
l’Etat : le dualisme moderne
[I7II]2.2).Taresabsoluesettaresrelativesdel’Etatmoderne ............................................... 164
[I7II]2.2).1.Ladéfensede«l’autonomieduconceptd’Etat»oulaluttecontreunetarerelative72.
La tare absolue de l’Etat moderne: son «abstraction» signale l’irréalité de la communauté
civile .........................................................................................................................................................174
[I-II] 2. 2). 2. 1. En quoi l’Etat est-il « abstrait » ? - 2. De l’émancipation strictement politique à l’émancipation
humaine, ou comment la « critique politique devient une critique de la politique »
[I"I] 3. «Toute cité est une communauté»: le pasage de Marx au
communismevialacommunauté............................................... 185
[I7II]3.1).Unecontinuitéd’intention:Marxpensel’avènementdupolitiquesousl’angle
d’unecommunautéréelle............................................................................. 186
[I7II]3.1).1.«Notretempsestpolitique»72.Dusocialismeaucommunisme73.Alarecherchedu
«rapportgénéraldelapolitiqueauxtaressociales»
[I7II]3.2).Formesdecommunautéet«essencecommunautaire»:versla«communauté
desindividuscomplets» .............................................................................. 203
[I7II] 3. 2). 1. De l’ancienne unité substantielle à la diremption moderne: des «succédanés
traditionnelsdelacommunauté»72.La«communautéréelle»

PARTIEII:LA DEMOCRATIE REELLE, UNE«FORME»DONT LECOMMUNISME
ESTLE«FOND».............................................................................................. 215

CHAPITREI:SURLEPLANDELADEMARCHE.DELA«VRAIEDEMOCRATIE»
AUCOMMUNISME:CHANGEMENTTERMINOLOGIQUE,CONTINUITEDESENS 217
Marxdémocrate:1843,etaprès?................................................................................................ 217
[II"] 1. De la démocratie au communisme: passage d’une catégorie de
penséeàuneautre? .................................................................... 218
[II7I]1.1).Démocratieetcommunisme:parallélismeouidentité? ...................................... 218
[II7I] 1. 1). 1. Les difficultés herméneutiques 7 2. Révolution politique et révolution sociale: la
distinctiona7t7elleunsens?73.Iln’yapasmoinsderépugnanceàconcevoirunedémocratie
àlaquellemanquelasocialisation,quedeconcevoirunemontagnequin’aitpointdevallée.
[II7I]1.2).Laquestiondeladémocratiecommefilconducteur............................................. 233
[II7I]1.2).1.Unfilconducteur(critique):l’Etatdeclassecommeréinvestissementdeladiremption
dans la maturité 7 2. Un fil conducteur(intermédiaire) : l’Etat abstrait ou le pouvoir de la
propriété73.Unfilconducteur(dedépassement):lavraiedémocratieoulasocialisation
[II"]2.Unlibéralismeconditionnelvs.unattachementinconditionnelàla
démocratie ...................................................................................254
[II7I]2.1).RetoursurlejeuneMarx:l’«Etatdémoc ratique»oula«dernièreformeatteinte
par l’émancipation humaine à l’intérieur du monde tel qu’il a existé
jusqu’ici» ........................................................................................................ 256 MARX ET LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE —– S. BARNAUD-MEYER 5

[II7I]2.1).1.L’«Etatdémocratique»oul’«Etatchrétienparfait»72.Delareligionàlareligiosité:le
«mondetelqu’ilaexistéjusqu’ici»marquéparl’aliénation
[II7I]2.2).Unequestioncrucialepourlemarxisme:l’«Etatdémocratique»n’épuisepasla
«démocratieréelle»...................................................................................... 268

CHAPITRE II: SUR LE PLAN DE LA DESTINATION. L’IDENTITE ENTRE LE
COMMUNISMEETLADEMOCRATIEREELLEENQUESTION.................................. 273
[II"I]1.Enquoilecommunismeest"lunedémocrateiréelleplutôtqu’une
«joyeuseutopie»ouuncauchemartotalitaire?........................276
[II7II]1.1).Retoursurla«communautédesindividuscomplets»:uneffortdedéfinition
ducommunisme............................................................................................ 276
[II7II]1.1).1.Delasociétécommeagrégatàl’associationcommunistedes individus72.Delapriorité
méconnueduchacunsurletous73.Lecommunismecommepremièreetauthentiqueassociation282
[II7II]1.2).Lecommunismes’adresseàlalibertédesindividus ............................................ 286
[II7II]1.2).1.Lalibertépositivecommeconditiondel’individuintégraldanslasociétécommuniste7
2. Le projet communiste s’adresse à la volonté des individus 7 3. Le communisme dépasse
ensemble libéralisme et socialisme principiels, lesquels s’affrontent sur le même terrain:
l’oppositionentrelamonadeetletout
[II"I] 2. De la libération de l’activité productive à celle de l’activité
productrice: la démocratie réelle comme double socialisation
réouvre les questions forcloses par une justice strictement
politique.......................................................................................308
[II7II]2.1).Lecommunismeoulalibérationdel’activitéproductive ................................... 310
[II7II]2.1).1.Lalibérationdel’activitéproductivenetientpaslieudejustice:ellelarendpossible72.
Lasociétécommunisten’estpasau7delàdelajustice73.Lecommunisme,une«sociétédes
gueux»?Lalibérationdutravailcommeconditionpolitiquedel’abondance
[II7II]2.2).Lecommunismeoulalibérationdel’activitéproductrice:planificationdequoi
etparqui?La«gestiondémocratiquedelaproductio nsurlabasedes
biens communs » vs. la « dictature sur les besoins au nom d’un Bien
commun»....................................................................................................... 323
[II7II]2.2).1.Lemarchéetladictaturesurlesbesoinsontl’aliénationencommun72.Planification
des besoins vs. planification de la production 7 3. La démocratie des besoins ou la loi des
individus
[II7II] 2. 3). L’adéquation de la production et des besoins: difficultés persistantes qui
témoignentdelapersistancedupolitique................................................. 333
[II7II]2.3).1.Uneadéquationpenséeenprincipe72.Laplanificationdelaproduction:moinsune
questiontechniquequ’unproblèmepolitique
[II"I]3.L’appropriationindividuelledesbienscommunsvialadélibération
politique:projectionsraisonnéesàpartirdelalecturedeMarxet
aunomdel’identitéentrecommunismeetdémocratie.............340
[II7II]3.1).Versl’Aufhebungcommunistedesdeuxprincipesd’équitérawlsien .................. 340
[II7II] 3. 1). 1. Vers une appropriation non antagonique de la richesse sociale 7 2. Deux principes
régulateursdelajusticecommeexpressiondelalibertépositive
[II7II]3.2).L’individucomplet,sujetdedroits ......................................................................... 348
[II7II]3.2).1.Ledevenirdu«droitégal»:delacritiqueduformalismedu«droitbourgeois»àla
réalisationdel’égalitépolitiquedansladémocratieréelle72.Lesformesdelalibertépositive:
des«Droitsdel’Homme»aux«droitsdeshommes»73.Esquissedes«droitsdeshommes
multidimensionnels»

PARTIE III : LA PREMIERE TRANSITION OU L’« ENIGME» NON RESOLUE: LA
DEMOCRATIECOMMEAPORIECONSTITUTIVEDUCOMMUNISME .................372

CHAPITREI:QUELLE«DEMOCRATISATION»? ................................................ 373
[III"]1.La«dictatureduprolétariat»commedernierEtatmoderne........376
[III7I]1.1).La«dictatureduprolétariat»:démocratieouvrièrevs.démocratieréelle....... 377
[III7I]1.2).L’émancipationdutravail:«figuresdel’appropriationsociale»....................... 382 MARX ET LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE —– S. BARNAUD-MEYER 6

[III"] 2. Démocratisation vs. étatisation: la démocratie comme
dépérissementdel’Etat...............................................................388
[III7I]2.1).La«dictatureduprolétariat»etle«dépérissementdel’Etat»:uneantinomie
dumarxisme?................................................................................................ 389
[III7I]2.1).1. Enquelsensla«démocratieouvrière»est7elleunedictature?72. Enquelsensal
«dictatureduprolétariat»représente7t7elleun«gaindémocratique»?73.Le«pouvoirpublic
perdra son caractère politique» 7 4. Les conditions subjectives: «l’émancipation des
travailleursseral’œuvredestravailleurseux7mêmes»
[III7I]2.2).Lafindel’«Etatabstrait»....................................................................................... 423
[III7I]2.2).1.Marxanarchiste?72.Ladémocratiecommeforme:lesleçonsdelaCommunede
Parisoules«tendances»d’une«viesocialedupeupleréaliséeparlepeuple»
[III7I]2.3).Cequela«vraiedémocratie»n’estpas ................................................................. 434
[III7I] 2. 3). 1. Bureaucratie vs. existence politique de la société; «hiérarchie du savoir» vs.
socialisation de la politique 7 2. «Démocratie participative» ou «démocratie directe»?
Démocratie«toutcourt»73.Constitutiondupeupleensujetvs. l’Etat7sujet
[III"] 3. Le politique commeSelbstvertretung: vers une politique de la
«présentation»? ......................................................................... 441
[III7I]3.1).Retoursurla« Vertretung»........................................................................................ 441
[III7I]3.1).1.L’échecdesmédiationsdémocratiques.................................................................................442
[III-I] 3. 1). 1. 1. La démocratie communale - 2. La représentation sociale - 3. Le retour des corporations
[III7I]3.1).2.Lacritiquemarxistedelareprésentation ..............................................................................446
[III7I] 3. 1). 3. La persistance des difficultés:de l’efficace de la représentation «bourgeoise» aux
différentesfiguresdelareprésentation«ouvrière»........................................................................455
[III7I]3.2).Desdialectiquesdémocratiques?............................................................................ 459
[III7I]3.2).1.Dialectiquedusuffrageuniversel...........................................................................................460
[III-I] 3. 2). 1. 1. Espoirs de jeunesse ? - 2. Ou possibilité d’un « passage pacifique » au socialisme ?
[III7I]3.2).2.Dialectiquesdelarévolution..................................................................................................466

CHAPITREII:LE«MOMENTSUBJECTIFENQUESTION».................................. 470
[III"I]1. La «dialectique de la révolution» en question: le «déclin de la
bourgeoisie» et le «triomphe du prolétariat» sont"ls
«égalementinévitables»?..........................................................470
[III7II]1.1).Le«momentsubjectif»oul’improbableéchéance............................................ 474
[III7II]1.2).L’abstractioncroissantedesrapportssociaux ..................................................... 474
[III7II] 1. 3). Du possible au réel, la conséquence n’est pas bonne: de la détermination
logiqueducapitalàsonindéterminationhistorique................................ 488
[III"I] 2. Vers une résolution contemporaine de l’aporie: dialectique des
sociétésdémocratiques ...............................................................492
[III7II]2.1).EntreMarxetnous:l’avènementdessociétésdémocratiques ........................ 493
[III7II] 2. 1). 1. Situation de notre modernité 7 2. La notion de «société démocratique» est7elle
opérantechezMarx?73.Ledépassementdel’alternativeentrefinalitéexterneounécessité
immanente
[III7II]2.2).Surunplandescriptif:lescaractéristiquesdes«sociétésdémocratiques».... 502
[III7II]2.2).1.Premièrecaractéristique(objective):unetendanceàl’universalitéquiesttendanceàla
socialisation 7 2. Deuxième caractéristique (objective): la dissolution des rapports de
dépendance personnelle sous l’effet de la multiplication des échanges 7 3. Troisième
caractéristique (subjective): les sociétés démocratiques, en tant que «sociétés de
consommation», génèrent de nouveaux besoins 7 4. Quatrième et dernière caractéristique
(subjective):l’ouvertureàl’historicité75.Bilan:féconditéthéoriqueetintérêtpratiquedela
résolutionproposée
[III"I] 3. Sur un plan dynamique et prescriptif: en quoi les «sociétés
démocratiques»tendent"llesversl’exigenced’une«démocratie
réelle»? .......................................................................................530
[III7II] 3. 1). Réouverture des questions principielles sous l’effet des apories de la
démocratieformelle:lesconditionsd’impossibilitédelapolitique...... 533
[III7II]3.1).1.Ladémocratiecontrelemarché...........................................................................................533
[III-II] 3. 1). 1. 1. Si le marché fait loi, quel rôle pour la « volonté politique » ? - 2. La primauté de la morale
parvient-elle à rétablir l’efficace de la politique contre le primat de l’économie ? - 3.
L’économie comme « science morale » peut-elle fonder une « responsabilité sociale » ? MARX ET LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE —– S. BARNAUD-MEYER 7

[III7II]3.1).2.Ladémocratiecontrelemonopoledelapuissancesociale .............................................540
[III-II] 3. 1). 2. 1. La liberté est fondée mais contredite par la propriété privée - 2. Le libéralisme principiel
devenu anachronique - 3. La justice sociale comme aporie ou comment le libéralisme social à
la fois veut et ne veut pas le capitalisme - 4. Le social dissocié du politique conduit à une
politique toujours injuste en ce qu’elle oblige à choisir entre la liberté et la justice
[III7II]3.1).3.Ladémocratiecontrel’individualisme:l’intérêtdesparticuliersestàlafoisgarantiet
menacéparl’intérêtgénéralcommelalibertédesindividusestàlafoisgarantieetmenacée
parl’Etatdanslafiguremétaphoriquedu«Biencommun».........................................................560
[III-II] 3. 1). 3. 1. L’égoïsme comme aporie sociale - 2. L’individualisme comme aporie politique : un choix
impossible entre un individualisme anti-politique et une politique liberticide - 3. Du « Bien
commun » aux « biens communs » : du fantasme de l’Un comme utopie de
l’individualisme à la pluralité concrète du communisme
[III7II] 3. 1). 4. La démocratie contre la nature ou l’inachèvement de la modernité: la politique
comprisesurlemodeartificialistedelavolontécoexisteavecunsocleanthropologiquequila
contredit ..................................................................................................................................................572
[III-II] 3. 1). 4. 1. De la nature humaine ante-politique à une nature humaine anti-politique en passant par la
« fiction du premier homme » - 2. Les hommes apparentés à des loups mais appelés à
devenir des dieux : de la nature en « l’Homme » à la thématique de l’« Homme nouveau »581
[III7II] 3. 2). Les problèmes pratiques de notre modernité: des tensions internes qui
appellentsondépassement.......................................................................... 587

CONCLUSION:VERSUNVOLONTARISMEPOLITIQUE ...................................606
1. Quelle(s)réponse(s)àlaquestiondeladémocratiechezMarx?......................... 607
2. Des questions herméneutiques aux questions pratiques: l’œuvre de Marx est
localisée dans l’histoire mais son positionnement face à l’histoire
demeurepertinentetappelleuneréouverturedesquestionsprincipielles611
2. 1). Localisation et position : brève exploration conceptuelle - 2). Localisation : en quoi l’œuvre de Marx est-elle
« datée » ? - 3). Position : en quoi le positionnement marxiste est-il actuel ? - 4). La vraie
démocratie comme énigme non résolue de la post-modernité
3. Unprogrammephilosophiquepoursortirdu«momentmachi avélien»........... 626

ANNEXEI
Tableausynthétiquedes«Formen»:
caractérisationdesdifférentescommunautésdansl’histoire……..………………....631

BIBLIOGRAPHIE……………………………………………..………………....633

INDEXNOMINUM…………………………………………..………………….642

INDEXRERUM…………………………………………..……………………...647


MARX ET LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE —– S. BARNAUD-MEYER 8

AVERTISSEMENT


L’éditionderéférencepourlesœuvresdeKarlMarxestcelleconstituéeparMaximilienRubel,
Gallimard,BibliothèquedelaPléiadevolumeIàIV.Lorsqu’uneautreéditionaétéutilisée,lesréférences
sontspécifiées.Ci7dessouslalistedesabréviationspourlesœuvrescourammentcitées:

—ŒUVRESDEKARLMARX—

ŒuvresI Économie1
MP Misère de la philosophie
MC Manifeste communiste
TS&C Travail salarié et capital
Intro.gén.crit.éco.po. Introduction générale à la critique de l’économie politique
Crit.éco.po. Critique de l’économie politique
erCap.I Le Capital (livre1 )
Gotha Critique du programme du parti ouvrier allemand (programmedeGotha)


ŒuvresII Économie2
MP44 Manuscrits parisiens (1844)
Ebauche.crit.éco.po. Ebauche d’une critique de l’économie politique
Principes.crit.éco.po. Principes d’une critique de l’économie politique
Mat.éco Matériaux pour l’« économie »
èmeCap.II Matériaux pour le deuxième volume du Capital (livre2 )
èmeCap.III Matériaux pour le deuxième volume du Capital (livre3 )


ŒuvresIII Philosophie
QJ A propos de La Question Juive
SF La Sainte famille ou critique de la critique critique
PCPDH Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel (Introduction)
AH Critique de la philosophie politique de Hegel (Anti7Hegel)
IdA L’Idéologie allemande
RZ Rheinische Zeitung
DBZ Deütsche-Brüsseler-Zeitung


ŒuvresIV Politique1
NRZ Neue Rheinische Zeitung (184871849)
NRZP Neue Rheinische Zeitung. Politisch-ökomische Revue (1850)
LDCF Les luttes de classes en France
18B Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte


—AUTRESREFERENCESCOURANTES—

GCF La guerre civile en France (Marx)
AD Anti-Dühring (Engels)
SU&SS Socialisme utopique et socialisme scientifique (Engels)
LF Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande (Engels)
Origine L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat (Engels)
DCM Dictionnaire critique du marxisme (dir.BensussanetLabica)
Voc.Tech.Crit. Vocabulaire technique et critique de la philosophie (Lalande)
App. Appendices MARX ET LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE —– S. BARNAUD-MEYER 9


INTRODUCTION
MARXETLADEMOCRATIE:
UNE(RE)MISEENQUESTIONS

« […] si, dans les réponses, l’intention et la
compréhension de chaque individu jouent un grand
rôle […] en revanche, les questions sont les voix
d’une époque, franches et impitoyables […] ce sont
ses devises, ce sont des proclamations éminemment
3pratiques sur son propre état d’âme. » K. Marx

1. Marxpenseurdeladémocratie?

4Marxest7ilunpenseur deladémocratie?A priori, non .D’abordparce
que la démocratie n’est pas un objet central dans sa réflexion comme on le
vérifie d’emblée dans les entrées de l’index rerum établi par Rubel et comme
l’atteste l’absence d’article conséquent dans le Dictionnaire critique du marxisme.
Ensuite parce que Marx critique les institutions démocratiques comme étant
«formelles» et s’inscrit en porte7à7faux par rapportà l’idéal démocratique en
proposant comme alternative politique une forme en contradiction apparente
avec lui: la dictature, plus précisément celle d’une classe sociale, le prolétariat
n’étant pas l’exacte incarnation d’un «peuple» souverain. Le fait que le
marxisme, dans les expériences historiques du communisme, ait accouché de
dictatures ne s’étant embarrassées ni du prolétariat ni d’un processus de
légitimation quelconque accentue le poids de ce constat. Pourtant, un autre
constat s’érige immédiatement contre le premier: Marx prétend réaliser la
démocratie.Areboursd’unetraditionmajeuredansl’histoiredelaphilosophie
politique,ilnefaitpas deladémocratieun «idéal»repoussédansunhorizon
normatif,régulateurcertes,maisinaccessible.Ilproposeàl’inversedepenserune
démocratiepraticable etunephilosophiedelapraxis quinonseulementpermetde
la penser ainsi, mais qui en outre, comme problème po sé dans les conditions
d’une résolution possible, en fait l’aboutissement pratique de l’histoire
«jusqu’ici».

3
«Leproblèmedelacentralisation»,(1842),in App.,Œuvres III,p.1397.
4
Cetteréponsenégativepourraitd’ailleurss’appuyersuruneréflexioncritiquequantauxprésupposés
d’unetellequestion:existe7t7ildes«penseursdeladémocratie»?OnpenseraévidemmentàRousseauet
àquelquesautres.Sipourtantl’onconcèdeàCottenqu’«iln’ya[…]nidephilosophiedeladémocratie,
ni même de théorie, si, du moins, l’on entend par là une activité de fondation (et pas seulement
d’élucidation)», concédons que demeurent malgré tout «des éléments d’analyse inséparables de
l’existence —ou de la possibilité— de pratiques» («Appropriation individuelle, appropriation sociale,
démocratie»,in Les paradigmes de la démocratie,dir.J.Bidet,Paris,P.U.F.,1994,ActuelMarxConfrontation,
p.201).LalecturedeMarx,disons7ledèsl’abord,nenouspermetenaucuncasdeproduireunethéorie
spécifiquedeladémocratie;maisellenousrenseignesurla possibilité d’une démocratie praticable.

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