La scolarisation des enfants tziganes et voyageurs

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DOCUMENT LA SCOLARISATION DES ENFANTS TZIGANES ET VOYAGEURS Rapport de synthèse COMMISSION DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES Le présent document a été établi pour l'usage interne des services de la Commission. Il est mis à la disposition du public, mais il ne peut être considéré comme constituant une prise de position officielle de la Commission. Une fiche bibliographique figure à la fin de l'ouvrage. Luxembourg : Office des publications officielles des Communautés européennes, 1986 ISBN : 92-825-6429-0 N° de catalogue : CB-47-86-042-FR-C Les articles et textes paraissant dans cette publication peuvent être reproduits librement, en entier ou en partie, avec citation de leur origine. Printed in Belgium. Commission des Communautés européennes LA SCOLARISATION DES ENFANTS TZIGANES ET VOYAGEURS Rapport de synthèse Jean-Pierre LIEGEOIS Centre de recherches tziganes, Université de Paris V Document document a été établi pour L'usage interne des services de^ La Le present La disposition du public, mais iL ne peut être Commission. IL est mis à de position officiel Le de La une ρπ se considéré comme constituant Commi ssi on. Ce rapport de synthèse est essentiellement fondé sur des monographies réalisées dans les différents Etats de la Communauté européenne par : Thomas Acton Maria Pavli-Korré Patricia Ferté Leonardo Piasere Bendt Gudmander Katrin Reemtsma Pieter Hovens Alain Reyniers Mirella Karpati Søren Rude Donald S.
Publié le : vendredi 27 janvier 2012
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DOCUMENT
LA SCOLARISATION
DES ENFANTS TZIGANES
ET VOYAGEURS
Rapport de synthèse
COMMISSION
DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES Le présent document a été établi pour l'usage interne des services de la
Commission. Il est mis à la disposition du public, mais il ne peut être considéré
comme constituant une prise de position officielle de la Commission.
Une fiche bibliographique figure à la fin de l'ouvrage.
Luxembourg : Office des publications officielles des Communautés européennes,
1986
ISBN : 92-825-6429-0
N° de catalogue : CB-47-86-042-FR-C
Les articles et textes paraissant dans cette publication peuvent être reproduits
librement, en entier ou en partie, avec citation de leur origine.
Printed in Belgium. Commission des Communautés européennes
LA SCOLARISATION DES ENFANTS
TZIGANES ET VOYAGEURS
Rapport de synthèse
Jean-Pierre LIEGEOIS
Centre de recherches tziganes,
Université de Paris V
Document document a été établi pour L'usage interne des services de^ La Le present
La disposition du public, mais iL ne peut être
Commission. IL est mis à
de position officiel Le de La
une ρπ se considéré comme constituant
Commi ssi on. Ce rapport de synthèse est essentiellement fondé sur des monographies
réalisées dans les différents Etats de la Communauté européenne par :
Thomas Acton Maria Pavli-Korré
Patricia Ferté Leonardo Piasere
Bendt Gudmander Katrin Reemtsma
Pieter Hovens Alain Reyniers
Mirella Karpati Søren Rude
Donald S. Kenrick Sinti Werkstatt Göttingen
Evangelos Marselos Ria Timmermans
Secondo Massano Marjan van de Zande
Patricia McCarthy
des indications concernant ces monographies sont données dans le texte
Composition de cet ouvrage (pour l'édition française) : Jean-Pierre Liégeois
© Commission des Communautés européennes
1986 Sommaire
Présentation 1
• La problématique : l'échec et l'enjeu
•L'étude 3
L'histoire, les politiques et la culture 8
• L'histoire
• Les politiques 15
L'exclusion
La réclusion7
L'inclusion 20
L'indécision2
Les représentations du Tsigane 2
• L'univers culturel 31
Un style de vie
Le voyage5
L'habitat9
Lasante 4
Les activités économiques3
L'éducation8
• La situation actuelle 52
Le système scolaire7
La scolarisation 63
• Données globales
L'état de l'alphabétisation
L'histoire de la scolarisation6
L'intégration par le handicap 7
L'école obligatoire
Les enfants scolarisés 81
La présence à l'école5
Des groupes différents9
L'accueil à l'école 93 • Les structures 102
Les classes itinérantes5
La classe à domicile9
D'autres classes différenciées 11
Des classes "ordinaires"7
Le soutien 11
La pré-scolarisation 123
L'enseignement secondaire6
Quelles structures ?
• Les enseignants 13
Le choix7
L'administration8
La stabilité 141
La formation initiale3
Lan continue
L'information 15
La liaison5
Les enseignants tsiganes 16
• La pédagogie 16
Une institution étrangère
L'éducation tsigane9
Deux pédagogies 173
Des comportements d'opposition6
Une école fonctionnelle
Convergence ? 180
Le contenu de l'enseignement4
Le vécu tsigane à l'école5
La langue tsigane à l'école8
L'art et la méthode 197
Le matériel pédagogique 20
Le travail en équipe2
Le contact4
Vers l'interculturel6
Les enfants tsiganes à l'école 21
• Les collectivités locales9
• D'autres partenaires 22
• La formation professionnelle
Quelques considérations complémentaires 237
Bilan et recommandations 240
Références bibliographiques 266 Présentation
La problématique : l'échec et l'enjeu
L'avenir des communautés tsiganes dépend pour une part importante des
modalités de scolarisation de leurs enfants. Une adaptation active à leur
environnement, tant dans le domaine social que dans le domaine économique,
semble passer aujourd'hui par l'acquisition des éléments de base qui permettent
d'analyser et de comprendre une réalité changeante. Dans le domaine culturel, ces
mêmes éléments de base peuvent servir d'outils à ceux qui souhaitent conserver,
affirmer et développer une identité originale.
Au moment où des Etats commencent à se rendre compte de la richesse que
représente la pluralité des cultures, au moment où se répètent de la part des
organisations internationales les invitations au respect et à l'aide au développement
des minorités linguistiques et culturelles avec ou sans territoire, il convient, dans le cas
des populations tsiganes présentes dans chaque Etat, de faire le bilan de la
scolarisation de leurs enfants et de mesurer la nécessité et les possibilités de son
développement.
Cette étude, réalisée à l'initiative de la Commission des Communautés
européennes, présente l'historique et l'état actuel de la scolarisation des enfants
tsiganes et voyageurs dans les Etats membres des Communautés. Elle fait une
analyse critique des conditions dans lesquelles a lieu - ou n'a pas lieu - cette
scolarisation. Globale et comparative, alimentée par des données très diversifiées, elle
fait naître la réflexion, suscite de nombreuses interrogations et remises en cause et,
implicitement ou explicitement, elle est un diagnostic qui débouche sur des
propositions, sur des pistes pratiques que nous estimons praticables.
Il est peu exagéré de dire que la scolarisation des enfants tsiganes a été
globalement, jusqu'à présent, un échec aux yeux de tous : pour les parents qui veulent
scolariser leurs enfants, pour ceux qui ne le veulent pas, pour les enfants scolarisés ou
qui l'ont été, pour ceux qui ne le sont pas, pour les enseignants, pour les
administrations, pour les gouvernements. Cette constatation n'est paradoxale qu'en
apparence, et nous tenterons dans ce rapport d'élucider les raisons de cet échec
communément ressenti.
1 L'enjeu est important, pour l'individu comme pour sa culture. La pyramide des
âges des Tsiganes ou Voyageurs repose sur une large base : environ 50% d'entre eux
ont moins de 16 ans, c'est-à-dire sont en âge d'être scolarisés et même, dans la
majorité des Etats d'Europe occidentale, en âge d'y être légalement obligés. Or, pour
le Tsigane, l'école, c'est toujours celle des autres. Et l'histoire de sa scolarité, non
separable de son histoire générale, lui a appris à se comporter avec prudence en face
de l'institution scolaire, et à être exigeant avant d'y engager ses enfants, c'est-à-dire
son avenir. Mais les temps changent, et changent rapidement : au fil des décennies du
vingtième siècle, l'adaptabilité séculaire des Tsiganes - une tradition du changement
mais un changement dans la tradition - est mise à rude épreuve. Les transformations
économiques, les changements sociaux dans leur environnement, l'influence de la
télévision - qui est toujours celle des autres, comme l'école, mais par rapport à
laquelle le recul est de l'ordre de l'impossible - le changement des politiques,
notamment vis-à-vis des groupes sociaux et culturels considérés comme
"défavorisés", ou "minoritaires", ou "marginaux", ou encore "déviants", obligent les
Tsiganes, s'ils veulent garder une relative indépendance économique et culturelle, à
développer de nouveaux moyens d'adaptation, et la scolarisation est une voie de plus
en plus sûre (ou de plus en plus obligée, selon les avis) pour y parvenir.
Bien que les attitudes vis-à-vis des Tsiganes, qui seront évoquées dans cette
étude, n'aient guère changé, les années quatre-vingt, pour ce qui est de la
scolarisation, présentent des éléments nouveaux dont l'impact devra être évalué : c'est
notamment la volonté plus grande des parents de scolariser leurs enfants; c'est le
développement de l'idée d'une "pédagogie ¡nterculturelle"; c'est le rôle de plus en plus
important des organisations tsiganes; c'est l'accentuation des transformations
profondes qui remuent les populations tsiganes. Nous écrivions au début de la
décennie que "la scolarisation fait partie d'une totalité dont on ne saurait l'isoler et elle
est un enjeu fondamental dans le processus de développement et de transformation
des populations tsiganes et nomades. Celles-ci se trouvent à une période critique de
leur histoire. La fin de cette période sera, soit une renaissance à travers ce que j'ai
appelé une mutation, soit une disparition" [Liégeois, 1980 b, p.285]. Les dernières
années ont en effet montré que les difficultés des Tsiganes pour survivre en tant que
groupe culturel minoritaire tendent à s'accroître. Des groupes familiaux auxquels une
grande souplesse (sociale, économique) conférait adaptabilité et indépendance se
sont, sous la pression des circonstances, rigidifiés; là où ils avaient le pouvoir de plier,
ils risquent de se rompre. Les politiques d'assimilation, qui transforment les minorités
culturelles en simples groupes sociaux, n'ont pas mené, comme voulu et prévu, à
l'intégration, mais à la relégation de ceux qui en ont subi les effets. L'intensification
des contacts entre des communautés différentes, dans de mauvaises conditions de
logement et au milieu de difficultés économiques, n'a pas fait mieux comprendre les
différences mais les a fait s'opposer et se transformer en conflits. La scolarisation
prend donc place dans un contexte difficile, chargé pour les Tsiganes d'un lourd
contentieux historique. Elle est une des composantes d'une mutation ardue.
L'analyse critique des conditions de scolarisation des enfants tsiganes dépasse
largement son objet, pour deux raisons. D'abord, les Tsiganes ne sont pas un

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