F Du Tiers-Monde aux Tiers-Mondes

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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F Du Tiers-Monde aux Tiers-Mondes
I L’exemple de la Chine
Rapidement après la mort de Mao, Deng Xiao Ping s’affirme et lance la Chine dans un
nouveau modèle de développement avec le programme des 4 modernisations : l’agriculture,
l’industrie, la défense nationale et les sciences. Il s’agit de prendre l’agriculture pour base et
l’industrie comme facteur dominant sachant que la Chine s’ouvrant sur l’extérieur ne compte
plus sur ses seules forces. La Chine abandonne le modèle maoïste et s’engage tout d’abord
dans la réforme de l’agriculture.
a)
La révolution silencieuse des campagnes
-
Depuis 1978, la Chine décollectivise son agriculture et crée un système de
responsabilité (zerenzhi). Le mot d’ordre est « paysans enrichissez-vous ». La famille
paysanne redevient l’entité de base avec suivant les régions des contrats de production
qui varient. Sont encouragés les contrats de production avec les groupes : la terre est
confiée à des groupes permanents de paysans qui
exploitent librement la terre. Leur
récolte leur est achetée par l’Etat et des primes peuvent leur être versées en cas
d’excédent. Des contrats de production peuvent aussi être passés avec la main-
d’oeuvre : les paysans reçoivent individuellement des terres au prorata de leur force et
sont soumis au même système que précédemment pour ce qui est de la rémunération.
Des contrats peuvent être passés avec les familles : les excédents sont alors conservés
par la famille qui peuvent les vendre sur un marché libre. Enfin, peuvent être mis en
place des forfaits d’exploitation avec les familles par lesquels les familles paysannes
gardent leur production qu’elles peuvent vendre sur le marché libre et payent un
impôt. On est dans une exploitation libre de la terre.
-
Un bail de 15 ans environ confirme cet usage privé de la terre. Mais cela risque, dans
les mentalités, de mener à une confusion juridique car même si la propriété collective
de la terre est maintenue, on peut cultiver librement la terre, embaucher des journaliers
et même céder son lopin de terre en échange d’un loyer. De toute façon, ce nouveau
système pose un certain nombre de problèmes. Le paysan est tenté de délaisser les
travaux publics collectifs qui caractérisaient la commune populaire et qui pouvaient
prendre la forme de l’entretien des chemins ou bien des mares. Cette réforme pose
également un problème démographique. En effet, l’enfant unique confirmé à la fin des
années 70 est un obstacle au développement du système des responsabilités car les
familles souhaitent
avoir plusieurs enfants pour la main-d’oeuvre qu’ils représentent.
Une pression est faite sur les autorités locales pour pouvoir avoir plusieurs enfants. Le
risque de l’exploitation libre de la terre porte aussi sur la nature des productions.
Certes l’Etat peut en imposer quelques unes mais les paysans sont tentés de substituer
des cultures de meilleur rapport aux céréales : maraîchage, légumes comme le choux.
Un autre problème est la perte de pouvoir des fonctionnaires des anciennes communes
populaires.
-
La révolution est lancée et les
résultats sont encourageants au cours des années 80.
L’agriculture connaît une progression spectaculaire de ses productions et les
agriculteurs semblent beaucoup gagner à la réforme. Ce n’est plus le cas aujourd’hui
où ce sont les zones urbaines qui bénéficient des réformes. Elles sont donc plus
attractives et l’exode rural est massif : des millions de paysans (entre 60 et 100
millions) quittent les campagnes pour essayer de trouve du travail dans les villes.
L’urbanisation est très rapide.
b)
La réforme de l’industrie
-
La réforme de l’industrie se poursuit aujourd’hui et participe à l’augmentation
spectaculaire de la croissance chinoise. Plusieurs aspects caractérisent cette réforme
urbaine (réforme structurelle de l’industrie). Tout d’abord une ouverture sur
l’extérieur : que l’étranger serve le national. L’expert l’emporte sur le rouge : « peu
importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape la souris ». Les plus
conservateurs critiqueront ces réformes d’ouverture en parlant de « maladie des yeux
rouges ». L’ouverture est caractérisée par la création de zones d’économie spéciale.
Les première zones sont crées au Sud, avec par exemple la zone de Shenzhen en 1980,
puis une ouverture s’effectue
sur les villes côtières du centre de la Chine complétée
par de nouvelles ouvertures dans le Sud. Tout au long des années 80, de nombreux
centres sont crées
avec des investissements étrangers, pour des exploitations privées
ou bien associées à des intérêts chinois. Ce sont d’abord des entreprises manufacturées
orientées vers l’exportation. Ce qui peut intéresser les capitaux étrangers c’est la main-
d’oeuvre bon marché, très embrigadée et contrôlée, travaillant pour des salaires faibles
et sans véritable protection sociale. Ces travailleurs habitent généralement à proximité
de l’entreprise pour laquelle ils travaillent et sont issus d’une main-d’oeuvre agricole
souvent célibataire.
-
L’Etat met en marche une véritable révolution avec l’introduction de ces zones
d’économie spéciale. Le temps de la grande marmite est révolu. Le bol de terre
(entreprises privées) a remplacé le bol de fer (entreprises d’Etat), ce qui ne manque
pas de mécontenter les plus conservateurs. D’autres types d’entreprises sont crées : les
industries rurales qui sont des entreprises soit privées soit collectives à très faible
productivité et produisant des biens de consommation. Elles sont encouragées à se
développer dans les campagnes pour freiner l’exode rural. Elles ont en outre très peu
de moyens capitalistiques et rendent de petits services. Les entreprises d’Etat
persistent mais aujourd’hui elles sont peu productives et sont vouées à connaître des
restructurations très importantes. A la fin des années 80 début des années 90, elles
connaissent le chômage ce qui provoquent des manifestations ouvrières notamment en
Mandchourie mais qui seront rapidement réprimées. La Chine vit des bouleversements
importants confirmant une implantation du
capitalisme dans un Etat qui reste dirigé
par le Parti Communiste. Cela pose des nouvelles questions comme celle de savoir
comment maintenir le parti unique tout en se lançant dans des réformes.
c)
Nouvelle idéologie, déséquilibres régionaux et ouverture internationale
-
La révision doctrinale consacre une place important au rôle des couches sociales nées
de la révolution économique. Dès 2001, le Parti Communiste confirme qu’il doit
représenter trois forces productives : les avancées, la culture avancée et la majorité du
peuple. Par forces productives avancées on entend les forces innovantes et
performantes qui animent l’avancée économique, comme le secteur technologique à
haute valeur ajoutée, et provoquant
le sacrifice de modes de production arriérés dans
l’industrie lourde hérités de l’économie planifiée. Un problème se pose : comment
remplacer le messianisme maoïste alors qu’on peut s’inquiéter des la montée de
l’hédonisme et de l’égoïsme ? La réponse du parti est faite avec le mot culture avancée
qui est un terme imprécis et mal défini par les dirigeants (confucianisme ?). De plus, le
Parti Communiste craint de plus en plus de se voir coupé de la base par la très forte
corruption des cadres chinois attirés par l’enrichissement. En fait, des liens plus étroits
doivent être développés avec le peuple. Toutes ces affirmations montrent les
difficultés d’un Parti Communiste élitiste regroupant 65 millions de personnes mais
qui risque d’être contesté. Cette mutation idéologique réhabilite le capitalisme et veut
montrer qu’il n’y a pas de contradiction à être en même temps milliardaire et membre
du parti.
-
En 1980, la part des échanges par rapport au PIB est de 6,3% en Chine alors qu’elle
est de 18% en 1997-1998. Le commerce extérieur chinois connaît une croissance de
15% par an en moyenne. La Chine se singularise par la très forte proportion de
productions industrielles dans ses exportations : 80%. La moitié du volume actuel du
commerce extérieur chinois est issu d’opérations internationales d’assemblage ou de
sous-traitance. Les entreprises chinoises transforment, assemblent pour l’exportation
de produits intermédiaires réalisés avec des composants importés. Ces produits ne sont
pas en concurrence avec les produits locaux et ces transformations s’effectuent en
marge du reste de l’économie chinoise. Les côtes bénéficient de cette politique et on
voit apparaître un déséquilibre régional important entre ces dernières et l’intérieur
vide. Mais le commerce extérieur augmente très rapidement alors que le marché
intérieur ne s’ouvre que lentement même si aujourd’hui les importations pour le
marché intérieur commencent à être stimulées. C’est une économie originale, en pleine
mutation et qui confirme la place prépondérante de la Chine dans la mondialisation.
Comment concilier la modernisation de la Chine et ne pas désespérer pour des
centaines de millions de chinois, localisés dans l’agriculture surpeuplée ou salariés des
entreprises d’Etat en restructuration ? Le choix de l’ouverture sur le monde extérieur
pousse à une restructuration accélérée : en effet, l’adhésion à l’OMC en 2001 doit
remettre en cause tous les systèmes de protection qui s’étaient mis en place dans une
économie autarcique. En outre, les chiffres du chômage publiés par le Parti sont
truqués.
-
On voit de plus une modification progressive de la constitution chinoise liée à
l’introduction de l’entreprise privée. En 1981, des entreprises complémentaires des
entreprises d’Etat et collectives d’au plus 7 personnes peuvent être introduites. En
1987, le parti reconnaît la nécessité d’un développement économique privé : on
introduit le terme d’entreprise privée avec les droits et devoir correspondants. En
1999, de nouvelles modifications de la constitution reconnaissent l’entreprise privée
comme une composante importante de l’économie. Près de 75% des entreprise privées
chinoises actuelles se sont crées avant 1992. On observe une concentration des ces
entreprises sur les côtes ce qui provoque un déséquilibre régional. La population active
travaillant dans les entreprises privées représentait en 2000 12% de la population
active totale. Il y a une régression du secteur public, nécessaire dans le cadre de
l’OMC, mais le secteur privé n’est pas majoritaire dans l’industrie. La majorité de la
population chinoise se trouve encore dans l’agriculture qui en 2000 représente toujours
70% des actifs. Le secteur industriel et le secteur des services représentent tous les
deux environ 15% des actifs. On reconnaît bien la les caractéristiques d’un PEVD. On
voit des progrès spectaculaires autour du PIB mais la population est nombreuse et a un
revenu faible. De plus, la Chine se place en queue de peloton pour ce qui est du
développement humain avec la 100
ème
place sur 175 au niveau de l’IDH. Le revenu
annuel par habitant est inférieur à 7000 yuans en 2000. Le PNB chinois représente un
tiers du PNB japonais et un dixième du PNB des USA. Mais la Chine espère en 2010-
2015 devenir la superpuissance économique grâce à l’implantation d’investissements
massifs dans le réseau des télécommunications et les transports.
II Les PMA
-
On peut connaître le niveau de développement d’un pays par l’IDH qui intègre trois
données : la longévité par l’espérance de vie à la naissance, le savoir par le
pourcentage d’alphabétisation des adultes et le niveau de vie par le PIB réel par
habitant. Chacune de ces trois données est calculée en fonction de son écart avec un
minimum et un maximum mondial. La note maximale étant de 1 et les notes faibles se
trouvant en dessous de 0,5.
-
Les PMA se situent essentiellement dans la zone intertropicale. Ce sont généralement
des pays africains mais on trouve également des pays d’Amérique Latine, du Moyen-
Orient et de l’Extrême-Orient. Ils connaissent de grandes difficultés souvent liées à
une agriculture archaïque alors qu’on y trouve les plus forts taux de population active.
De nombreux pays africains pratiquent toujours la culture sur brûlis épuisant
rapidement les sols car ils sont très vite lessivés. De plus, ces pays connaissent souvent
la désertification : c’est la conquête par le désert et le sable de terres qui pourraient
être mises en valeur. En outre, l’agriculture a été peu valorisée par les dirigeants pour
apaiser les populations des villes et pour maximiser les recettes de l’Etat qui
éventuellement peuvent trouver des débouchés extérieurs. Cependant, cette politique
conduit à un appauvrissement des pays, à une dépendance alimentaire et à l’absence
d’entretien des sols. Cette politique mise en place développe une économie assez
artificielle déconnectée des mécanismes réels de la production. Si l’on prend
l’Afrique, elle n’a pas pu bénéficier de révolutions techniques agricoles comme la
révolution verte qui a réussi à s’imposer en Inde avec des cultures hybrides.
-
Aujourd’hui, ces pays tentent malgré tout de trouver des solutions et entre autre par le
biais des ONG qui de plus en plus soutiennent des microprojets au niveau local et qui
peuvent être maîtrisés par la population locale (projets hydrauliques, ponts, puits).
C’est plus dans cette voie que peut s’organiser une aide, dans les nouvelles cultures et
la diversification des productions.
-
Ces pays sont aussi caractérisés par des obstacles à l’industrialisation. Il n’y a pas eu
de stratégie globale, de modèle qui puisse permettre d’augmenter les productions. Ces
pays subissent la division internationale du travail sans pouvoir la modifier. Les
industries sont embryonnaires et extractives souvent liées à des intérêts étrangers et
qui ne permettent donc pas de valeur ajoutée. On y trouve tous les cercles vicieux.
L’accumulation de capitaux y est très faible et découragée par la faiblesse de
l’épargne, de la demande qui est elle-même découragée par les bas salaires et le
chômage. Les marchés locaux sont trop exigus pour tenter une industrialisation par
substitution des importations. Ces pays ne sont pas attractifs pour les investisseurs qui
pourrait valoriser cette stratégie de diversification des productions industrielles que
l’on a observé chez les NPIA. On exporte essentiellement un seul produit et il suffit
donc que le cours de ce produit s’effondre pour voir les revenus faire de même. Il y a
certes des avantages comparatifs intéressants, comme la main-d’oeuvre bon marché,
mais il y a des nombreux obstacles : mauvais état de santé de la population, taux élevé
d’analphabétisme, la résignation d’une population qui attend juste que ça se passe et la
difficulté de la mise au travail.
-
Des projets ont pu être lancés, coûteux parfois extravagants, mobilisant des capitaux
considérables mais souvent sans suite : ce sont les éléphants blancs. Les exemples en
sont très nombreux comme celui de la verrerie financée par la CEE en Tanzanie au
début des années 80 qui est restée en pièces détachées puisque jamais montée. On a
des exemples similaires au Bénin avec des cimenteries et des sociétés sucrières qui ne
fonctionnent qu’au cinquième de leur capacité de production. Les Etats sont fragiles
et l’instabilité politique participe aux difficultés : coups d’Etat, guerres civiles,
corruption. Cela décourage les investissements étrangers. Les réseaux de transports
sont fragiles. Les dirigeants sacrifient les cultures vivrières pour des cultures
d’exportation qui permettent de rapporter des capitaux qui sont alors contrôlés par ces
dirigeants.
-
On voit donc pour les PMA une conjugaison de difficultés auxquelles s’ajoute le poids
de l’endettement. La dette des PMA peut représenter plus de la moitié du PNB, des
années d’exportations, et même si le montant absolu de la dette est relativement faible,
les PMA ont un poids économique tellement faible qu’ils apparaissent comme les pays
les plus endettés du monde. Le coût du service annuel de la dette est très lourd à porter
même si des tentatives d’étalement de la dette sont mis en place mais qui souvent ne
suffisent pas. Dans le contexte actuel où les capitaux sont attirés par des économies
dynamiques, la situation des PMA s’aggrave. Les pays extérieurs sont tentés de
pratiquer une politique d’oubli. Les PMA dans le contexte de mondialisation sont plus
fragiles que jamais, certains continuent de s’appauvrir.
III Les pays pétroliers
-
Ces pays s’affirment à partir de 1973 même si l’OPEP naît en 1960 d’abord autour du
Venezuela, de l’Iran, de l’Irak, du Koweït et de l’Arabie Saoudite. Viennent se joindre
à ces 5 pays le Qatar, la Libye, l’Indonésie, l’Algérie, le Nigeria, les Emirats Arabes
Unis, le Gabon et l’Equateur. L’OPEP n’est qu’un simple syndicat de défense des
revenus de ces pays. L’inflation mondiale accompagnée de la baisse du dollar
dévalorise leur production. Il leur faut donc vendre un plus grand nombre de barils
pour acheter des produits devenus de plus en plus cher dans les pays industrialisés.
-
A partir de 1970, l’Algérie et la Libye veulent accroître leurs revenus en modifiant le
calcul des redevances versées par les firmes pétrolières aux pays producteurs. Ils
veulent être associés à l’exploitation et prennent donc des participations dans le capital
des sociétés exploitantes et mettent en place des nationalisations. En 1971-1972, les
majors sont contraints de négocier avec l’OPEP : les revenus versées aux producteurs
sont majorés et indexé sur l’inflation mondiale. La crise prend de l’ampleur mais c’est
seulement en 1973 que l’on peut parler de nouvelles stratégies. Dans le climat alourdi
de la guerre au Moyen-Orient, les pays de l’OPEP arrachent aux majors le droit de
fixer eux-mêmes les cours du pétrole et les relèvent très fortement : on passe de 2$ à
11$ le baril. Puis, les sociétés d’exploitation sont presque toutes nationalisées avec
indemnisations. Ce sont les sociétés exploitantes seulement qui sont nationalisées, les
sociétés commerciales ne sont pas concernées ce qui n’empêche donc pas le profit.
-
Dans les années qui suivent, le cours du pétrole reste autour de 11-12$. Ces revenus
des pays pétroliers vont être un facteur d’éclatement du Tiers-Monde. Certains pays
profitent de ces nouveaux revenus pour sortir du sous-développement et se lancent
dans un développement industriel. Ces pétrodollars participent au soutien de la
croissance. Les pays capitalistes aident les pays pétroliers en leur vendant de la
technologie. L’essentiel de ces pétrodollars est consacré à des opérations financières
dans les pays industrialisés sous forme de participation au capital d’entreprises
industrielles. Par exemple, l’Etat iranien prend des parts chez ThyssenKrupp et le
Koweït chez
Daimler-Benz. Une petite partie des pétrodollars est prêtée au Tiers-
Monde non pétrolier.
-
Dès 1977, les pays de l’OPEP dominants connaissent des difficultés. Des dissensions
apparaissent car certains pays acceptent de vendre leur production moins chère que les
autres. De plus, la persistance à la baisse du $ amoindrie les revenus des pays
producteurs. Les pays de l’OPEP ne se mettent pas d’accord sur une nouvelle hausse
du prix du baril, ni sur une nouvelle unité de mesure. En 1978, un baril de pétrole
permet d’acheter moins de produits manufacturés qu’en 1974. De plus, les pays
industrialisés cherchent à limiter leurs achats de pétrole et participent à la stagnation
des cours en se lançant dans une politique d’économie d’énergie et de diversification
énergétique. Les plans d’équipement des pays pétroliers élaborés dans l’euphorie de
1974 doivent être révisés à la baisse. En outre, les pays producteurs constatent que le
profit vient aussi d’une activité commerciale qui leur échappe : le transport et le
raffinage qui sont alors aux mains des majors.
-
C’est dans ce contexte difficile qu’a lieu le second choc pétrolier. Les pays les plus
pauvres sont encore une fois les victimes de cette nouvelle hausse spectaculaire du
baril : dépourvus de pétrole, ces pays doivent en importer ce qui aggrave donc le
déficit de leur balance commerciale. De plus, l’emprunt est difficile depuis que Volker
et l’école monétariste sont à la tête de la FED. Tout se conjugue. Les pays développés
continuent à valoriser des politiques d’économie d’énergie et de diversification
comme des programmes nucléaires ce qui annonce le retournement des années 80.
Le
marché du pétrole devient structurellement excédentaire et la part des pays de l’OPEP
dans la production diminue. En 1973, leur part était de 53% de la production contre
32% en 1987. De grands gisements de pétrole sont mis en valeur en Chine, au
Mexique, en URSS ou encore en Alaska. Il en résulte une baisse désordonnée des prix
d’autant plus que les pays exportateurs ne s’accordent pas sur la manière de
contingenter une production en recul.
-
Cette situation permet aux pays industrialisés consommateurs de négocier leur achat,
de diversifier leur approvisionnement alors que les pays exportateurs sont en situation
difficile. L’Arabie Saoudite connaît une baisse de ses revenus qui entre 1978 et 1980
passent de 32 à 20 milliards de $. Certains pays qui s’étaient beaucoup endettés pour
un développement nécessitant un fort investissement se retrouve dans une situation
très délicate (Algérie, Mexique). Il y a donc une
confirmation dans les années 80 de la
bais du prix du pétrole.
-
Mais cette matière première persiste à avoir des cours très fluctuants. Les évènements
au Moyen-Orient se reflètent dans l’évolution des cours. L’invasion du Koweït par
l’Irak avait provoqué une nouvelle flambée. On observe une autre flambée du cours en
2000, puis en 2002 puis en 2004. Aujourd’hui, nous avons un cours du baril très élevé
autour de 45$ le baril. Le pétrole est donc une marchandise dont les prix restent très
instables ce qui fragilise l’ensemble des économies. La production mondiale est
actuellement de 3,5 milliards de tonnes dont 1 milliard 460 millions de tonnes pour
l’OPEP. Ces pays producteurs, lorsqu’ils sont devenus des pays riches, participent à
l’éclatement du Tiers-Monde mais s’ils sont dans des situations très inégales. Un petit
pays pétrolier peu peuplé est mieux placé qu’un grand en voie de développement.
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